Jusqu’où la flambée du dollar fera-t-elle plonger l’or et l’argent ?

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La flambée du dollar vient de frapper l’or et l’argent de plein fouet. Ce mercredi 14 octobre, l’argent a plongé de 4,6 % vers 56 dollars l’once, tandis que l’or a reculé d’environ 1,5 % pour retomber sous les 4 100 dollars, autour de 4 090 dollars. Ce mouvement n’est pas anodin : il intervient après la publication d’une inflation américaine plus forte que prévu, qui a relancé les anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale et propulsé le billet vert. Pour les épargnants, le message est clair : la période de facilité sur les métaux précieux semble terminée, du moins à court terme. Face à cette pression, l’achat de pièces d’or comme le 20 francs Napoléon tête nue permet de s’exposer à l’or physique plutôt qu’à la seule volatilité des marchés financiers.

Le repli de l’argent est particulièrement spectaculaire. Après avoir chuté de 4,6 % vers 56 dollars l’once, le métal blanc pourrait encore descendre vers 55,50 dollars, un niveau identifié comme un support technique important. L’argent est connu pour avancer par à-coups, aussi bien à la hausse qu’à la baisse : il peut ainsi perdre 10 % en 48 heures lorsque les positions à effet de levier deviennent insoutenables. Ces mouvements brutaux s’expliquent par la liquidation des « mains faibles », c’est-à-dire des investisseurs contraints de vendre parce qu’ils ont pris trop de risque. Dans ce contexte instable, les pièces d’or offrent un accès concret et tangible à la protection patrimoniale, sans dépendre d’un levier financier.

L’or résiste mieux que l’argent, mais il n’est pas épargné. Le métal jaune a perdu environ 1,5 % et s’établit autour de 4 090 dollars l’once, juste sous la barre psychologique des 4 100 dollars. Depuis près de trois semaines, l’or évolue dans un couloir compris entre 4 100 et 4 002 dollars. Or, le marché est désormais susceptible d’en sortir par le bas. Si cette rupture se confirme, l’or pourrait revenir rapidement sous les 4 000 dollars. Cette perspective doit inciter les investisseurs à distinguer une correction de court terme d’une remise en cause de la tendance de fond. Pour ceux qui souhaitent sécuriser une partie de leur épargne, l’achat de lingots d’or reste une solution directe pour détenir du métal physique, en dehors des mécanismes spéculatifs qui amplifient les chutes.

Le déclencheur de cette secousse vient des États-Unis. L’inflation globale est remontée à 3,7 % en glissement annuel en septembre, contre 3,4 % le mois précédent, tandis que l’inflation dite sous-jacente, hors énergie et alimentation, a atteint 2,6 % après 2,4 % en août. Les prix ont progressé de 0,6 % sur le mois, une accélération largement alimentée par l’énergie et l’essence. Cette publication, attendue à 14 h 30, a transformé une simple brise de marché en véritable rafale : les taux américains ont brusquement remonté, le dollar a grimpé et les métaux précieux ont été vendus. Dans un environnement où l’inflation repart, les pièces d’or demeurent un refuge historique lorsque les monnaies fiduciaires perdent en pouvoir d’achat.

La hausse des taux est le nerf de la guerre. Après les chiffres du CPI, les rendements du 30 ans américain ont progressé d’environ 6 points de base, ceux du 2 ans jusqu’à 12 points, et le 10 ans d’environ 7 à 8 points. Conséquence immédiate : les anticipations de hausse des taux lors de la réunion de la Fed du 28 octobre remontent, avec une probabilité qui pourrait se rapprocher de 50 %, tandis que décembre repasse la barre des 90 %. Une Fed plus restrictive renchérit le coût du crédit, soutient le dollar et rend l’or moins attractif, car le métal jaune ne rapporte aucun intérêt. Pour autant, l’inflation qui repart est précisément la raison pour laquelle beaucoup d’épargnants cherchent à acheter de l’or physique afin de préserver leur capital sur le long terme.

