Une correction majeure en vue selon Bank of America
Bank of America vient de lancer un avertissement qui a fait l’effet d’une bombe dans le monde de l’investissement : l’or serait sur le point de connaître une correction majeure, avec un objectif de prix à 3500 dollars l’once, voire potentiellement plus bas. Cette prédiction tranche radicalement avec le consensus actuel, qui voit dans le métal jaune une valeur refuge incontournable face à l’inflation et aux déficits publics. Pourtant, selon la banque, le véritable moteur des prix de l’or n’est pas l’inflation en soi, mais bien les taux réels et les politiques des banques centrales. Dans ce contexte de divergence d’analyses, la prudence s’impose, et de nombreux investisseurs cherchent à sécuriser leur patrimoine via des actifs tangibles, notamment en se tournant vers l’achat d’or physique pour se protéger contre les corrections brutales des marchés.
Les taux réels : le véritable moteur des prix de l’or
Contrairement à une croyance répandue, ce n’est pas l’inflation qui détermine principalement l’évolution des prix de l’or, mais bien les taux réels, c’est-à-dire la différence entre les taux d’intérêt nominaux et l’inflation. Lorsque les taux réels sont négatifs, l’or a tendance à performer, car il devient plus attractif que les obligations dont le rendement réel est négatif. En revanche, lorsque les taux réels deviennent positifs, l’or perd de son attrait relatif. Bank of America souligne que les marchés se concentrent désormais sur la capacité des banques centrales à répondre à l’inflation par des hausses de taux. Si elles y parviennent, les taux réels augmenteront, pesant sur l’or. Cette dynamique explique pourquoi le métal jaune a pu stagner malgré des chocs énergétiques inflationnistes. Dans ce scénario de hausse des taux réels, la constitution de réserves en métaux précieux devient une stratégie de protection, notamment via l’investissement dans l’or pour anticiper les fluctuations des taux réels.
Un canal baissier et un death cross inquiétants
L’analyse technique de Bank of America met en évidence deux signaux particulièrement baissiers pour l’or. Premièrement, le métal jaune évoluerait dans un canal descendant bien défini, avec un support majeur autour de 3500 dollars. Deuxièmement, un « death cross » s’est formé, c’est-à-dire un croisement baissier de la moyenne mobile à 50 jours sous celle à 200 jours, un signal historiquement très fiable de poursuite de la baisse. Selon la banque, ce canal de tendance est fiable depuis 2000 et suggère une poursuite de la correction jusqu’au bas du canal. Certains analystes vont même plus loin, évoquant un scénario baissier extrême avec un objectif autour de 2700 dollars en cas de rupture des supports actuels. Face à ces signaux techniques alarmants, les investisseurs les plus prudents privilégient des actifs décorrélés, notamment via l’achat d’or physique pour se protéger contre une chute technique majeure.
Un scénario baissier à 2700 dollars envisageable
Si l’on considère la formation d’un « topping pattern » (figure de retournement baissier) sur le graphique de l’or, un scénario de chute vers 2700 dollars devient techniquement plausible. Cette figure se mesure en prenant la hauteur du mouvement haussier précédent (environ 1400 dollars depuis 4000 dollars) et en la soustrayant du point de rupture. Un tel scénario, bien qu’extrême, ne serait pas sans précédent dans l’histoire des marchés de l’or. Il pourrait se réaliser si l’inflation surprend à la hausse, contraignant la Fed à maintenir des taux élevés dans un contexte de ralentissement économique. Dans ce contexte de risque baissier accru, la diversification patrimoniale vers des actifs tangibles devient une nécessité, notamment via l’investissement dans l’or pour anticiper un scénario baissier extrême.
Le cas haussier : un trade contrarien majeur
Malgré ces signaux baissiers, certains analystes considèrent l’or comme l’un des meilleurs trades contrariens de l’année. Selon le dernier sondage de Bank of America auprès des gestionnaires de fonds, l’or est actuellement l’un des actifs les plus sous-évalués depuis mars 2023. Historiquement, lorsque les gestionnaires ont massivement jugé l’or sous-évalué, cela a précédé des phases haussières majeures, comme en 2018 ou après 2022. De plus, les achats massifs des banques centrales, notamment la Chine avec 48 tonnes en mai, constituent un puissant support structurel. Goldman Sachs estime les achats des banques centrales à 81 tonnes pour mai, bien au-dessus de la moyenne de 61 tonnes. Dans ce contexte de divergence, l’accumulation progressive de métaux précieux apparaît comme une stratégie pertinente, notamment via l’achat d’or et d’argent pour profiter d’une potentielle sous-évaluation.
Le rôle déterminant des banques centrales
Les banques centrales jouent un rôle déterminant dans la dynamique des prix de l’or. Après 14 mois de ventes nettes, elles sont revenues en force comme acheteurs nettes en mars, avec des volumes record. Ces achats massifs, motivés par des considérations géopolitiques et monétaires, créent un plancher de prix difficile à briser. La Chine, en particulier, a adopté une stratégie d’achat opportuniste, profitant des baisses de prix pour accumuler des réserves. Cette dynamique de « buy the dip » institutionnelle contraste fortement avec le comportement des investisseurs particuliers, qui tendent à vendre lors des corrections. Dans ce contexte de soutien institutionnel, la détention d’or physique apparaît comme une stratégie de long terme pertinente, notamment via l’investissement dans l’or pour suivre la stratégie des banques centrales.
Le risque énergétique : un catalyseur potentiel de crise
Le véritable risque pour l’or réside dans un choc énergétique qui pourrait faire exploser l’inflation tout en affaiblissant le marché du travail. Dans un tel scénario, la Fed se trouverait piégée : incapable de monter les taux pour combattre l’inflation sans provoquer une récession sévère. Cette situation, similaire à celle de 2008 ou 2019, pourrait entraîner une chute simultanée de l’or, des actions et des obligations. Avec seulement 42 jours de réserves de pétrole avant une potentielle pénurie, le risque d’un tel choc est bien réel. Dans ce scénario de crise systémique, la détention d’actifs tangibles devient une nécessité absolue, notamment via l’achat d’or physique pour se protéger contre un choc énergétique inflationniste.


