Michael Howell – Pourquoi la crypto s’est effondrée et que nous réserve l’avenir…

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Alors que l’or enchaîne les records et que le bitcoin semble marquer le pas, beaucoup d’investisseurs parlent de “risk-off”, de panique ou d’échec de l’adoption crypto. Pourtant, selon l’analyse macroéconomique développée par Michael Howell, les marchés ne réagissent pas aux narratifs, mais à la liquidité.

Ce décalage apparent entre l’or et le bitcoin n’est ni un hasard ni une anomalie durable. Il est le reflet d’un cycle de liquidité mondial arrivant à maturité, fortement influencé par la Chine, les banques centrales et la structure même des marchés financiers. Dans ce contexte incertain, de nombreux investisseurs se tournent vers des actifs tangibles, notamment via l’achat d’or physique comme valeur de protection monétaire.

Les marchés ne bougent pas sur les récits, mais sur la liquidité

Contrairement aux idées reçues, ni la Fed, ni Jerome Powell, ni même les décisions ponctuelles des banques centrales ne dictent directement les mouvements de marché. Ce qui compte réellement, c’est la quantité et la direction de la liquidité mondiale.

Lorsque la liquidité augmente, les actifs risqués montent. Lorsqu’elle plafonne ou se contracte, ces mêmes actifs corrigent. Le bitcoin, en particulier, est reconnu comme l’actif le plus sensible à la liquidité globale. Dès que celle-ci commence à ralentir, il réagit immédiatement, souvent avant les autres classes d’actifs.

Dans ces phases de transition, l’or joue un rôle différent : il attire les capitaux cherchant une protection monétaire directe, ce qui explique l’intérêt croissant pour l’investissement en or comme rempart contre l’érosion monétaire.

Pourquoi l’or monte quand le bitcoin stagne

Sur le long terme, l’or et le bitcoin sont positivement corrélés : ils montent ensemble face à la création monétaire. Mais à court terme, leur relation est souvent inverse.

Lorsque l’or accélère brutalement, le bitcoin tend à sous-performer. Ce phénomène s’explique par un effet de substitution : les investisseurs spéculatifs se déplacent temporairement vers l’actif qui surperforme le plus rapidement.

Aujourd’hui, l’or bénéficie d’un catalyseur spécifique : la Chine. Cette dynamique renforce l’attrait pour l’or physique comme actif monétaire historique, au détriment momentané des cryptomonnaies.

Le facteur clé ignoré : la Chine et la création monétaire

La flambée actuelle de l’or n’est pas un phénomène global uniforme. Elle est largement pilotée par la Chine, via plusieurs mécanismes simultanés :

  • La Banque populaire de Chine injecte massivement de la liquidité
  • Les rendements obligataires chinois montent
  • Les actions chinoises surperforment
  • Les ménages et l’État chinois achètent de l’or

Contrairement au bitcoin, l’or est autorisé et encouragé en Chine, tant pour les particuliers que pour les institutions. Le résultat est clair : la hausse du prix de l’or en yuans entraîne mécaniquement celle du prix de l’or en dollars.

Dans ce contexte, l’or devient l’outil privilégié de protection, ce qui explique la montée en puissance de l’achat d’or en période de création monétaire accélérée.

Le Japon, le carry trade et les idées reçues

Beaucoup accusent la hausse des rendements japonais et le “yen carry trade” d’avoir provoqué la chute du bitcoin. Cette lecture est largement exagérée.

Le carry trade japonais est bien plus petit qu’il y a 15 ans, et le Japon ne joue plus un rôle central dans la liquidité mondiale. De plus, la Banque du Japon est piégée : toute hausse significative des taux ferait exploser le coût de la dette publique.

Résultat : le yen reste structurellement faible, ce qui renforce indirectement l’attrait pour les actifs réels, notamment l’or, via une allocation patrimoniale orientée vers les métaux précieux.

Pourquoi l’or n’est pas un simple actif « risk-off »

L’idée selon laquelle l’or serait uniquement un actif défensif est erronée. En 2008, l’or a chuté avec les marchés. L’or n’est pas un actif de panique, mais une couverture contre l’inflation monétaire.

Il performe lorsque :

  • Les gouvernements monétisent la dette
  • Les monnaies se déprécient
  • La liquidité s’injecte dans l’économie réelle

Nous sommes précisément dans cette phase. C’est pourquoi l’intérêt pour l’or comme protection contre la dévaluation des monnaies s’intensifie.

Bitcoin : actif d’avenir, mais timing crucial

Michael Howell est clair : le bitcoin doit faire partie d’un portefeuille de long terme. Mais 2026 n’est probablement pas une année d’explosion, plutôt une phase d’accumulation.

Lorsque la liquidité mondiale est sous pression :

  • Le bitcoin corrige ou évolue latéralement
  • Les investisseurs patients accumulent sous la tendance
  • Les cycles dominent les narratifs

Dans cette phase, l’or joue un rôle stabilisateur complémentaire, notamment via une exposition équilibrée entre or et actifs numériques.

Le vrai cycle à surveiller : dette et liquidité

Le cœur du problème mondial est simple : la dette arrive à maturité. Des dizaines de milliers de milliards devront être refinancés entre 2026 et 2030.

Face à cette réalité, les États n’ont que deux options :

  • Défaut (impossible politiquement)
  • Création monétaire (inévitable)

C’est cette mécanique qui soutient à long terme l’or et le bitcoin comme couvertures monétaires, avec un rôle central pour l’or physique comme actif sans risque de contrepartie.

Conclusion

L’écart actuel entre l’or et le bitcoin n’est ni une anomalie ni un signal de fin de cycle crypto. Il reflète un moment précis du cycle de liquidité mondiale, dominé par la Chine, la monétisation de la dette et le déplacement de la liquidité vers l’économie réelle.

Dans ce contexte, comprendre les cycles vaut mieux que suivre les récits. Et se positionner intelligemment passe par une diversification consciente, où l’or conserve un rôle central de protection monétaire, aux côtés des actifs numériques.

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