Le 2 mars 2026, les marchés financiers se réveillent sous le choc : frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, mort du guide suprême, représailles régionales et risque d’embrasement au Moyen-Orient. Dans ce contexte explosif, l’économiste Marc Faber, éditeur du Gloom, Boom & Doom Report, livre une analyse sans détour : les guerres durent souvent plus longtemps que prévu et bouleversent profondément les équilibres financiers. Dans un environnement aussi instable, de nombreux investisseurs renforcent leur prudence via l’achat d’or physique comme assurance contre les crises géopolitiques, afin de protéger leur patrimoine face à l’imprévisible.
Une guerre courte… ou un conflit interminable ?
Selon Marc Faber, l’histoire montre que la plupart des guerres dépassent largement les anticipations initiales. L’hypothèse d’une intervention rapide pourrait se transformer en conflit d’usure, surtout si des troupes au sol étaient engagées. L’Iran, puissance régionale stratégique, ne représente pas un théâtre d’opérations comparable à des interventions passées. Le risque majeur : une escalade impliquant indirectement la Russie ou la Chine, alliées géopolitiques de Téhéran. Face à ce type de scénario prolongé, beaucoup considèrent l’achat d’or comme protection contre les chocs internationaux majeurs comme une précaution stratégique.
Israël, États-Unis et rapports de force
Le rôle d’Israël, dirigé par Benjamin Netanyahu, est au cœur des débats. Certains analystes estiment que cette guerre répond d’abord à des intérêts stratégiques israéliens, les États-Unis s’y trouvant étroitement associés. Pour Faber, une occupation occidentale de l’Iran serait inacceptable pour Moscou comme pour Pékin, ce qui rend la situation particulièrement fragile. Dans un monde où les alliances se recomposent rapidement, sécuriser une partie de son épargne via l’achat d’or en période de tensions entre grandes puissances permet de limiter son exposition aux retournements diplomatiques.
Réaction des marchés : volatilité extrême
À l’ouverture des marchés, le pétrole grimpe fortement, les obligations fluctuent, l’or bondit avant de consolider et l’argent corrige brutalement. Ce comportement erratique illustre une chose : l’incertitude domine. Faber rappelle que les guerres sont historiquement inflationnistes. De la guerre de Sécession aux deux conflits mondiaux, les matières premières ont systématiquement progressé. Dans ce climat instable, renforcer son allocation défensive par l’achat d’or pour se prémunir contre l’inflation de guerre devient une démarche rationnelle pour amortir la volatilité.
La Réserve fédérale et la tentation de la planche à billets
Selon Faber, un conflit prolongé pourrait offrir un prétexte supplémentaire à la Federal Reserve pour maintenir, voire accentuer, des politiques monétaires accommodantes. Or, l’expansion monétaire alimente à terme la dépréciation des devises. Si le dollar peut initialement se renforcer comme valeur refuge, son affaiblissement ultérieur reste plausible en cas de création monétaire accrue. Dans ce contexte monétaire incertain, beaucoup privilégient l’achat d’or physique contre la perte de valeur des monnaies afin de préserver leur pouvoir d’achat.
Or, argent et minières : début ou fin du cycle haussier ?
L’or évolue proche de ses sommets historiques tandis que l’argent affiche une volatilité spectaculaire. Faber rappelle une idée essentielle : les métaux précieux ne sont pas seulement un placement spéculatif, mais une assurance. Contrairement aux cryptomonnaies, dépendantes d’Internet — comme on l’a vu lors de coupures temporaires en Iran — l’or physique reste utilisable sans infrastructure numérique. C’est pourquoi certains investisseurs continuent d’accumuler de l’or physique comme actif tangible hors système numérique pour renforcer leur résilience.
Marchés américains surévalués, émergents en réveil
Faber souligne que les actions américaines, notamment les grandes capitalisations technologiques, restent historiquement chères. À l’inverse, les marchés émergents et certaines places européennes affichent des valorisations plus raisonnables et commencent à surperformer depuis fin 2024. Une rotation géographique pourrait s’amorcer durablement. Dans une stratégie globale, associer diversification internationale et l’achat d’or comme pilier central d’une allocation prudente permet d’équilibrer exposition et sécurité.
Epstein, élites et défiance systémique
L’affaire Epstein continue d’alimenter la méfiance envers les élites politiques occidentales. Faber estime que les intérêts croisés des classes dirigeantes limitent les probabilités de révélations majeures. Dans ce climat de défiance croissante envers les institutions, les actifs financiers traditionnels peuvent apparaître vulnérables aux manipulations politiques. C’est précisément dans ce type d’environnement que l’achat d’or comme valeur indépendante des systèmes politiques prend tout son sens.
Vers un changement d’ordre mondial ?
Le centre de gravité économique mondial s’est déplacé vers l’Asie depuis plusieurs décennies. Chine, Inde et Asie du Sud-Est jouent désormais un rôle déterminant dans l’équilibre global. Une tentative occidentale de redéfinir les équilibres au Moyen-Orient pourrait accélérer la fragmentation géopolitique. Dans cette phase de transition historique, intégrer l’achat d’or dans une stratégie patrimoniale de long terme revient à s’appuyer sur un actif qui traverse les cycles politiques et monétaires depuis des millénaires.
Conclusion : prudence stratégique dans un monde instable
Marc Faber ne prétend pas prédire l’issue du conflit, mais il insiste sur un point central : la volatilité sera élevée et les certitudes rares. Guerre potentiellement longue, inflation persistante, marchés américains chers, émergents en réveil, défiance envers les élites… tous les ingrédients d’une période charnière sont réunis.
Dans ces moments où l’histoire s’accélère, la clé reste la diversification intelligente, la gestion du risque et la capacité à préserver son capital. Pour beaucoup d’investisseurs avertis, cela passe notamment par l’achat d’or physique comme socle de stabilité en période de bouleversements mondiaux, afin de traverser les tempêtes économiques avec davantage de sérénité.


