Or à 9 000 dollars, Bourse en plein boom : la « perte de valeur des grandes monnaies » pourrait-elle être le prochain grand mouvement des marchés ? – Avec Jim Thorne

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Et si le véritable risque pour les investisseurs n’était plus la récession, mais la dépréciation progressive de la monnaie ? C’est précisément la thèse spectaculaire défendue par Jim Thorne, stratégiste en chef chez Wellington-Altus Private Wealth, dans l’interview dont nous analysons ici les principaux enseignements. Son scénario est pour le moins audacieux : il envisage un or pouvant atteindre 9 000 dollars l’once, un S&P 500 susceptible de poursuivre très fortement sa progression et un environnement où Bitcoin et argent pourraient également bénéficier d’un changement profond de régime monétaire. L’idée centrale n’est pourtant pas de prédire mécaniquement un cours : elle consiste à comprendre ce qui se produit lorsque les États doivent composer simultanément avec une dette élevée, des besoins d’investissement gigantesques, des taux d’intérêt difficiles à maintenir durablement à des niveaux élevés et une transformation industrielle portée par l’intelligence artificielle. Pour l’investisseur qui souhaite réfléchir à la place d’un actif tangible dans ce nouvel environnement, découvrir l’or et l’argent physiques comme instruments de diversification peut constituer un point de départ concret.

Le scénario de l’or à 9 000 dollars repose d’abord sur une idée simple : la monnaie peut perdre de la valeur

La première idée à comprendre est fondamentale : la hausse du prix de l’or ne signifie pas nécessairement que l’or « produit » davantage de valeur. Dans un système monétaire où les unités de monnaie peuvent être créées en quantité croissante, un actif rare peut simplement coûter davantage d’unités monétaires au fil du temps. C’est ce que les Anglo-Saxons désignent par debasement, que l’on peut traduire par dépréciation ou dilution monétaire. Jim Thorne rattache son raisonnement à l’évolution de la masse monétaire américaine depuis la fin de la convertibilité du dollar en or au début des années 1970. Il avance ainsi une estimation de dépréciation monétaire moyenne de 8 à 9 % par an, mais il faut immédiatement préciser que ce chiffre ne correspond ni à l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation, ni à une perte annuelle certaine du pouvoir d’achat. Il s’agit d’une lecture particulière de l’expansion monétaire sur plusieurs décennies. Les données de la Réserve fédérale montrent néanmoins que M2 reste extrêmement importante : elle atteignait environ 23 290 milliards de dollars sur la série hebdomadaire disponible début juillet 2026. Dans cette perspective, acheter de l’or physique pour se protéger partiellement contre les risques monétaires de long terme devient une question de diversification patrimoniale plutôt qu’un simple pari sur une hausse quotidienne.

Cette distinction est essentielle, car parler de « dépréciation monétaire » ne signifie pas que le dollar va perdre 8 ou 9 % de son pouvoir d’achat chaque année de manière régulière. La réalité est beaucoup plus complexe. L’évolution du niveau général des prix dépend de la création monétaire, de la vitesse de circulation de la monnaie, de la croissance économique, de la productivité, de l’offre de biens et services, des salaires, de l’énergie et de la politique monétaire. C’est justement pourquoi l’analyse de Thorne mérite d’être lue comme une réflexion sur un régime économique et non comme une formule mathématique garantissant un cours futur de l’or. L’argument devient particulièrement intéressant lorsque l’on observe que M2 est repartie à la hausse après son recul de 2022-2023 : la série mensuelle corrigée des variations saisonnières est passée d’environ 22 429 milliards de dollars en janvier 2026 à 23 052 milliards en mai. Dans un tel environnement, conserver une exposition à l’or et à l’argent physiques peut être envisagé comme une façon de détenir une partie du patrimoine sous une forme différente des créances libellées en monnaie.

Pourquoi l’or pourrait-il viser 9 000 dollars ?

