Peter Schiff, l’économiste qui avait annoncé l’éclatement de la bulle immobilière américaine avant la crise de 2008, affirme aujourd’hui que le véritable choc pourrait encore être devant nous. Dans une récente interview consacrée aux marchés, à la dette américaine, aux taux obligataires, à l’inflation, au dollar et à l’or, Schiff défend une thèse extrêmement sombre : selon lui, la hausse actuelle des rendements obligataires ne constitue pas un simple mouvement de marché, mais le symptôme d’un problème beaucoup plus profond. À ses yeux, les investisseurs sous-estiment encore les conséquences d’une dette devenue gigantesque, alors même que le coût du financement augmente. Cette alerte intervient dans un environnement où les rendements américains restent élevés. Dans un tel contexte de tensions sur les taux et les monnaies, certains investisseurs se tournent vers l’or physique comme actif de diversification.
Peter Schiff avait-il réellement prévu la crise de 2008 ?
Le surnom d’homme qui avait « prévu 2008 » ne repose pas uniquement sur une légende construite après la crise. Avant l’effondrement immobilier américain, Peter Schiff avait effectivement multiplié les avertissements concernant la bulle immobilière, l’excès de crédit, l’endettement des ménages et les conséquences possibles d’une correction des prix de l’immobilier. Son propre éditeur rappelle qu’avant 2006, il annonçait déjà une catastrophe économique américaine dont l’éclatement de la bulle immobilière constituerait le déclencheur, tandis qu’une intervention de 2007 sur CNN montre qu’il expliquait déjà que la correction immobilière devait provoquer une contraction du crédit et une récession importante. Son discours actuel s’inscrit donc dans une continuité intellectuelle : Schiff considère que la crise de 2008 n’a pas véritablement réglé les déséquilibres qui l’avaient provoquée, mais que les politiques mises en œuvre ensuite ont simplement déplacé et amplifié le problème. C’est précisément cette lecture qui l’amène aujourd’hui à parler d’un risque potentiellement supérieur à celui de 2008. L’or physique est précisément présenté par ses défenseurs comme un moyen de détenir un actif qui ne dépend pas directement de la solvabilité d’un émetteur financier.
Le véritable signal d’alarme serait la trajectoire des taux
Pour Peter Schiff, regarder uniquement le niveau actuel des taux d’intérêt serait une erreur. Ce qui compte, selon lui, est leur direction. Dans l’interview, il insiste sur le fait que les investisseurs peuvent considérer un rendement de 5,2 % sur dix ans comme supportable, mais qu’ils doivent alors envisager ce qui se produirait avec des taux à 6,2 %, 7,2 % ou 8,2 %. Son raisonnement est simple : plus les taux montent, plus le coût du financement augmente pour les ménages, les entreprises et surtout pour un État qui doit constamment refinancer une partie considérable de sa dette. Le Congressional Budget Office projetait en février 2026 un déficit fédéral de 1 900 milliards de dollars pour l’exercice 2026, soit 5,8 % du PIB, tandis que la dette fédérale détenue par le public devait atteindre 101 % du PIB en 2026. Le CBO prévoyait également une progression des charges d’intérêts nettes, de 3,3 % du PIB en 2026 à 4,6 % en 2036. Dans un tel contexte de hausse des coûts de financement, l’achat d’or physique peut constituer l’une des solutions envisagées pour diversifier une épargne.
Pourquoi une hausse des taux peut devenir un problème systémique
Le mécanisme décrit par Schiff repose sur l’effet de levier de la dette. Lorsqu’un particulier emprunte à un taux plus élevé, sa mensualité augmente. Lorsqu’une entreprise refinance sa dette à un taux supérieur, une part plus importante de ses revenus doit être consacrée au service de cette dette. Lorsqu’un État refinance ses obligations, le coût budgétaire augmente progressivement à mesure que les anciennes obligations arrivent à échéance et sont remplacées par de nouvelles émissions plus coûteuses. C’est cette mécanique cumulative que Schiff considère comme explosive. Le problème ne vient donc pas seulement d’un taux à 5 %, mais de la quantité de dette qui doit être financée à ce taux, puis potentiellement à des taux encore supérieurs. Le CBO souligne lui-même que les dépenses nettes d’intérêts dépendent principalement de la quantité de dette détenue par le public et du taux moyen payé sur cette dette, et que le renouvellement progressif de la dette à des taux plus élevés contribue à accroître les charges d’intérêts. L’or physique est souvent utilisé dans ce type de réflexion patrimoniale pour ajouter une réserve de valeur indépendante des obligations et des dettes d’un emprunteur.
