Steve Hanke met en garde : le Trésor américain ne pourra pas empêcher l’effondrement du marché obligataire US

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Le pari de Washington sur les obligations américaines est-il déjà en train d’échouer ?

Le marché obligataire américain se trouve au cœur d’un affrontement particulièrement révélateur entre la puissance publique et les forces fondamentales du marché. Alors que la dette fédérale des États-Unis vient de franchir le seuil symbolique des 40 000 milliards de dollars, le Trésor américain a décidé d’augmenter fortement la taille de ses opérations de rachats sur les maturités longues, notamment dans les segments de 10 à 20 ans et de 20 à 30 ans. À compter du 9 septembre 2026, ces opérations pourront atteindre au moins 4 milliards de dollars par opération, contre 2 milliards auparavant. Officiellement, le Trésor présente cette décision comme un moyen d’améliorer la liquidité sur les échéances longues et de soutenir le bon fonctionnement du marché. Mais pour l’économiste Steve Hanke, le sujet est beaucoup plus profond : derrière cette intervention se profile une volonté de contenir la remontée des rendements obligataires alors même que les déficits, l’endettement, l’inflation potentielle et la demande massive de capitaux créent précisément les conditions nécessaires à leur hausse. Dans un tel environnement, les investisseurs particuliers cherchent naturellement à comprendre comment protéger leur patrimoine lorsque les repères traditionnels deviennent moins fiables. C’est précisément dans cette logique de diversification que l’achat d’or physique comme actif de diversification peut prendre une place particulière dans une stratégie patrimoniale, sans pour autant constituer une garantie contre les pertes.

Steve Hanke : le Trésor cherche à influencer la courbe des taux

L’analyse de Steve Hanke repose sur un mécanisme assez simple à comprendre dès lors que l’on distingue correctement le prix d’une obligation de son rendement. Lorsqu’un gouvernement rachète des obligations à long terme, il augmente mécaniquement la demande sur ces titres. Si cette demande supplémentaire fait progresser leur prix, leur rendement baisse puisque le coupon et le prix évoluent en sens inverse. C’est précisément ce qui explique l’intérêt politique d’une intervention sur les maturités de 10, 20 ou 30 ans : ces taux constituent des références majeures pour le coût du crédit dans l’économie américaine, directement ou indirectement. Les taux hypothécaires, les conditions de financement des entreprises et une multitude d’autres actifs financiers sont influencés par la structure des taux souverains américains. Le Trésor américain affirme toutefois que ses rachats visent principalement à soutenir la liquidité, et non à instaurer un plafond officiel sur les rendements. Pour Hanke, la distinction est néanmoins secondaire si l’effet recherché consiste à empêcher le marché de pousser durablement les rendements vers le haut. Dans ce contexte, acheter de l’or pour diversifier son exposition aux marchés financiers apparaît comme une piste que certains investisseurs peuvent examiner lorsque la confiance dans les actifs souverains se fragilise.

Qu’est-ce que l’« Operation Twist » et pourquoi revient-elle dans le débat ?

L’expression « Operation Twist » désigne historiquement une stratégie consistant à modifier la composition des échéances détenues ou émises afin d’exercer une influence sur la courbe des taux, sans nécessairement modifier le montant global des actifs concernés. Dans le raisonnement présenté par Steve Hanke, Washington chercherait à agir sur la partie longue de la courbe en rachetant certains titres à longue maturité, tout en continuant à financer les déficits par l’émission de titres plus courts. Le mécanisme est important : si l’offre de dette à court terme augmente fortement, les rendements courts peuvent subir une pression haussière, tandis que les rachats sur la partie longue cherchent simultanément à soutenir les prix et donc à limiter les rendements longs. Le Trésor américain insiste toutefois aujourd’hui sur la fonction de liquidité de ses rachats, qui ont été relancés pour retirer des titres anciens et moins liquides du marché. Le débat n’est donc pas de savoir si Washington a annoncé officiellement un contrôle de la courbe des taux, mais plutôt de déterminer jusqu’où une politique de gestion active de la dette peut influencer les prix sans s’attaquer aux causes fondamentales de la hausse des rendements. Cette nuance est essentielle pour comprendre pourquoi l’or physique peut constituer un actif de diversification face aux incertitudes obligataires.

