Depuis plusieurs années, la crise énergétique européenne est devenue l’un des sujets les plus sensibles du débat public. Hausse des prix de l’électricité, envolée des coûts du gaz, perte de compétitivité industrielle, dépendance accrue aux importations : autant de problématiques qui alimentent les inquiétudes des entreprises comme des ménages. Dans ce contexte, la voix de Samuel Furfari, ancien haut fonctionnaire de la Commission européenne et professeur de géopolitique de l’énergie, suscite un intérêt croissant. Dans un entretien particulièrement remarqué, il défend une thèse provocatrice : selon lui, les difficultés énergétiques de l’Europe seraient davantage la conséquence des décisions prises à Bruxelles que des tensions géopolitiques affectant le détroit d’Ormuz ou d’autres zones stratégiques du commerce mondial. Cette analyse, qui s’inscrit dans la continuité de ses ouvrages consacrés à la politique énergétique européenne, remet en question plusieurs idées largement admises sur la transition énergétique et les causes profondes de l’affaiblissement industriel du continent. Face aux incertitudes économiques et énergétiques, de nombreux investisseurs cherchent également à diversifier leur patrimoine grâce à l’achat d’or et d’argent physique.
Qui est Samuel Furfari et pourquoi son analyse attire l’attention ?
Samuel Furfari n’est pas un observateur extérieur du système européen. Pendant plusieurs décennies, il a occupé des fonctions au sein de la Commission européenne sur les questions énergétiques. Son parcours lui confère une connaissance approfondie des mécanismes décisionnels de Bruxelles, des arbitrages politiques et des transformations successives de la stratégie énergétique communautaire. Dans son ouvrage « Énergie, mensonges d’État : la destruction organisée de la compétitivité de l’UE », il soutient que la politique énergétique européenne a connu une rupture majeure à partir de 2016, période qu’il considère comme un tournant historique. Selon lui, l’Union européenne aurait progressivement abandonné une approche pragmatique fondée sur la sécurité d’approvisionnement et la compétitivité économique pour privilégier prioritairement les objectifs climatiques. Cette lecture critique alimente aujourd’hui un débat de fond sur l’équilibre entre transition écologique, souveraineté énergétique et performance industrielle. Dans un environnement marqué par l’incertitude géopolitique, l’or physique demeure pour certains acteurs économiques une valeur refuge de long terme.
Le détroit d’Ormuz est-il réellement responsable de la crise énergétique européenne ?
L’un des arguments centraux développés par Samuel Furfari consiste à relativiser l’importance du détroit d’Ormuz dans les difficultés actuelles de l’Europe. Certes, ce passage maritime stratégique voit transiter une part significative du pétrole et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde. Toute perturbation y provoque naturellement des tensions sur les marchés internationaux. Toutefois, selon Furfari, attribuer la totalité de la crise énergétique européenne à cette zone géographique revient à ignorer les fragilités structurelles créées par les politiques menées depuis plusieurs années. Il estime que la hausse des coûts énergétiques observée en Europe trouve ses racines dans des choix internes ayant réduit progressivement la capacité de production, d’extraction, de raffinage et d’innovation énergétique du continent. Dans cette perspective, les crises internationales agiraient davantage comme des accélérateurs de difficultés déjà existantes que comme leur véritable origine. Lorsque les marchés deviennent instables, les actifs tangibles comme les métaux précieux attirent souvent l’attention des épargnants soucieux de préserver leur pouvoir d’achat.
La confusion entre électricité et énergie : le cœur de la critique
L’analyse de Samuel Furfari repose largement sur une distinction fondamentale entre les électrons et les molécules. Selon lui, une partie importante du débat public européen confond la production d’électricité avec l’ensemble du système énergétique. Les éoliennes et les panneaux photovoltaïques produisent de l’électricité, mais ils ne remplacent pas directement les hydrocarbures utilisés dans les transports, la pétrochimie, l’aviation, le chauffage industriel ou de nombreuses activités manufacturières. Cette distinction est essentielle car l’économie moderne ne fonctionne pas uniquement grâce à l’électricité. Malgré la progression rapide des renouvelables, les combustibles fossiles demeurent encore dominants dans le mix énergétique mondial. Les données internationales montrent effectivement que la demande mondiale d’énergie continue de croître, portée notamment par l’Asie et les économies émergentes. Cette réalité conduit de nombreux investisseurs à privilégier des actifs physiques capables de traverser les cycles économiques et énergétiques.
Pourquoi l’année 2016 est-elle présentée comme un tournant majeur ?