Le marché immobilier américain déjà sous pression
Le marché immobilier constitue l’un des points centraux de l’argumentation de Schiff. Dans son interview, il explique qu’un taux hypothécaire proche de 8 % n’a pas le même impact aujourd’hui qu’il y a vingt ou vingt-cinq ans, car le niveau des prix immobiliers et celui de l’endettement ont considérablement changé. Les données disponibles confirment que le financement immobilier américain reste coûteux : le taux moyen d’un prêt hypothécaire fixe à 30 ans était de 7,03 % au 24 septembre 2026. Schiff insiste surtout sur un phénomène de blocage : les propriétaires ayant obtenu auparavant des crédits à taux beaucoup plus faibles peuvent être fortement incités à conserver leur logement plutôt qu’à le vendre puis contracter un nouveau crédit à un taux nettement supérieur. Cela peut réduire la mobilité du marché immobilier et rendre l’accession à la propriété plus difficile pour les nouveaux acheteurs. Dans son scénario, une nouvelle remontée des taux accentuerait cette pression. Pour les épargnants qui souhaitent diversifier leur patrimoine en dehors de l’immobilier et des actifs financiers, les pièces d’or constituent une autre forme de détention patrimoniale.
La Fed prise entre inflation et risque de récession
Le cœur du raisonnement de Peter Schiff concerne ensuite la Réserve fédérale américaine. Selon lui, la Fed se trouve confrontée à un problème qu’elle ne peut résoudre facilement : relever suffisamment les taux pour contenir l’inflation risquerait de provoquer une forte pression sur les marchés financiers, l’immobilier, l’emploi et les finances publiques, tandis que maintenir une politique trop accommodante pourrait prolonger les tensions inflationnistes. Il décrit donc la banque centrale comme enfermée dans une situation où chacune des options disponibles possède un coût élevé. Il faut cependant distinguer cette interprétation de Schiff de la position officielle de la Fed. Le 16 septembre 2026, le FOMC a relevé sa fourchette cible des federal funds de 25 points de base, à 3,75 %-4 %, en indiquant que l’inflation restait élevée et que la décision visait à favoriser son retour vers l’objectif de 2 %. Dans un environnement où les politiques monétaires peuvent modifier brutalement la valeur des obligations, des devises et des actifs financiers, l’or physique peut servir de diversification patrimoniale.
Pour Schiff, le problème de l’inflation est monétaire
Peter Schiff conteste également une lecture simpliste de l’inflation provoquée par la hausse du pétrole. Dans l’interview, il explique qu’une hausse du prix de l’énergie ne signifie pas automatiquement que tous les prix doivent augmenter simultanément dans la même proportion. Selon son raisonnement, si les ménages consacrent davantage de revenus à l’énergie, ils disposent mécaniquement de moins d’argent pour acheter d’autres biens et services. Pour Schiff, une inflation généralisée nécessite donc une dynamique monétaire et de crédit permettant à la hausse du coût d’un poste de se diffuser largement dans le niveau général des prix. Son scénario devient plus inquiétant lorsqu’il envisage une récession provoquée par l’énergie : il estime que la réponse politique pourrait alors consister à soutenir l’économie par davantage de création monétaire et de dépenses publiques, ce qui alimenterait à nouveau l’inflation. C’est précisément dans ce type de scénario d’érosion monétaire que l’or physique est généralement considéré comme une réserve de valeur à long terme.
