La guerre au Moyen-Orient pourrait provoquer un bouleversement économique majeur, avec des conséquences directes sur les prix de l’énergie, le coût de la vie et la valeur des matières premières. C’est l’avertissement lancé par le colonel américain à la retraite Douglas Macgregor lors d’un entretien accordé à Kitco News et publié le 13 octobre 2026. Selon lui, l’escalade militaire autour de l’Iran, les difficultés d’approvisionnement en pétrole et les dépendances industrielles occidentales préparent un choc dont les conséquences pourraient se prolonger bien après la fin des combats. Son scénario le plus spectaculaire repose sur deux prévisions : un baril de pétrole compris entre 150 et 200 dollars en 2027 et un cours de l’or à 10 000 dollars l’once d’ici 2029. Pour les investisseurs qui cherchent à protéger leur patrimoine, cette perspective remet au premier plan la question des actifs tangibles, notamment l’achat de pièces d’or Napoléon de 20 francs, un marché à examiner dans le cadre d’une stratégie patrimoniale réfléchie.
Une guerre au Moyen-Orient qui menace de déclencher une nouvelle flambée des prix
Dans son entretien avec Jeremy Szafron, Douglas Macgregor développe une thèse centrale : les conséquences économiques de la guerre ne se manifestent pas toutes immédiatement. Les marchés peuvent continuer à fonctionner pendant un certain temps malgré les perturbations, les entreprises peuvent puiser dans leurs stocks et les États peuvent mobiliser leurs réserves stratégiques. Mais lorsque les difficultés d’approvisionnement se prolongent, les tensions finissent par se transmettre aux prix du carburant, aux coûts du transport, à la production industrielle et aux dépenses quotidiennes des ménages. Macgregor estime que ce décalage entre le début d’une crise et ses conséquences économiques les plus lourdes conduit les responsables politiques à sous-estimer les risques. Il redoute notamment une nouvelle escalade militaire contre l’Iran, susceptible de provoquer des représailles contre les infrastructures pétrolières et les installations de dessalement du Golfe. Dans ce scénario, les conséquences dépasseraient largement le secteur énergétique : l’approvisionnement en eau, les chaînes logistiques et l’activité économique régionale seraient également menacés. Dans un contexte de forte incertitude, certains épargnants s’intéressent à l’achat de pièces d’or physiques pour diversifier leur patrimoine, sans perdre de vue que leur valeur peut fluctuer et que leur détention comporte des coûts.
Le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique pour l’économie mondiale
Au cœur des inquiétudes de Macgregor se trouve le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Une part considérable des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié emprunte cette voie. Toute perturbation durable peut contraindre les armateurs à modifier leurs itinéraires, renchérir les assurances maritimes et réduire les volumes effectivement livrés aux marchés. Le colonel considère que la puissance navale américaine ne peut pas garantir à elle seule une circulation maritime parfaitement sûre dans un environnement où les missiles, les drones et les mines peuvent menacer les navires. Il juge les doctrines militaires traditionnelles inadaptées à cette nouvelle configuration et estime que les moyens de défense peuvent être saturés lorsque les attaques sont suffisamment nombreuses. Ces propos constituent son analyse stratégique, mais ils soulignent un risque économique réel : une interruption prolongée des transports maritimes pourrait entraîner une hausse des cours de l’énergie et des coûts d’approvisionnement. Les données de marché rapportées par Reuters le 14 octobre 2026 montrent déjà la sensibilité des prix aux nouvelles tensions régionales. Pour les investisseurs qui souhaitent étudier les différentes formes d’or physique, les lingots d’or d’investissement représentent une autre possibilité, à comparer aux pièces en fonction du budget, des primes et des conditions de revente.
Pourquoi le pétrole pourrait atteindre 150 à 200 dollars le baril en 2027
Interrogé sur l’évolution des cours du pétrole, Douglas Macgregor prévoit une nouvelle hausse et estime que le baril pourrait atteindre 150 à 200 dollars en 2027. Il ne présente pas ce niveau comme un prix déjà acquis, mais comme une conséquence possible de perturbations prolongées des approvisionnements, de destructions d’infrastructures et de difficultés de raffinage. Le mécanisme économique qu’il décrit est simple : lorsque la production, le transport ou la transformation des hydrocarbures sont perturbés, l’offre de produits disponibles peut diminuer alors que la demande reste importante. Les prix peuvent alors augmenter rapidement, particulièrement si les stocks commerciaux et stratégiques ne suffisent plus à compenser les pertes. Une hausse durable du pétrole se répercute également sur les coûts du transport routier, du fret maritime, de l’aviation, de l’agriculture et de nombreuses activités industrielles. Les entreprises peuvent répercuter ces dépenses sur leurs clients, ce qui réduit le pouvoir d’achat des ménages. Le niveau de 200 dollars annoncé par Macgregor reste néanmoins une prévision personnelle, et non une certitude. Les cours dépendront notamment de l’évolution du conflit, de la production des pays exportateurs, de la demande mondiale et de la capacité des États à rétablir les flux commerciaux. Face à ces risques, la diversification patrimoniale peut inclure une réflexion sur les pièces d’or Napoléon de 20 francs, dont le prix dépend toutefois du cours de l’or, de la prime numismatique ou commerciale et de la demande du marché.
