ALERTE – Signe de pénurie de matières premières aurifères en Chine : Chow Sang Sang, l’un des plus grands marchands de bijoux en or en Chine accélère le recyclage de l’or

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Un signal en provenance de Chine pourrait bien être beaucoup plus important qu’il n’y paraît. Chow Sang Sang, l’un des grands acteurs chinois de la joaillerie, accélère le développement de son activité de recyclage de l’or, alors que le marché chinois des métaux précieux reste particulièrement actif. Pris isolément, ce choix pourrait simplement être interprété comme une décision environnementale ou industrielle. Mais replacé dans le contexte actuel du marché de l’or, il prend une tout autre dimension. Le groupe explique lui-même avoir profondément augmenté la proportion d’or recyclé utilisé dans sa production, passée de 13 % en 2021 à 69 % en 2025. Il a également mis en place en Chine continentale un programme permettant aux clients de rapporter leurs anciens bijoux en or afin de les échanger contre de nouvelles pièces. Cette évolution traduit donc à la fois une volonté de réduire l’empreinte environnementale de la production et la nécessité stratégique de sécuriser l’approvisionnement en métal. Pour l’investisseur qui souhaite se positionner sur un marché où l’accès au métal physique devient une question de plus en plus centrale, l’achat d’or physique constitue naturellement une piste à étudier, en gardant à l’esprit que tout investissement comporte des risques.

Chow Sang Sang accélère le recyclage de l’or : simple stratégie écologique ou véritable signal de marché ?

La première question à se poser est évidemment la suivante : pourquoi un acteur majeur de la joaillerie chinoise aurait-il intérêt à augmenter aussi fortement la part d’or recyclé dans ses activités ? La réponse n’est pas nécessairement unique. Chow Sang Sang présente officiellement cette transformation comme une composante majeure de sa stratégie de durabilité et de réduction des émissions liées à sa chaîne d’approvisionnement. L’entreprise indique que l’or recyclé présente, lorsqu’il est correctement raffiné, les mêmes caractéristiques de pureté et de qualité que l’or issu de l’extraction minière. Elle précise également avoir travaillé avec ses fournisseurs afin d’améliorer les procédés de récupération et de séparation des métaux précieux. Mais derrière cet argument environnemental se trouve une réalité industrielle : recycler de l’or permet à un fabricant de récupérer une matière première déjà extraite, déjà présente dans l’économie et potentiellement immédiatement disponible. Cela réduit la dépendance à l’égard de nouvelles productions minières et crée une forme de boucle locale d’approvisionnement. Pour un marché confronté à une demande structurellement forte, cette capacité devient stratégique. Dans ce contexte, l’achat d’or physique peut intéresser les épargnants qui souhaitent détenir directement une partie de leur patrimoine sous forme de métal précieux plutôt que de s’exposer uniquement aux sociétés minières ou aux produits financiers liés à l’or.

69 % d’or recyclé : un chiffre qui mérite toute l’attention des investisseurs

Le chiffre communiqué par Chow Sang Sang est particulièrement révélateur. En seulement quelques années, la proportion d’or recyclé dans les matières premières utilisées par le groupe est passée de 13 % en 2021 à 69 % en 2025, soit une progression de près de cinq fois. L’entreprise affirme par ailleurs avoir récupéré plus de 1,3 tonne d’or pur grâce à l’amélioration de ses procédés de recyclage depuis juillet 2023. Il serait toutefois imprudent d’en conclure automatiquement que le monde manque physiquement d’or. Le marché mondial possède d’importants stocks d’or accumulés au fil des siècles, et une partie considérable du métal produit historiquement demeure disponible sous différentes formes. En revanche, le développement rapide du recyclage peut signaler quelque chose de beaucoup plus subtil : la valeur économique de chaque gramme d’or disponible augmente et les acteurs industriels ont intérêt à optimiser au maximum la récupération du métal. C’est une différence fondamentale. Une pénurie absolue n’est pas nécessaire pour qu’un marché devienne tendu. Il suffit que la demande progresse plus rapidement que l’offre nouvelle immédiatement disponible, ou que les acteurs cherchent à sécuriser leurs approvisionnements dans un contexte de prix élevés. Pour l’épargnant qui partage cette lecture structurelle du marché, l’achat d’or physique représente une manière directe d’accéder au métal, avec toutefois des considérations importantes concernant les primes, la conservation, la fiscalité et la liquidité.

