De l’IA à l’or : la plus grande rotation de marché est-elle sur le point de commencer ? – Avec Mario Innecco

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L’IA coréenne en chute libre : un cygne noir venu du Far East ?

La scène se déroule un mercredi 29 juillet 2026, quelques heures avant la décision de la Fed, dans une semaine où la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon doivent également se prononcer sur leurs taux. Pendant que les investisseurs mondiaux scrutent les banques centrales et les résultats trimestriels des géants américains (Microsoft, Meta, Apple, Amazon, Intel, Qualcomm), un événement passé presque inaperçu en Occident pourrait marquer un tournant : l’effondrement brutal des leaders de l’IA coréenne. SK Hynix, spécialiste des mémoires pour l’intelligence artificielle, a décroché de 19% en une seule séance à Séoul, après avoir été la star incontestée du KOSPI, tandis que Samsung Electronics, autre pilier des puces mémoire et des serveurs IA, a entamé une correction profonde. Or ces deux valeurs représentent à elles seules plus de la moitié de l’indice coréen, qui avait flambé de 124% en quelques mois avant de reperdre rapidement près de la moitié de ce gain. Ce type de mouvement, violent et concentré sur le cœur de la thématique IA, ressemble à s’y méprendre à la fin d’une bulle : le moment où les investisseurs découvrent que les attentes de croissance ont dépassé la réalité économique. Dans un tel contexte, il devient rationnel de commencer à déplacer une partie de son capital vers des actifs non corrélés à ces excès spéculatifs, notamment en envisageant l’achat d’or physique comme assurance contre les secousses d’un secteur technologique survalorisé.

Concentration extrême : quand sept actions dictent le destin du NASDAQ et du S&P 500

Au-delà des marchés coréens, la structure même des indices américains signale un risque systémique : les célèbres « Magnificent 7 » (Microsoft, Apple, Amazon, Alphabet, Meta, Tesla, Nvidia) représentent désormais plus de 37% du NASDAQ 100 et environ 32 à 33% du S&P 500, alors qu’elles ne sont que sept titres sur 100 ou 500 composants. Le top 10 du NASDAQ 100 pèse plus de 45% de l’indice, ce qui signifie que quelques entreprises, toutes orientées sur la technologie, l’IA et les plateformes numériques, déterminent à elles seules une grande partie de la performance des marchés américains. Dans un tel environnement, la moindre déception sur les résultats trimestriels ou sur les perspectives d’IA (qu’il s’agisse de Meta, Microsoft, Apple ou Amazon) peut déclencher des mouvements de ventes en chaîne, non seulement sur ces valeurs, mais sur l’ensemble des indices, via les ETF et les stratégies systématiques. Ce degré de concentration rappelle les excès de la bulle internet de 1999-2000, lorsque quelques valeurs « incontournables » semblaient devoir monter indéfiniment, avant de chuter de plus de 70%. Pour un investisseur prudent, cela plaide pour une diversification vers des actifs moins dépendants des cycles technologiques et des multiples de valorisation, comme l’achat d’or physique, capable de jouer le rôle de contrepoids lorsque les indices actions sont dominés par une poignée de géants de l’IA.

Le précédent de 2000-2011 : quand l’éclatement de la bulle tech propulse l’or de +661%

L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle offre des repères précieux. Manco64 rappelle que le NASDAQ a atteint son sommet en mars 2000, au plus fort de la bulle dotcom, avant de s’effondrer de 78,44% en un peu plus de deux ans, pour ne retrouver ce niveau qu’en 2016, soit plus de 16 ans plus tard. Pendant cette longue traversée du désert des valeurs technologiques, l’or a connu un mouvement inverse : après un point bas autour de 252 dollars l’once en 1999, il a progressé jusqu’à environ 1 921 dollars en septembre 2011, soit un gain de l’ordre de 661%. Les investisseurs qui avaient compris que le « nouveau paradigme » internet n’abolissait pas les cycles ni les lois de la valorisation, et qui avaient progressivement transféré une partie de leurs gains vers des actifs tangibles (or, matières premières, sociétés minières) ont ainsi protégé, et souvent fortement renforcé, leur patrimoine. Cette rotation massive des capitaux, depuis la tech vers les actifs réels, s’expliquait par la prise de conscience que les titres de croissance avaient été surpayés et que les banques centrales, pour combattre les crises successives, injectaient des liquidités qui finissaient par se refléter dans les prix de l’or et des commodities. À l’aube d’une possible nouvelle rotation de cette ampleur, l’achat d’or physique apparaît comme une stratégie logique pour se positionner sur ce type de mouvement de long terme plutôt que de dépendre exclusivement des cycles de l’IA.

