Guerre avec l’Iran : les marchés au bord de l’implosion ?

A LA UNE

LES DERNIÈRES VIDÉOS

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient s’intensifient. Entre la fermeture partielle du détroit d’Hormuz par Téhéran, les négociations nucléaires à Genève et le déploiement naval américain, la question inquiète : les marchés financiers peuvent-ils imploser ?

L’économiste Steve Hanke, professeur à l’université Johns Hopkins, livre une analyse lucide : derrière les titres spectaculaires, les vrais risques sont monétaires, énergétiques et structurels. Dans un contexte d’incertitude croissante, acheter de l’or physique pour protéger son capital face aux tensions géopolitiques apparaît comme une stratégie de prudence souvent sous-estimée.

Le détroit d’Hormuz : un choc pétrolier est-il imminent ?

L’Iran a partiellement restreint la circulation dans le détroit d’Hormuz, point de passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Pourtant, les marchés ont à peine réagi.

Pourquoi ? Selon Hanke, il s’agit d’un “tir d’avertissement”. Une fermeture totale pourrait faire bondir le baril vers 120 dollars, notamment en paralysant les exportations de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis ou du Koweït. Une telle flambée relancerait immédiatement les pressions inflationnistes mondiales.

Dans ce type de scénario énergétique explosif, détenir de l’or comme valeur refuge en période de choc pétrolier constitue historiquement un rempart contre l’érosion monétaire.

Négociations nucléaires et risque de changement de régime

Les discussions entre Washington et Téhéran se déroulent à Genève sous haute tension. Les États-Unis exigent un démantèlement quasi total du programme nucléaire iranien et un affaiblissement de ses capacités balistiques — des lignes rouges pour l’Iran.

L’hypothèse d’un changement de régime a même été évoquée. Or, rappelle Hanke, les interventions américaines depuis la Seconde Guerre mondiale ont souvent abouti à des déstabilisations durables plutôt qu’à des solutions pérennes.

Face à l’imprévisibilité géopolitique, investir dans l’or pour sécuriser son patrimoine en période d’instabilité internationale permet de réduire l’exposition aux actifs financiers sensibles aux conflits.

Russie, dollar et rumeurs de revirement stratégique

Un article de Bloomberg évoquait un possible retour de la Russie aux règlements en dollar pour ses échanges énergétiques. Information non confirmée, selon Hanke.

Malgré les discours sur la dédollarisation, le dollar reste dominant. Historiquement, seules sept monnaies ont occupé le statut de devise internationale majeure en 2700 ans. Déloger le “roi” est extrêmement difficile.

Dans un système monétaire mondial fragile, acquérir de l’or physique pour diversifier face au risque de turbulence du dollar offre une alternative tangible aux monnaies fiduciaires.

Inflation américaine : le retour progressif des tensions ?

L’inflation américaine s’établit autour de 2,4 %, légèrement en baisse. Pourtant, Hanke estime que le répit pourrait être temporaire.

Son analyse repose sur la croissance de la masse monétaire M2. Lorsque celle-ci accélère au-delà de 6 %, l’inflation tend à dériver vers le haut avec un décalage temporel. Or, les dernières données montrent une reprise progressive de cette expansion monétaire.

Si l’inflation repart, le pouvoir d’achat sera à nouveau sous pression. Dans ce contexte, acheter de l’or pour préserver son pouvoir d’achat face à l’inflation demeure une solution éprouvée.

Marché du travail et politique de la Fed : vers un assouplissement ?

Malgré des chiffres officiels relativement solides, certaines révisions indiquent un ralentissement marqué de la création d’emplois privés. Pour Hanke, la Réserve fédérale privilégiera le soutien au marché du travail, quitte à tolérer une inflation plus élevée.

L’assouplissement des réglementations bancaires — notamment via des ajustements du ratio de liquidité — pourrait accélérer la création de crédit, donc la masse monétaire.

Une telle dynamique monétaire augmente mécaniquement le risque inflationniste à moyen terme. Dans cette optique, détenir de l’or physique comme protection contre l’expansion monétaire s’inscrit dans une logique défensive cohérente.

Le dollar restera-t-il roi ?

Selon Hanke, le taux euro/dollar reste le prix financier le plus important au monde. Il estime sa “juste valeur” entre 1,20 et 1,40. Même si le billet vert peut s’affaiblir, son statut international demeure solide.

La Chine, malgré l’ascension du yuan, maintient des contrôles de capitaux qui limitent son expansion comme devise mondiale. Le système actuel repose donc toujours sur un triptyque : dollar dominant, euro régional fort, yuan en progression mais contraint.

Dans un monde où les équilibres monétaires évoluent lentement mais sûrement, intégrer l’or à sa stratégie patrimoniale pour réduire le risque de change permet d’ancrer une partie de son patrimoine hors système bancaire.

Conclusion : les marchés n’implosent pas… jusqu’au jour où ils le font

Pour Steve Hanke, la menace immédiate d’un effondrement des marchés reste limitée. Mais les signaux faibles s’accumulent :

  • tensions géopolitiques persistantes
  • vulnérabilité énergétique mondiale
  • accélération monétaire
  • marché du travail fragile
  • assouplissement bancaire

L’histoire économique montre que les crises naissent souvent d’un excès de confiance combiné à un choc externe.

Dans un environnement où guerre, inflation et politique monétaire se croisent, la prudence n’est pas un luxe mais une nécessité. Et pour de nombreux investisseurs avertis, acheter de l’or physique comme assurance patrimoniale face aux incertitudes mondiales reste une décision rationnelle, bien au-delà des cycles médiatiques.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


LES PLUS POPULAIRES 🔥