La dette américaine est au centre de l’équation
Le point le plus difficile à ignorer dans l’argumentaire de Schiff concerne la dette publique américaine. Même sans adopter ses conclusions les plus alarmistes, les chiffres budgétaires montrent que les États-Unis doivent gérer des déficits très importants dans un environnement de taux beaucoup plus élevés qu’au cours de la période des taux zéro. Le CBO estimait pour 2026 un déficit de 1 900 milliards de dollars et une dette détenue par le public équivalente à 101 % du PIB. Selon ses projections, les charges nettes d’intérêts devaient représenter 3,3 % du PIB en 2026 avant de monter à 4,6 % en 2036. Schiff pousse ce raisonnement beaucoup plus loin : pour lui, le véritable danger apparaît lorsque les investisseurs commencent à exiger des rendements toujours plus élevés pour détenir les obligations américaines. Plus les taux montent, plus le refinancement devient coûteux ; plus le refinancement devient coûteux, plus les besoins d’emprunt augmentent ; et plus les besoins d’emprunt augmentent, plus le marché peut exiger une prime de risque. C’est cette boucle qu’il présente comme potentiellement auto-entretenue. Pour les investisseurs qui veulent réduire leur dépendance à un seul type d’actif financier, l’or physique peut être intégré à une réflexion de diversification.
Le précédent de 1987 invoqué par Peter Schiff
Schiff établit également un parallèle avec le krach boursier de 1987. Son argument est que la hausse des rendements obligataires peut précéder le moment où les marchés actions commencent réellement à intégrer le changement de régime. Il rappelle que les rendements obligataires avaient fortement augmenté avant le krach d’octobre 1987 et considère que les investisseurs peuvent rester indifférents à la hausse des taux pendant une période prolongée avant qu’un changement brutal de perception ne survienne. Cette comparaison historique ne signifie pas qu’un krach de 1987 ou de 2008 doive mécaniquement se reproduire, mais elle constitue un élément central de son raisonnement : les marchés peuvent continuer à monter alors même que certaines variables fondamentales deviennent progressivement plus contraignantes. Le 28 septembre 2026, Reuters rapportait justement que les marchés actions reculaient tandis que les rendements du Trésor américain continuaient de progresser, le rendement à 30 ans ayant atteint son plus haut niveau depuis mai 2004. Dans une période de volatilité des marchés, certains épargnants choisissent de conserver une partie de leur patrimoine sous forme d’or physique plutôt que de dépendre exclusivement des actifs financiers.
Pourquoi Schiff estime que la situation actuelle est différente de 2006
L’une des idées les plus fortes de l’interview consiste à comparer les taux actuels avec ceux observés vingt ans plus tôt. Schiff rappelle qu’un taux nominalement élevé n’a pas la même signification selon la quantité de dette présente dans l’économie et selon la direction générale des taux. En 2006, les rendements obligataires étaient encore inscrits dans une tendance de long terme à la baisse qui remontait au début des années 1980. Aujourd’hui, Schiff considère que la situation est inversée : après plusieurs décennies de désinflation et de baisse des rendements, la remontée des taux constitue potentiellement un changement de régime. Les données historiques du Treasury à 10 ans montrent l’ampleur de cette transformation sur plusieurs décennies, tandis que le niveau de 5,18 % observé le 24 septembre 2026 place le rendement à dix ans à un niveau très supérieur à celui de la période des taux ultra-bas. Dans ce changement de régime des taux, détenir une part d’or physique peut être envisagé comme une diversification différente des obligations et des actions.
Un scénario potentiellement pire que les années 1970
Lorsque l’intervieweur évoque les années 1970, Peter Schiff va encore plus loin : selon lui, la situation actuelle pourrait être plus difficile que celle de cette décennie. Son argument repose sur l’endettement. Dans les années 1970, affirme-t-il, le ratio dette/PIB américain était beaucoup plus faible, les États-Unis étaient encore une nation créancière et le déficit commercial était très différent de celui observé aujourd’hui. À l’inverse, les États-Unis contemporains sont fortement endettés et doivent financer une dette beaucoup plus importante dans un environnement où les taux peuvent remonter. Cette distinction est fondamentale dans son scénario : le problème n’est pas seulement l’inflation ou le niveau des taux pris séparément, mais l’interaction entre dette, inflation, déficit et coût du financement. Le CBO confirme que la dette détenue par le public devrait rester très élevée et progresser de 101 % du PIB en 2026 à 120 % en 2036 dans son scénario de référence. Face à une dette publique élevée et à une inflation susceptible d’éroder le pouvoir d’achat des monnaies, l’or physique reste un actif que certains investisseurs utilisent comme diversification de long terme.
