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Porto Rico au bord de la faillite…

puerto-ricoSouvent présenté comme le 51e État des États-Unis, l’île des Grandes Antilles est au bord de la faillite depuis le 1er janvier. Incapable de rembourser près d’un milliard de dollars d’obligations émises par une myriade d’organismes publics, ce petit confetti des Caraïbes (9 100 km2 tout de même) est économiquement asphyxié. Jack Lew, le secrétaire américain au Trésor, l’avait annoncé la semaine dernière : « Porto Rico est en quasi-défaut de paiement. » Une situation d’autant plus préoccupante que le gouvernement de San Juan a refusé, ce lundi, la proposition de Washington de le « renflouer ». Avant d’accepter de nouveaux prêts, Alejandro Garcia Padilla, son actuel gouverneur, souhaite en effet restructurer l’ensemble de sa dette estimée à quelque 70 milliards de dollars.

Après des années de récession économique, l’île de Porto Rico n’est plus que l’ombre d’elle-même. Autrefois dynamique, son économie ne parvient pas à sortir du marasme. Son produit intérieur brut s’est effondré depuis dix ans et la fin d’incitations fiscales destinées à attirer les entreprises sur l’île. « Nous n’avons plus d’argent. Ce n’est pas un problème politique, c’est simplement des mathématiques », a répété son gouverneur.

Pour l’heure, seule une échéance de 36 millions de dollars n’a pas été réglée en temps et en heure. Jusque-là, en effet, seule la Public Finance Corporation, un organisme public dont la mission est d’émettre des obligations sur les marchés pour équilibrer le budget de l’île, est officiellement en défaut de paiement. L’agence gouvernementale de l’électricité – appelée « Prepa » – a réussi à conclure un accord avec l’ensemble de ses créanciers et leurs assureurs. Ces derniers ont accepté de consentir une « remise de dette » de plus de 600 millions de dollars sur les 8,2 milliards dus par Prepa. Selon l’agence Bloomberg, il s’agirait de la plus grosse restructuration de dette jamais enregistrée sur le marché américain des obligations.

Les fonds de pension américains inquiets

Les fonds de pension américains qui ont avancé les fonds à cette micronation, rattachée aux États-Unis depuis le XIXe siècle, craignent que la note ne s’alourdisse dans les jours qui viennent. Sans surprise, l’agence de notation Standard and Poor’s a rétrogradé Porto Rico, lundi, dans la catégorie D correspondant aux pays en grande difficulté financière.

Alejandro Garcia Padilla espère profiter de la crise actuelle pour obtenir d’importantes remises de dette. Les autorités portoricaines demandent ainsi au Congrès des États-Unis de bénéficier des dispositions offertes aux municipalités américaines en se plaçant sous la protection de la loi sur les faillites afin de restructurer sa dette. L’administration Obama y est favorable. Mais cela passe par l’adoption d’une loi à laquelle la majorité républicaine est actuellement hostile.

Les créanciers de l’île ont d’ores et déjà annoncé qu’ils engageraient prochainement des poursuites judiciaires pour faire « saisir » des biens publics portoricains afin de « couvrir » les obligations dont ils sont détenteurs. Pas sûr pourtant que cette option soit la meilleure. Alejandro Garcia Padilla, hier avocat, a averti : « Ce contentieux sera extrêmement coûteux (…) et chaque dollar dont j’aurai besoin pour payer des avocats ne sera pas versé à nos créanciers. » Porto Rico, qui tire son nom de l’appellation Ciudad de Puerto Rico (« la ville du port riche ») que lui avait attribuée Christophe Colomb en 1493, porte désormais bien mal son nom.

Source: lepoint

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