Le dollar est désormais au cœur de la bataille. La devise américaine s’échange autour de 111,25 face à l’euro, un niveau qui exerce une pression directe sur l’or et l’argent, libellés en dollars. Si l’euro clôture sous 111,20, l’objectif technique pourrait être abaissé vers 110,50. Dans ce scénario, l’argent pourrait reculer vers 55,50 dollars, comme anticipé. Une monnaie américaine plus forte rend l’or plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, ce qui réduit mécaniquement la demande et pèse sur les cours. C’est pourquoi la question n’est plus de savoir si le dollar influence les métaux précieux, mais jusqu’où cette influence pourra aller. Les investisseurs qui veulent agir avant une nouvelle accélération de la volatilité peuvent explorer les pièces d’or disponibles pour constituer une réserve de valeur physique.

Une inflation qui repart et change la donne

Les chiffres publiés ce mercredi 14 octobre ont déçu tous ceux qui espéraient une désinflation rapide. L’indice des prix à la consommation américain a progressé de 0,6 % en septembre, portant l’inflation annuelle à 3,7 %, au-dessus des 3,6 % attendus par les économistes. Plus inquiétant encore, l’inflation sous-jacente a accéléré à 2,6 % sur un an, contre 2,4 % en août, alors que le consensus tablait sur 2,5 %. Cette composante est surveillée de très près par la Réserve fédérale, car elle révèle la persistance des pressions sur les prix au-delà des simples fluctuations de l’énergie. [1][4]

L’énergie est le principal coupable de cette remontée. L’indice énergétique a bondi de 5,2 % sur le mois, tandis que l’essence a grimpé de 9,1 %, montrant que le choc pétrolier se transmet directement à l’inflation mesurée. Le pétrole WTI a d’ailleurs progressé de 0,6 % vers 95,30 dollars, sans bénéficier de la moindre détente malgré les dernières annonces diplomatiques autour d’un éventuel accord entre Donald Trump et Vladimir Poutine. La guerre en Ukraine continue d’alimenter l’incertitude sur les approvisionnements, notamment après des frappes visant une raffinerie russe dans la région de Rostov. [19][15]

Pourquoi le dollar écrase l’or et l’argent

Le mécanisme est simple, mais redoutablement efficace. Lorsque l’inflation américaine surprend à la hausse, les investisseurs anticipent que la Fed devra maintenir une politique monétaire restrictive, voire relever ses taux. Les rendements obligataires augmentent alors, le dollar s’apprécie, et les actifs qui ne versent aucun rendement, comme l’or, perdent de leur attrait relatif. Ce 14 octobre, l’or au comptant a chuté de 1,7 % à 4 086,06 dollars l’once, son plus bas niveau depuis le 7 octobre, tandis que l’argent au comptant reculait de 4,1 % à 56,99 dollars. [3]

Le dollar index a grimpé de 0,4 % après la publication, atteignant son plus haut niveau depuis avril 2025 autour de 102,72. Cette appréciation rend le métal jaune plus coûteux pour les acheteurs en euros, en yens ou en autres devises, ce qui pèse directement sur la demande mondiale. Dans le même temps, le rendement du Treasury à 10 ans a progressé, renforçant l’alternative représentée par les obligations américaines face à l’or. [3][9]

Les marchés actions ajoutent à la pression

La chute des métaux précieux ne s’explique pas uniquement par le dollar et les taux. Elle s’inscrit aussi dans un contexte de tension sur les marchés actions. Le Nasdaq 100 perdait un peu plus de 1 % autour de 30 250 points, avec un support technique identifié vers 29 850 points. Le S&P 500, à 7 750 points, ne disposait plus que d’environ 2 % de marge avant de glisser sous les 7 600 points. Ce n’est pas encore une alerte rouge, mais le vent tourne nettement.

Le risque majeur vient des appels de marge. Lorsque les positions à effet de levier sur les valeurs technologiques commencent à être liquidées, les investisseurs doivent rapidement trouver de la liquidité. Ils vendent alors ce qui peut être cédé immédiatement, y compris l’or et l’argent, même si ces actifs restent fondamentalement des refuges. C’est exactement le scénario décrit par l’analyste : les liquidations sur les technos entraînent des ventes forcées sur les métaux précieux, car ce sont des actifs liquides, facilement réalisables.

