En 2026, l’or évolue à quelques encablures seulement des 5 000 dollars l’once, un niveau qui semblait encore irréaliste il y a quelques années. Cette envolée ne relève pas d’un simple engouement spéculatif : elle traduit un changement structurel profond dans la manière dont l’or est perçu et utilisé au sein du système financier mondial. Face à l’érosion de la valeur des monnaies et à l’accumulation des dettes publiques, de plus en plus d’investisseurs recherchent une valeur tangible et universelle, ce qui explique l’intérêt croissant pour l’achat d’or physique comme réserve de valeur.
L’or face à l’immobilier : un retournement de tendance depuis 2007
Depuis la crise financière de 2007, les prix réels de l’immobilier, notamment au Royaume-Uni et dans plusieurs pays occidentaux, ont reculé d’environ 20 %, tandis que le prix réel de l’or a progressé de près de 190 % sur la même période. Ce contraste illustre un basculement progressif des préférences d’investissement. Là où la pierre était historiquement perçue comme le placement refuge par excellence, l’or s’impose aujourd’hui comme une alternative plus liquide, plus mobile et sans contraintes de gestion, ce qui renforce l’attrait pour l’achat d’or comme actif patrimonial.
Le principal défaut de l’or : l’absence de rendement
L’un des arguments classiques contre l’or est bien connu : il ne génère aucun rendement. Contrairement à l’immobilier, qui peut offrir un revenu locatif, l’or ne verse ni intérêts ni dividendes. C’est notamment pour cette raison que certains investisseurs, comme Warren Buffett, ont longtemps exprimé leur réticence. Toutefois, dans un environnement marqué par la hausse des taxes, l’augmentation des coûts d’entretien et le durcissement des réglementations pour les propriétaires, obtenir un rendement net positif sur l’immobilier devient de plus en plus complexe. À l’inverse, l’or ne nécessite ni entretien ni gestion locative, ce qui redonne toute sa pertinence à l’achat d’or sans contraintes opérationnelles.
Pourquoi l’or explose depuis 2025
La hausse récente de l’or est spectaculaire : +65 % sur l’année 2025, suivie d’environ +14 % supplémentaires dès les premières semaines de 2026. Si la baisse du dollar américain joue un rôle mécanique — l’or étant libellé en dollars —, l’explication principale est ailleurs. Les investisseurs internationaux, mais surtout les banques centrales, réduisent leur dépendance au dollar et réallouent massivement leurs réserves vers l’or. Cette dynamique structurelle soutient durablement la demande pour l’achat d’or en tant qu’actif monétaire.
Dédollarisation et ruée des banques centrales vers l’or
Depuis le gel des réserves russes en 2022, de nombreux États ont pris conscience du risque politique lié à la détention d’actifs en dollars. La Chine, l’Inde, mais aussi plusieurs pays européens et émergents, achètent de l’or à des niveaux records. Contrairement aux investisseurs privés, les banques centrales ne cherchent pas un point d’entrée optimal : elles considèrent l’or comme une assurance monétaire de long terme, ce qui contribue à créer un plancher de prix élevé et renforce la légitimité de l’achat d’or physique.
Le tournant réglementaire majeur : Bâle III et l’or
L’un des facteurs les plus sous-estimés de la hausse actuelle est l’entrée en vigueur, en juillet 2025, des règles dites Bâle III “endgame”. Désormais, l’or physique alloué est reconnu comme actif de niveau 1, au même titre que le cash ou les obligations souveraines. Les banques peuvent donc le comptabiliser à 100 % de sa valeur de marché, ce qui change radicalement son statut. Cette reconnaissance officielle transforme l’or en actif bancaire stratégique et alimente la demande pour l’achat d’or alloué et physique.
Dette mondiale et risque inflationniste latent
La dette publique atteint des niveaux records dans la plupart des économies développées. Si cette situation n’est pas immédiatement problématique, elle devient préoccupante lorsqu’elle s’accompagne de pressions politiques sur les banques centrales et de potentielles baisses de taux futures. Ce contexte rappelle, à certains égards, les années 1970, période durant laquelle l’or avait fortement progressé. Face à ces incertitudes, de nombreux acteurs institutionnels renforcent leur exposition via l’achat d’or comme couverture contre la dévalorisation monétaire.
L’or est-il surévalué aujourd’hui ?
Certains indicateurs techniques, comme le RSI, suggèrent que l’or est actuellement en zone de surachat, et quelques analystes n’excluent pas une correction vers 4 200 $. Néanmoins, la situation actuelle diffère profondément des cycles passés : malgré des taux réels légèrement positifs, l’or continue de progresser, preuve que les moteurs structurels ont pris le relais des facteurs traditionnels. Cette rupture historique soutient la thèse d’une allocation stratégique via l’achat d’or à long terme.
Pourquoi certains évoquent un or à 7 000 $
Les scénarios les plus haussiers reposent sur un constat simple : les banques centrales achètent de l’or indépendamment de son prix. Chaque repli est perçu comme une opportunité d’accroître les réserves. À cela s’ajoutent les crises successives — pandémie, conflits géopolitiques, instabilité politique — qui renforcent l’attrait de l’or comme valeur refuge ultime. Sans être une certitude, l’hypothèse d’un or bien au-delà des 5 000 $ rend cohérente une stratégie incluant l’achat d’or comme assurance financière.
Conclusion
L’or à 5 000 $ n’est pas une anomalie, mais le reflet d’un nouvel ordre monétaire en construction. Entre dédollarisation, dettes massives et mutations réglementaires, le métal jaune retrouve un rôle central que beaucoup avaient sous-estimé. Sans garantir des gains constants, il offre une stabilité que peu d’actifs peuvent revendiquer aujourd’hui, ce qui explique l’intérêt croissant pour l’or physique comme pilier de protection patrimoniale.