Le marché obligataire serait le véritable champ de bataille
Pour Schiff, le véritable « endgame » se trouve donc sur le marché obligataire. Son raisonnement est que les rendements peuvent continuer à augmenter tant que les investisseurs ne considèrent pas que le niveau de risque ou d’inflation est suffisamment rémunéré. Dans son scénario, le marché actions pourrait devenir le déclencheur d’un changement brutal : si les actions continuent à monter, rien ne contraint véritablement les rendements à baisser ; mais si une chute importante des actions survient, les autorités pourraient être poussées à intervenir. Schiff envisage alors une situation où la Réserve fédérale serait confrontée à un choix extrêmement difficile entre soutenir les marchés et contenir l’inflation. Il estime qu’une intervention massive sur le marché obligataire pourrait nécessiter davantage de création monétaire et donc accentuer les tensions inflationnistes. Il décrit ce mécanisme comme une spirale : soutenir les obligations par création monétaire pourrait affaiblir la monnaie, ce qui renforcerait l’inflation, ce qui pourrait à son tour inciter les investisseurs à exiger des rendements obligataires plus élevés. Dans une stratégie visant à diversifier l’épargne face aux risques de marché obligataire et monétaire, l’or physique constitue une classe d’actifs distincte.
La dédollarisation et la place croissante de l’or
Un autre axe majeur du discours de Schiff concerne le dollar. Il estime que le changement le plus important ne doit pas nécessairement être recherché dans la comparaison entre le billet vert et l’euro, la livre ou le yen, mais dans sa comparaison avec l’or. Selon lui, l’or représente une forme de mesure monétaire permettant d’observer la perte de pouvoir d’achat du dollar sur longue période. Cette idée intervient alors que le métal jaune a connu une hausse exceptionnelle en 2026. Le World Gold Council indiquait que l’or avait terminé août à 4 563 dollars l’once après une progression mensuelle de 13 %, tandis que Reuters rapportait le 28 septembre une forte correction du métal, alors coté autour de 4 156 dollars l’once, sous la pression de la remontée des rendements et des anticipations de nouvelles hausses de taux. Cette correction rappelle que l’or reste un actif volatil, même lorsqu’il est considéré comme une réserve de valeur à long terme. Pour ceux qui souhaitent détenir directement du métal plutôt qu’une exposition financière au cours de l’or, les pièces d’or physiques constituent une possibilité à étudier.
L’or peut-il remplacer progressivement le dollar ?
Peter Schiff va jusqu’à envisager une évolution profonde du système monétaire international. Il ne décrit pas nécessairement un retour immédiat à un étalon-or classique dans lequel chaque billet serait directement convertible en métal. Son scénario à court terme est différent : les banques centrales pourraient accroître la place de l’or dans leurs réserves et réduire progressivement leur dépendance aux actifs libellés en dollars. Dans cette configuration, l’or redeviendrait un actif de réserve permettant de renforcer la crédibilité d’une monnaie nationale sans nécessairement rendre cette monnaie directement convertible en métal. Le World Gold Council souligne lui-même le rôle important de l’or dans les réserves officielles et l’importance persistante du métal dans le système monétaire international. La thèse de Schiff est donc celle d’une remonétisation progressive de l’or, dans laquelle le métal retrouverait une fonction monétaire plus importante après plusieurs décennies durant lesquelles les monnaies fiduciaires ont dominé les réserves internationales. Pour un particulier, l’achat de pièces d’or physiques permet de détenir directement le métal au lieu de simplement suivre son cours par l’intermédiaire d’un produit financier.
La correction de l’or ne fait pas disparaître le scénario de Schiff
Un élément particulièrement intéressant de la situation actuelle est que l’or lui-même vient de subir une correction importante. Le 28 septembre 2026, Reuters rapportait une baisse de plus de 3 % du prix spot, avec un passage autour de 4 156 dollars l’once, dans un contexte marqué par la hausse du pétrole, les anticipations de nouvelles hausses de taux américains, la vigueur du dollar et l’augmentation des rendements obligataires. Cette évolution est importante parce qu’elle montre que l’or n’est pas un actif qui monte mécaniquement dès qu’une inquiétude économique apparaît. À court terme, la hausse des taux réels et du dollar peut au contraire peser fortement sur le métal précieux. Schiff lui-même explique dans l’interview que le spectaculaire mouvement précédent de l’or avait été suivi par une prise de bénéfices lorsque les tensions géopolitiques se sont concrétisées. Son raisonnement haussier porte donc principalement sur une tendance monétaire et financière de long terme, et non sur une progression linéaire du cours. Une correction du cours peut également modifier les conditions d’entrée pour un investisseur qui envisage une détention d’or physique sur plusieurs années.
