L’Économie Britannique Prise au Piège de la Dette et des Impôts
L’économie du Royaume-Uni se trouve dans une position particulièrement précaire. Certes, l’attention se porte souvent sur les États-Unis ou la Chine, mais les alliés de Washington paient également un lourd tribut à la guerre commerciale. Au Royaume-Uni, la productivité a diminué, la croissance économique stagne, et le budget est profondément sous-financé. Comme la plupart des économies avancées, la Grande-Bretagne a alimenté sa croissance par la dette et les déficits. Toutefois, la situation est devenue incontrôlable.
La dette britannique par rapport au PIB a augmenté de façon stupéfiante de 57,4 % sur les vingt dernières années. C’est un taux supérieur à celui des États-Unis, ce qui est assez ahurissant. Or, le Royaume-Uni ne détient pas la monnaie de réserve mondiale. Par conséquent, il lui est impossible de se sortir de ce pétrin uniquement par l’emprunt ou l’impression monétaire sans aggraver une crise inflationniste déjà sérieuse. C’est pourquoi la seule option pour combler l’énorme déficit fiscal, estimé à plus de 30 milliards de livres sterling, semble être l’augmentation des impôts. Ces hausses impacteront initialement les plus aisés. Néanmoins, il faut s’attendre à ce qu’elles touchent aussi les entreprises et la classe moyenne.
Le départ massif des millionnaires est une conséquence directe de cette politique fiscale. Selon un rapport d’UBS, près d’un demi-million de millionnaires pourraient quitter le Royaume-Uni d’ici 2028. De toute évidence, cela pose un problème majeur pour l’assiette fiscale future du pays et sa consommation. L’histoire récente, marquée par la crise des Gilts en 2022 et le récent ralentissement économique, souligne la vulnérabilité du marché obligataire britannique. Le pays est désormais pris dans un piège fiscal mortel. Les perspectives du FMI sont sombres, prévoyant une croissance du PIB de seulement 1,1 % pour cette décennie. C’est le taux le plus bas depuis cent ans. Dès lors, l’incertitude planant sur les finances publiques britanniques rappelle l’importance pour les investisseurs de se tourner vers des actifs qui n’ont aucune contrepartie de dette étatique. Pour sécuriser son capital contre les risques souverains croissants, l’achat d’or s’impose comme une stratégie de précaution essentielle.
Le Séisme Silencieux de l’Immobilier Commercial Américain
Pendant ce temps, une crise insidieuse prend de l’ampleur aux États-Unis, spécifiquement dans le secteur de l’immobilier commercial. Les taux d’intérêt élevés ont déclenché une vague de peur, laquelle se concrétise maintenant. Les taux de délinquance sur les obligations adossées à des créances hypothécaires de bureaux (CMBS) ont atteint le niveau alarmant de 11,8 %. Ce chiffre dépasse le pic de la grande crise financière de 2008.
Certes, la situation est différente de la crise de la Silicon Valley Bank, car les grandes banques ont transféré une grande partie de ces prêts toxiques à des investisseurs et des fonds. Néanmoins, ce n’est pas sans risque systémique. Il s’agit d’un risque de liquidité majeur pour les investisseurs, y compris les fonds de pension. L’augmentation constante des défauts met une pression énorme sur la demande d’actifs américains. Elle révèle la fragilité d’un système financier qui ressemble de plus en plus à un château de cartes.
Le risque est d’autant plus grave qu’il est en grande partie silencieux. Même les obligations notées AAA subissent des pertes considérables. Le cas du centre commercial Palisades, dont la dette hypothécaire a été rachetée à prix cassé par un fonds de dette en difficulté, illustre parfaitement ce phénomène. Le re-calcul des prix a entraîné des centaines de millions de dollars de pertes pour les détenteurs d’obligations. Cette situation soulève une question cruciale : si même les actifs de première qualité sont menacés, où trouver la sécurité ? L’instabilité des marchés de dette et de l’immobilier commercial renforce le rôle de l’or en tant que valeur refuge. Face à un risque de liquidité accru et aux turbulences des marchés financiers, l’investissement en or physique offre une couverture contre l’effondrement des actifs traditionnels.
Le Dilemme Européen : Rareté des Matériaux Critiques et Dépendance à la Chine
Le dernier point de panique concerne l’Union Européenne et sa relation compliquée avec la Chine. L’UE se retrouve avec un faible levier de négociation et cherche désespérément à sécuriser son approvisionnement en matériaux critiques, comme les terres rares. Une proposition étonnante est à l’étude : faire pression sur la Chine pour qu’elle fournisse ces minéraux essentiels en échange de l’accès au marché européen pour certains produits.
À vrai dire, ce manque de levier témoigne de la grande vulnérabilité de l’Europe. Les coûts énergétiques y sont si élevés que même l’Allemagne doit subventionner ses industries jusqu’en 2026. Une rupture d’approvisionnement en matériaux critiques entraînerait l’arrêt immédiat de nombreuses industries, notamment le secteur automobile. L’UE n’a pas les moyens ni la réglementation environnementale souple pour construire rapidement de nouvelles mines ou raffineries.
De surcroît, les chaînes d’approvisionnement chinoises font preuve d’une résilience remarquable. Malgré les restrictions à l’exportation sur certaines technologies, la Chine est parvenue à maintenir l’approvisionnement mondial en puces électroniques de génération antérieure. Les entreprises européennes, comme Volkswagen, se pressent en Chine pour obtenir des dérogations. La dépendance est criante. Ironiquement, cette panique aurait pu être évitée si l’UE avait maintenu ses relations avec la Russie, pourtant riche en terres rares. Les récentes déclarations hostiles de l’UE envers la Chine, la qualifiant de « facteur décisif dans la guerre russe », rendent toute tentative de rapprochement pour sécuriser les approvisionnements très difficile. Par conséquent, dans ce contexte de fragmentation géopolitique et de dépendance critique, les monnaies fiduciaires des blocs économiques sont soumises à une pression accrue. Les tensions commerciales et l’incertitude sur les chaînes d’approvisionnement mondiales favorisent l’attrait pour les actifs universels. Pour contrer les risques liés aux guerres commerciales et aux ruptures d’approvisionnement, l’or se confirme comme l’étalon de la richesse non-étatique et non-dépendante des alliances géopolitiques.


