L’intelligence artificielle transforme déjà profondément l’économie mondiale. Mais selon Arthur Hayes, ancien dirigeant de la plateforme de cryptomonnaies BitMEX et analyste financier influent, ses conséquences pourraient être bien plus radicales que ce que l’on imagine aujourd’hui. Dans plusieurs analyses récentes, il explique que l’automatisation massive des emplois qualifiés pourrait provoquer une vague de défauts de crédit dans l’économie, fragiliser le système bancaire et forcer les banques centrales à relancer massivement la création monétaire. Dans un tel environnement économique incertain, certains investisseurs choisissent de se protéger en se tournant vers des actifs tangibles comme l’achat d’or physique considéré depuis des siècles comme une réserve de valeur face aux crises financières.
Bitcoin : un actif souvent mal compris par les investisseurs
Selon Arthur Hayes, beaucoup d’investisseurs se trompent dans leur manière d’aborder le Bitcoin. Beaucoup ont découvert cette cryptomonnaie récemment et s’attendent à des gains rapides, persuadés qu’elle doit immédiatement se comporter comme un actif refuge. Pourtant, les marchés financiers ne fonctionnent pas ainsi. Acheter un actif après dix ans de hausse et espérer qu’il multiplie encore sa valeur en quelques mois est une attente irréaliste. Hayes rappelle qu’entre 2009 et aujourd’hui, Bitcoin a déjà surperformé la plupart des actifs financiers traditionnels, y compris les actions, les obligations et même certaines classes d’actifs réels. Dans cette logique de diversification patrimoniale, certains investisseurs associent également les cryptomonnaies à l’achat d’or physique qui demeure une protection historique contre l’érosion monétaire.
Le véritable moteur du Bitcoin : la création monétaire mondiale
Pour Hayes, le facteur déterminant derrière la hausse du Bitcoin n’est pas uniquement la technologie ou l’adoption institutionnelle. Le moteur principal reste la création de monnaie par les banques centrales. Depuis la crise financière de 2008, les bilans des grandes banques centrales ont explosé avec les politiques d’assouplissement quantitatif. Lorsque les banques centrales injectent massivement de la liquidité dans l’économie, les actifs sensibles aux flux de capitaux – comme Bitcoin – ont tendance à s’apprécier fortement. C’est pourquoi certains analystes considèrent que les cycles de liquidité mondiale jouent un rôle essentiel dans l’évolution du marché des cryptomonnaies. Dans ce type de contexte monétaire, de nombreux investisseurs choisissent également de conserver une partie de leur patrimoine sous forme de métaux précieux physiques reconnus pour leur capacité à préserver la valeur à long terme.
L’intelligence artificielle pourrait provoquer une déflation massive du travail
La thèse la plus controversée d’Arthur Hayes concerne l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Selon lui, l’IA pourrait remplacer une part importante des travailleurs qualifiés dans les prochaines années, notamment dans les professions intellectuelles comme la banque, le droit, la comptabilité ou l’analyse financière. Les tâches aujourd’hui réalisées par des analystes juniors ou des assistants pourraient être automatisées par des systèmes d’intelligence artificielle capables de produire des rapports, analyser des données ou préparer des présentations en quelques secondes. Cette transformation pourrait entraîner une réduction massive de certains emplois très bien rémunérés, ce qui aurait des conséquences économiques importantes. Dans un environnement où les transformations technologiques peuvent bouleverser les marchés, certains investisseurs continuent de privilégier l’or physique reconnu comme une valeur refuge face aux périodes de transition économique.
Une vague potentielle de défauts de crédit
Le véritable risque, selon Hayes, ne se situe pas seulement sur le marché du travail, mais dans le système financier lui-même. De nombreux travailleurs qualifiés possèdent aujourd’hui plusieurs types de dettes : prêts immobiliers, crédits automobiles, cartes de crédit ou prêts étudiants. Si une partie importante de ces personnes perdait son emploi en raison de l’automatisation, leur capacité à rembourser ces dettes pourrait disparaître rapidement. Or, ces prêts constituent des actifs inscrits au bilan des banques. Une vague de défauts de paiement pourrait donc fragiliser certaines institutions financières. Face à ce type de risque systémique, certains investisseurs renforcent leur diversification patrimoniale en incluant de l’or physique souvent utilisé comme protection contre les crises bancaires.
Les banques régionales pourraient être les plus exposées
Hayes estime que les grandes banques internationales disposent généralement de garanties implicites de la part des États et des banques centrales. En revanche, certaines banques régionales ou de taille intermédiaire pourraient être beaucoup plus vulnérables. Ces institutions détiennent souvent d’importants portefeuilles de crédits à la consommation ou de prêts immobiliers. Si une partie significative de ces emprunteurs venait à perdre son emploi, la valeur de ces actifs pourrait chuter rapidement. Dans un système bancaire très fortement endetté, quelques pertes importantes peuvent parfois suffire à déclencher une crise de confiance. Dans ce type de contexte financier incertain, certains investisseurs choisissent de conserver une partie de leur patrimoine sous forme de métal précieux physique reconnu pour sa capacité à traverser les crises bancaires.
Pourquoi la Réserve fédérale pourrait être contrainte d’imprimer de la monnaie
Si une crise bancaire venait à se produire, l’intervention des banques centrales deviendrait presque inévitable. Comme lors de la crise financière de 2008 ou pendant la pandémie de 2020, les autorités monétaires pourraient être amenées à injecter d’énormes quantités de liquidités pour stabiliser le système financier. Cette politique de soutien se traduirait très probablement par une nouvelle phase d’impression monétaire et d’expansion des bilans des banques centrales. Historiquement, ce type de politique a souvent favorisé la hausse des actifs réels et des actifs rares. Dans ce type d’environnement monétaire expansionniste, certains investisseurs considèrent l’achat d’or physique comme une forme d’assurance contre la dévaluation des monnaies.
Un futur économique inspiré de certaines tendances déjà visibles en Chine
Hayes évoque également l’exemple de la Chine pour illustrer ce que pourrait devenir le marché du travail dans certaines économies avancées. Dans certaines régions chinoises, le chômage des jeunes diplômés a fortement augmenté ces dernières années. De nombreux jeunes très qualifiés peinent à trouver un emploi stable dans une économie où l’automatisation industrielle et les technologies numériques progressent rapidement. Cette situation pourrait préfigurer certaines évolutions dans les économies occidentales si l’intelligence artificielle se déploie à grande échelle. Face à ces transformations économiques profondes, certains investisseurs continuent de diversifier leur patrimoine avec de l’or physique reconnu internationalement comme une réserve de valeur durable.
Une transformation économique mondiale encore difficile à anticiper
Malgré ces perspectives potentiellement inquiétantes, Arthur Hayes souligne que personne ne peut prédire avec précision la manière dont l’intelligence artificielle transformera l’économie mondiale. Certaines technologies finissent par créer autant d’emplois qu’elles en détruisent. Toutefois, la vitesse de développement de l’IA pourrait provoquer des perturbations économiques importantes avant que de nouveaux équilibres ne se mettent en place. Dans ce contexte de transformation technologique rapide et d’incertitude financière, de nombreux investisseurs cherchent à diversifier leurs actifs afin de mieux résister aux cycles économiques. C’est pourquoi certains continuent de privilégier l’investissement dans l’or physique reconnu pour sa stabilité face aux grandes crises économiques.