Peter Schiff attaque également la frénésie autour de l’intelligence artificielle
L’interview ne s’arrête pas aux obligations, au dollar et à l’or. Peter Schiff aborde également le boom de l’intelligence artificielle et refuse de réduire le phénomène à une simple bulle ou à une révolution garantie. Son analyse est plus spécifique : il reconnaît que l’intelligence artificielle pourrait transformer profondément l’économie, mais il considère qu’il est impossible de savoir avec certitude si les investissements colossaux actuellement consacrés aux infrastructures, aux centres de données et au calcul informatique produiront les bénéfices attendus. Selon lui, les valorisations des entreprises liées à l’IA pourraient être extrêmement élevées si les profits futurs ne suivent pas les investissements réalisés. À l’inverse, elles pourraient être justifiées si l’IA génère effectivement une transformation économique d’une ampleur exceptionnelle. Schiff rejette donc les deux scénarios extrêmes consistant à considérer que l’IA supprimera presque tous les emplois ou, à l’inverse, qu’elle conduira automatiquement à une utopie économique. Son point central est l’incertitude entourant le retour sur les gigantesques dépenses d’investissement actuellement engagées. Dans un portefeuille exposé aux secteurs technologiques et aux valorisations élevées, certains investisseurs peuvent également rechercher des actifs tangibles comme l’or physique afin de diversifier leur exposition.
Pourquoi le message de Schiff est particulièrement spectaculaire aujourd’hui
Le discours de Peter Schiff frappe davantage parce que plusieurs des indicateurs qu’il surveille évoluent actuellement dans la direction qu’il considère comme problématique. Le rendement du Treasury à 10 ans était de 5,18 % le 25 septembre, contre 4,73 % à la fin août, tandis que le rendement à 30 ans atteignait 5,47 % le 24 septembre. Dans le même temps, le taux hypothécaire fixe à 30 ans atteignait 7,03 % au 24 septembre. La Fed, de son côté, a relevé son taux directeur à 3,75 %-4 % le 16 septembre, tout en affirmant que l’inflation restait élevée. Et le 28 septembre, Reuters signalait simultanément une nouvelle poussée des rendements obligataires, un recul des marchés actions et une chute de l’or sous la pression des anticipations de nouvelles hausses de taux. Ces éléments ne prouvent pas que le scénario de Schiff va nécessairement se réaliser, mais ils expliquent pourquoi son discours trouve un écho particulier dans le contexte actuel. Pour un épargnant qui cherche à comprendre comment positionner une partie de son patrimoine face à ces différents risques, l’or physique constitue l’une des classes d’actifs à considérer.
Le scénario de Schiff : une crise de la dette avant une crise du dollar
Si l’on résume strictement la logique exposée par Peter Schiff, le scénario commence par la hausse des rendements obligataires. Cette hausse augmente progressivement le coût du financement de l’économie et de l’État américain. Elle exerce ensuite une pression sur l’immobilier, les entreprises fortement endettées et les valorisations des actifs financiers. Si le ralentissement devient suffisamment important, la pression politique augmente sur la Réserve fédérale pour qu’elle intervienne. Une nouvelle phase d’assouplissement monétaire pourrait alors, selon Schiff, provoquer une accélération de l’inflation et une nouvelle perte de confiance dans le dollar. Cette perte de confiance pousserait davantage d’investisseurs internationaux à réduire leur exposition aux obligations américaines et à rechercher d’autres réserves de valeur, parmi lesquelles l’or. Le mécanisme imaginé par Schiff est donc circulaire : dette élevée, taux élevés, déficits, intervention monétaire, inflation, perte de confiance dans la monnaie, puis nouvelle pression sur le marché obligataire. C’est cette boucle qu’il considère comme le véritable risque systémique. Dans cette lecture, l’or physique représente précisément un actif que l’investisseur peut détenir directement dans son patrimoine.
