Le projet de budget 2027 présenté par le gouvernement repose sur un pari aussi simple que dangereux : faire accepter une hausse massive des prélèvements obligatoires tout en affirmant vouloir réduire les dépenses publiques. Or, selon l’économiste Marc Touati, les chiffres officiels racontent une tout autre histoire. Les impôts augmenteraient de 48 milliards d’euros, la dépense publique progresserait de 40 milliards d’euros en un an, et la charge des intérêts de la dette atteindrait 91,2 milliards d’euros en 2027. Pour l’économiste, ce budget est donc déjà « caduc » avant même d’arriver à l’Assemblée nationale, car ses hypothèses de croissance, d’inflation et de taux d’intérêt ne résistent pas à la réalité des marchés. Dans un contexte pareil, beaucoup d’épargnants cherchent déjà à protéger une partie de leur patrimoine, notamment en décidant d’acheter des pièces d’or comme le 20 francs Napoléon tête nue, perçu comme une valeur refuge face à la dégradation des finances publiques.
La promesse initiale était pourtant claire : pas d’augmentation d’impôts. Marc Touati rappelle que le gouvernement avait assuré que « tout allait bien se passer » et qu’aucune hausse ne serait nécessaire. Pourtant, dans le projet de loi de finances pour 2027, les prélèvements obligatoires passeraient de 43,6% du PIB en 2025 à 44,2% du PIB en 2027. Cela représente, selon ses calculs, 48 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires. Une hausse qui ne resterait pas théorique : elle toucherait les ménages, les entreprises et de nombreux secteurs de la vie quotidienne. Face à cette pression fiscale annoncée, la tentation de diversifier son épargne devient plus forte, et certains Français envisagent d’acheter de l’or sous forme de pièces pour se prémunir contre une fiscalité plus lourde et une monnaie fragilisée par la dette.
Les retraités seraient parmi les premiers concernés. Marc Touati estime que les mesures envisagées pourraient leur coûter environ 5,5 milliards d’euros, notamment à travers un abattement fiscal de 10% sur les retraites dont le plafonnement est prévu dans le projet de budget. Il souligne que ce chiffre pourrait encore évoluer selon les négociations parlementaires, mais que la direction prise est sans ambiguïté : une contribution supplémentaire demandée aux retraités. Ce n’est pas un détail technique : pour des millions de foyers, cela signifie une baisse directe du pouvoir d’achat. Et lorsque l’État serre la vis sur les revenus, l’épargne devient un sujet de survie patrimoniale. C’est précisément pour cette raison que l’achat du Napoléon 20 francs or revient régulièrement dans les stratégies de protection contre l’érosion du pouvoir d’achat et l’instabilité budgétaire.
La hausse ne concernerait pas seulement les retraités. Marc Touati pointe notamment la TVA sur les chaînes payantes, qui passerait de 10% à 20%. Il rappelle également que les contributions visant les revenus ou les grandes entreprises, présentées à l’origine comme temporaires, durent désormais depuis plusieurs années. À chaque fois, explique-t-il, le discours promet une mesure limitée dans le temps, mais la réalité finit par installer une pression fiscale durable. Il cite aussi la taxe sur les boissons sucrées, qui devrait s’étendre à un périmètre plus large de produits sucrés. Pour l’économiste, ces mesures illustrent une mécanique bien connue : l’État cherche des recettes partout, y compris dans des postes de consommation ordinaires. Dans ce climat, les ménages qui veulent préserver leur pouvoir d’achat s’intéressent de plus en plus à l’achat de pièces d’or physiques, considérées comme un actif tangible, transportable et sans risque de contrepartie bancaire.
