Pourquoi Steve Hanke affirme que le pétrole ne provoque pas l’inflation
Dans le débat économique actuel, une idée revient constamment dans les médias : lorsque le prix du pétrole augmente, l’inflation suivrait automatiquement. Pourtant, pour l’économiste américain Steve Hanke, professeur d’économie appliquée et spécialiste des crises monétaires, cette affirmation est tout simplement erronée. Selon lui, la hausse du pétrole ne fait qu’augmenter un prix relatif dans l’économie, mais elle ne provoque pas l’inflation au sens strict. Pour comprendre les véritables dynamiques monétaires qui affectent le pouvoir d’achat, certains investisseurs s’intéressent également à des actifs tangibles, notamment via l’achat d’or physique afin de protéger leur épargne contre les fluctuations monétaires.
L’inflation est avant tout un phénomène monétaire
Steve Hanke reprend ici une idée fondamentale popularisée par l’économiste Milton Friedman : « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire ». Autrement dit, la hausse générale des prix dans une économie ne peut se produire durablement que si la quantité de monnaie en circulation augmente rapidement. Lorsque la masse monétaire progresse trop vite, davantage d’argent poursuit la même quantité de biens et de services, ce qui finit par faire monter les prix. Dans un tel environnement, de nombreux épargnants cherchent des moyens de préserver leur pouvoir d’achat, notamment à travers l’achat d’or physique considéré comme une réserve de valeur historique.
La confusion fréquente entre hausse des prix et inflation
Selon Steve Hanke, une erreur fréquente consiste à confondre une hausse ponctuelle des prix avec l’inflation. Si le prix du pétrole augmente alors que la masse monétaire reste stable, certains autres prix dans l’économie auront tendance à diminuer pour compenser. Il s’agit donc d’un simple ajustement relatif des prix, et non d’un phénomène inflationniste généralisé. Pour les investisseurs soucieux de se prémunir contre les véritables périodes inflationnistes, il peut être pertinent de diversifier leurs actifs, notamment grâce à l’achat d’or physique comme instrument de protection face aux politiques monétaires expansives.
Les leçons des crises pétrolières des années 1970
Les crises pétrolières des années 1970 sont souvent citées comme preuve que le pétrole provoque l’inflation. Pourtant, Steve Hanke explique que l’analyse historique raconte une tout autre histoire. Avant le choc pétrolier lié à la guerre du Kippour en 1973, la masse monétaire américaine augmentait déjà à un rythme très élevé, atteignant environ 12,5 % par an. Cette expansion monétaire avait commencé plusieurs années avant la crise énergétique. Résultat : l’inflation américaine est passée de 3,3 % en 1972 à plus de 11 % en 1974. Dans ce type de contexte monétaire instable, certains investisseurs se tournent vers des actifs réels, notamment via l’achat d’or physique afin de se prémunir contre la dévalorisation des monnaies.
L’exemple du Japon confirme la théorie monétaire
Le cas du Japon dans les années 1970 constitue, selon Steve Hanke, une preuve encore plus frappante. Au début de la décennie, la masse monétaire japonaise augmentait à un rythme spectaculaire de près de 25 % par an. Cette expansion monétaire a provoqué une flambée de l’inflation, qui est passée de 4,9 % en 1972 à plus de 23 % en 1974. Pourtant, lorsque les autorités japonaises ont décidé de ralentir la croissance de la masse monétaire quelques années plus tard, l’inflation s’est stabilisée malgré une nouvelle hausse des prix du pétrole. Face à ces cycles monétaires parfois brutaux, certains épargnants privilégient l’achat d’or physique comme actif de protection contre les dérives monétaires.
Les hyperinflations confirment toujours le même mécanisme
Steve Hanke a étudié plus de 70 épisodes d’hyperinflation dans l’histoire moderne. Dans chaque cas, la cause principale est identique : une explosion de la masse monétaire. L’exemple de la Bulgarie dans les années 1990 est particulièrement frappant. À l’époque, l’inflation avait atteint plus de 242 % par mois, une situation extrême provoquée par une création monétaire incontrôlée. Ces épisodes montrent que l’inflation n’est jamais un phénomène accidentel mais le résultat direct de décisions monétaires. C’est précisément pour se protéger contre ces scénarios que certains investisseurs considèrent l’achat d’or physique comme une assurance patrimoniale en cas de crise monétaire.
Pourquoi l’inflation pourrait repartir aux États-Unis
Selon Steve Hanke, plusieurs signaux indiquent que l’inflation pourrait repartir à la hausse aux États-Unis dans les prochains mois. La masse monétaire américaine recommence à accélérer après une période de ralentissement. Par ailleurs, la Réserve fédérale a déjà réduit son resserrement quantitatif et pourrait revenir à des politiques monétaires plus accommodantes. Dans le même temps, le déficit budgétaire américain reste extrêmement élevé et nécessite un financement massif, ce qui contribue à injecter davantage de liquidités dans l’économie. Dans ce type d’environnement macroéconomique, certains investisseurs cherchent à sécuriser leur patrimoine grâce à l’achat d’or physique comme couverture contre la perte de pouvoir d’achat.
Ce que les investisseurs devraient vraiment surveiller
Pour Steve Hanke, les investisseurs devraient accorder beaucoup plus d’attention à l’évolution de la masse monétaire qu’aux fluctuations du prix du pétrole ou des matières premières. La croissance de la masse monétaire constitue l’indicateur le plus fiable pour anticiper l’évolution future de l’inflation. Si cette croissance dépasse durablement les niveaux compatibles avec l’objectif d’inflation de 2 %, les pressions inflationnistes risquent de réapparaître. Dans ce contexte d’incertitude monétaire, certains investisseurs choisissent de renforcer leur diversification patrimoniale via l’achat d’or physique afin de se protéger contre une éventuelle nouvelle vague inflationniste.