Le problème fondamental : on ne peut pas simplement faire disparaître le déficit

C’est ici que l’argument de Hanke devient particulièrement intéressant. Un rachat d’obligations peut modifier temporairement l’équilibre entre l’offre et la demande sur un segment précis du marché, mais il ne supprime pas les besoins de financement du gouvernement américain. Les États-Unis doivent continuer à financer leurs déficits et à refinancer les dettes arrivant à échéance. Autrement dit, une intervention sur certaines maturités ne fait pas disparaître la montagne de dette à financer : elle modifie surtout la manière dont cette dette est répartie entre les différentes échéances. Le stock de dette publique américaine ayant franchi les 40 000 milliards de dollars en août 2026, tandis que les charges d’intérêts fédérales atteignent désormais des niveaux extrêmement élevés, le véritable test pour Washington est celui de la crédibilité : les investisseurs accepteront-ils durablement de financer l’État américain à des taux relativement faibles alors que l’endettement continue de progresser ? C’est précisément cette question qui explique pourquoi l’or d’investissement est surveillé comme une réserve de valeur alternative lorsque les investisseurs commencent à s’interroger sur la soutenabilité des politiques budgétaires.

Pourquoi les rendements à 10 et 30 ans sont-ils si importants ?

Le taux américain à 10 ans est souvent considéré comme l’un des principaux baromètres du coût du capital mondial, tandis que le 30 ans joue un rôle déterminant dans le financement immobilier américain. Lorsque ces rendements progressent, l’impact ne se limite donc pas aux détenteurs de Treasury bonds. Les entreprises peuvent devoir payer davantage pour emprunter, les ménages peuvent voir leurs crédits immobiliers devenir plus coûteux et les valorisations des actifs financiers peuvent être réévaluées. En août 2026, le rendement du 30 ans a atteint des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis 2007, tandis que le 10 ans évoluait autour de 4,7 %. Cette remontée est particulièrement problématique pour une administration qui souhaite maintenir des conditions financières favorables, car elle transforme progressivement le marché obligataire en contrainte économique et politique. Dans ce type de phase, les stratégies de diversification prennent davantage d’importance, et l’achat de pièces, lingots ou lingotins d’or peut être étudié comme composante d’une allocation patrimoniale diversifiée.

Le vrai adversaire du Trésor : les « bond vigilantes »

Steve Hanke insiste sur un acteur souvent moins visible que la Réserve fédérale ou le département du Trésor : les « bond vigilantes », c’est-à-dire les investisseurs obligataires qui sanctionnent une politique économique jugée trop inflationniste, trop dépensière ou trop imprévisible en exigeant une rémunération supérieure pour détenir la dette concernée. Leur pouvoir ne repose pas sur une décision politique, mais sur des milliers de décisions d’investissement individuelles. Si suffisamment d’acheteurs considèrent que le risque augmente, ils peuvent réduire leurs achats ou demander des rendements plus élevés. Le prix des obligations baisse alors et leur rendement augmente. C’est précisément ce mécanisme que les opérations de rachats tentent, au moins partiellement, de contrebalancer. Or les marchés ont montré une certaine méfiance après l’annonce américaine : le recul initial des rendements a rapidement été effacé, ce qui suggère que l’intervention n’a pas suffi à convaincre les investisseurs que les fondamentaux avaient changé. Dans ce contexte de défiance potentielle, la détention d’or physique peut être envisagée comme une diversification indépendante du risque de crédit d’un émetteur souverain.

La dette américaine atteint 40 000 milliards de dollars : le chiffre devient-il enfin critique ?

Le franchissement des 40 000 milliards de dollars de dette fédérale ne constitue pas, à lui seul, un seuil économique magique. Il serait simpliste de prétendre qu’une économie entre automatiquement en crise dès qu’un chiffre rond est dépassé. En revanche, cette masse de dette devient problématique lorsque son coût de financement augmente suffisamment pour absorber une part croissante des recettes publiques. C’est ce mécanisme cumulatif qui inquiète les observateurs : davantage de dette signifie davantage d’intérêts, des intérêts plus élevés peuvent nécessiter davantage d’emprunts, et davantage d’emprunts peuvent à leur tour accroître la sensibilité du budget aux taux d’intérêt. Les dépenses d’intérêts du gouvernement américain atteignent désormais des niveaux historiques, tandis que le déficit reste très important. Le danger n’est donc pas simplement la taille nominale de la dette, mais la combinaison entre son volume, son coût et la capacité politique à réduire durablement les déficits. Dans ce décor, l’or peut servir de diversification patrimoniale face aux risques liés aux dettes souveraines et aux politiques monétaires.