Le diesel, le maillon faible qui peut faire grimper les prix alimentaires
L’un des aspects les plus importants de l’entretien concerne le diesel. Ce carburant joue un rôle essentiel dans le transport des marchandises, le fonctionnement des engins agricoles, la logistique des entrepôts et de nombreuses activités industrielles. Une pénurie de diesel ne se limite donc pas à une hausse du prix à la pompe : elle peut également augmenter le coût de l’acheminement des aliments, des matériaux de construction et des produits manufacturés. Macgregor insiste sur la difficulté à remplacer rapidement les capacités de raffinage perdues ou endommagées. La production de pétrole brut ne garantit pas, à elle seule, une disponibilité suffisante de diesel : le brut doit être transformé dans des installations adaptées, capables de produire les différents carburants demandés par le marché. Le 14 octobre 2026, Reuters rapportait que l’Agence internationale de l’énergie anticipait des tensions sur le diesel susceptibles de se prolonger jusqu’en 2027. L’agence évoquait des pertes d’approvisionnement importantes au Moyen-Orient et en Russie ainsi qu’une pression exceptionnelle sur les marges de raffinage. Ces éléments donnent du poids au problème industriel décrit par Macgregor, même s’ils ne valident pas automatiquement l’ensemble de ses prévisions. Dans un environnement marqué par l’inflation et l’incertitude, certains épargnants envisagent également l’acquisition de pièces d’or d’investissement pour diversifier leurs actifs, sans considérer l’or comme une protection garantie contre toutes les formes de hausse des prix.
Le véritable problème des matières premières : extraire ne suffit plus
Pour Douglas Macgregor, la crise ne concerne pas uniquement le pétrole. Elle révèle aussi les fragilités des chaînes d’approvisionnement en cuivre, lithium, nickel, uranium, tungstène et terres rares. Ces ressources sont indispensables à de nombreuses technologies modernes, notamment les réseaux électriques, les batteries, les équipements militaires, les véhicules électrifiés et les infrastructures informatiques. L’expansion des centres de données consacrés à l’intelligence artificielle accroît également les besoins en équipements électriques et en matériaux conducteurs. Macgregor estime que les pays occidentaux ont trop longtemps dépendu de chaînes industrielles concentrées à l’étranger et qu’ils cherchent désormais à sécuriser leurs approvisionnements. Il identifie surtout un problème souvent négligé : les capacités de transformation. Posséder des gisements ne suffit pas si les installations nécessaires pour séparer, purifier et transformer les minerais font défaut. Le développement de nouvelles mines et de nouvelles raffineries exige des capitaux, des infrastructures, des compétences et des délais importants. Cette situation peut limiter l’offre de matières premières transformées, même lorsque les ressources géologiques existent. Dans son raisonnement, cette contrainte structurelle pourrait soutenir les cours des matières premières pendant plusieurs années. Il convient cependant de distinguer une tendance possible à la hausse des prix d’un supercycle généralisé et inévitable : les cours dépendent aussi de la demande, des innovations technologiques, du recyclage et de la mise en service de nouvelles capacités de production.
Le cuivre et les terres rares, des ressources stratégiques pour les prochaines années
Macgregor considère que le cuivre occupe une place essentielle dans cette transformation industrielle. Ce métal est utilisé dans les câbles, les moteurs, les transformateurs, les réseaux électriques et les systèmes de refroidissement des installations informatiques. L’électrification des transports et l’expansion des centres de données augmentent les besoins en équipements électriques, ce qui peut soutenir la demande en cuivre. Les terres rares jouent, de leur côté, un rôle important dans la fabrication de certains aimants permanents, de composants électroniques et de systèmes de défense. Leur disponibilité dépend autant des capacités d’extraction que de la maîtrise des procédés de séparation et de raffinage. Le colonel estime que la Chine bénéficie d’une position stratégique grâce à son poids dans plusieurs étapes de ces chaînes industrielles. Selon lui, les pays occidentaux ont commis une erreur en ne développant pas suffisamment leurs propres capacités de transformation. Il plaide pour une politique industrielle capable de réduire les dépendances et de garantir l’accès aux matériaux nécessaires à la production. Cette réflexion dépasse le seul cadre des métaux : elle concerne la capacité d’une économie à maintenir son activité lorsque ses fournisseurs deviennent moins accessibles ou que les échanges internationaux sont perturbés. Le développement de nouvelles mines, la construction de raffineries et la diversification des fournisseurs pourraient donc constituer des enjeux économiques majeurs. Pour autant, une ressource stratégique n’est pas automatiquement un placement rentable : le prix d’un métal dépend aussi des coûts de production, de la concurrence, des investissements et des perspectives de consommation.
