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Nomi Prins: Les banques américaines toujours plus grosses et lestées de produits dérivés
 

Les six grandes banques américaines sont JPM Chase, Bank of America, Citigroup, Wells Fargo, Goldman Sachs et Morgan Stanley. Bien qu’elles soient ulcérées par les odieuses réglementations de la Loi Dodd-Frank qui entravent leur façon d’agir, elles s’en sont toutes remarquablement bien tirées, dernièrement.

Depuis que Trump a été élu et qu’il a commencé à évoquer la déréglementation, les actions de ces six grandes banques ont vu leur cours flamber de 33,5% (au 10 mars 2017). Bank of America caracole en tête de cette hausse, avec une progression époustouflante de 48,8% en trois mois. Les actions de Goldman Sachs et Morgan Stanley, quant à elles, ont flambé de 36,6%.

Certes, la plupart des actions ont progressé depuis l’élection. Mais rappelez-vous que le S&P 500 n’a augmenté que de 10,9% sur cette même période.

Depuis la crise financière de 2008, pour ces banques, rien n’a énormément changé, hormis quelques exigences de fonds propres supplémentaires (conformément à un ensemble de règles appelé Bâle III, venant d’Europe), la nécessité d’établir un plan de redressement et de résolution en cas de crise financière, et quelques limites imposées aux transactions risquées.

La totalité des actifs de ces six grandes banques a augmenté de 21%. Ceux des quatre principales banques ont augmenté de 25%.

Pourtant, ces établissements totalisent un montant notionnel total des dérivés de 168 000 Mds$ sur les 544 000 Mds$ (soit 31%) du monde entier. Si l’on compare ce chiffre avec la totalité de leurs actifs, nous arrivons à un levier de 24. C’est à peine inférieur au levier qu’affichaient leurs positions sur dérivés avant la crise de 2008.

Les plus grandes banques demeurent les plus exposées au risque, et les plus dangereuses pour ceux qui ont investi sur le marché actions. Des lézardes sont apparues qui nous montrent clairement que la prochaine crise financière ne devrait pas tarder. Trois signes apparaissent en ce moment… et ce sont les mêmes que ceux qui ont déclenché la crise de 2007-2008.

Des « plans d’urgence » inquiétants

Conformément au plan de redressement et de résolution prévu par la Loi Dodd-Frank Titre II, les six grandes banques (plus deux autres) ont dû soumettre un plan permettant de gérer les situations d’urgence, sans recours à l’argent du contribuable.

A fin avril 2016, date d’exigibilité de ces plans de redressement et de résolution, cinq des huit plus grandes banques américaines ne satisfaisaient pas aux critères de la Fed et du FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation). Leurs plans étaient jugés « non crédibles ou ne facilitant pas une résolution bien ordonnée telle que l’exige le Bankrutpcy Code [NDR : loi sur la faillite] ».

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Sur les huit banques, sept d’entre elles n’ont pas satisfait aux critères de la Fed et/ou du FDIC. Citigroup est la seule banque ayant satisfait aux critères des deux institutions, bien qu’on lui ait dit que ses plans nécessitaient des améliorations, également. Or, comme par hasard, lorsque Citigroup a réussi son test, Jack Lew, ex-dirigeant de Citigroup, occupait le poste de Secrétaire au Trésor du président Obama.

Goldman Sachs et Morgan Stanley ont reçu une note passable de l’une des deux institutions, uniquement. Wells Fargo a soumis une nouvelle proposition et échoué à nouveau en décembre 2016. Toutes les banques se sont vu accorder un délai courant jusqu’au mois d’avril 2017 pour soumettre une nouvelle tentative. Nous y sommes donc.

Toutes les banques sont exposées aux risques et notamment aux défauts de crédit des ménages et des entreprises.

Nomi Prins

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Source: la-chronique-agora


Nomi Prins, journaliste et écrivaine américaine de renom, particulièrement connue pour son travail d’investigation mettant en lumière les liens entre le gouvernement américain et les grands banquiers. Elle est également chroniqueuse pour Intelligence Stratégique.


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