Le prix de l’or vient de franchir un nouveau record historique à 4 300 dollars l’once, une envolée qui interpelle autant qu’elle fascine. Pour Pierre Lassonde, investisseur de renom et président émérite du conseil de Franco-Nevada, ce mouvement n’a rien d’excessif. Bien au contraire. « Ce n’est pas trop tard pour acheter de l’or », affirme-t-il, estimant que le marché actuel n’en est qu’à une phase intermédiaire de son cycle haussier. Dans ce contexte, de nombreux épargnants se tournent vers l’achat d’or physique pour préserver leur capital.
Un parallèle assumé avec les années 1976–1980
Pierre Lassonde compare explicitement la situation actuelle à celle de la fin des années 1970, période durant laquelle l’or est passé de 90 à 800 dollars en un peu plus de trois ans. « L’histoire ne se répète jamais, mais l’homme se répète toujours », rappelle-t-il en citant Voltaire. Selon lui, nous serions aujourd’hui l’équivalent de 1977 ou 1978, c’est-à-dire loin du sommet atteint en 1980. Cette lecture historique renforce l’idée que l’or physique reste une protection pertinente à long terme.
Des dettes publiques devenues insoutenables
L’un des piliers de son raisonnement repose sur l’explosion des déficits publics. Pierre Lassonde souligne que l’ensemble des pays du G20 affiche aujourd’hui des finances publiques dégradées. « La dette globale est rendue à 314 trillions de dollars », rappelle-t-il, citant notamment les États-Unis, dont la dette approche les 40 trillions dans une économie bien plus réduite. Face à ces déséquilibres, il devient logique de se réfugier dans l’or physique, actif sans risque de défaut.
L’inflation comme issue politique inévitable
Pierre Lassonde se montre très clair : aucun dirigeant politique n’est prêt à assumer le coût électoral de hausses massives d’impôts ou de coupes sévères dans les programmes sociaux. « La porte de défaut, c’est l’inflation », affirme-t-il. Selon lui, l’or anticipe déjà ce scénario, ce qui explique sa hausse continue. Dans ce contexte, l’investissement dans l’or tangible apparaît comme une réponse rationnelle à l’érosion monétaire à venir.
La dédollarisation accélère le mouvement
Autre facteur central évoqué par Pierre Lassonde : la perte de domination du dollar américain. « Il y a dix ans, 90 % des réserves mondiales étaient en dollars. Aujourd’hui, on est autour de 52 % », souligne-t-il. Cette baisse s’accompagne d’un renforcement spectaculaire de l’or dans les réserves officielles. Cette dynamique internationale conforte la place de l’or physique comme monnaie universelle de confiance.
Pourquoi les banques centrales achètent massivement de l’or
Pour Pierre Lassonde, la raison est simple et fondamentale : « La seule devise qui n’est pas la dette d’un autre pays, c’est l’or ». Aujourd’hui, les banques centrales absorbent environ un tiers de la production mondiale annuelle, un niveau historiquement élevé. Cette demande institutionnelle structurelle soutient durablement les prix et renforce l’intérêt des particuliers pour l’or physique détenu en propre.
Le cas du Canada : une erreur stratégique majeure
Pierre Lassonde n’hésite pas à qualifier de « erreur fondamentale » la décision de la Banque du Canada d’avoir vendu l’intégralité de ses réserves d’or dans les années 1980, à environ 350 dollars l’once. « Quarante ans plus tard, ils auraient été bien mieux de garder ces 1 000 tonnes », affirme-t-il. Cet exemple illustre, selon lui, l’importance stratégique de détenir de l’or, y compris à titre individuel via l’achat d’or physique comme réserve de valeur.
Jusqu’où l’or peut-il monter ?
Lors d’une récente allocution à New York, Pierre Lassonde a avancé un chiffre précis : 17 250 dollars l’once dans les prochaines années. Cette projection repose sur la poursuite des tendances actuelles : dette, inflation, dédollarisation et achats massifs des banques centrales. Sans même viser cet objectif extrême, il estime que le potentiel reste largement sous-estimé, ce qui justifie l’intérêt actuel pour l’or physique à des fins de protection patrimoniale.
L’or, reflet fidèle des déséquilibres mondiaux
Pour Pierre Lassonde, la hausse de l’or n’est pas une anomalie, mais un thermomètre économique. Elle révèle les failles du système monétaire actuel et l’incapacité des États à rétablir des finances saines sans recourir à l’inflation. Dans ce contexte, l’or physique s’impose comme un actif de bon sens, à la fois intemporel et universel.
Conclusion : « ce n’est pas trop tard »
Pierre Lassonde conclut sans ambiguïté : « Ce n’est pas trop tard pour acheter de l’or ». À ses yeux, nous sommes encore loin du point culminant du cycle actuel. Tant que les dettes explosent, que le dollar recule et que l’inflation reste la solution implicite des gouvernements, l’or continuera de jouer son rôle historique. Dans ce cadre, l’or physique demeure une valeur refuge incontournable.