L’inflation reste la variable que Washington ne peut pas contrôler par décret

L’un des points centraux de la thèse de Hanke concerne la relation entre croissance monétaire, inflation et taux obligataires. Son raisonnement est celui d’un économiste monétariste : si la quantité de monnaie progresse durablement plus rapidement que la production réelle, des tensions inflationnistes peuvent finir par apparaître, avec un décalage temporel. Il faut toutefois distinguer cette lecture théorique des données contemporaines. La masse monétaire M2 américaine a progressé entre juillet 2025 et juillet 2026 : elle atteignait environ 23 157,6 milliards de dollars en juillet 2026, contre environ 21 965,6 milliards un an auparavant. Cela ne permet pas à lui seul de prédire mécaniquement l’inflation ou les rendements obligataires, car la vitesse de circulation de la monnaie, la croissance réelle, la productivité, les anticipations et les conditions financières jouent également un rôle. Mais cette évolution rappelle pourquoi les marchés surveillent attentivement toute combinaison entre politique budgétaire expansionniste et conditions monétaires accommodantes. Dans une telle configuration, l’or physique est souvent considéré comme un outil de diversification contre le risque d’érosion monétaire.

L’IA ajoute une pression inattendue sur le marché du crédit

L’un des éléments les plus intéressants de l’analyse de Steve Hanke concerne la concurrence entre le gouvernement américain et les grandes entreprises technologiques pour accéder à l’épargne disponible. Le développement massif des infrastructures liées à l’intelligence artificielle exige des investissements considérables : centres de données, réseaux électriques, équipements informatiques, semi-conducteurs et capacités de calcul. Même des groupes disposant de flux de trésorerie importants peuvent choisir de financer une partie de ces investissements par l’endettement afin de préserver leur flexibilité financière. Cette demande supplémentaire de capitaux intervient alors que le gouvernement américain doit lui-même émettre des volumes considérables de dette. Si plusieurs emprunteurs majeurs sollicitent simultanément le même bassin de capitaux, le prix du financement peut naturellement augmenter. Dans cet environnement, diversifier une partie de son patrimoine avec de l’or physique peut offrir une exposition à un actif qui n’est pas une créance sur une entreprise technologique ou sur l’État.

Le facteur géopolitique complique encore l’équation

À ces considérations budgétaires et monétaires s’ajoute un facteur géopolitique majeur : le conflit au Moyen-Orient et ses conséquences potentielles sur l’énergie, les chaînes d’approvisionnement et les anticipations d’inflation. Une hausse durable des prix du pétrole ou des produits raffinés peut se transmettre progressivement à de nombreux secteurs de l’économie. Elle peut également compliquer le travail de la banque centrale, car une politique monétaire trop souple face à un choc énergétique peut alimenter les anticipations inflationnistes, tandis qu’une politique trop restrictive peut accentuer le ralentissement économique. C’est cette contradiction que les marchés doivent actuellement intégrer. Les tensions géopolitiques constituent donc moins un événement isolé qu’un facteur susceptible de modifier simultanément les perspectives d’inflation, de croissance et de politique monétaire. Dans ces périodes de forte incertitude, l’or demeure particulièrement observé par les investisseurs à la recherche d’un actif de diversification face aux risques géopolitiques.

Le Japon pourrait-il accentuer la pression sur les Treasuries américains ?