La Chine joue un rôle déterminant dans la demande mondiale d’or

Pour comprendre l’importance de ce signal, il faut regarder vers la Chine. Le pays est depuis longtemps l’un des principaux marchés mondiaux pour l’or, aussi bien dans la bijouterie que dans l’investissement et les échanges de métal physique. Or, les données disponibles en septembre 2026 montrent une situation paradoxale : la consommation de bijoux en or chinois a reculé en volume, mais la valeur de cette consommation a augmenté. Selon les données rapportées à partir du World Gold Council, la consommation chinoise de bijoux en or aurait diminué de 30 % sur un an au premier semestre 2026, à 136 tonnes, tandis que sa valeur progressait de 5 %, à 143,7 milliards de yuans. Ce décalage est extrêmement instructif. Il montre que le marché peut absorber beaucoup moins de métal tout en générant davantage de valeur lorsque le prix de l’or augmente fortement. Pour les joailliers, cette situation crée une incitation supplémentaire à récupérer l’or déjà présent chez les consommateurs. Les anciens bijoux deviennent alors une source de matière première particulièrement intéressante. Et dans un environnement où les investisseurs cherchent à protéger leur patrimoine contre différentes formes d’incertitude, l’achat d’or physique conserve une place particulière parce qu’il donne accès directement au métal, indépendamment des résultats d’une entreprise minière ou d’un intermédiaire financier.

Le marché chinois du recyclage est en train de devenir stratégique

Le recyclage de l’or n’est évidemment pas nouveau en Chine. Ce qui change, c’est son importance dans la stratégie des grands distributeurs et fabricants. Lorsqu’un groupe comme Chow Sang Sang encourage activement ses clients à rapporter leurs bijoux usagés, il met en place ce que l’industrie appelle une boucle circulaire de matière. L’or vendu hier à un consommateur peut ainsi revenir dans le circuit commercial demain, être fondu, raffiné et transformé en un nouveau produit. Cette logique est particulièrement efficace avec l’or parce que le métal peut être recyclé sans perdre ses propriétés fondamentales lorsqu’il est correctement raffiné. Chow Sang Sang indique d’ailleurs que son or recyclé peut atteindre une pureté de 99,99 %. Le groupe dispose ainsi d’une source d’approvisionnement qui ne dépend pas directement de l’ouverture d’une nouvelle mine, de plusieurs années de développement minier ou des conditions géopolitiques entourant les pays producteurs. Dans un monde où la sécurisation des matières premières devient progressivement un enjeu stratégique, cette évolution mérite d’être observée de près. Pour ceux qui veulent eux-mêmes détenir une réserve de métal facilement identifiable et indépendante de la production future des mines, l’achat d’or physique peut constituer une composante d’une stratégie de diversification patrimoniale.

Que nous disent les marchés SGE et SHFE du 7 septembre 2026 ?

Les données du 7 septembre 2026 apportent un deuxième élément intéressant. Sur la Shanghai Gold Exchange, ou SGE, le volume de transactions sur l’or aurait atteint environ 44 288 kilogrammes lors de la séance considérée, tandis que les échanges d’argent ont fortement progressé pour atteindre environ 343 386 kilogrammes. Sur le marché à terme de Shanghai, le SHFE, les contrats sur l’or et l’argent ont également affiché des volumes considérables. Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence, car un volume élevé ne signifie pas automatiquement qu’une pénurie physique est en train de se produire. Les marchés à terme permettent de gérer des positions, de couvrir des risques et de spéculer, et une partie des échanges ne correspond donc pas à une demande physique immédiate. Néanmoins, l’activité particulièrement importante des marchés chinois confirme le rôle central de la Chine dans la formation des prix et dans la circulation des métaux précieux. Pour l’investisseur européen, ce déplacement d’une partie de l’attention vers les marchés asiatiques est particulièrement intéressant, car il rappelle que le prix de l’or ne dépend pas uniquement de Wall Street ou de Londres. Dans cette nouvelle géographie de l’or, l’achat d’or physique permet de se positionner directement sur le métal plutôt que de chercher à anticiper les mouvements d’un seul marché financier.

La hausse du recyclage prouve-t-elle une pénurie mondiale d’or ?

