Fed politisée, dette incontrôlable : pourquoi l’or pourrait être réévalué à 15 000 $ l’once… Avec DiMartino Booth

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Une crise monétaire avant d’être financière

Selon Danielle DiMartino Booth, l’époque que nous traversons ne correspond pas à une crise classique des marchés, mais à une crise de crédibilité monétaire. La politisation croissante de la Réserve fédérale américaine, prise en étau entre pressions politiques et fragilité économique, marque une rupture historique. Lorsque la monnaie cesse d’être un repère fiable, les investisseurs cherchent une ancre. C’est dans ce contexte précis que l’achat d’or redevient un réflexe de protection face à la perte de confiance institutionnelle.

La fin de l’indépendance réelle de la Fed

DiMartino Booth insiste sur un point fondamental : l’indépendance de la Fed n’est plus qu’un principe théorique. Depuis plusieurs décennies, chaque président de la Réserve fédérale a fini par céder aux marchés et au pouvoir politique, utilisant la création monétaire pour éviter les ajustements douloureux. Cette dérive a transformé la monnaie en outil politique. Dans un tel environnement, l’or s’impose comme un actif hors système, insensible aux décisions des banques centrales.

Dette, déficits et illusion de contrôle

Le cœur du problème, selon DiMartino Booth, n’est pas conjoncturel mais structurel : les États-Unis, comme la majorité des économies développées, ne peuvent plus fonctionner sans déficits massifs. Cette dépendance à la dette impose une création monétaire permanente. À terme, la monnaie doit absorber ce déséquilibre. Dans ce cadre, l’or agit comme un miroir de la dégradation monétaire, révélant ce que les statistiques officielles tentent souvent de masquer.

Pourquoi les banques centrales accumulent de l’or

Un des signaux les plus forts évoqués par DiMartino Booth est l’accumulation record d’or par les banques centrales mondiales. Ce mouvement n’est ni spéculatif ni opportuniste : il traduit une perte de confiance dans les actifs souverains traditionnels, notamment les bons du Trésor américains. L’or devient alors un actif stratégique, non politique et universel. Cette dynamique renforce l’idée que l’or retrouve progressivement son rôle monétaire implicite.

L’hypothèse d’un or à 15 000 $ l’once : fantasme ou nécessité ?

DiMartino Booth ne présente pas un or à 10 000 ou 15 000 dollars l’once comme une prévision classique, mais comme une hypothèse de réévaluation. Si le système devait absorber l’ampleur des dettes existantes sans effondrement total, une revalorisation massive de l’or pourrait servir d’ajustement comptable. Dans ce scénario, l’or jouerait un rôle de stabilisateur monétaire indirect, sans retour officiel à l’étalon-or.

Pourquoi ce ne serait pas un retour à l’étalon-or

Contrairement aux idées reçues, DiMartino Booth est catégorique : un retour formel à l’étalon-or provoquerait une dépression mondiale immédiate. En revanche, une réévaluation du stock d’or existant permettrait de restaurer une forme de crédibilité monétaire sans bouleverser totalement le système. Dans cette optique, l’or devient un outil de transition monétaire plutôt qu’un dogme idéologique.

Inflation, déflation : l’or gagne dans les deux cas

Un point clé du discours de DiMartino Booth est que l’or ne dépend pas d’un scénario unique. En cas d’inflation persistante, il protège le pouvoir d’achat. En cas de crise déflationniste ou financière majeure, il bénéficie de la fuite vers la qualité. Cette asymétrie favorable explique pourquoi l’or reste une assurance systémique unique dans un monde où les politiques économiques ont épuisé leurs leviers traditionnels.

Or physique : la distinction essentielle

DiMartino Booth rappelle implicitement que posséder de l’or n’a de sens que s’il s’agit d’un actif réel, non d’une promesse financière. Les produits papier adossés à l’or restent soumis au risque de contrepartie et aux tensions de liquidité. Dans un contexte de crise monétaire, l’or physique conserve une valeur autonome et accessible, indépendamment du système bancaire.

Conclusion : l’or comme thermomètre du désordre monétaire

L’idée d’un or à 15 000 $ l’once ne relève pas d’un excès d’optimisme, mais d’un constat froid : le système actuel ne peut survivre sans ajustement majeur. Que cet ajustement prenne la forme d’inflation, de réévaluation monétaire ou de crise financière, l’or en sera le révélateur. Dans cette perspective, investir dans l’or revient moins à spéculer qu’à se préparer.

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