Et si le véritable mouvement haussier de l’or ne faisait que commencer ? C’est précisément la thèse défendue par Willem Middelkoop, auteur de The Big Reset et fondateur du Commodity Discovery Fund. Pour lui, la hausse spectaculaire des métaux précieux observée ces dernières années ne constitue pas l’aboutissement d’un cycle, mais les premières manifestations d’un changement beaucoup plus profond : le retour progressif de l’or au cœur du système monétaire mondial. Son scénario est particulièrement ambitieux. Après avoir envisagé depuis des années une réévaluation majeure du métal jaune, il estime désormais qu’un cours de 10 000 dollars l’once est parfaitement envisageable, tandis que l’argent pourrait atteindre 200 dollars dans les prochaines années. Au 11 septembre 2026, l’or évolue autour de 4 350 dollars l’once et l’argent autour de 64 dollars, ce qui montre l’ampleur considérable du chemin restant dans un tel scénario. Mais l’intérêt de son raisonnement ne réside pas seulement dans ces objectifs spectaculaires : il faut surtout comprendre les mécanismes qui pourraient les rendre possibles. Pour l’investisseur qui souhaite examiner concrètement cette hypothèse, découvrir l’achat d’or physique permet également de replacer cette réflexion macroéconomique dans la réalité de la détention d’un actif tangible.
Willem Middelkoop et l’or à 10 000 dollars : pourquoi le « grand reset » serait déjà commencé
Lorsque Willem Middelkoop publie The Big Reset au début des années 2010, son idée paraît alors radicale : le système monétaire construit autour du dollar depuis Bretton Woods finirait par évoluer vers un ordre plus fragmenté, plus multipolaire et accordant de nouveau une place centrale à l’or. Il imaginait notamment qu’une forme de réintroduction du métal jaune dans l’architecture financière internationale pourrait conduire à une forte revalorisation de son prix. Le calendrier qu’il envisageait à l’époque s’est révélé trop optimiste, ce qu’il reconnaît lui-même. Mais son argument principal n’a pas disparu. Selon lui, les grands changements monétaires prennent généralement davantage de temps que prévu, avant de s’accélérer brutalement lorsque les acteurs comprennent que le régime précédent ne fonctionne plus comme avant. Historiquement, Bretton Woods avait effectivement placé le dollar au centre d’un système dans lequel il était convertible en or à 35 dollars l’once, avant que Richard Nixon ne ferme la « fenêtre de l’or » en août 1971. Middelkoop considère donc que la prochaine transformation pourrait ne pas prendre la forme d’une conférence internationale spectaculaire, mais plutôt d’une accumulation de décisions prises progressivement par les banques centrales et les investisseurs. Dans cette logique, acheter de l’or physique comme actif patrimonial revient moins à parier sur une date précise qu’à réfléchir au rôle que pourrait conserver un actif sans risque de contrepartie dans un monde monétaire plus incertain.
Le véritable signal : les banques centrales recommencent à accumuler de l’or
C’est probablement ici que la thèse de Middelkoop trouve son argument le plus solide. Il ne s’agit plus seulement de particuliers convaincus par les qualités de l’or, mais de banques centrales qui augmentent leurs réserves. Le World Gold Council estime que les achats nets des banques centrales ont atteint 863 tonnes en 2025. Ce niveau est inférieur aux quelque 1 000 tonnes annuelles observées au cours des trois années précédentes, mais il reste très supérieur à la moyenne de 473 tonnes enregistrée entre 2010 et 2021. Surtout, le mouvement ne s’est pas arrêté en 2026 : après un premier semestre perturbé par certaines ventes, les achats nets ont fortement rebondi au deuxième trimestre, à 289 tonnes, portant le total du premier semestre à 345 tonnes. Pour Middelkoop, cette accumulation constitue une forme de « reset par les forces du marché ». Aucun grand sommet monétaire n’a besoin d’annoncer officiellement que l’or redevient stratégique : les bilans des banques centrales suffisent à le démontrer. La diversification des réserves devient ainsi un phénomène concret, et non plus simplement théorique. Dans ce contexte, examiner les possibilités d’achat d’or physique peut être compris comme une manière pour l’épargnant privé d’étudier le même actif que celui utilisé comme réserve par les institutions monétaires, avec évidemment des objectifs, des contraintes et des risques très différents.