Le chiffre de 9 000 dollars l’once constitue évidemment la partie la plus spectaculaire du raisonnement. Il ne faut cependant pas le présenter comme une prévision certaine ou comme un objectif officiel du marché : c’est le scénario défendu par Jim Thorne dans l’interview fournie. Sa logique est liée à la possibilité d’un changement de régime dans lequel les politiques économiques chercheraient davantage à soutenir la croissance nominale, l’investissement productif et la capacité de l’économie à « croître hors » de son endettement. Dans ce cas, l’or pourrait profiter simultanément de plusieurs moteurs : inquiétudes sur les finances publiques, demande de diversification, baisse éventuelle des taux réels, incertitudes géopolitiques, achats institutionnels et perception d’un risque accru sur les monnaies fiduciaires. Le cours de l’or se situait justement autour de 4 400 dollars l’once le 12 août 2026, ce qui signifie qu’un passage à 9 000 dollars représenterait approximativement un doublement depuis ces niveaux, et non une multiplication par dix. Pour ceux qui veulent raisonner sur ce scénario sans se limiter aux produits financiers, voir les possibilités d’achat d’or et d’argent physiques permet de confronter cette thèse à une réalité patrimoniale concrète.

Le raisonnement devient encore plus intéressant lorsqu’on comprend le rapport entre l’or et les taux obligataires. L’or ne verse pas de coupon et doit donc souvent composer avec la concurrence des obligations lorsque les rendements réels deviennent attractifs. À l’inverse, une baisse des rendements réels peut réduire le coût d’opportunité lié à la détention du métal précieux. C’est l’une des raisons pour lesquelles Thorne insiste autant sur la partie longue de la courbe américaine. Son hypothèse est que les autorités pourraient chercher, directement ou indirectement, à empêcher une envolée trop importante des rendements obligataires si celle-ci devenait incompatible avec le niveau d’endettement public. Il ne s’agit pas nécessairement d’un contrôle officiel de la courbe des taux tel qu’il a pu être pratiqué dans certains épisodes historiques, mais d’un ensemble potentiel d’outils destinés à préserver la stabilité financière. Pour l’épargnant, acquérir de l’or physique comme actif sans risque de crédit émetteur répond précisément à cette réflexion sur la diversification face aux obligations et aux monnaies.

La Fed n’est pas encore dans le scénario facile imaginé par les marchés

Il serait toutefois dangereux de résumer la situation à « les taux vont baisser, donc l’or va monter ». Au 29 juillet 2026, la Réserve fédérale américaine avait maintenu sa fourchette de taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %, tout en indiquant que l’activité économique progressait à un rythme solide, que la productivité et l’investissement en capital étaient robustes et que l’inflation demeurait supérieure à son objectif de 2 %. Trois membres du FOMC avaient même voté en faveur d’une hausse de 25 points de base lors de cette réunion. Cette donnée est capitale : le scénario de Thorne suppose une lecture différente de certains chocs d’offre et une capacité des économies à absorber une partie des pressions inflationnistes sans maintenir indéfiniment des taux restrictifs. C’est donc bien une bataille d’interprétation économique qui se joue. Dans cette configuration, diversifier une partie de son patrimoine avec de l’or et de l’argent peut être pertinent pour celui qui souhaite ne pas dépendre d’une seule hypothèse sur l’évolution future des taux.

La position de Thorne est particulièrement provocatrice lorsqu’il affirme que certains responsables monétaires utilisent encore un « ancien manuel » conçu pour une période de stagnation séculaire et de faiblesse de la demande. Son nouveau scénario est radicalement différent : l’économie américaine pourrait entrer dans une phase d’investissement massif dans les infrastructures, les semi-conducteurs, l’énergie, la défense et surtout l’intelligence artificielle. La conséquence serait une croissance tirée davantage par l’offre et par la productivité que par une simple stimulation de la consommation. Cette distinction est fondamentale. Si les investissements technologiques permettent effectivement de produire davantage avec la même quantité de travail et de capital, une croissance nominale soutenue pourrait coexister avec une inflation plus maîtrisée qu’on ne l’imagine. Des travaux récents du Bureau of Economic Analysis vont d’ailleurs dans le sens d’un impact potentiellement significatif de l’IA et du capital numérique sur la croissance et la productivité, même si les auteurs soulignent les difficultés de mesure et l’incertitude entourant l’ampleur de cet effet. Dans un tel monde, l’or physique peut jouer un rôle complémentaire aux actifs exposés à cette croissance technologique.