La Chine pourrait sortir renforcée de la crise du Golfe
Dans son analyse géopolitique, Douglas Macgregor considère que la Chine pourrait être l’un des principaux bénéficiaires de la guerre au Moyen-Orient. Il avance plusieurs raisons : les besoins de reconstruction des infrastructures, les liens commerciaux de Pékin avec les pays de la région, sa capacité de financement et son rôle dans les chaînes industrielles. Selon lui, la stabilité est essentielle aux intérêts économiques chinois, car les entreprises ont besoin de voies commerciales fonctionnelles, de ressources énergétiques accessibles et de débouchés prévisibles. Il estime également que les tensions entre Washington et Pékin réduisent les possibilités de coopération diplomatique pour mettre fin au conflit. Cette lecture s’inscrit dans sa critique plus générale de la politique étrangère américaine, qu’il juge trop dépendante de la pression militaire et des sanctions économiques. Macgregor considère que les tentatives visant à contraindre de grandes puissances comme la Chine, la Russie ou l’Iran peuvent produire des effets contraires à ceux recherchés, en incitant ces pays à renforcer leurs partenariats et à développer des circuits commerciaux alternatifs. Il prévoit ainsi un rééquilibrage de l’ordre économique mondial au profit de puissances capables de financer des projets, de sécuriser des approvisionnements et de maintenir leurs capacités industrielles. Cette évolution reste toutefois dépendante de nombreux facteurs, notamment de l’issue des négociations, des décisions des gouvernements et de la situation économique internationale.
La dette américaine limite-t-elle la capacité de Washington à prolonger la guerre ?
Macgregor estime que les contraintes budgétaires américaines rendent une guerre prolongée particulièrement difficile à soutenir. Il souligne le poids de la dette publique, les déficits budgétaires et le coût croissant des dépenses militaires. Son argument est que les opérations militaires mobilisent des ressources financières considérables, alors même que les infrastructures, l’industrie et les approvisionnements stratégiques exigent des investissements supplémentaires. Les dépenses de défense ne se limitent pas au prix des armes : elles comprennent également la maintenance, la logistique, le transport, le ravitaillement et le remplacement des équipements consommés ou détruits. Une opération menée à grande distance impose des contraintes supplémentaires lorsque les bases régionales sont moins accessibles et que les chaînes d’approvisionnement sont menacées. Macgregor considère donc que les États-Unis pourraient être contraints de réduire leur engagement au Moyen-Orient si les coûts économiques et militaires continuaient à augmenter. Il relie cette possibilité à une transformation plus large de l’ordre international, dans lequel Washington ne pourrait plus imposer seul ses choix aux autres puissances. Cette interprétation est celle de l’ancien officier et doit être distinguée d’une prévision budgétaire certaine : la capacité américaine à financer ses engagements dépend également des recettes publiques, des choix politiques, des conditions de financement et de l’évolution des opérations militaires.
Or à 10 000 dollars d’ici 2029 : la prévision la plus spectaculaire de Macgregor
La prévision la plus frappante de l’entretien concerne le cours de l’or. Douglas Macgregor estime que le métal jaune pourrait atteindre 10 000 dollars l’once d’ici 2029. Il relie cette perspective à l’endettement public, à l’érosion du pouvoir d’achat, aux tensions géopolitiques et à la hausse possible des matières premières. Son raisonnement repose sur l’idée que les périodes de défiance envers les monnaies et les politiques économiques peuvent renforcer l’intérêt pour un actif physique qui ne dépend pas directement de la solvabilité d’un émetteur. L’or est détenu par des investisseurs privés, des institutions et des banques centrales, notamment dans le cadre de stratégies de diversification des réserves. Les données publiées par le World Gold Council le 30 juillet 2026 montrent que la demande mondiale d’or, investissements de gré à gré compris, a atteint 2 522 tonnes au premier semestre 2026, soit une progression de 2 % sur un an. La valeur de cette demande a atteint 380 milliards de dollars. Ces chiffres témoignent de l’importance économique du marché de l’or, mais ils ne démontrent pas que le cours atteindra 10 000 dollars. Une telle évolution dépendrait notamment des taux d’intérêt réels, du dollar, des achats des banques centrales, des flux d’investissement et de la conjoncture internationale. Il faut également rappeler qu’une hausse passée ou anticipée ne garantit pas les performances futures. L’or peut subir des corrections importantes, y compris pendant des périodes de tensions géopolitiques.