Or contre obligations américaines : un basculement symbolique, mais à interpréter avec prudence
Un autre élément spectaculaire alimente le discours sur le retour de l’or : à la fin de 2025, l’or représentait une part croissante des réserves officielles mondiales, au point de rivaliser très directement avec les titres du Trésor américain. Cette statistique mérite cependant d’être interprétée avec beaucoup de rigueur. Elle ne signifie pas que les banques centrales ont vendu massivement leurs obligations américaines pour acheter une quantité équivalente d’or. Une grande partie de cette évolution provient également de l’effet de valorisation : lorsque le prix du métal jaune progresse fortement, son poids dans les réserves exprimées en valeur augmente mécaniquement. Cela n’annule pas la tendance de fond, mais la nuance considérablement. Le changement essentiel est peut-être moins le remplacement immédiat des Treasuries que la volonté croissante de réduire la dépendance à un seul émetteur. Pour un particulier qui envisage l’achat d’or physique comme diversification patrimoniale, cette distinction est essentielle : il ne s’agit pas de prétendre que l’or remplacera demain toutes les obligations, mais de comprendre pourquoi sa place stratégique augmente lorsque la confiance dans le système devient plus fragmentée.
Le cas néerlandais : le déplacement des réserves d’or devient un sujet stratégique
L’un des exemples les plus frappants de cette nouvelle logique vient des Pays-Bas. De Nederlandsche Bank a récemment annoncé avoir transféré une partie de son or détenu en Amérique du Nord vers Londres. Le mouvement vise officiellement à améliorer la négociabilité des réserves, leur disponibilité en cas de crise et la diversification géographique du stockage. Le détail est particulièrement intéressant : une partie de l’or a été vendue sur le marché américain afin de permettre l’acquisition de nouveaux lingots à Londres, tandis que d’autres stocks ont fait l’objet de transferts physiques. La banque centrale néerlandaise précise que le volume total de ses réserves d’or n’a pas changé. Middelkoop voit dans ce type de décision le signe d’une confiance moins automatique envers l’ordre occidental traditionnel. Il faut néanmoins distinguer l’interprétation de l’intéressé de la justification officielle de la banque centrale, qui insiste sur la liquidité et la préparation aux crises, et non sur une rupture avec les États-Unis. Cette nuance renforce plutôt qu’elle n’affaiblit l’analyse : même sans adopter l’interprétation géopolitique la plus radicale, le fait qu’une banque centrale optimise activement l’emplacement et la négociabilité de son or montre que le métal est considéré comme une réserve stratégique. Pour ceux qui veulent approfondir cette logique, voir les solutions de détention d’or physique permet de passer de la théorie monétaire à la question concrète de la propriété et du stockage.
La dette américaine et la remontée des rendements changent la donne
Le deuxième pilier du raisonnement de Middelkoop concerne la dette. Le problème n’est pas simplement que les États-Unis ont beaucoup emprunté ; c’est que le coût de financement devient lui-même une variable de plus en plus difficile à ignorer. Lorsque les rendements des obligations américaines remontent, le Trésor doit financer une dette gigantesque à un coût supérieur. Dans le même temps, les déficits budgétaires demeurent considérables et les besoins de refinancement ne disparaissent pas. Or le marché obligataire mondial représente une masse financière gigantesque. C’est précisément cette disproportion qui intéresse Middelkoop. Si une petite partie de cette masse financière se déplace progressivement vers des actifs tangibles, le mouvement pourrait avoir des conséquences disproportionnées sur des marchés beaucoup plus petits comme ceux de l’or, de l’argent ou des sociétés minières. Cela ne signifie évidemment pas qu’un exode massif des obligations est inévitable. Mais le simple fait que les investisseurs soient désormais obligés de réfléchir au risque de duration, au déficit budgétaire et à l’inflation rend la diversification plus pertinente. Dans cette perspective, étudier une exposition à l’or physique peut constituer l’un des éléments d’une réflexion patrimoniale plus large, plutôt qu’un pari isolé sur le prochain mouvement du métal.