Le vrai danger identifié par Thorne : le Japon

Le passage consacré au Japon est probablement l’un des plus importants de toute l’interview, car il déplace le débat de l’inflation vers la stabilité financière mondiale. Pendant des années, le Japon a évolué avec des taux extrêmement bas, une politique monétaire très accommodante et un marché obligataire profondément influencé par la Banque du Japon. Le mécanisme du yen carry trade consiste notamment à emprunter dans une devise à faible coût, historiquement le yen, pour investir dans des actifs offrant un rendement supérieur ailleurs. Lorsque les taux japonais remontent ou que le yen s’apprécie brutalement, cette mécanique peut se retourner : certains investisseurs doivent réduire leurs positions, acheter du yen pour rembourser leurs financements et vendre les actifs détenus à l’étranger. Le mouvement peut alors dépasser largement le Japon. La Banque du Japon continue d’ailleurs de publier des programmes d’achats d’obligations japonaises et a modifié en juin 2026 ses orientations concernant ses opérations sur les obligations d’État. Dans ce contexte, détenir une part d’or physique comme actif de diversification internationale peut prendre un sens particulier lorsque les corrélations habituelles deviennent incertaines.

Pourquoi le Japon est-il si important pour les États-Unis ? Parce qu’un investisseur japonais qui doit réduire son exposition aux actifs étrangers peut être amené à vendre des obligations américaines, ce qui pourrait exercer une pression à la hausse sur les rendements du Treasury. Or une hausse excessive des taux longs américains ne serait pas anodine : elle renchérirait le financement de l’État, pèserait sur les valorisations boursières, augmenterait le coût du crédit immobilier et pourrait mettre sous pression certains intermédiaires financiers. C’est ici que le raisonnement de Thorne devient particulièrement systémique : le problème ne serait pas simplement « le yen baisse » ou « le Japon augmente ses taux », mais la possibilité qu’un changement de régime japonais perturbe une architecture financière mondiale construite pendant plusieurs décennies. Les investisseurs qui veulent se préparer à ce type de scénario peuvent donc considérer l’or physique comme une réserve de diversification face aux risques de contagion financière.

Le spectre d’une nouvelle crise bancaire

Thorne établit également un parallèle avec la crise des banques régionales américaines : lorsque les taux montent rapidement, les obligations acquises auparavant à des rendements plus faibles perdent de la valeur sur le marché. Tant que l’établissement n’a pas besoin de vendre ces titres, la moins-value peut rester latente ; mais lorsque des déposants retirent leur argent ou qu’une banque doit lever des liquidités, cette perte peut devenir beaucoup plus problématique. Le raisonnement est donc moins simpliste que l’idée selon laquelle « des taux élevés sont toujours bons pour les banques ». Tout dépend de la structure des actifs, de la durée des obligations, du financement et de la confiance des déposants. Une nouvelle phase de tension financière mondiale pourrait ainsi renforcer l’attrait des actifs considérés comme refuges. Dans cette optique, l’achat d’or physique peut constituer une diversification indépendante du bilan d’une banque ou d’un émetteur.