Le Japon constitue un autre maillon important de cette histoire. Les investisseurs japonais figurent historiquement parmi les grands détenteurs de titres du Trésor américain. Si les rendements domestiques japonais deviennent suffisamment attractifs par rapport aux rendements américains après prise en compte du risque de change, certains capitaux peuvent être réorientés vers le marché obligataire japonais. Le mécanisme est simple : moins de demande étrangère pour les Treasuries signifie potentiellement davantage de rendement nécessaire pour attirer les acheteurs. Il ne faut toutefois pas transformer cette possibilité en scénario automatique de vente massive des obligations américaines. Les décisions des investisseurs japonais dépendent également des coûts de couverture de change, de la réglementation, des besoins des assureurs et des anticipations concernant le yen et les taux mondiaux. L’essentiel est de comprendre que le Trésor américain n’évolue pas dans un univers fermé : il dépend d’une immense base d’investisseurs internationaux. Dans cette perspective internationale, l’or physique constitue également un actif mondialement négocié qui peut compléter une allocation exposée aux monnaies et obligations souveraines.

La dédollarisation est-elle réellement en train de renverser le système financier mondial ?

Il faut ici se méfier des discours trop spectaculaires. La dédollarisation est une tendance réelle sur certains segments, mais elle ne signifie pas que le dollar américain serait sur le point de perdre brutalement sa position dominante. Le dollar reste au cœur des réserves de change mondiales, tandis que les évolutions de parts doivent être analysées en tenant compte des variations de change et des catégories d’actifs concernées. En revanche, une évolution plus subtile mérite d’être surveillée : les banques centrales peuvent progressivement diversifier leurs réserves sans abandonner le dollar. C’est précisément ce mouvement marginal qui peut devenir significatif avec le temps. L’or joue ici un rôle particulièrement intéressant : selon l’enquête 2026 du World Gold Council, 89 % des gestionnaires de réserves interrogés anticipent une hausse des réserves mondiales d’or au cours des douze prochains mois, tandis que 74 % pensent que la part du dollar dans les réserves mondiales sera plus faible dans cinq ans. Dans ce contexte, l’achat d’or peut être envisagé comme une diversification face à l’évolution progressive du système monétaire international.

Pourquoi les banques centrales continuent-elles d’acheter de l’or ?

Le comportement des banques centrales apporte un éclairage particulièrement utile, car il permet de dépasser les déclarations politiques et d’observer les décisions concrètes des gestionnaires de réserves. En 2025, les banques centrales ont encore ajouté environ 863 tonnes d’or à leurs réserves, selon le World Gold Council, après plusieurs années de demande historiquement élevée. Au premier trimestre 2026, elles ont encore acheté 244 tonnes. Cette accumulation ne signifie pas que les institutions monétaires anticipent nécessairement l’effondrement du dollar ou des obligations américaines. Elle traduit plutôt une volonté de diversification, de détention d’un actif sans risque de crédit souverain direct et de protection contre certains scénarios géopolitiques ou monétaires. Le fait que 90 % des répondants à l’enquête 2026 du World Gold Council citent la performance de l’or pendant les crises parmi les raisons de le détenir est particulièrement révélateur. Pour l’épargnant, l’or physique peut ainsi être considéré comme un instrument de diversification patrimoniale inspiré d’une logique également présente dans les réserves officielles.

Le véritable danger : une perte de confiance dans les règles du jeu

Au-delà des chiffres de dette et des taux d’intérêt, Steve Hanke insiste sur une variable beaucoup plus difficile à mesurer : la confiance. Un marché fonctionne correctement lorsque les investisseurs pensent pouvoir raisonnablement anticiper le comportement des autorités. Lorsque les règles deviennent imprévisibles, la prime de risque peut augmenter même si les fondamentaux statistiques n’ont pas encore radicalement changé. C’est pourquoi une intervention ponctuelle du Trésor peut avoir un effet paradoxal : elle peut soutenir temporairement les prix, mais aussi inciter certains investisseurs à se demander pourquoi le gouvernement ressent le besoin d’intervenir. Les critiques formulées récemment par plusieurs investisseurs institutionnels vont dans cette direction : les rachats ne s’attaquent pas au problème central de l’augmentation des déficits et peuvent donner au marché le sentiment que Washington cherche davantage à gérer le prix de la dette qu’à résoudre le déséquilibre budgétaire. Dans une période où la confiance devient un actif rare, la diversification vers l’or physique peut être étudiée par ceux qui souhaitent détenir une réserve de valeur qui ne constitue pas une dette émise par un État.

Le Trésor américain peut-il forcer la Réserve fédérale à acheter davantage de dette ?