La Fed rachète-t-elle de nouveau la dette américaine ? Le point qui mérite nuance
Middelkoop estime également que la politique de la Réserve fédérale américaine mérite d’être observée de très près. Les évolutions du portefeuille de titres du Trésor détenu par la banque centrale alimentent naturellement l’idée d’un retour progressif d’une forme de soutien au marché obligataire. Mais employer automatiquement le terme « quantitative easing » serait trop catégorique : l’évolution du bilan et les achats de titres doivent être replacés dans le cadre opérationnel de la Fed, des réinvestissements, des maturités et de la gestion des réserves bancaires. Le véritable sujet est ailleurs. Si les États très endettés rencontrent de plus en plus de difficultés à financer leurs déficits à des taux compatibles avec leur trajectoire budgétaire, la tentation de la répression financière, de l’inflation ou d’une intervention monétaire accrue peut devenir un facteur de long terme pour les actifs réels. C’est précisément dans ce type de scénario que découvrir les options d’achat d’or physique prend tout son sens comme sujet d’étude patrimoniale.
Et si les investisseurs institutionnels commençaient enfin à sortir du 60/40 ?
Le raisonnement de Middelkoop devient particulièrement intéressant lorsqu’il s’intéresse au comportement des investisseurs traditionnels. Pendant des décennies, les obligations souveraines ont été considérées comme l’un des piliers incontournables d’un portefeuille diversifié. Le fameux modèle 60/40 — actions contre obligations — a bénéficié pendant longtemps d’un environnement de taux bas et d’une inflation relativement maîtrisée. Mais lorsque les rendements remontent, lorsque les déficits publics s’accumulent et lorsque l’inflation redevient une menace, la fonction protectrice des obligations peut être moins évidente. C’est dans ce contexte que Middelkoop imagine un changement progressif de préférence : non pas une liquidation brutale de toutes les obligations, mais une allocation croissante vers des actifs capables de conserver une valeur réelle lorsque les monnaies se déprécient. Même une faible réallocation marginale peut donc produire des mouvements importants dans un actif relativement rare. Ce raisonnement ne constitue pas une garantie de hausse et ne signifie surtout pas qu’il faudrait abandonner les obligations. Il souligne simplement pourquoi une allocation modérée à des actifs réels peut redevenir pertinente. Pour ceux qui souhaitent concrétiser cette réflexion, explorer l’achat de lingots et pièces d’or physique permet d’examiner une solution directement adossée au métal.
Le vrai potentiel pourrait-il se trouver dans les actions minières ?
Pour Middelkoop, le mouvement le plus intéressant ne se trouve peut-être même plus dans l’or lui-même, mais dans les entreprises qui l’extraient. Son observation repose notamment sur le ratio entre les sociétés minières aurifères et le prix du métal. Après des années de sous-performance, ce ratio aurait commencé à sortir d’une longue phase de consolidation remontant à plus d’une décennie. Pourquoi ce phénomène est-il potentiellement explosif ? Parce qu’une société minière possède une forme de levier opérationnel naturel : lorsque le prix de vente de l’or augmente beaucoup plus vite que ses coûts de production, la marge disponible sur chaque once supplémentaire peut progresser fortement. Une hausse de 10 % du métal ne signifie donc pas nécessairement une hausse de seulement 10 % des bénéfices d’un producteur. Le phénomène fonctionne aussi dans l’autre sens, ce qui explique la volatilité extrême des minières. Il faut donc distinguer l’exposition à l’or physique, qui repose principalement sur le prix du métal, de l’investissement minier, qui dépend également des coûts énergétiques, de la qualité des gisements, des juridictions, de la dette, du management et des risques opérationnels. Dans une logique de diversification, sécuriser d’abord une exposition au métal physique peut ainsi être envisagé séparément d’une éventuelle prise de risque sur les sociétés minières.
Pourquoi Middelkoop pense que le mouvement des mines d’or ne fait que commencer
L’idée défendue est finalement assez simple : pendant une grande partie du précédent cycle, les investisseurs avaient davantage confiance dans les actifs financiers traditionnels que dans les matières premières. Les minières ont alors souffert d’une combinaison particulièrement défavorable : cours de l’or encore insuffisamment élevés, coûts de production croissants, discipline du capital après les excès du début des années 2010 et faible intérêt institutionnel. Le changement de régime pourrait modifier cette équation. Si l’or reste durablement à des niveaux élevés, les producteurs disposent d’un potentiel d’amélioration considérable de leurs flux de trésorerie. Le marché peut alors commencer à leur attribuer des multiples de valorisation plus élevés, créant un double moteur : hausse des bénéfices et réévaluation du multiple. C’est précisément la raison pour laquelle Middelkoop considère que les dernières années ne représenteraient que la première phase du mouvement. Il faut néanmoins garder la tête froide : les minières restent des actions, et une entreprise minière n’est jamais équivalente à une once d’or. Une baisse du métal, une explosion des coûts, une grève, un problème politique ou une mauvaise décision d’investissement peuvent détruire une partie importante de la valeur d’une société. Pour l’investisseur qui veut distinguer protection patrimoniale et spéculation sur le levier minier, voir les possibilités de détention directe d’or physique constitue un point de comparaison essentiel.