Le deuxième mensonge dénoncé par Marc Touati concerne les dépenses publiques. Le gouvernement affirme vouloir les maîtriser, voire les réduire, mais l’économiste affirme que les chiffres du budget montrent l’inverse. Selon lui, la dépense publique augmenterait de 40 milliards d’euros en 2027, et de 88 milliards d’euros sur deux ans. En 2027, elle atteindrait donc 1 782 milliards d’euros. Un montant si considérable que la question posée par Marc Touati est brutale : « Où va l’argent ? » Il estime que ce niveau de dépense, combiné à une hausse des prélèvements, montre que la promesse de redressement n’est pas respectée. Dans un tel environnement, où l’État consomme toujours plus de ressources et prélève toujours davantage, certains épargnants choisissent de sortir une partie de leur patrimoine du système financier en décidant d’acheter un 20 francs Napoléon en or, pièce historique et liquide du marché de l’or.
Le problème le plus grave, selon Marc Touati, ne se limite pas aux impôts et aux dépenses : il concerne la crédibilité même des prévisions utilisées pour construire ce budget. Le gouvernement table sur une croissance de 1% en 2027, alors que la croissance de 2026 est estimée autour de 0,4%, voire légèrement moins selon lui. Il annonce également une inflation de 1,8%, alors que Marc Touati considère que cette hypothèse est déjà trop optimiste. Surtout, le budget suppose un taux d’intérêt à dix ans de 4,3% en 2027, alors que le taux est déjà proche de 5% sur les marchés. Pour l’économiste, il n’existe donc aucun mécanisme crédible permettant d’imaginer une baisse aussi rapide des taux. Cette déconnexion entre les hypothèses budgétaires et la réalité financière rend, selon lui, l’objectif de déficit à 5% du PIB particulièrement fragile. Les investisseurs qui anticipent une aggravation de la situation cherchent souvent à acheter de l’or pour sécuriser leur épargne, car le métal jaune ne dépend ni d’une promesse électorale, ni d’un vote parlementaire, ni de la solvabilité d’un État.
Une charge de dette de 91,2 milliards d’euros
Le chiffre le plus vertigineux du budget 2027 est sans doute la charge des intérêts de la dette. Le gouvernement prévoit 91,2 milliards d’euros en 2027, contre 79,2 milliards d’euros en 2026, soit une progression de 12 milliards d’euros en un an. Marc Touati rappelle que cette somme est proche de l’équivalent de l’ensemble des recettes de l’impôt sur le revenu. Autrement dit, une part massive de l’argent prélevé sur les Français ne financerait ni l’éducation, ni la santé, ni la sécurité, mais uniquement les intérêts dus aux créanciers de l’État. Cette situation est d’autant plus inquiétante que la France devra émettre jusqu’à 340 milliards d’euros d’obligations en 2027 pour financer sa dette, contre 310 milliards d’euros en 2026.
Marc Touati estime que ce n’est pas un accident, mais la répétition d’une erreur déjà commise dans le budget précédent. Pour 2026, le gouvernement avait annoncé une baisse du déficit à 4,7% du PIB, avant de revoir la cible à 5%, puis finalement à 5,4%. Il avait aussi promis une croissance d’au moins 1%, alors que la réalité s’est approchée de 0,4%. De même, les taux d’intérêt devaient rester inférieurs à 4%, mais ils ont grimpé vers 5%. Résultat : la charge d’intérêt prévue à 60 milliards d’euros a dû être relevée vers environ 80 milliards d’euros. Pour Marc Touati, cette erreur de 20 milliards d’euros sur une seule ligne budgétaire montre l’ampleur du décalage entre les prévisions officielles et la réalité économique.
Un déficit proche de 6% du PIB selon Marc Touati
Là où le gouvernement affiche un objectif de déficit public de 5% du PIB en 2027, Marc Touati annonce un scénario beaucoup plus sombre : un déficit proche de 6% du PIB, non seulement en 2026, mais aussi en 2027. Selon lui, la raison est simple : si la croissance reste faible, si l’inflation est sous-estimée et si les taux d’intérêt restent élevés, les recettes seront insuffisantes et les charges continueront d’exploser. Le déficit ne pourra donc pas être ramené à 5% du PIB. Cette prévision contredit directement la trajectoire officielle, qui repose sur 43 milliards d’euros de mesures de redressement et sur une amélioration de 0,4 point de PIB par rapport à 2026.