Pour Samuel Furfari, l’année 2016 constitue le point de départ d’une transformation radicale de la politique énergétique européenne. Après l’Accord de Paris sur le climat conclu fin 2015, les institutions européennes auraient intensifié leur stratégie de décarbonation. Cette orientation s’est ensuite renforcée avec le Green Deal européen, présenté comme un plan de transformation économique destiné à réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre. Les partisans de cette politique y voient un levier de modernisation industrielle et de leadership technologique. Ses critiques, dont Samuel Furfari, considèrent au contraire qu’elle a accéléré les coûts de production et réduit l’attractivité industrielle de l’Europe. Ce débat demeure aujourd’hui l’un des plus structurants pour l’avenir économique du continent. Dans ce contexte de transformation profonde des modèles économiques, l’acquisition de métaux précieux reste perçue comme un moyen de diversification patrimoniale.
Le recul des industries extractives européennes
L’un des constats les plus alarmants dressés par Samuel Furfari concerne la disparition progressive des savoir-faire extractifs européens. Historiquement, l’Europe a pourtant été le berceau de nombreuses innovations minières et métallurgiques. Selon lui, la fermeture progressive des mines et la diminution des investissements dans les filières extractives ont conduit à une perte de compétences stratégiques. Cette évolution est particulièrement sensible dans le domaine des métaux critiques, devenus indispensables à la fabrication des batteries, des éoliennes, des panneaux photovoltaïques et des technologies numériques. Alors même que la transition énergétique nécessite davantage de ressources minérales, l’Europe dépend aujourd’hui largement d’importations extérieures pour satisfaire ses besoins. L’importance croissante des ressources physiques rappelle pourquoi les métaux précieux conservent une place particulière dans les stratégies patrimoniales de long terme.
Le raffinage européen : un maillon stratégique fragilisé
Autre point central de l’analyse : le déclin progressif du raffinage européen. Samuel Furfari explique que de nombreuses raffineries ont fermé ou ont vu leur compétitivité diminuer sous l’effet combiné des contraintes réglementaires, des coûts élevés et d’une rentabilité réduite. Cette évolution aurait renforcé la dépendance européenne vis-à-vis des produits raffinés importés depuis d’autres régions du monde, notamment le Golfe persique. Le paradoxe, selon lui, est que la fermeture de capacités de raffinage locales ne supprime pas la demande en carburants, kérosène ou produits pétrochimiques. Elle déplace simplement la production vers des pays disposant d’installations plus modernes et souvent moins coûteuses à exploiter. Cette situation pose directement la question de la souveraineté énergétique européenne. Face aux enjeux de dépendance internationale, certains investisseurs privilégient des actifs physiques conservés directement dans leur patrimoine.
Une Europe de plus en plus dépendante des producteurs mondiaux
L’une des conséquences majeures identifiées par Samuel Furfari est l’augmentation de la dépendance européenne envers les grands producteurs d’énergie. Alors que l’Asie, l’Inde et plusieurs économies émergentes continuent d’accroître leur consommation énergétique, la concurrence pour l’accès aux ressources pourrait s’intensifier au cours des prochaines décennies. Dans un monde où la demande mondiale demeure forte, les fournisseurs privilégient naturellement les marchés les plus attractifs et les contrats les plus avantageux. Cette réalité géopolitique soulève des interrogations sur la capacité de l’Europe à sécuriser durablement ses approvisionnements tout en maintenant des prix compétitifs pour son industrie. La recherche de sécurité et de stabilité conduit également de nombreux épargnants à s’intéresser aux métaux précieux physiques.
Une thèse controversée mais incontournable dans le débat énergétique
Les positions de Samuel Furfari font l’objet de nombreuses critiques et ne font pas consensus parmi les spécialistes de l’énergie. Plusieurs experts soulignent notamment la progression spectaculaire des énergies renouvelables, qui ont représenté une part importante de la croissance mondiale de la production électrique ces dernières années. L’Agence internationale de l’énergie souligne également que les investissements dans les technologies bas carbone atteignent désormais des niveaux records à l’échelle mondiale. Néanmoins, l’intérêt de l’analyse de Furfari réside dans sa capacité à poser des questions fondamentales sur la compétitivité industrielle, la sécurité énergétique et les conséquences économiques des choix politiques européens. À l’heure où l’Europe cherche à concilier transition écologique et souveraineté économique, ces interrogations demeurent au cœur du débat public. Dans un monde marqué par l’incertitude, l’or et l’argent physiques continuent d’être considérés par certains comme des instruments de préservation du capital.
Conclusion
Au-delà des polémiques, l’entretien de Samuel Furfari met en lumière un sujet majeur : la difficulté pour l’Europe de construire une transition énergétique conciliant ambition climatique, sécurité d’approvisionnement et compétitivité industrielle. Que l’on adhère ou non à son diagnostic, son témoignage d’ancien acteur des institutions européennes apporte un éclairage précieux sur les choix effectués depuis plusieurs décennies. Alors que la demande mondiale d’énergie continue d’augmenter et que la compétition géopolitique s’intensifie, la question de la souveraineté énergétique européenne apparaît plus stratégique que jamais. Dans cette période de mutations économiques profondes, les métaux précieux demeurent pour de nombreux investisseurs un outil de diversification et de protection patrimoniale.