C’est probablement l’un des scénarios les plus sensibles évoqués dans le débat actuel. Si les rachats du Trésor ne suffisent pas à contenir les rendements, certains observateurs pourraient imaginer une intervention beaucoup plus importante de la Réserve fédérale par l’intermédiaire d’achats massifs de Treasuries, autrement dit une forme de quantitative easing. Mais une telle politique ne constitue pas une solution gratuite. Lorsque la banque centrale achète massivement des obligations, elle augmente la taille de son bilan et peut modifier les conditions monétaires et financières. L’expérience de 2020-2022 montre d’ailleurs qu’une expansion monétaire exceptionnelle peut être suivie, avec des délais et de nombreux autres facteurs intermédiaires, par une forte poussée inflationniste. Il serait toutefois excessif d’attribuer mécaniquement l’ensemble de l’inflation de cette période à un seul facteur : les perturbations de l’offre, l’énergie, les changements de demande et les politiques budgétaires ont également joué un rôle. Le point essentiel est institutionnel : le Trésor et la Fed ne disposent pas des mêmes mandats, et une pression politique visant à maintenir artificiellement les taux bas pourrait remettre en question la perception de l’indépendance monétaire. À ce stade, l’or peut représenter une diversification face au risque que les politiques monétaires évoluent rapidement.

Pourquoi les rachats de 4 milliards de dollars ne peuvent pas régler seuls le problème

Il faut mettre les montants en perspective. Le Trésor américain a annoncé que les opérations de soutien de liquidité sur les obligations longues pourront atteindre au moins 4 milliards de dollars par opération, ce qui représente une augmentation significative par rapport au plafond précédent de 2 milliards. Mais il s’agit d’un montant très faible rapporté à la taille totale du marché obligataire américain et surtout aux besoins de financement de l’État. Ces rachats peuvent donc avoir une utilité technique réelle en améliorant la liquidité de certaines lignes anciennes ou en envoyant un signal au marché, mais ils ne peuvent pas, à eux seuls, inverser une tendance durable provoquée par une combinaison de déficits élevés, de besoins de refinancement, d’inflation persistante ou de forte demande privée de capitaux. C’est là toute la différence entre traiter un problème de liquidité et traiter un problème de solvabilité ou de crédibilité budgétaire. Dans ce contexte, une diversification avec de l’or physique mérite d’être étudiée comme complément et non comme substitut à une gestion globale du patrimoine.

Le scénario d’une spirale dette-intérêts devient-il crédible ?

Le concept de « spirale dette-intérêts » décrit une dynamique dans laquelle l’augmentation de la dette entraîne une hausse des intérêts, lesquels accroissent à leur tour les besoins de financement, ce qui peut provoquer davantage d’émissions et donc davantage d’intérêts. Il ne s’agit pas d’une fatalité mathématique : la croissance économique, l’inflation, la maturité moyenne de la dette, les recettes fiscales et la capacité d’un État à ajuster ses dépenses peuvent modifier considérablement la trajectoire. Mais plus la dette devient importante, plus le budget devient sensible à une remontée des taux. C’est précisément pourquoi la hausse récente des rendements longs préoccupe autant Washington. La question n’est donc pas de savoir si les États-Unis vont soudainement faire défaut comme un État émergent, scénario extrêmement différent, mais de déterminer combien de ressources publiques devront être consacrées au service de la dette au lieu de financer d’autres priorités. Dans un patrimoine soumis à plusieurs risques simultanés, la détention d’or peut être envisagée comme une poche de diversification à long terme.

Ce que les investisseurs doivent réellement surveiller dans les prochains mois

L’évolution du marché obligataire américain devra être observée à travers plusieurs indicateurs plutôt qu’à partir d’un seul chiffre. Le premier sera naturellement le rendement du 10 ans et du 30 ans, mais il faudra également surveiller les adjudications du Trésor, la demande étrangère, les primes de terme, les anticipations d’inflation, les émissions de dette des entreprises technologiques, les prix de l’énergie et la trajectoire du déficit fédéral. Il faudra également observer la communication de la Réserve fédérale lors du symposium de Jackson Hole, qui constitue traditionnellement un rendez-vous important pour les marchés. La question centrale sera de déterminer si les autorités américaines parviennent à restaurer la confiance sans donner l’impression de vouloir supprimer artificiellement le signal envoyé par les rendements obligataires. Si le marché considère que les taux doivent rester élevés, aucune opération ponctuelle ne pourra durablement remplacer les fondamentaux. Pour les épargnants qui souhaitent réduire leur dépendance à une seule classe d’actifs, l’or physique peut constituer une piste de diversification à examiner parallèlement aux liquidités, obligations et actions.