Le cuivre : la prochaine grande pénurie structurelle ?
Le scénario de Middelkoop ne se limite pas à l’or et à l’argent. Il identifie également le cuivre comme l’un des marchés les plus importants de la prochaine décennie. Le raisonnement est particulièrement intéressant : les nouveaux projets miniers sont longs et coûteux à développer, tandis que les mines existantes vieillissent et voient progressivement leur teneur diminuer. À cela s’ajoutent l’électrification, les réseaux électriques, les véhicules électriques, les infrastructures renouvelables et les centres de données liés à l’intelligence artificielle. Le cuivre devient donc l’un des métaux indispensables à la croissance de la consommation électrique mondiale. Le problème est structurel : lorsque l’offre physique ne peut pas augmenter suffisamment vite, le prix devient le principal mécanisme permettant de provoquer davantage de recyclage, d’investissement et de nouvelles productions. C’est l’une des raisons pour lesquelles Middelkoop considère que le cuivre pourrait connaître une forte appréciation au cours des prochaines années. Cette dynamique rappelle une réalité souvent oubliée : les matières premières ne peuvent pas être créées par une simple décision monétaire. Elles nécessitent des mines, des infrastructures, de l’énergie et parfois plus d’une décennie de développement. Pour les investisseurs souhaitant se positionner directement sur les métaux précieux plutôt que sur les producteurs de cuivre, découvrir l’or physique comme actif tangible reste une approche différente et complémentaire.
Argent à 200 dollars : pourquoi le scénario paraît fou… jusqu’à ce que l’on regarde le déficit
L’argent possède une caractéristique qui le distingue radicalement de l’or : il est à la fois un métal monétaire et un métal industriel. Cette double nature peut rendre son marché beaucoup plus nerveux. Selon les données récentes du Silver Institute, le marché mondial de l’argent connaît une série prolongée de déficits, c’est-à-dire une situation où la demande totale dépasse l’offre disponible. Cela ne signifie évidemment pas que l’argent doit automatiquement atteindre 200 dollars. Le prix dépend également de l’investissement, de la consommation industrielle, du recyclage, des stocks disponibles et de la spéculation. Mais la taille relativement réduite du marché peut amplifier les mouvements lorsqu’un afflux important de capitaux rencontre une offre physique rigide. C’est là que le raisonnement de Middelkoop devient intéressant : dans un marché où la disponibilité physique devient tendue, un mouvement d’investissement peut avoir un impact beaucoup plus important que dans un marché extrêmement profond. Son objectif de 200 dollars doit donc être considéré comme un scénario haussier et non comme une certitude. Pour ceux qui souhaitent réfléchir à cette problématique en privilégiant d’abord l’actif monétaire le plus ancien, acheter de l’or physique et étudier ses différentes formes permet de séparer clairement l’exposition au métal jaune de la spéculation plus volatile sur l’argent.
L’uranium pourrait lui aussi entrer dans une nouvelle ère de pénurie
Le troisième grand marché surveillé par Middelkoop est celui de l’uranium. Là encore, le thème repose sur une transformation structurelle de la demande mondiale. Le nucléaire revient au cœur de la stratégie énergétique de nombreux pays, notamment en Asie, tandis que la consommation électrique liée aux centres de données et à l’intelligence artificielle renforce l’intérêt pour une production d’électricité pilotable. Or une nouvelle centrale ne peut pas fonctionner sans combustible nucléaire. L’équilibre entre production minière, capacités d’enrichissement, contrats à long terme et besoins futurs devient ainsi déterminant. Middelkoop estime que cette situation pourrait créer un marché extrêmement favorable aux producteurs d’uranium si la demande augmente plus rapidement que l’offre nouvelle. Son scénario d’un uranium pouvant doubler de prix doit cependant être considéré avec la même prudence que ses objectifs sur l’or et l’argent : les marchés des matières premières sont cycliques, et les prix élevés peuvent eux-mêmes provoquer de nouveaux investissements qui finissent par rétablir l’équilibre. Ce qui compte ici est moins le chiffre exact que la tendance : les contraintes physiques de l’offre deviennent de nouveau un sujet majeur. Dans ce contexte de retour des actifs réels, examiner une stratégie d’achat d’or physique permet de se positionner sur le volet monétaire du phénomène sans confondre or, cuivre et uranium.