Pourquoi l’or attire les investisseurs en période d’incertitude
L’intérêt pour l’or s’explique par plusieurs caractéristiques. Contrairement à une obligation, il ne repose pas sur la promesse de remboursement d’un émetteur. Contrairement à une action, il ne représente pas une participation dans les bénéfices d’une entreprise. Il ne verse cependant ni intérêt ni dividende, et sa rentabilité dépend essentiellement de l’évolution de son prix et des conditions de revente. L’or physique peut également entraîner des frais de fabrication, des primes à l’achat, des coûts de stockage et des écarts entre les prix d’achat et de rachat. Les pièces et les lingots ne présentent pas toujours les mêmes caractéristiques commerciales : certaines pièces bénéficient d’une forte liquidité sur leur marché, tandis que les lingots permettent d’acquérir une quantité déterminée de métal sous une forme standardisée. Le choix dépend donc du budget, de l’horizon de détention, des frais et de la facilité de revente. Pour une personne qui souhaite étudier les possibilités de détention directe, les pièces d’or physiques proposées sur le marché constituent une catégorie à comparer avec les lingots et les autres formes d’investissement. L’essentiel consiste à examiner les conditions de transaction, la traçabilité du produit, les frais applicables et les modalités de rachat, plutôt que de se fonder uniquement sur une prévision spectaculaire du cours de l’or.
Le scénario d’une pénurie durable d’eau et d’énergie dans le Golfe
L’un des avertissements les plus graves de Macgregor porte sur les conséquences d’une nouvelle attaque américaine contre l’Iran. Il estime qu’une escalade militaire pourrait entraîner des représailles contre les installations pétrolières et les usines de dessalement des pays du Golfe. Ces installations sont essentielles à l’approvisionnement en eau de plusieurs États de la région, dont les ressources naturelles en eau douce sont limitées. Leur mise hors service pourrait perturber les réseaux d’alimentation, l’activité industrielle et le fonctionnement des grandes villes. Les conséquences dépendraient de l’étendue des dégâts, de la durée des interruptions, des capacités de stockage et de la rapidité des réparations. Macgregor évoque la possibilité de pénuries qui se prolongeraient pendant des années. Cette durée relève de son scénario et ne constitue pas une prévision confirmée. Elle met néanmoins en évidence un risque stratégique : les infrastructures énergétiques et hydrauliques sont interdépendantes. Les installations de dessalement ont besoin d’énergie pour fonctionner, tandis que les industries énergétiques nécessitent de l’eau et des infrastructures opérationnelles. Une attaque contre plusieurs maillons de ce système pourrait donc amplifier les conséquences économiques d’un conflit. Pour les marchés internationaux, le risque ne se limiterait pas au pétrole : il concernerait également les coûts de reconstruction, les échanges commerciaux et la stabilité économique des pays producteurs.
L’inflation et la baisse du niveau de vie : le risque le plus concret pour les ménages
Au-delà des marchés financiers, Douglas Macgregor redoute une baisse durable du niveau de vie aux États-Unis. Il relie cette perspective à la dette publique, aux dépenses militaires, à l’évolution des prix et à la perte de pouvoir d’achat qu’il observe sur le long terme. Une hausse de l’énergie peut en effet affecter une grande partie de l’économie : les entreprises paient davantage pour transporter leurs marchandises, les agriculteurs supportent des coûts supplémentaires pour le carburant et les intrants, et les ménages consacrent une part plus importante de leur budget aux dépenses essentielles. Lorsque les revenus ne progressent pas au même rythme que les prix, le pouvoir d’achat diminue. Les ménages les plus modestes sont généralement les plus exposés, car une proportion élevée de leurs revenus sert à financer le logement, l’alimentation, le transport et l’énergie. Les conséquences peuvent se prolonger même après une baisse des cours du pétrole, notamment lorsque les entreprises ont déjà augmenté leurs tarifs ou que les chaînes d’approvisionnement restent perturbées. Macgregor craint également que les difficultés budgétaires et financières finissent par peser sur les retraites et l’épargne. Il s’agit d’un avertissement particulièrement alarmant, mais il ne permet pas d’affirmer que les fonds de pension disparaîtront ou que les retraités seront privés de ressources. L’évolution réelle dépendra des politiques publiques, de la situation des marchés et de la capacité des économies à absorber les chocs.