Marc Touati rappelle également un fait historique lourd de sens : la France n’a plus enregistré d’excédent public depuis 1974. Depuis un demi-siècle, l’État vit donc durablement au-dessus de ses moyens. Il estime que les années 2026 et 2027 marquent une nouvelle aggravation, avec un déficit qui pourrait approcher 6% du PIB deux années de suite. Pour lui, ce n’est plus une simple erreur de gestion, mais une trajectoire structurelle qui fragilise l’ensemble du pays. Plus le déficit dure, plus la dette augmente, plus les créanciers exigent des taux élevés, et plus la charge d’intérêts devient écrasante. C’est ce cercle vicieux qui inquiète les épargnants et pousse certains d’entre eux vers les valeurs refuges, dont l’or physique.
Le risque d’une dégradation de la note de la France
Marc Touati estime que les agences de notation n’auront bientôt plus le choix : elles devront dégrader la note de la France. Il rappelle que Moody’s maintient actuellement la note souveraine française à Aa3, mais avec une perspective négative depuis fin 2025, ce qui signifie que le pays est déjà sous surveillance. L’agence a averti que même si un accord était trouvé sur le budget 2027, le prochain président et le futur Parlement devraient prendre des mesures significatives pour stabiliser une dette publique avoisinant 120% du PIB. Elle souligne aussi que la forte hausse des rendements obligataires accroît le risque de détérioration de la soutenabilité de la dette.
Le marché obligataire confirme en partie cette pression. Le taux français à dix ans a franchi 4% dès le 17 août 2026, avant d’atteindre 4,75% le 30 septembre 2026. Les investisseurs ont même exigé jusqu’à 5% par an pour prêter à l’État français sur dix ans. L’écart avec l’Allemagne a atteint 152 points de base, un niveau associé à la crise de la zone euro de 2011. Pour Marc Touati, ces chiffres rendent invraisemblable l’hypothèse gouvernementale d’un taux à 4,3% en 2027. Si les taux restent proches de 5%, la charge de la dette augmentera davantage que prévu, le déficit se creusera et la confiance des marchés continuera de se dégrader.
Moins de croissance, plus de chômage, plus de pression sur les ménages
La conséquence finale, selon Marc Touati, sera directe pour les Français : moins de croissance, plus de chômage et une situation plus difficile pour les ménages. Lorsqu’un État doit payer davantage d’intérêts, il dispose de moins de marges pour investir, soutenir l’activité ou protéger les services publics. Lorsqu’il augmente les impôts pour combler ses déficits, il réduit le pouvoir d’achat et affaiblit la consommation. Lorsque les taux d’intérêt restent élevés, les entreprises investissent moins, les ménages empruntent moins et l’économie ralentit. C’est cette chaîne de conséquences qui, pour l’économiste, transforme un problème budgétaire en crise sociale et économique.
Marc Touati résume la situation par une formule sans détour : la France entre dans une « zone de turbulence ». Le budget 2027, présenté comme un budget de redressement, reposerait donc selon lui sur des fondations instables : des impôts en hausse, des dépenses publiques qui continuent d’augmenter, une croissance surestimée, une inflation mal anticipée et des taux d’intérêt largement sous-évalués. Tant que ces écarts persisteront, le déficit risque de rester plus élevé que promis, la dette de continuer à progresser et la charge d’intérêts de peser toujours plus lourd sur les finances du pays. Dans ce contexte, la protection du patrimoine devient une préoccupation centrale, et l’or physique reste l’un des actifs les plus étudiés par les épargnants qui veulent se prémunir contre l’instabilité monétaire et budgétaire.