Rapport or/NASDAQ : un indicateur clé d’une bascule à venir

Pour mesurer cette rotation potentielle, il ne suffit pas de regarder l’or en dollars ou le NASDAQ en points : il est plus instructif d’analyser le ratio or/NASDAQ, c’est-à-dire combien d’onces d’or sont nécessaires pour « acheter » un indice NASDAQ ou l’inverse. En 2000, ce ratio a touché un point bas au moment exact du sommet de la bulle dotcom : le NASDAQ était cher, l’or était délaissé. Entre 2000 et 2011, le ratio a complété un mouvement haussier majeur, reflétant à la fois la hausse de l’or et la baisse prolongée des valeurs technologiques. Depuis 2011, ce ratio a corrigé, accompagnant le renouveau des tech et la consolidation de l’or, mais il semble avoir trouvé un nouveau plancher fin 2021, avant de remonter légèrement. La stagnation récente de l’or autour de 4 000 à 4 100 dollars l’once, associée aux premières fissures visibles dans les indices technologiques (SK Hynix en Corée, ajustements de multiples sur certaines valeurs américaines), pourrait annoncer une nouvelle phase de hausse du ratio or/NASDAQ, c’est-à-dire une nouvelle période où l’or surperformerait les grandes valeurs de la tech. Plutôt que d’attendre que cette bascule soit évidente pour tous – donc déjà bien engagée – il est plus prudent de commencer à renforcer ses positions en actifs tangibles, notamment via l’achat d’or physique, afin d’être exposé au mouvement dès ses premiers signes.

Un contexte plus explosif qu’en 2000 : fin de la financiarisation et bulle de crédit globale

Si le parallèle avec 2000 est instructif, Manco64 souligne que la situation actuelle dépasse largement celle de la bulle internet d’il y a un quart de siècle. À l’époque, les excès concernaient surtout le secteur technologique et les valorisations de quelques dizaines de milliers de sociétés, mais les bilans des États et des banques centrales restaient relativement contenus, et les taux d’intérêt pouvaient encore monter sans faire exploser la dette. Aujourd’hui, nous sommes à la fin d’un cycle de financiarisation beaucoup plus profond : les États, les banques centrales et les marchés privés sont surendettés, les dérivés et les produits structurés se sont multipliés, et le système est globalement « hautement levierisé ». Les banques centrales ont déjà utilisé l’arme des taux zéro et du quantitative easing pendant plus d’une décennie, ce qui limite fortement leurs marges de manœuvre. Dans ce cadre, un éclatement de bulle sur l’IA ou sur les valeurs de croissance pourrait coïncider avec une crise du crédit beaucoup plus large, où les marchés obligataires et les devises seraient également remis en cause. Ce mélange explosif – bulle tech, bulle de crédit, fragilité des États – offre un environnement potentiellement bien plus favorable à l’or qu’au début des années 2000. C’est pourquoi, au-delà de la simple comparaison des performances passées, il est pertinent d’envisager l’achat d’or physique comme un pilier stratégique d’un portefeuille capable de résister à un choc systémique plus vaste et plus profond que celui de la bulle dotcom.