Le supercycle des matières premières a-t-il réellement commencé ?
Douglas Macgregor considère que l’économie mondiale entre dans un nouveau supercycle des matières premières, caractérisé par une période prolongée de tensions sur l’offre et de prix élevés. Il fonde cette analyse sur plusieurs évolutions : les besoins énergétiques, les investissements dans les infrastructures, la course aux technologies avancées et la volonté des États de sécuriser leurs ressources stratégiques. La fragmentation des échanges internationaux pourrait également inciter les gouvernements à privilégier des fournisseurs considérés comme fiables, même lorsque leurs produits sont plus coûteux. Cette réorganisation des chaînes d’approvisionnement peut entraîner de nouveaux investissements dans les mines, les raffineries, les réseaux électriques et les infrastructures de transport. Toutefois, un supercycle ne se résume pas à une hausse ponctuelle provoquée par une guerre. Il suppose des facteurs structurels suffisamment puissants pour soutenir les prix sur plusieurs années. Les cours peuvent aussi reculer si la demande ralentit, si la production augmente ou si des technologies réduisent les besoins en certaines ressources. Les investisseurs doivent donc éviter de confondre une tension temporaire avec une pénurie durable. Le pétrole, le cuivre, le lithium, les terres rares et l’or répondent à des dynamiques différentes : leurs marchés, leurs coûts de production et leurs facteurs de demande ne sont pas interchangeables. L’analyse de Macgregor présente un scénario de forte tension sur les ressources, mais sa réalisation dépendra de l’évolution des conflits, des décisions industrielles et de la conjoncture mondiale.
Quelles conséquences pour les épargnants et les investisseurs ?
Le message central de Douglas Macgregor est que les risques géopolitiques peuvent avoir des conséquences économiques très concrètes, même pour les personnes qui ne suivent pas quotidiennement les marchés financiers. Une perturbation des flux pétroliers peut se traduire par une hausse du carburant ; une pénurie de diesel peut augmenter les coûts logistiques ; une restriction de l’offre de matières premières peut ralentir certaines industries et renchérir les équipements. Ces évolutions peuvent également influencer l’inflation, les taux d’intérêt et la valorisation des actifs financiers. Pour les épargnants, la première réponse consiste à comprendre leur exposition à ces risques et à éviter de concentrer l’ensemble de leur patrimoine sur un seul actif ou une seule hypothèse économique. L’or peut occuper une place dans une stratégie de diversification, mais il ne garantit ni la préservation du capital ni un rendement positif à court terme. Une acquisition physique doit être évaluée en fonction du prix payé, des primes, des frais de conservation, de la liquidité et des conditions de revente. Les besoins de trésorerie, l’horizon de placement et la tolérance au risque doivent également être pris en compte. Les prévisions de Macgregor concernant le pétrole à 200 dollars et l’or à 10 000 dollars sont des scénarios à surveiller, pas des certitudes sur lesquelles fonder automatiquement une décision d’investissement.
Conclusion : une alerte économique majeure, mais des prévisions qui restent à confirmer
L’entretien de Douglas Macgregor met en lumière plusieurs risques qui méritent une attention particulière : l’instabilité au Moyen-Orient, la vulnérabilité des routes maritimes, les contraintes de raffinage, la dépendance aux matières premières stratégiques et les conséquences possibles d’une hausse prolongée des coûts énergétiques. Les tensions sur le diesel signalées par l’Agence internationale de l’énergie et la réaction des marchés pétroliers aux événements régionaux montrent que ces questions ne relèvent pas uniquement de la théorie. En revanche, l’effondrement annoncé de l’Arabie saoudite, la perspective d’années de pénuries généralisées et les objectifs de prix avancés pour le pétrole et l’or doivent rester attribués à Macgregor : ils ne constituent pas des événements certains. La perspective d’un pétrole à 150 ou 200 dollars en 2027 et d’un or à 10 000 dollars en 2029 dépend de facteurs économiques, politiques et militaires qui peuvent évoluer rapidement. Pour les particuliers, la leçon la plus utile n’est donc pas de céder à la panique, mais de mesurer les risques, de suivre les indicateurs économiques et de construire une stratégie financière adaptée à leur situation. Dans un monde où les tensions géopolitiques peuvent modifier rapidement les conditions d’approvisionnement et les anticipations des marchés, la prudence, la diversification et la vérification des informations restent des principes essentiels.