« Ce ne sont pas les déficits qui représentent le danger pour les États-Unis, c’est ÇA… », avertit un économiste de renom.

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Le discours économique dominant nous martèle depuis des décennies que les déficits publics sont le pire ennemi d’une nation. L’austérité et la « responsabilité fiscale » sont présentées comme les seules voies vers la prospérité. Pourtant, cette vision, largement portée par la pensée néolibérale depuis les années 1970, repose sur une fausseté fondamentale concernant la création monétaire. En réalité, un économiste de premier plan, le professeur Steve Keen, alerte : le danger réel qui guette l’économie américaine et mondiale n’est pas la dette du gouvernement, mais bien l’explosion de la dette privée.

Historiquement, les politiques basées sur un modèle bancaire erroné ont conduit à la déréglementation et à l’obsession de l’équilibre budgétaire. Cependant, l’exécution de ces politiques, censée apporter l’utopie, a au contraire engendré une véritable dystopie économique, marquée par une volatilité financière accrue. En effet, l’analyse approfondie des mécanismes comptables montre que l’on se trompe de cible. Tandis que l’attention se focalise sur les chiffres gouvernementaux, la dette accumulée par les ménages et les entreprises devient une bombe à retardement. Il est d’ailleurs essentiel de noter que l’histoire nous a montré que lorsque les systèmes financiers se trouvent pris dans une spirale de dette insoutenable, la diversification des actifs devient une stratégie de survie. Devant la menace systémique que représente une dette privée hors de contrôle et les tentatives illusoires des États pour la juguler, beaucoup considèrent qu’il est indispensable de sortir des actifs purement fiduciaires. C’est pourquoi l’idée de sécuriser ses avoirs face à la défaillance des mécanismes de crédit apparaît comme une décision de plus en plus pertinente.

La Vérité sur la Création Monétaire : Le Rôle Central des Banques

La théorie économique classique enseigne que les banques sont de simples intermédiaires. Elles sont censées prêter l’argent que les ménages déposent. Or, cette conception est totalement fausse. En 2014, la Banque d’Angleterre elle-même a clairement dénoncé cette erreur, rejoignant ainsi la position d’économistes hétérodoxes.

La réalité est la suivante : le prêt bancaire crée le dépôt. Lorsqu’une banque accorde un prêt de 10 £, elle inscrit 10 £ comme actif (la créance sur l’emprunteur) et simultanément 10 £ comme passif (le dépôt sur le compte de l’emprunteur). Le montant total des dépôts augmente, ce qui signifie que de nouvelle monnaie est créée ex nihilo par le système bancaire.


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Cette distinction est capitale. Si les banques n’étaient que des intermédiaires, le crédit n’aurait aucun impact direct sur le Produit Intérieur Brut (PIB). Pourtant, en utilisant des outils d’analyse basés sur la comptabilité en partie double — le langage réel de l’économie —, on constate l’évidence : une augmentation du crédit (la variation annuelle de la dette privée) fait croître le PIB. Inversement, une décélération ou une baisse du crédit entraîne un ralentissement économique, voire une récession. Par conséquent, ignorer la dette privée en la considérant comme une variable d’allocation sans importance est une grave erreur d’appréciation. Il s’agit du moteur principal des cycles économiques d’expansion et de crise. Lorsque la création monétaire, largement pilotée par l’endettement privé, atteint des niveaux insoutenables, cela met en lumière la fragilité intrinsèque du système. Face à cette dynamique inflationniste et déflationniste par cycle, il est raisonnable de chercher des actifs dont la valeur n’est pas le fruit d’une simple création de dette. C’est pourquoi, en période de risque financier systémique, une option pour les particuliers est de considérer un placement historique pour contrer l’incertitude du cycle crédit-dette.

Les Déficits : Un Mythe du « Crowding Out » Démonté

Les économistes classiques prévoient également une « catastrophe » liée aux déficits publics. Selon eux, lorsque le gouvernement émet de la dette (bons du Trésor) pour financer son déficit, il emprunte l’argent qui aurait pu être prêté aux entreprises, ce qui « évince » l’investissement privé (crowding out).

Or, cette vision est tout aussi incorrecte. Un déficit gouvernemental (dépenses > impôts) injecte de l’argent dans les comptes du secteur privé (ménages et entreprises). En effet, lorsque le gouvernement dépense, il réduit son compte (à la Banque Centrale) et augmente les dépôts des bénéficiaires (dans les banques commerciales). Le déficit crée de la monnaie (monnaie fiduciaire) pour le secteur privé, et non le contraire.

Les ventes d’obligations qui s’ensuivent ne sont qu’une opération de « refinancement » qui transfère des fonds, principalement entre la Banque Centrale et les banques commerciales (primary dealers). Elles n’annulent pas la création monétaire initiale et ne « volent » pas les fonds des ménages destinés à l’investissement. En conséquence, le ratio dette publique/PIB ne s’envole pas à l’infini comme le prédit le modèle classique, mais se stabilise.

De plus, l’idée que le gouvernement doive s’efforcer d’atteindre un excédent est non seulement fausse, mais dangereuse. L’excédent public équivaut à un drainage des liquidités du secteur privé. Pour que les ménages et les entreprises puissent avoir une épargne financière nette positive, il est nécessaire que le secteur public soit en déficit financier net. Un gouvernement qui cherche à être « responsable » en dégageant des excédents (comme l’ont fait Coolidge dans les années 1920 ou Clinton dans les années 1990) pousse le secteur privé à spéculer avec de l’argent emprunté (dette privée) pour tenter de réaliser des gains en capital sur des actifs existants (immobilier, actions). C’est ce phénomène qui engendre les bulles financières et, in fine, les crises. En somme, loin d’être un danger, le déficit public agit comme un stabilisateur d’un système naturellement instable, en fournissant l’épargne nécessaire au secteur privé. Face à cette mécanique de cycles où les tentatives d’équilibre budgétaire provoquent, paradoxalement, des déséquilibres spéculatifs dans le secteur privé, il est essentiel d’opter pour une gestion patrimoniale prudente. C’est la raison pour laquelle certains choisissent d’intégrer dans leur stratégie d’investissement des actifs qui ne sont pas la création d’une dette, publique ou privée. Il est donc opportun de se renseigner sur l’acquisition d’une réserve de valeur traditionnelle face aux failles budgétaires.

La Solution : Un Jubilé de la Dette pour Rétablir l’Équilibre

Alors que la dette publique n’est qu’un mythe de crise, la dette privée, elle, est le véritable moteur des booms et des effondrements, comme l’a illustré la crise financière mondiale. Une dette privée excessive étrangle l’économie réelle en détournant les revenus vers le service de la dette et en rendant le système vulnérable à la déflation.

Pour rompre ce cycle et restaurer la stabilité, une approche radicale s’impose : le Jubilé de la Dette Moderne. Puisque l’État ne peut pas faire faillite dans sa propre monnaie, mais que les ménages et les entreprises le peuvent, l’objectif doit être de réduire la dette privée impayable sans pénaliser les créanciers. L’État, via sa banque centrale, pourrait monétiser ou absorber une partie des créances privées pour soulager les bilans et redonner du pouvoir d’achat au secteur réel.

En refusant de se laisser dominer par les mythes économiques et en reconnaissant le rôle de la dette privée dans les crises, il est possible de mettre en œuvre des politiques monétaires et fiscales sensées. Il faut cesser de confondre le ménage endetté (qui peut faire faillite) avec le gouvernement (qui est l’émetteur de la monnaie) et adopter une nouvelle approche économique pour sortir du cycle de crises qui afflige l’économie mondiale depuis trop longtemps.

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