C’est probablement ici qu’il faut faire preuve du plus de discernement. Non, l’accélération du recyclage chez Chow Sang Sang ne suffit pas à démontrer à elle seule une pénurie mondiale d’or. Le marché de l’or est beaucoup plus complexe. Une hausse du recyclage peut résulter de plusieurs facteurs simultanés : prix élevés du métal, volonté de réduire les coûts, stratégie environnementale, évolution des habitudes des consommateurs, amélioration des technologies de raffinage ou recherche d’une plus grande sécurité d’approvisionnement. Cependant, lorsque plusieurs de ces facteurs apparaissent en même temps, le signal devient beaucoup plus intéressant. La Chine possède une immense quantité d’or sous forme de bijoux et d’objets détenus par les ménages. Si les prix montent suffisamment, davantage de propriétaires peuvent être incités à vendre ou à échanger leurs anciennes pièces. Le recyclage devient alors une sorte de « mine urbaine », dans laquelle le stock existant est exploité au lieu d’attendre uniquement la production des mines. Cette dynamique peut limiter temporairement la pression sur l’offre, mais elle ne crée pas de nouveaux grammes d’or : elle remet simplement en circulation ceux qui existent déjà. C’est précisément pourquoi certains investisseurs préfèrent conserver une partie de leur patrimoine sous forme de métal physique, et l’achat d’or physique peut être étudié dans cette optique, sans pour autant supposer que le prix montera nécessairement.

Le véritable problème : l’offre minière ne peut pas réagir instantanément

Le caractère particulier de l’or tient également au fonctionnement de son offre. Lorsqu’une demande supplémentaire apparaît pour un produit industriel classique, les producteurs peuvent parfois augmenter rapidement leur production. Dans le secteur minier, la situation est radicalement différente. Une nouvelle mine d’or nécessite généralement des années de développement, des investissements considérables, des autorisations administratives, des infrastructures et une stabilité politique suffisante. Le marché ne peut donc pas simplement produire plusieurs centaines de tonnes supplémentaires du jour au lendemain parce que les prix viennent de monter. Le recyclage joue dès lors un rôle d’amortisseur. Lorsque le prix devient suffisamment attractif, les détenteurs d’or existant peuvent remettre du métal sur le marché. Mais là encore, cette source possède ses propres limites. Il faut que les propriétaires soient prêts à vendre, que les systèmes de collecte fonctionnent et que les coûts de récupération et de raffinage restent suffisamment intéressants. Le développement du recyclage par un acteur comme Chow Sang Sang montre donc surtout que la récupération du métal devient économiquement et stratégiquement importante. Pour un particulier qui souhaite profiter de la rareté potentielle d’un actif tangible sans dépendre directement de la production future des mines, l’achat d’or physique constitue une option à considérer dans une allocation diversifiée.

La demande des banques centrales ajoute une dimension supplémentaire

Le marché de l’or doit également être observé à travers un autre phénomène majeur : les achats des banques centrales. Les réserves officielles d’or sont devenues un sujet stratégique pour de nombreux pays, notamment depuis les bouleversements géopolitiques et financiers de ces dernières années. Les données de septembre 2026 indiquent notamment que la Banque populaire de Chine a poursuivi l’augmentation de ses réserves d’or, avec un achat annoncé de l’ordre de 20,22 tonnes en août, portant à 22 mois consécutifs la durée de cette accumulation. Cette demande institutionnelle est très différente de celle d’un particulier achetant quelques pièces ou lingots. Une banque centrale peut conserver le métal pendant des années, voire des décennies, ce qui réduit potentiellement la quantité disponible à la revente sur le marché. Cela ne signifie pas que les banques centrales provoquent à elles seules une pénurie, mais leur comportement constitue un élément structurel important pour comprendre la demande mondiale. Pour l’épargnant, cette évolution renforce l’intérêt d’une réflexion sur la place éventuelle du métal dans un patrimoine diversifié, notamment via l’achat d’or physique, qui permet de détenir directement un actif tangible, avec toutefois des risques de marché et des contraintes de conservation.

Pourquoi le comportement des consommateurs chinois est particulièrement révélateur

