« Nous sommes déjà en guerre mondiale monétaire » : ce que révèle l’alerte de Bernard Monot sur l’euro, l’Europe et l’or !

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En février 2026, l’économiste et ancien eurodéputé Bernard Monot affirme sans détour : « Nous sommes déjà dans la 3e guerre mondiale, une guerre monétaire et financière. »
Derrière cette formule choc, son analyse relie surendettement occidental, dédollarisation accélérée, fragilité de l’euro et montée des tensions militaires en Europe.

Décryptage pédagogique, factuel et structuré d’un discours qui suscite débat — et inquiétude.

Une « troisième guerre mondiale »… monétaire avant d’être militaire

Pour Bernard Monot, la rupture aurait commencé en 2022 avec les sanctions financières massives contre la Russie, notamment le gel d’avoirs en dollars et en euros. Selon lui, cet événement a déclenché une accélération de la dédollarisation mondiale, en particulier au sein des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Son raisonnement est le suivant : si les réserves d’un pays peuvent être gelées pour des raisons géopolitiques, alors détenir des actifs en dollars ou en euros devient un risque stratégique. Plusieurs banques centrales ont effectivement augmenté leurs réserves d’or ces dernières années — un mouvement documenté par les statistiques officielles internationales.

Dans cette logique de défiance monétaire croissante, la détention d’actifs tangibles redevient centrale. C’est précisément dans ce contexte que l’achat d’or physique comme protection face aux risques monétaires internationaux s’impose, pour certains investisseurs, comme une réponse prudente à l’instabilité du système.

Le déclin du dollar et la fragilité du modèle occidental

Monot insiste sur un point : la part du dollar dans les réserves mondiales diminue progressivement depuis plusieurs années. Parallèlement, la Chine réduit son exposition aux bons du Trésor américain, tandis que des échanges commerciaux se règlent de plus en plus en monnaies locales.

Il évoque également le « mur de la dette » américain : une situation où la hausse des taux d’intérêt augmente mécaniquement la charge de la dette publique, pouvant provoquer un choc obligataire mondial.

Ce scénario, s’il devait se concrétiser, aurait un effet domino sur l’Europe. Face à ce type de risque systémique, l’achat d’or pour se prémunir d’un choc obligataire international est souvent envisagé comme une couverture contre les crises de dette souveraine.

Euro : hyperinflation monétaire ou simple dépréciation ?

L’un des passages les plus marquants de son intervention concerne l’euro. Monot affirme que la monnaie unique aurait perdu, en trois ans, une part majeure de sa valeur relative face à l’or. Il parle même « d’hyperinflation monétaire », en distinguant inflation des prix à la consommation et perte de valeur intrinsèque de la devise.

Il rappelle que l’or joue historiquement un rôle d’étalon monétaire depuis plusieurs millénaires et considère que sa hausse reflète davantage la perte de pouvoir des monnaies que son propre renchérissement.

Dans cette optique, l’achat d’or pour préserver son pouvoir d’achat face à la dépréciation de l’euro apparaît, selon ses partisans, comme un moyen de neutraliser l’érosion monétaire à long terme.

Union européenne : vers une centralisation financière accrue ?

Autre point clé du discours : la crainte d’une centralisation croissante au sein de l’Union europeenne, notamment autour de projets d’union des marchés de capitaux et de mécanismes facilitant la mobilisation de l’épargne européenne.

Monot redoute que ces dispositifs permettent d’orienter massivement l’épargne privée vers des financements stratégiques (défense, transition énergétique, dette commune). Il évoque un risque de « siphonnage » indirect via produits d’épargne réglementés.

Même si ces scénarios restent débattus, ils alimentent une méfiance croissante envers les actifs purement financiers. D’où l’intérêt renouvelé pour des actifs détenus en direct, notamment via l’achat d’or en dehors du système bancaire traditionnel, perçu comme sans risque de contrepartie.

Ukraine, réarmement et montée du risque militaire

L’économiste relie la dynamique monétaire à la situation géopolitique, notamment la guerre en Ukraine et le réarmement européen. Il cite les plans d’investissements massifs dans la défense et redoute un engrenage stratégique avec la Russie.

Dans l’histoire économique, les périodes de forte militarisation coïncident souvent avec expansion monétaire, endettement public et tensions inflationnistes. Si ces cycles se répètent, les actifs tangibles tendent à surperformer les actifs financiers classiques.

C’est pourquoi, dans un contexte de risques géopolitiques élevés, l’achat d’or comme assurance contre un choc géopolitique majeur est fréquemment envisagé comme une couverture patrimoniale.

Les réserves d’or de la Banque de France : un enjeu stratégique

Monot alerte également sur les 2 436 tonnes d’or détenues officiellement par la Banque de France, qu’il considère comme un actif stratégique majeur appartenant indirectement aux Français.

Il plaide pour une sanctuarisation constitutionnelle des réserves afin d’empêcher toute cession sans contrôle démocratique renforcé. Ce débat sur la souveraineté monétaire renvoie à une question plus large : quelle place pour l’or dans un monde fragmenté ?

À titre individuel, cette réflexion conduit certains épargnants à envisager l’achat d’or physique comme complément aux actifs financiers traditionnels, dans une logique de diversification prudente.

Neutralité stratégique et rapprochement avec les BRICS ?

Enfin, Monot propose une neutralité diplomatique et militaire de la France et un statut d’observateur auprès des BRICS afin de servir de pont entre blocs occidentaux et émergents.

Cette vision reste minoritaire dans le paysage politique français, mais elle reflète une interrogation plus large : le monde entre-t-il dans une ère multipolaire instable où les alliances économiques redéfinissent l’ordre monétaire ?

Dans ce contexte de recomposition globale, l’achat d’or comme actif monétaire universel indépendant des blocs politiques est souvent présenté comme une réponse pragmatique aux incertitudes systémiques.

Conclusion : entre alerte radicale et signaux économiques réels

Le discours de Bernard Monot est volontairement alarmiste. Certaines de ses projections relèvent de l’anticipation stratégique plus que du consensus académique. Néanmoins, plusieurs tendances qu’il évoque sont factuelles :

  • hausse continue des achats d’or par les banques centrales,
  • endettement record des grandes puissances,
  • tensions géopolitiques persistantes en Europe et au Moyen-Orient,
  • fragmentation progressive du système monétaire international.

L’or ne prédit pas l’avenir, mais il reflète souvent la défiance. Et lorsque la confiance dans les monnaies, les dettes souveraines et les institutions s’effrite, le métal jaune redevient un baromètre.

Sommes-nous réellement dans une « guerre mondiale monétaire » ? Le débat reste ouvert.
Mais une chose est certaine : en 2026, la question de la souveraineté monétaire n’est plus théorique.

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