Une prédiction inquiétante au cœur d’une tempête économique
Alors que le métal jaune n’a cessé de battre des records depuis près de deux ans, la banque Citi jette un froid sur les marchés. Selon elle, l’or pourrait redescendre jusqu’à 2 500 dollars l’once d’ici la fin de 2026. Cette projection, qui tranche radicalement avec l’euphorie récente, repose sur l’hypothèse d’un retour à une croissance économique soutenue grâce aux stimuli monétaires et budgétaires. Pourtant, dans un monde rongé par l’instabilité géopolitique, les tensions sociales et la fragilité bancaire, cette prévision semble dangereusement optimiste. Et dans ce climat d’incertitude, protéger son patrimoine en achetant de l’or physique reste l’une des options les plus sensées.
Les marchés en lévitation : illusion ou reprise réelle ?
Citi fonde son scénario sur une hypothèse de reprise généralisée des actifs cycliques. En clair, l’argent quitterait l’or pour revenir vers les actions, notamment les secteurs liés à la consommation et à l’industrie. Mais ces projections ignorent un point fondamental : le moteur de cette relance reste la dette. Et cette dette, qu’elle soit publique ou privée, atteint des sommets historiques. De plus, les taux d’intérêt ne peuvent être abaissés à l’infini sans provoquer une perte de confiance dans les monnaies fiduciaires. Dans ce contexte, détenir de l’or, valeur tangible et universellement reconnue, devient une nécessité stratégique.
L’inflation refoulée menace toujours en arrière-plan
Même si certains indicateurs montrent une accalmie temporaire de l’inflation, les fondamentaux ne sont pas rassurants. L’énergie reste volatile, les prix alimentaires augmentent structurellement, et les chaînes d’approvisionnement sont loin d’être rétablies. Citi minimise ces dynamiques, en se concentrant sur une lecture strictement macroéconomique du marché. Or, c’est précisément dans ces moments d’ambiguïté que les grands investisseurs institutionnels se tournent vers les métaux précieux. Renforcer son exposition à l’or dès aujourd’hui peut donc constituer une couverture vitale contre un retour brutal de l’inflation.
Banques centrales : les actes contredisent les discours
Tandis que Citi anticipe une baisse de l’or, les banques centrales poursuivent une stratégie totalement opposée. La Chine, la Russie, l’Inde ou encore la Turquie continuent d’acheter massivement du métal jaune. Ces États, conscients de la fin programmée de la domination du dollar, reconstituent leurs réserves en prévision d’un nouveau système monétaire multipolaire. Cette accumulation n’est pas anodine : elle signale une défiance silencieuse vis-à-vis des promesses économiques occidentales. Posséder de l’or, c’est donc suivre la même logique de prudence que les grandes puissances.
Et si Citi se trompait ? Les signaux contraires s’accumulent
Face à cette perspective baissière, d’autres géants comme Goldman Sachs ou UBS défendent, au contraire, un scénario haussier. Goldman maintient une cible de 4 000 $ l’once d’ici début 2026. Le désaccord profond entre ces mastodontes montre que le consensus n’existe plus. Cela confirme l’instabilité du système actuel. Dans une telle configuration, se baser uniquement sur des prévisions devient risqué. Il faut revenir aux fondamentaux. Et parmi eux, l’or demeure l’un des seuls actifs à avoir traversé les siècles sans jamais perdre son rôle de refuge.
Le risque géopolitique : l’éléphant dans la pièce
Pendant que Citi rêve de croissance et de reprise, le monde réel est en feu. Les tensions au Proche-Orient s’intensifient, l’Ukraine reste un point de friction majeur, et la guerre commerciale sino-américaine se durcit. Ces risques ne sont pas ponctuels ; ils s’inscrivent dans une logique de fragmentation durable de l’ordre mondial. Dans un tel environnement, tout choc pourrait brutalement renverser les marchés. Anticiper ce risque en investissant dans l’or revient à assurer la stabilité de son patrimoine.
Miners vs métal : un pari risqué selon Citi
L’analyse de Citi pousse vers les sociétés minières, considérées comme sous-évaluées. Or, investir dans ces sociétés, c’est aussi s’exposer à des risques opérationnels, politiques, et de liquidité. À l’inverse, l’or physique échappe aux manipulations de marché et à la spéculation boursière. Posséder directement de l’or en lingots ou pièces permet de s’affranchir du système bancaire et des marchés volatils.
Conclusion : entre illusion de croissance et réalité monétaire
Les prévisions de Citi rappellent combien la finance moderne peut être déconnectée des réalités géopolitiques et sociales. Miser sur une reprise uniforme en niant les déséquilibres fondamentaux revient à jouer avec le feu. Dans un monde en transition, où les repères vacillent, l’or reste l’ancre de stabilité, la mémoire monétaire de l’humanité.



Meme si l.or descendait à 2500 dollars, cela laisserait plus de 45% de progression depuis 2020 et 25% après commission de vente, un placement malgré tout encore performant.
Même la semaine prochaine en cas d’accord Trump Poutine