Le message de Steve Hanke dépasse finalement le simple marché obligataire

L’intérêt de l’analyse de Steve Hanke ne réside finalement pas uniquement dans sa prédiction concernant le rendement du Treasury à 10 ou 30 ans. Son véritable message est beaucoup plus général : un gouvernement peut influencer temporairement les prix, communiquer avec les marchés et modifier la structure de ses émissions, mais il ne peut pas supprimer indéfiniment les forces fondamentales de l’économie. Si l’offre de dette augmente fortement, si la demande de capitaux privés progresse avec l’investissement dans l’intelligence artificielle, si les investisseurs réclament une prime de risque plus importante et si les anticipations d’inflation restent élevées, les rendements obligataires peuvent continuer à exercer une pression sur Washington. Les rachats du Trésor peuvent donc être utiles comme outil de liquidité, mais ils ne remplacent ni une discipline budgétaire crédible ni une politique monétaire cohérente. Les dernières réactions du marché montrent d’ailleurs que l’annonce des rachats a procuré un soulagement temporaire avant que les rendements ne remontent, signe que les investisseurs continuent de regarder les fondamentaux. Dans ce nouvel environnement financier, l’or physique peut trouver sa place dans une stratégie de diversification pensée sur le long terme.

Or, obligations, dollar : faut-il vraiment choisir un seul camp ?

La conclusion la plus rationnelle n’est probablement pas de remplacer brutalement les obligations par de l’or, ni d’annoncer la disparition imminente du dollar américain. Une telle lecture serait aussi excessive que l’idée selon laquelle quelques milliards de rachats suffiraient à résoudre le problème budgétaire américain. Le véritable enjeu est celui de la diversification. Les obligations souveraines américaines restent un pilier du système financier mondial, le dollar demeure la principale monnaie de réserve et les États-Unis conservent une profondeur de marché exceptionnelle. Mais simultanément, l’or connaît une demande structurelle élevée : la demande mondiale a atteint un record en 2025 et les banques centrales ont continué d’accumuler du métal précieux en 2026. Cette coexistence est précisément ce qui rend l’analyse intéressante : il ne s’agit pas de prévoir la disparition d’un actif, mais de constater que les investisseurs institutionnels eux-mêmes cherchent à ne pas dépendre exclusivement d’une seule source de sécurité. Dans cette logique, découvrir les solutions d’achat d’or et d’argent physique disponibles peut constituer une première étape pour étudier concrètement cette diversification.

Conclusion : le marché obligataire reste le juge de paix de Washington

L’avertissement de Steve Hanke mérite donc d’être lu avec une certaine nuance. Dire que le Trésor américain « manipule » le marché obligataire constitue une interprétation de ses opérations, alors que la justification officielle reste centrée sur l’amélioration de la liquidité et le bon fonctionnement des marchés. En revanche, il est incontestable que Washington tente aujourd’hui d’influencer les conditions de financement à long terme en augmentant ses rachats de Treasuries, dans un contexte où le rendement du 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis 2007 et où la dette fédérale a franchi 40 000 milliards de dollars. La question décisive sera donc celle de la durée : les autorités peuvent-elles convaincre les investisseurs que la hausse des rendements est essentiellement temporaire, ou le marché continuera-t-il d’exiger une rémunération plus élevée pour absorber les déficits et les risques inflationnistes ? Si les fondamentaux reprennent le dessus, les opérations de rachats pourraient apparaître comme un simple palliatif. Si, au contraire, Washington parvient à restaurer durablement la confiance, la pression pourrait se détendre. Pour l’investisseur, la leçon est surtout de ne pas dépendre d’un seul scénario macroéconomique : étudier l’achat d’or physique comme composante d’une stratégie patrimoniale diversifiée permet d’examiner une classe d’actifs qui, depuis plusieurs années, bénéficie à la fois de l’intérêt des investisseurs et d’une demande soutenue des banques centrales.

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