En septembre 2023, lorsque l’or évoluait autour de 1 850 dollars l’once, peu d’analystes imaginaient un retournement durable. Pourtant, Gerald Celente, fondateur du Trends Research Institute, affirmait que le point bas était atteint. Quelques mois plus tard, le 2 janvier 2024, il annonçait une “Golden Year for Gold” — une année en or. Les faits lui ont donné raison : le métal jaune a progressé d’environ 30 % en 2024. Aujourd’hui, il va plus loin et évoque un objectif de 6 000 dollars l’once. Dans cette perspective, comprendre les dynamiques actuelles devient essentiel avant d’envisager l’achat d’or physique comme protection patrimoniale face aux incertitudes économiques.
Une déconnexion inédite entre l’or et les matières premières
Depuis 1995, l’or a historiquement évolué en corrélation avec l’ensemble des matières premières (énergie, métaux industriels, produits agricoles). Or, depuis 2025, une rupture apparaît : le métal jaune surperforme nettement le panier global des commodities. Là où le cacao, le blé ou le pétrole évoluent en plateau relatif, l’or inscrit de nouveaux sommets. Pour Celente, cette divergence n’est pas un excès spéculatif, mais un signal d’anticipation. L’or agirait comme un indicateur avancé d’inflation future et de tensions systémiques. Autrement dit, si le métal grimpe plus vite que le reste, c’est peut-être que les autres prix suivront. Dans ce contexte, l’achat d’or physique pour préserver son pouvoir d’achat prend une dimension stratégique à long terme.
L’or n’est pas “trop cher” : il est en avance
Certains analystes estiment que cette déconnexion signifie que l’or est surévalué et qu’un ajustement baissier est probable. Celente défend la thèse inverse : historiquement, l’or précède souvent les cycles inflationnistes majeurs. Avant la crise financière de 2008 (Great Financial Crisis), puis durant les politiques monétaires massives post-Covid, le métal avait déjà anticipé la perte de valeur monétaire. Aujourd’hui encore, il refléterait des tensions à venir sur les dettes souveraines et les monnaies. Si l’or “voit” plus loin que les marchés traditionnels, alors l’achat d’or physique en anticipation des déséquilibres futurs relève d’une logique prudente plutôt que spéculative.
Objectif 6 000 $ : un scénario crédible ?
Selon Celente, les experts de Wall Street — tels que JPMorgan Chase, Goldman Sachs ou UBS — évoquent désormais un seuil de 5 000 dollars après le franchissement des 5 100 dollars. Lui va plus loin : 6 000 dollars l’once dès cette année ou en 2026. Son argument repose sur trois piliers : instabilité géopolitique persistante, incertitudes socioéconomiques croissantes et explosion des dettes publiques mondiales. Si l’endettement continue de croître plus vite que la richesse réelle produite, la dévalorisation monétaire devient quasi mécanique. Dans cette optique, l’achat d’or physique comme actif tangible hors système bancaire constitue une couverture face à une éventuelle crise monétaire.
Et l’argent dans tout cela ?
Celente prévoit également un argent “solidement au-dessus de 100 dollars l’once”. Toutefois, avec un cours ayant récemment dépassé les 90 dollars, le potentiel de hausse immédiat semble plus limité que celui de l’or en pourcentage relatif. Cela ne signifie pas que l’argent soit sans intérêt, mais que la dynamique actuelle favorise davantage le métal jaune dans son analyse. L’or reste historiquement la référence monétaire ultime, détenue par les banques centrales et perçue comme réserve stratégique mondiale. Ainsi, dans une allocation prudente, l’achat d’or physique pour sécuriser une partie de son patrimoine apparaît prioritaire selon cette lecture des marchés.
Inflation future : le signal envoyé par l’or
Une question simple permet de comprendre le raisonnement : payez-vous déjà votre baguette 10 € ou votre litre d’essence 7 € ? Pas encore. Pourtant, si l’or continue de s’envoler indépendamment des autres matières premières, cela pourrait indiquer que ces hausses sont différées mais probables. L’or agit comme un baromètre de confiance. Quand la dette publique mondiale atteint des niveaux records et que les tensions géopolitiques s’intensifient (Moyen-Orient, Europe de l’Est, rivalités sino-américaines), les investisseurs cherchent un refuge. Dans cette logique, l’achat d’or physique pour anticiper une inflation prolongée vise à préserver son pouvoir d’achat sur le long terme.
La stratégie du DCA : une discipline simple et efficace
Celente insiste implicitement sur la régularité plutôt que sur le timing parfait. La méthode du DCA (Dollar Cost Averaging), ou investissement progressif, consiste à acheter régulièrement de petites quantités d’or afin de lisser le prix d’entrée. Cette approche réduit l’impact de la volatilité et favorise une accumulation patiente. Contrairement aux placements réglementés à faible rendement réel, l’or n’offre pas d’intérêt, mais protège contre l’érosion monétaire sur longue période. Dans cette optique disciplinée, l’achat d’or physique de manière régulière et progressive permet de construire une réserve de valeur tangible.
Pourquoi l’or pourrait encore surprendre
Si les prévisions de Celente se réalisent, la hausse actuelle ne serait qu’une étape intermédiaire. L’histoire montre que les marchés haussiers de l’or s’accompagnent souvent d’un changement psychologique massif : ce qui semblait excessif devient la norme. Lorsque les institutions financières révisent collectivement leurs objectifs, un nouvel afflux de capitaux peut accélérer le mouvement. Dans un monde marqué par des déficits chroniques et une instabilité géopolitique persistante, le métal jaune conserve un statut unique. Ainsi, envisager l’achat d’or physique comme assurance contre les crises systémiques n’est plus marginal, mais relève d’une gestion prudente des risques.
Conclusion
Les prévisions de Gerald Celente ne reposent pas sur un simple enthousiasme haussier, mais sur une lecture globale des cycles économiques et géopolitiques. Après avoir anticipé le point bas de 2023 et la forte progression de 2024, il vise désormais 6 000 dollars l’once.
L’or, selon lui, ne monte pas par hasard : il reflète l’ampleur des déséquilibres mondiaux. Reste à chacun d’évaluer sa stratégie, son horizon et son exposition. Mais une chose est certaine : lorsque les dettes montent “jusqu’à la lune”, l’or finit souvent par suivre la même trajectoire.