La dette américaine impose une équation particulièrement délicate

Au cœur de la thèse se trouve une équation que les marchés ne peuvent pas éternellement éviter : lorsque la dette publique est élevée, chaque hausse durable du coût moyen de financement finit par avoir un impact budgétaire important. Cela ne signifie pas qu’une crise de la dette américaine soit imminente, ni que les États-Unis soient comparables à un ménage incapable d’émettre sa propre monnaie. Le dollar conserve un rôle central dans le système financier international et le marché des Treasuries reste gigantesque. Mais plus la dette augmente, plus la trajectoire des taux et de la croissance nominale devient stratégique. Thorne soutient précisément qu’il faut « dépasser » la dette grâce à une croissance nominale suffisamment forte. C’est là que l’inflation, la productivité, les investissements et la politique industrielle se retrouvent dans la même équation. Pour un investisseur, intégrer des métaux précieux physiques à une stratégie patrimoniale diversifiée peut alors servir de contrepoids à une exposition exclusivement dépendante de la trajectoire budgétaire.

Pourquoi le scénario de Thorne n’est pas nécessairement baissier pour les actions

À première vue, une histoire de dette, de dépréciation monétaire et de risque obligataire devrait sembler négative pour les actions. C’est pourtant exactement l’inverse de ce que soutient Thorne. Son hypothèse est que la combinaison d’une croissance réelle plus forte, d’une productivité accrue et d’une hausse des bénéfices pourrait permettre aux marchés actions de progresser malgré des niveaux de valorisation déjà élevés. Dans l’interview, il évoque ainsi un S&P 500 pouvant atteindre 10 000 points, puis potentiellement 14 000 à 15 000 à l’horizon de l’élection présidentielle américaine suivante, selon la trajectoire des bénéfices. Ce sont des scénarios particulièrement haussiers, qui dépendent entièrement de la capacité des entreprises à transformer les investissements actuels en bénéfices réels. Les données disponibles montrent que l’économie américaine n’est pas actuellement dans une récession classique : le PIB réel a progressé à un rythme annualisé de 2,1 % au premier trimestre 2026 selon la troisième estimation du BEA. Dans cette perspective, posséder de l’or en complément d’un portefeuille actions permet surtout de diversifier les moteurs de performance plutôt que de choisir systématiquement entre métal précieux et Bourse.

La logique est particulièrement intéressante lorsqu’on examine l’intelligence artificielle. Pour Thorne, le marché ne serait encore qu’au début d’un gigantesque cycle d’investissement. Les centres de données, les réseaux électriques, les semi-conducteurs, les systèmes de refroidissement, les infrastructures numériques et les équipements nécessaires à l’IA exigent des montants considérables. Cette vision vient d’être confortée par une annonce spectaculaire de NVIDIA : le groupe a annoncé le 10 août 2026 des partenariats avec Apollo, BlackRock, Blackstone, Brookfield, Goldman Sachs et KKR visant à mettre en place des plateformes de financement susceptibles de mobiliser plus de 500 milliards de dollars de capitaux tiers pour les infrastructures de calcul liées à l’IA. Pour l’investisseur qui estime que cette transformation pourrait durer plusieurs années, l’or physique peut compléter une exposition aux secteurs technologiques et industriels en apportant un moteur de diversification différent.

Mais l’IA peut-elle réellement justifier des valorisations toujours plus élevées ?

C’est ici qu’il faut introduire une dose de prudence. Une révolution technologique peut créer énormément de richesse tout en produisant simultanément des bulles sur certaines entreprises. L’histoire des marchés montre que les grandes transformations économiques génèrent souvent des gagnants extraordinaires, mais également des valorisations qui anticipent trop rapidement les bénéfices futurs. Thorne lui-même reconnaît cette difficulté lorsqu’il explique que certains titres liés aux semi-conducteurs et à l’IA ont déjà connu des mouvements paraboliques et doivent désormais « grandir » dans leur valorisation. Le paradoxe est donc saisissant : il est possible d’être très optimiste sur l’IA à long terme tout en considérant certaines actions trop chères à court terme. Dans un portefeuille confronté à cette incertitude, diversifier avec de l’or et de l’argent physiques peut contribuer à réduire la dépendance à une seule trajectoire technologique.

