Courtepaille, Rivian: plus de faillites à l’horizon

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Beaucoup plus de sociétés risquent la faillite aujourd’hui qu’au moment des politiques de relance et de l’octroi facile de crédits, en raison des rachats d’obligations par la banque centrale.

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Les indices d’obligations montrent les dégâts des hausses de taux sur le marché des créances.

L’indice S&P des obligations d’entreprises de plus haute qualité en zone euro, baisse d’un niveau de 245 euros en août 2021 à 215 euros en ce moment.

La chute a lieu aussi du côté des obligations des gouvernements européens, pour une perte de 19 % depuis l’été 2021, selon l’indice Vanguard.

La plupart des gens en France ne détiennent pas d’actions.

Encore moins d’entre eux ont des obligations détenues directement, sans l’intermédiaire d’un Livret A, livret bancaire, ou contrat d’assurance-vie.

En théorie, la perte demeure donc sur les comptes des banques, assurances, et fonds d’investissement.

Les faillites dans le secteur financier, à ce jour, ont lieu lorsqu’une banque a besoin de vendre des actifs en portefeuille.

Elle assume donc les pertes.

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En raison des pertes, les actionnaires craignent un manque d’actifs pour lever des fonds, soit une faillite.

L’action chute, comme l’ont fait les titres Credit Suisse, Silicon Valley Bank, et First Republic Bank (qui vient de bénéficier d’un rachat par JP Morgan, organisé par la Réserve fédérale américaine).

Les banques américaines ont à présent des pertes sur la valeur des actifs dans les bilans, d’environ 1.700 $ milliards, selon deux économistes de l’Université de New York.

Le système bancaire de la zone euro a un peu plus d’actifs que les États-Unis, ce qui signifie peut-être plus de pertes.

Les plus grandes banques d’Europe comme BNP Paribas ont de l’ordre de 2.700 milliards d’euros d’actifs, ce qui signifie que la totalité des pertes – à ce jour – peut atteindre l’ampleur d’une des plus grosses banques du continent.

[Cette crise peut déclencher ce que nous appelons notre “3ème prédiction.”]

Selon les estimations qu’a présentées mon associée Simone Wapler, les seules obligations des assurances-vie, rien qu’en France, ont peut-être de l’ordre de 130 à 165 milliards d’euros de pertes sur la valeur des actifs, soit 16 fois plus que les 5 milliards d’euros de pertes de Jérôme Kerviel, qui ont failli mettre fin à la Société Générale.

La plupart des banques conservent les obligations en portefeuille.

Les faillites risquent de tirer les actifs des banques vers le bas d’une manière ou d’une autre.

Les faillites d’entreprises – en rehausse en ce moment en France, comme montré ci-dessous – risquent de porter encore un coup au secteur financier.

Comme montré par les chiffres de la Banque de France, les faillites touchent tous les secteurs, dont les services d’hôtellerie et restauration, victimes des confinements – et récipients de secours (voir les faillites par secteur ci-dessous).

Dans la restauration, les échecs de la marque Courtepaille montrent l’impasse des hausses de taux pour les zombies.

La société de restauration fait des pertes depuis 2017, mais réussit à survivre grâce aux procédures de reprise et la dette.

Les confinements ont mis un autre clou dans le cercueil :

“[Le repreneur] qui venait de mener le redressement de Buffalo Grill s’était fixé le défi personnel de redonner du lustre à Courtepaille.

“C’était avant le séisme du Covid et ses répliques, entre fermetures prolongées du service en salle, boom des livraisons à domicile et conversion au télétravail …

“Avec un remplissage inférieur de 25 % par rapport à 2019, le chiffre d’affaires a fondu de 259 millions à 125 millions d’euros. L’inflation des derniers mois a porté le coup de grâce en renchérissant le coût des matières premières et de l’énergie. « Déjà fragilisé, le modèle économique ne fonctionne plus au vu de l’inflation actuelle et de la baisse du niveau de fréquentation », juge le propriétaire, qui parle d’une « décision inéluctable ».”

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Bloomberg rapporte les malheurs d’une autre société, Rivian, dans les véhicules électriques.

Ils rapportent :

Le déclin incessant de l’action de Rivian révèle une inquiétante réalité : les investisseurs conservent peu d’espoir en la capacité de l’entreprise, adossée par Amazon, à faire concurrence dans le marché des véhicules électriques. La société a atteint une valorisation de plus de 150 milliards $ dans les jours suivants son introduction en Bourse, fin 2021. Elle vaut à présent moins de 12 milliards $, ce qui représente peu de valeur mis à part sa trésorerie.”

Avec des pertes de près de 7 milliards $ par an, la société va peut-être suivre Courtepaille parmi les victimes du resserrement des conditions de marché.

Plus de faillites vont avoir lieu. Or, les banques ont besoin d’émettre des prêts pour toucher des revenus.

Une incapacité des entreprises à soutenir la dette risque donc de causer des ennuis.

Les banques doivent payer des taux plus élevés sur les dépôts, en raison du resserrement par les banques centrales. Or, le rythme d’émission de prêts baisse depuis les hausses de taux. Les banques risquent de manquer de sources de revenus assez élevés pour payer les intérêts sur les dépôts, puis dégager une marge.

Les prêts bancaires vont se mettre à chuter au fil des prochains trimestres,” écrit une analyste de BlackRock citée par Bloomberg.

Les données de la Fed, ci-dessous, montrent que les volumes de prêts des banques ont atteint un sommet fin 2022, et baissent de mois en mois.

La contraction de l’octroi du crédit cause aussi une baisse de 5 % des prix de l’immobilier à Paris, sur un an.

La tendance réserve bien plus d’effets à l’avenir.

Profits de crise : un exemple avec iHeartMedia

En septembre dernier, j’ai réalisé deux opérations spéciales avec mon propre argent, dans le but d’illustrer une manière de faire des gains sur les déboires de certaines sociétés ou actifs.

J’ai fait un pari contre l’euro, qui n’a pas porté fruit.

Par contre, mon second pari, contre une société de médias, iHeartMedia, génère à ce jour environ 95 % de gains, et peut continuer à grimper en valeur…

En effet, l’action dévisse depuis mon entrée sur l’opération en septembre (voir graphique ci-dessous).

Cette stratégie peut à nouveau attirer notre attention : les hausses de taux réservent encore des surprises.

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