Il y a deux semaines, j’ai signalé les propos de Scott Bessent sur l’or, diffusés sur Fox Business, comme étant dignes d’intérêt. Il a confirmé que les avoirs de Fort Knox sont « présents et comptabilisés », évalués à plus de 1 000 milliards de dollars aux cours actuels, et a noté que le dollar « était autrefois adossé à l’argent, et parfois à l’or ».
Bessent a maintenant clarifié sa pensée. Et cette clarification est presque plus intéressante que le commentaire initial.
Lors d’une intervention ultérieure, Bessent a réitéré le chiffre de 1 000 milliards de dollars, puis a ajouté un élément qui n’avait pas fait les gros titres la première fois : l’or « n’a aucune incidence » sur la valeur du dollar. Il a expliqué précisément que les États-Unis fonctionnent désormais avec un système de monnaie fiduciaire, de sorte que les réserves, aussi importantes soient-elles, n’ont aucune incidence sur la valeur du dollar.
C’est étrange de le mentionner spontanément. Si l’or n’a vraiment aucune importance, il n’y a aucune raison d’en parler, et encore moins à deux reprises lors d’entretiens consécutifs. Pourtant, le secrétaire au Trésor trouve sans cesse des prétextes pour en parler.
Quelques autres points intéressants abordés ces deux dernières semaines :
Peter Schiff a publiquement dénoncé les propos de Bessent, qui ce dernier suggérait que d’anciens certificats d’or et d’argent pouvaient encore être échangés contre des métaux précieux. C’est impossible. L’échange a pris fin en 1933 pour l’or et en 1968 pour l’argent. Le propos de Schiff ne portait pas vraiment sur les certificats eux-mêmes, mais plutôt sur le fait que si le secrétaire au Trésor a des connaissances floues sur les principes fondamentaux de l’histoire monétaire, ses assurances concernant le Trésor lui-même perdent de leur crédibilité.
Parallèlement, la situation se complique. La France a retiré ses 129 tonnes d’or de la Réserve fédérale de New York pour les transférer à Paris, empochant ainsi 15 milliards de dollars. Le Canada a créé un fonds souverain de 25 milliards de dollars afin de réduire sa dépendance aux États-Unis. Le rapport de la Banque centrale européenne de juin a révélé que l’or représente désormais 27 % des réserves officielles mondiales, devançant ainsi le dollar et l’euro pris individuellement.
Rien de tout cela ne signifie que le dollar sera indexé sur l’or demain. Mais il est rare qu’un secrétaire au Trésor augmente sans cesse le niveau des réserves d’or tout en affirmant, hors de tout contexte, qu’elles sont sans importance. On observe un changement dans la façon dont les responsables abordent la question des actifs tangibles, même s’ils en minimisent publiquement l’importance.
Nous restons dans un marché haussier séculaire pour l’or. À plus de 4 000 $ l’once, les sociétés minières affichent les marges les plus élevées de tous les secteurs, y compris le secteur technologique.
Source: gainspainscapital