Or, argent et Bitcoin : trois actifs, trois histoires différentes

Thorne regroupe ensuite trois actifs dans ce qu’il considère comme un mouvement potentiellement majeur : l’or, l’argent et Bitcoin. Il faut toutefois éviter de les mettre artificiellement sur le même plan. L’or est un actif monétaire historique dont le stock existant est immense par rapport à la production annuelle ; l’argent possède à la fois une dimension monétaire et industrielle ; Bitcoin, de son côté, repose sur une architecture numérique dont l’offre maximale est programmée. Leur comportement peut donc diverger fortement. L’intérêt du raisonnement de Thorne est moins de dire que ces trois actifs vont nécessairement monter ensemble que de montrer qu’ils peuvent bénéficier d’un même thème : la recherche d’actifs rares ou difficilement diluables lorsque la confiance dans les monnaies et les actifs financiers traditionnels est mise à l’épreuve. Pour ceux qui privilégient la dimension tangible de cette thèse, acheter de l’or ou de l’argent physiques offre une exposition directe à cette catégorie d’actifs.

Le Bitcoin ajoute cependant une dimension de croissance et de risque beaucoup plus importante. Thorne estime que son potentiel ne dépend plus uniquement du récit de la dépréciation monétaire, mais également de l’adoption institutionnelle, de la demande structurelle et de l’intégration progressive des actifs numériques dans les portefeuilles professionnels. C’est un point essentiel : un actif peut rester fondamentalement attractif tout en étant extrêmement volatil. L’or, à l’inverse, possède une histoire beaucoup plus longue et un profil généralement différent. La comparaison permet donc de comprendre pourquoi un investisseur peut rechercher la rareté sans pour autant considérer que toutes les formes de rareté ont le même niveau de risque. Pour une approche plus défensive de ce thème, l’or et l’argent physiques constituent des options tangibles à étudier.

Le Japon pourrait être le véritable test de cette nouvelle architecture financière

La question japonaise mérite finalement de revenir au centre de l’analyse. Le scénario le plus préoccupant n’est pas nécessairement une hausse progressive des taux japonais parfaitement maîtrisée. C’est la possibilité d’un ajustement brutal des positions internationales. Si les investisseurs utilisant le yen comme monnaie de financement réduisent leurs opérations, la vente d’actifs étrangers pourrait provoquer une volatilité importante sur les obligations, les actions et les devises. Cela ne signifie pas automatiquement qu’un nouvel épisode de crise financière mondiale se produira : le système financier est plus réglementé et les banques centrales disposent d’outils d’intervention. Mais c’est précisément parce que ces outils existent que Thorne pense que les autorités chercheront probablement à éviter une hausse incontrôlée des rendements longs. Dans un environnement où les scénarios extrêmes gagnent en importance, détenir une réserve d’or physique peut constituer une forme de diversification face aux risques systémiques.

Le « debasement trade » ne signifie pas que tout va monter en ligne droite

L’un des pièges de cette thèse serait de croire qu’une dépréciation monétaire implique automatiquement une hausse continue de tous les actifs réels. Les marchés peuvent subir des corrections brutales, les taux peuvent temporairement monter, le dollar peut s’apprécier, les investisseurs peuvent liquider leurs positions pour obtenir des liquidités et l’or lui-même peut connaître des phases de consolidation. L’or autour de 4 400 dollars le 12 août 2026 illustre d’ailleurs une situation où le métal se trouve déjà à des niveaux historiquement élevés. L’objectif de 9 000 dollars doit donc être compris comme un scénario de long terme dépendant de plusieurs conditions, et non comme une cible à atteindre mécaniquement. Dans cette logique, acheter progressivement de l’or physique plutôt que rechercher systématiquement le point d’entrée parfait peut correspondre davantage à une stratégie patrimoniale de long terme.