Les indices chinois jouent également le rôle de signal d’alerte. Le CSI 300 affiche une performance annuelle de -9 %, tandis que le Shanghai Composite recule de 5 %. Cette faiblesse s’explique par des prises de bénéfices massives sur les semi-conducteurs, un secteur qui sert souvent de précurseur aux mouvements du Nasdaq. Les marchés chinois pourraient donc être les « canaries dans la mine », annonçant une pression accrue sur les places financières occidentales.

L’Europe n’est pas à l’abri de la contagion

La remontée des taux américains ne s’arrête pas aux frontières des États-Unis. En Europe, la contagion est immédiate. Les OAT françaises à 10 ans se situent autour de 4,91 %, avec un spread de 141 points de base par rapport au Bund allemand, lequel évolue autour de 3,50 %. Ce niveau de spread place la France dans une zone de tension budgétaire préoccupante, même si l’Italie, avec un spread supérieur à 100 points et une dette plus importante, connaît la deuxième pire performance en matière de coût de refinancement en Europe.

Cette situation crée un dilemme pour la Banque centrale européenne. D’un côté, la remontée des taux américains tire les rendements européens vers le haut. De l’autre, des spreads de dette souveraine supérieurs à 100 points pour la France et l’Italie posent la question de la fragmentation financière de la zone euro. La BCE devra tôt ou tard s’en préoccuper, car un coût de refinancement qui explose fragilise directement les États les plus endettés.

Jusqu’où l’or et l’argent peuvent-ils tomber ?

Pour l’or, la zone de 4 002 dollars constitue le support clé de ces dernières semaines. Une cassure nette sous ce niveau ouvrirait la voie à un retour rapide sous les 4 000 dollars, voire vers des zones de support inférieures. Le métal jaune a déjà perdu 1,6 % pour s’établir autour de 4 088 dollars l’once selon Reuters, confirmant la troisième séance consécutive de baisse. [10][3]

Pour l’argent, le scénario est encore plus volatil. Après une chute de 4,6 % vers 56 dollars, le prochain support technique se situe vers 55,50 dollars, soit environ 1,5 % de potentiel de baisse supplémentaire. L’argent est réputé pour ses mouvements brutaux : il peut perdre 10 % en 48 heures lorsque les positions à levier sont liquidées en cascade. Cette caractéristique en fait un actif bien plus risqué que l’or pour un investisseur non averti.

Certains analystes restent toutefois convaincus que la pression actuelle est temporaire. Fawad Razaqzada, analyste chez Forex.com, estime que le dollar pourrait bientôt atteindre un sommet, ouvrant la voie à un rebond de l’or vers 4 500, voire 4 700 dollars dans les mois à venir. Cette vision contraste avec la pression immédiate du marché, mais elle rappelle une vérité essentielle : les corrections brutales de l’or ont historiquement souvent précédé de nouveaux sommets lorsque les fondamentaux de l’inflation et de la dette restent dégradés. [6]

Ce que cela signifie pour votre épargne

La leçon de cette journée est limpide : l’or et l’argent ne sont pas à l’abri d’une correction violente lorsque le dollar flambée et que les taux remontent. Mais cette volatilité ne doit pas masquer le rôle de fond de ces métaux. Dans un monde où l’inflation repart à 3,7 % aux États-Unis, où les spreads de dette souveraine européenne se creusent, et où les marchés actions montrent des signes de fragilité, la détention d’or physique conserve tout son sens pour diversifier un patrimoine.

La différence entre spéculer et protéger est essentielle. Speculer sur l’argent à effet de levier expose à des liquidations brutales, comme le montre la chute de 4,6 % en une seule séance. Détenir de l’or physique, sous forme de pièces ou de lingots, permet au contraire de s’affranchir des appels de marge et des ventes forcées. C’est précisément cette distinction qui sépare un investisseur patient d’un trader pris au piège de la volatilité.

Alors que le dollar continue de grimper et que la Fed pourrait durcir sa politique dès le 28 octobre, la fenêtre pour acquérir de l’or à des niveaux techniques intéressants pourrait se refermer rapidement. Ceux qui attendent un signal parfait risquent de voir le métal jaune repartir à la hausse une fois la tempête passée, comme cela s’est déjà produit à maintes reprises dans l’histoire des métaux précieux.

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