Or à 10 000 dollars : que faudrait-il réellement pour atteindre ce niveau ?
Passer d’environ 4 350 dollars à 10 000 dollars représenterait une hausse supérieure à 125 %. À première vue, le chiffre semble vertigineux. Pourtant, il faut comprendre que Middelkoop ne présente pas simplement ce niveau comme une anticipation technique du prochain trimestre. Son raisonnement est monétaire. Si les grandes économies continuent d’accumuler de la dette, si les déficits restent structurels, si les banques centrales conservent des taux réels faibles sur certaines périodes et si les investisseurs recherchent des actifs capables de résister à la dépréciation monétaire, alors le prix nominal de l’or peut progresser considérablement sans que le métal soit nécessairement « plus précieux » en termes réels. C’est la monnaie de référence qui peut perdre de la valeur relativement à l’or. L’objectif de 10 000 dollars suppose donc que plusieurs moteurs continuent à fonctionner simultanément : demande officielle, investissement privé, incertitude géopolitique, dette et perte progressive de confiance dans certains actifs financiers. Pour l’épargnant qui considère ce scénario comme plausible, découvrir concrètement les solutions d’achat d’or physique permet de mesurer les conditions réelles d’une telle stratégie plutôt que de rester dans la seule spéculation sur un objectif de prix.
Le chiffre de 10 000 dollars n’est pas une promesse : c’est un scénario de dépréciation monétaire
C’est probablement la nuance la plus importante de tout le raisonnement. Dire « l’or ira à 10 000 dollars » peut facilement devenir un slogan. Dire « l’or pourrait atteindre 10 000 dollars si la valeur réelle du dollar continue de se dégrader et si la demande mondiale pour les réserves tangibles augmente » devient une hypothèse économique que l’on peut analyser. Les deux formulations n’ont pas la même portée. Un objectif de prix aussi élevé dépend de variables que personne ne contrôle complètement : inflation, taux réels, politique budgétaire américaine, comportement de la Chine, achats des banques centrales, évolution des ETF, géopolitique, production minière et confiance dans les monnaies. Il faut également tenir compte des scénarios inverses. Une remontée durable des taux réels, une baisse de l’inflation, une stabilisation budgétaire spectaculaire ou un retour massif des investisseurs vers les actifs financiers pourraient limiter l’appréciation du métal. L’or ne verse aucun coupon et peut subir des corrections brutales. C’est pourquoi acheter de l’or physique dans une logique de long terme doit être envisagé comme une décision patrimoniale à horizon long, et non comme une garantie de gain à court terme.
Ce que le « grand reset » pourrait changer pour l’investisseur particulier
Si Middelkoop a raison sur le fond, le changement majeur ne serait pas simplement une nouvelle hausse de l’or. Il serait beaucoup plus profond : les investisseurs devraient progressivement intégrer le risque monétaire et géopolitique dans leurs allocations, au même titre qu’ils intègrent aujourd’hui le risque de marché ou le risque de taux. Pendant des années, la mondialisation, la stabilité géopolitique relative et la baisse des taux ont favorisé les actifs financiers. Dans un monde plus fragmenté, marqué par les sanctions économiques, les tensions commerciales, les déficits publics et la compétition entre grandes puissances, les actifs physiques pourraient retrouver une importance stratégique. Cela ne signifie pas que les actions, les obligations ou l’immobilier vont disparaître. Cela signifie plutôt que la diversification pourrait évoluer. L’or pourrait retrouver une fonction d’assurance patrimoniale, tandis que les minières offriraient davantage de levier mais aussi davantage de risques. Le cuivre pourrait devenir un actif stratégique de l’électrification, l’argent un métal industriel et monétaire sous tension, et l’uranium un combustible indispensable au redémarrage nucléaire. Dans ce nouveau paysage, la question ne serait plus seulement « combien l’or va-t-il monter ? », mais « quelle part de mon patrimoine dépend directement de la stabilité des monnaies et des marchés financiers ? ». Pour répondre concrètement à cette question, étudier l’achat d’or physique et ses modalités de détention constitue une première étape pratique.