Ce que les investisseurs doivent réellement surveiller

Si l’on veut transformer la thèse de Jim Thorne en grille de lecture exploitable, plusieurs indicateurs méritent une attention particulière. Le premier est l’évolution des taux réels américains, car ils influencent fortement le coût d’opportunité de l’or. Le deuxième est la dynamique de M2 et, plus largement, celle des conditions financières. Le troisième est la trajectoire du déficit et de la dette américains. Le quatrième concerne le yen et les taux japonais, notamment parce que le Japon peut agir comme un transmetteur de volatilité vers les marchés mondiaux. Le cinquième est la croissance des investissements liés à l’IA : si les dépenses en infrastructures se transforment réellement en gains de productivité et en bénéfices, le scénario haussier sur les actions gagne en crédibilité. Enfin, les flux vers l’or, l’argent et les autres actifs alternatifs permettent d’observer si le marché adopte réellement la thèse de la dépréciation monétaire. Dans cette démarche d’analyse, découvrir les possibilités de détention d’or et d’argent physiques permet de prolonger la réflexion au-delà des seuls graphiques financiers.

Le point essentiel : 9 000 dollars n’est pas une prédiction, c’est un scénario de régime monétaire

Au fond, l’intérêt de cette interview ne réside peut-être même pas dans le chiffre de 9 000 dollars. Ce chiffre attire l’attention, mais le véritable message est beaucoup plus profond : les marchés pourraient être en train de passer d’un environnement dominé par la stagnation séculaire, les taux extrêmement faibles et la stimulation de la demande à une période caractérisée par l’investissement productif, la politique industrielle, l’intelligence artificielle, les tensions géopolitiques et une dette publique considérable. Dans ce nouveau régime, les investisseurs ne peuvent plus se contenter d’appliquer mécaniquement les recettes des décennies précédentes. La question devient celle de la préservation du pouvoir d’achat, de la qualité des actifs, de la diversification des risques et de la capacité à distinguer une véritable croissance des bénéfices d’une simple expansion des multiples de valorisation. C’est dans ce cadre qu’un actif rare et tangible comme l’or conserve toute sa pertinence. Explorer l’or et l’argent physiques comme composantes d’une stratégie patrimoniale diversifiée peut donc être une étape logique avant toute décision.

Conclusion : pourquoi le scénario de l’or à 9 000 dollars mérite d’être pris au sérieux sans être pris pour argent comptant

Le scénario présenté par Jim Thorne est volontairement provocateur, mais il repose sur des questions économiques parfaitement légitimes : comment financer une dette publique croissante sans étouffer la croissance ? Jusqu’où les taux peuvent-ils monter avant de fragiliser les marchés obligataires et immobiliers ? Quel sera l’impact réel de l’investissement massif dans l’intelligence artificielle sur la productivité ? Que se passera-t-il si le Japon sort durablement de son ancien régime de taux ultra-faibles ? Et surtout, que devient la valeur relative de l’or lorsque les investisseurs commencent à considérer que la stabilité monétaire ne peut plus être tenue pour acquise ? Les réponses restent incertaines. La Fed maintient actuellement ses taux entre 3,50 % et 3,75 % et considère toujours l’inflation comme trop élevée par rapport à son objectif, tandis que les investissements dans l’IA accélèrent et que l’or évolue déjà autour de 4 400 dollars. Consulter les possibilités d’achat d’or et d’argent physiques peut ainsi permettre à chacun d’évaluer, en fonction de son horizon et de sa tolérance au risque, la place que les métaux précieux pourraient occuper dans son propre patrimoine.

En définitive, l’or à 9 000 dollars n’est ni une certitude ni une promesse : c’est le résultat possible d’un scénario dans lequel la croissance nominale, la dette, les politiques économiques, la productivité de l’IA et la recherche de protection contre la dépréciation monétaire convergeraient dans la même direction. Le véritable enseignement est donc ailleurs : lorsque le régime économique change, les investisseurs qui se contentent de regarder le rendement passé peuvent être pris de court. Ceux qui observent les mécanismes sous-jacents — monnaie, dette, taux réels, productivité, flux de capitaux et rareté des actifs — disposent d’une grille de lecture beaucoup plus robuste. Dans cette optique, découvrir dès maintenant les solutions disponibles en or et en argent physiques permet de transformer cette réflexion macroéconomique en véritable question patrimoniale, sans pour autant considérer qu’un scénario de marché puisse être garanti.

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