Il existe un autre phénomène que les chiffres bruts ne permettent pas toujours de comprendre immédiatement. Lorsque le prix de l’or atteint des niveaux très élevés, le consommateur chinois peut modifier son comportement. Acheter une nouvelle pièce de joaillerie devient plus coûteux, ce qui peut réduire les volumes vendus. En parallèle, la hausse de la valeur des anciens bijoux rend leur revente ou leur échange plus attractif. Le marché entre alors dans une nouvelle phase : l’or ancien devient une matière première précieuse. C’est exactement le type de situation qui peut favoriser les programmes de reprise et de recyclage développés par les grands joailliers. Chow Sang Sang indique avoir lancé en 2025 un programme de reprise de bijoux en or en Chine continentale, offrant aux clients la possibilité de rapporter leurs anciennes pièces pour bénéficier d’une réduction sur de nouveaux produits. Le mécanisme est économiquement intéressant : le consommateur transforme une partie de son stock d’or en nouveau produit, tandis que le fabricant récupère une matière première qui peut retourner dans son processus industriel. Si ce modèle se généralise, il pourrait modifier progressivement la circulation du métal au sein du marché chinois. Pour les particuliers qui souhaitent conserver une exposition directe à cette matière première stratégique, l’achat d’or physique permet précisément de posséder le métal avant même qu’il n’entre dans une future boucle de recyclage.

Or physique, or recyclé et or minier : quelle différence pour l’investisseur ?

Il est important de comprendre que l’or recyclé n’est pas un « sous-or ». Une fois correctement raffiné, il peut atteindre des niveaux de pureté comparables à ceux de l’or nouvellement extrait. La différence réside essentiellement dans son origine. L’or minier provient de nouvelles extractions, tandis que l’or recyclé provient d’un stock déjà existant. Cette distinction devient particulièrement importante lorsque l’on raisonne en termes de disponibilité. L’or extrait au cours des dernières décennies continue largement de circuler : il peut être détenu par des banques centrales, des investisseurs, des particuliers, des industriels ou des joailliers. Le recyclage permet donc de remettre ce stock en circulation. Mais il ne faut pas perdre de vue une autre réalité : une partie des investisseurs qui achètent de l’or physique ont précisément l’intention de le conserver longtemps, ce qui réduit temporairement sa disponibilité commerciale. La quantité d’or présente sur Terre est une chose ; la quantité d’or effectivement proposée à la vente à un instant donné en est une autre. C’est pourquoi l’achat d’or physique peut être envisagé comme une stratégie de conservation patrimoniale à long terme, tout en tenant compte de la volatilité possible du cours.

Un marché de l’or de plus en plus marqué par la géopolitique

Le développement du recyclage chinois intervient également dans un contexte géopolitique particulier. Depuis plusieurs années, l’or occupe une place croissante dans les discussions relatives à la diversification des réserves internationales. Contrairement à une obligation souveraine, l’or ne constitue pas la dette d’un autre État. Il n’offre pas de coupon, mais il ne dépend pas non plus de la capacité d’un émetteur à honorer une dette. Cette caractéristique explique en partie pourquoi les banques centrales et certains investisseurs institutionnels s’y intéressent. Elle explique aussi pourquoi les tensions géopolitiques peuvent avoir un effet disproportionné sur le marché. Plus l’environnement international devient incertain, plus la question de la détention d’actifs considérés comme indépendants de certains systèmes financiers peut revenir au premier plan. La Chine, avec son poids économique et financier, occupe une position particulière dans cette évolution. L’augmentation du recyclage chez Chow Sang Sang ne constitue donc pas un événement isolé à regarder uniquement sous l’angle de la joaillerie. Elle s’inscrit dans une transformation plus large de la manière dont le métal précieux est produit, acheté, détenu et remis en circulation. Dans ce nouvel environnement, l’achat d’or physique peut représenter pour certains investisseurs une diversification face aux risques géopolitiques et financiers, sans pour autant éliminer les risques liés à l’évolution du cours de l’or.

Le signal de Chow Sang Sang est-il donc haussier pour l’or ?

Il est certainement intéressant, mais il ne doit pas être interprété isolément. Le développement accéléré du recyclage montre que les acteurs de la filière accordent une importance croissante à la récupération du métal. La demande chinoise reste considérable malgré la baisse des volumes de bijoux, tandis que les marchés SGE et SHFE affichent une activité importante. Les achats des banques centrales constituent parallèlement un soutien structurel au marché. Tout cela forme un environnement favorable à une réflexion haussière sur l’or, mais d’autres facteurs peuvent temporairement aller dans le sens inverse. Les taux d’intérêt réels, le dollar américain, les décisions de la Réserve fédérale, les flux vers les ETF, les prises de bénéfices des investisseurs et l’évolution de la demande de joaillerie peuvent tous influencer fortement le prix à court terme. Une analyse sérieuse doit donc distinguer le signal structurel de long terme des fluctuations de court terme. Le message envoyé par Chow Sang Sang n’est pas « l’or va forcément monter demain », mais plutôt que la valeur stratégique du métal et la nécessité de récupérer chaque gramme disponible semblent prendre une importance croissante. Dans cette logique, l’achat d’or physique peut être envisagé par ceux qui souhaitent construire progressivement une exposition au métal sur un horizon long.