Le point faible de la thèse de Middelkoop : le timing reste impossible à prévoir
Il serait toutefois imprudent de transformer cette analyse en certitude. Middelkoop lui-même reconnaît que son calendrier initial était trop rapide. C’est une caractéristique classique des grandes transformations monétaires : leurs causes peuvent être visibles longtemps avant que leurs conséquences ne deviennent évidentes. L’or peut ainsi rester plusieurs années dans une phase de consolidation malgré des fondamentaux favorables, tandis que les investisseurs peuvent continuer à privilégier les actions technologiques ou les obligations. De la même manière, un déficit minier annoncé aujourd’hui peut être repoussé par une nouvelle découverte, une accélération du recyclage, une baisse de la demande ou une amélioration technologique. Même le marché de l’argent peut connaître des corrections violentes si la demande d’investissement ralentit. Le véritable mérite du scénario de Middelkoop est donc moins de fournir une date précise que d’obliger l’investisseur à regarder des variables qui avaient été reléguées au second plan : réserves officielles, matières premières, dette souveraine, capacité minière, énergie et confiance monétaire. Dans cette optique, considérer l’or physique comme une composante potentielle d’une diversification est une approche beaucoup plus rationnelle que de tenter de deviner le jour exact où l’or franchira 5 000, 7 000 ou 10 000 dollars.
10 000 dollars pour l’or, 200 dollars pour l’argent : le véritable message est ailleurs
Au fond, les objectifs de 10 000 dollars pour l’or et de 200 dollars pour l’argent ne sont que la partie la plus spectaculaire du discours de Willem Middelkoop. Le message essentiel est beaucoup plus vaste. Le monde monétaire construit après la Seconde Guerre mondiale reste dominé par le dollar, mais les réserves officielles évoluent, les banques centrales continuent d’accumuler de l’or à des niveaux historiquement élevés, tandis que les États doivent composer avec des niveaux de dette et des besoins de financement considérables. Parallèlement, les marchés physiques montrent des tensions structurelles dans plusieurs matières premières : cuivre, argent et uranium sont tous concernés par des problématiques différentes mais convergentes de développement de l’offre. Autrement dit, le scénario Middelkoop ne repose pas sur l’or seul. Il repose sur l’idée d’un retour progressif de la rareté, de la matière physique et de la confiance dans les actifs tangibles au centre de l’allocation mondiale. Dans ce cadre, découvrir l’achat d’or physique n’est pas nécessairement une prise de position sur un objectif de prix précis, mais une manière de réfléchir à cette transformation structurelle.
Conclusion : le grand reset n’arrivera peut-être pas en un jour — il est peut-être déjà en train de se produire
Willem Middelkoop avait imaginé un « grand reset » monétaire capable de modifier profondément le rôle de l’or dans le système financier mondial. Plus d’une décennie après la publication de son livre, le scénario n’a pas pris la forme spectaculaire qu’il imaginait initialement. Aucun sommet mondial n’a officiellement annoncé une nouvelle architecture monétaire et le dollar reste la principale monnaie de réserve. Pourtant, certains des signaux qu’il surveille sont désormais difficiles à ignorer : achats persistants d’or par les banques centrales, poids croissant du métal dans les réserves officielles, repositionnement géographique des stocks, tensions sur les marchés de matières premières, hausse des rendements obligataires et interrogation croissante sur la soutenabilité des trajectoires budgétaires. Cela ne suffit pas à démontrer que l’or atteindra 10 000 dollars ou que l’argent atteindra 200 dollars. Mais cela suffit à rendre ces scénarios dignes d’être étudiés sérieusement plutôt que simplement balayés comme des prévisions extravagantes. Le véritable enjeu pour l’investisseur n’est finalement pas de savoir si Middelkoop aura raison au dollar près. Il est de déterminer si le régime économique qui a dominé les dernières décennies est en train de changer. Si tel est le cas, la question de la détention d’actifs réels prend mécaniquement une nouvelle dimension. Pour ceux qui souhaitent approfondir cette piste, voir les solutions d’achat et de détention d’or physique permet de passer de l’analyse du « grand reset » à l’étude concrète d’une exposition au métal.