Le rôle des banques centrales : entre inertie des taux et perte de contrôle sur les marchés

Au milieu de cette fragilité, les banques centrales jouent un rôle ambigu. La Fed, en ce 29 juillet 2026, est largement attendue « en statu quo », certains évoquant un possible relèvement de taux, mais la plupart des observateurs anticipant qu’elle évitera de durcir les conditions financières alors que les marchés restent dépendants de la liquidité. La Banque d’Angleterre, la Banque du Japon et d’autres institutions sont prises entre deux impératifs : d’un côté, la nécessité de contenir l’inflation et les excès spéculatifs ; de l’autre, la peur de déclencher une crise obligataire et un effondrement du crédit en remontant les taux trop vite. Manco64 rappelle que le Japon est emblématique de cette impasse : après avoir gonflé une bulle immobilière et boursière dans les années 1980 sans accepter la liquidation, le pays vit depuis un quart de siècle avec des « banques zombies », des taux ultra-bas et une dette gigantesque. Si la Banque du Japon surprenait en remontant brutalement ses taux (par exemple à 2%), cela pourrait mettre « les chats au milieu des pigeons », provoquer un retournement massif des marchés obligataires et accélérer la rotation des capitaux hors des obligations et des actions vers l’or et les actifs tangibles. Dans ce jeu où les banques centrales ne semblent plus capables de piloter sereinement l’économie sans créer de nouveaux déséquilibres, l’achat d’or physique offre une échappatoire : un actif qui n’est ni la dette de quelqu’un, ni une promesse de flux futurs dépendants de taux arbitraires.

Rotation hors IA : pourquoi l’or pourrait devenir le nouvel actif « incontournable »

L’un des enseignements majeurs de la période 2000-2011 est que lorsque les investisseurs comprennent qu’ils ont surpayé un rêve technologique – qu’il s’agisse de l’internet à l’époque ou de l’IA aujourd’hui –, ils ne se contentent pas de « revenir au cash ». Ils cherchent des actifs capables de préserver le pouvoir d’achat à long terme, de résister à l’inflation monétaire et aux crises de confiance. L’or, en tant que monnaie millénaire et actif tangible, joue naturellement ce rôle de « valeur refuge », mais il peut aussi devenir, dans ces phases, un actif « de rotation », vers lequel les grands portefeuilles se tournent par stratégie et non seulement par peur. Manco64 souligne que, depuis plusieurs mois, beaucoup d’analystes de métaux précieux répètent qu’un véritable décollage de l’or, de l’argent et des minières nécessiterait la formation d’un sommet sur les valeurs tech ; les premiers signaux venus de Corée et les doutes grandissants sur la soutenabilité des multiples de l’IA pourraient marquer le début de ce processus. Les investisseurs qui anticipent cette bascule peuvent choisir, plutôt que de subir la volatilité des « Magnificent 7 », de renforcer leurs positions en or physique, via l’achat d’or physique, de manière progressive, afin de participer à cette rotation structurelle des capitaux depuis le virtuel (plateformes d’IA, promesses de croissance infinie) vers le réel (métaux, ressources, entreprises productives).

Comment se positionner : construire une stratégie patiente et cohérente autour de l’or

Enfin, Manco64 insiste sur l’importance de la patience et de la cohérence dans la construction d’une stratégie centrée sur l’or, surtout au moment où le métal semble « figé » autour de 4 000 dollars et où certains se découragent. Il rappelle que les grandes rotations ne se déclenchent pas en un jour : la bulle dotcom a mis des années à se dégonfler, l’or a grimpé pendant plus d’une décennie, et les investisseurs qui ont profité de cette tendance sont ceux qui ont accepté de raisonner en cycles longs, plutôt qu’en semaines ou en trimestres. Aujourd’hui, alors que les indices tech affichent encore des niveaux élevés, que les banques centrales hésitent, et que les premières fissures apparaissent en Asie, il est temps de réexaminer la structure de son patrimoine : quelle part est exposée à la fragilité du crédit, à la concentration des indices et aux promesses de croissance de l’IA ? Quelle part est véritablement ancrée dans des actifs tangibles, indépendants des plateformes numériques et des produits dérivés ? Répondre honnêtement à ces questions conduit souvent à la même conclusion : il est prudent d’augmenter la part de patrimoine détenue en or physique, en commençant par l’achat d’or physique, de façon méthodique, afin de se préparer à une rotation des marchés qui pourrait, comme en 2000, sembler « impensable » avant d’être finalement évidente pour tous.

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