La Chine pourrait-elle devenir encore plus dépendante de son « or urbain » ?

Le concept d’« or urbain » mérite justement d’être surveillé. Il désigne l’ensemble du métal déjà présent dans les bijoux, objets et stocks privés et susceptible de revenir dans le circuit économique. À mesure que les prix augmentent, cette réserve devient plus intéressante à exploiter. Les programmes de reprise développés par les grands joailliers peuvent alors fonctionner comme un immense réseau de collecte. Pour la Chine, qui dispose d’une très importante culture de détention d’or sous forme de bijoux, cette réserve secondaire peut devenir particulièrement significative. Mais son potentiel dépend du comportement des ménages. Un propriétaire qui considère l’or comme une réserve de valeur de très long terme ne vendra pas nécessairement son bijou simplement parce que le cours monte. À l’inverse, une hausse spectaculaire du prix peut pousser certains détenteurs à réaliser leurs gains. Le recyclage fonctionne donc comme un mécanisme de régulation : lorsque les prix deviennent suffisamment attractifs, davantage de métal peut revenir sur le marché. Cette réalité explique pourquoi il serait excessif de parler d’une pénurie physique absolue, mais elle confirme que la disponibilité du métal est un élément déterminant de la formation des prix. Pour l’investisseur qui veut détenir directement une partie de cette réserve mondiale, l’achat d’or physique reste une possibilité à analyser avec une perspective de long terme.

Ce que cet épisode révèle réellement sur le marché mondial de l’or

Au fond, l’annonce de Chow Sang Sang raconte une histoire beaucoup plus vaste que celle d’un simple programme de recyclage. Elle montre que l’or est en train de devenir une matière première dont chaque étape de la chaîne de valeur est scrutée avec davantage d’attention. Les mines produisent du métal nouveau, les raffineries le transforment, les banques et les investisseurs en accumulent une partie, les joailliers l’utilisent, les particuliers le conservent et, lorsque les conditions deviennent favorables, une partie de cet or revient dans le circuit grâce au recyclage. Plus le prix augmente, plus chaque gramme déjà extrait devient économiquement intéressant à récupérer. C’est précisément cette logique qui rend le cas chinois particulièrement instructif. Elle montre aussi pourquoi les données de marché ne doivent jamais être analysées séparément. Une hausse des volumes sur le SGE, des achats de banques centrales, une consommation de joaillerie qui diminue en tonnes mais augmente en valeur et une accélération du recyclage forment ensemble un tableau beaucoup plus riche qu’un simple indicateur de prix. Dans ce contexte, l’achat d’or physique peut s’inscrire dans une stratégie de diversification patrimoniale destinée à profiter de la place particulière du métal dans l’économie mondiale, sans jamais constituer une garantie de performance.

Conclusion : la Chine envoie-t-elle un avertissement sur l’or ?

Oui, mais il faut savoir exactement lequel. Chow Sang Sang n’annonce pas que les réserves mondiales d’or sont sur le point de disparaître. L’entreprise montre en revanche que le recyclage devient suffisamment stratégique pour représenter une part majeure de son approvisionnement et de sa stratégie industrielle. Le passage de 13 % d’or recyclé en 2021 à 69 % en 2025 est un changement considérable. Il témoigne d’une volonté de sécuriser les matières premières, de réduire la dépendance à l’extraction minière et de construire une véritable économie circulaire autour du métal précieux. Dans le même temps, les données des marchés chinois du 7 septembre 2026 montrent une activité soutenue sur l’or et l’argent, tandis que les achats des banques centrales continuent d’alimenter la demande structurelle. Il serait donc prématuré de parler de pénurie mondiale d’or au sens strict, mais il serait tout aussi imprudent d’ignorer les signaux qui montrent que la disponibilité du métal physique devient une question économique et stratégique de plus en plus importante. Pour l’épargnant, la conclusion est finalement assez simple : l’or mérite d’être observé non seulement comme un actif financier dont le cours fluctue, mais également comme une matière première rare, durable, recyclable et détenue par des acteurs privés comme institutionnels depuis des siècles. Dans cette perspective, l’achat d’or physique peut constituer une composante d’une diversification patrimoniale, à condition d’adapter son exposition à son horizon de placement, à sa situation financière et à sa tolérance au risque.

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