Une alerte à prendre au sérieux, mais qui reste une prévision
La force du discours de Peter Schiff tient à la cohérence interne de son scénario et à son historique d’alerte sur la bulle immobilière américaine avant 2008. Des sources consacrées à son parcours documentent ses avertissements de 2006 et 2007 sur l’immobilier et le crédit, avertissements qui ont ensuite contribué à sa notoriété après la crise. Mais il faut également établir une distinction essentielle : avoir correctement identifié certains déséquilibres dans le passé ne transforme pas automatiquement chaque nouvelle prévision en certitude. Le scénario actuel de Schiff reste une projection économique. Les données disponibles montrent effectivement une dette publique américaine très élevée, des charges d’intérêts en progression dans les projections budgétaires, des rendements obligataires élevés et un coût du crédit immobilier important. Mais la date, l’ampleur et la forme d’un éventuel krach ne peuvent pas être déduites mécaniquement de ces seuls indicateurs. Ce que Schiff affirme, en revanche, est parfaitement clair : il considère que les « nuages » financiers deviennent suffisamment importants pour que les investisseurs ne puissent plus se contenter d’ignorer le problème. Dans cette perspective, l’or physique fait partie des actifs que Schiff met régulièrement en avant pour se préparer à un environnement de dette élevée, d’inflation et de tensions monétaires.
Le message final de Peter Schiff : ne pas attendre le choc
La conclusion de l’interview est probablement la plus directe. Peter Schiff invite son audience à prendre au sérieux les risques financiers qu’il décrit et à ne pas attendre que les marchés confirment son scénario pour commencer à réfléchir à la protection du patrimoine. Son message repose sur une conviction centrale : lorsque les déséquilibres deviennent visibles pour tout le monde, il est souvent trop tard pour modifier facilement une allocation patrimoniale. C’est exactement la philosophie qu’il défend depuis ses avertissements précédant la crise de 2008 : regarder l’endettement, les taux, la monnaie, les actifs réels et les incitations créées par les politiques monétaires plutôt que de se limiter à l’apparence immédiate des marchés. En septembre 2026, les chiffres donnent en tout cas une réalité concrète à une partie du débat : la dette publique américaine reste très élevée, les charges d’intérêts sont appelées à augmenter selon le CBO, les rendements des Treasuries ont fortement progressé et le crédit immobilier américain reste coûteux. Pour Schiff, ce n’est pas la fin de l’histoire. C’est précisément le début du problème. Pour ceux qui souhaitent examiner concrètement la possibilité de détenir de l’or physique, les pièces d’or constituent une option patrimoniale à étudier en fonction de leur situation et de leur horizon d’investissement.
Conclusion : le véritable danger serait la combinaison dette, taux et inflation
La thèse de Peter Schiff peut finalement être résumée en trois mots : dette, taux, inflation. Selon lui, les États-Unis ont accumulé une quantité de dette telle que le retour à des taux durablement élevés devient beaucoup plus difficile à absorber qu’auparavant. Si les rendements continuent de monter, le coût du financement augmente. Si les autorités cherchent à empêcher cette hausse par une intervention monétaire massive, Schiff estime que l’inflation et la perte de pouvoir d’achat du dollar pourraient devenir les conséquences majeures. Et si les marchés financiers finissent par prendre conscience simultanément de ces différents problèmes, il envisage un choc supérieur à celui de 2008. Les données de septembre 2026 montrent effectivement un marché obligataire sous pression et des taux longs élevés, tandis que la Fed maintient une politique restrictive face à une inflation qu’elle juge encore élevée. Le scénario décrit par Schiff reste une prévision, mais son avertissement est sans ambiguïté : pour lui, le prochain véritable test du système financier américain ne sera pas simplement une nouvelle correction boursière, mais la capacité des États-Unis à continuer de financer leur dette lorsque le coût de l’argent devient durablement élevé. Dans ce contexte, l’or physique demeure l’un des actifs vers lesquels les investisseurs peuvent se tourner pour diversifier une partie de leur patrimoine face aux risques monétaires et financiers.