Les États-Unis sont-ils en train de préparer une crise financière dont les conséquences pourraient bouleverser les marchés mondiaux ? C’est précisément le scénario particulièrement inquiétant défendu par Peter Schiff. Dans une intervention accordée à Mining Network après les élections américaines de mi-mandat de novembre 2026, l’économiste américain livre une analyse sans concession de la situation financière des États-Unis. Selon lui, les résultats électoraux constituent un tournant politique majeur, susceptible d’accélérer une dégradation déjà préoccupante des finances publiques. Déficits budgétaires considérables, dette fédérale incontrôlable, intérêts qui explosent, inflation persistante et perte de confiance dans le dollar : tous les ingrédients seraient désormais réunis pour favoriser une nouvelle phase haussière des métaux précieux. Pour Peter Schiff, les investisseurs qui continuent de sous-estimer ces déséquilibres pourraient commettre une erreur stratégique majeure. Dans ce contexte, l’achat de pièces d’or Napoléon 20 francs constitue une possibilité concrète pour détenir de l’or physique et diversifier son patrimoine.
Pour comprendre la portée de son avertissement, Peter Schiff commence par analyser les conséquences politiques des élections américaines. Les démocrates ont remporté le contrôle des deux chambres du Congrès, infligeant une défaite importante au camp républicain de Donald Trump. Pour l’économiste, il ne s’agit absolument pas d’un simple vote de protestation destiné à exprimer un mécontentement temporaire. Il estime que ce résultat traduit un véritable changement de sentiment politique au sein de la population américaine. Selon lui, les électeurs qui avaient placé leurs espoirs dans les promesses de Donald Trump commencent à sanctionner les résultats de son administration. Les engagements concernant la réduction de la dette, la diminution des dépenses publiques, la lutte contre le gaspillage administratif et l’amélioration du niveau de vie n’auraient pas produit les résultats annoncés. Schiff considère que cette évolution pourrait profondément modifier les perspectives économiques des prochaines années. Il estime notamment que les métaux précieux pourraient bénéficier de cette nouvelle configuration politique, puisque les investisseurs risquent de rechercher davantage de protection face aux déséquilibres budgétaires américains. Dans cette perspective, les pièces d’or d’investissement représentent un moyen de détenir directement un actif physique reconnu sur le marché des métaux précieux.
L’un des points les plus importants de son intervention concerne les conséquences économiques du changement de majorité parlementaire. Peter Schiff rejette catégoriquement l’idée selon laquelle les résultats électoraux conduiraient automatiquement à une paralysie politique bénéfique pour les finances américaines. Il anticipe au contraire une succession de compromis entre Donald Trump et les responsables démocrates. Son scénario repose sur une combinaison particulièrement défavorable : les républicains chercheraient à préserver les avantages fiscaux auxquels ils sont attachés, tandis que les démocrates obtiendraient de nouvelles dépenses pour financer leurs priorités politiques et sociales. Autrement dit, les recettes publiques pourraient être réduites ou insuffisantes alors que les dépenses fédérales continueraient de progresser. Schiff évoque notamment les dispositifs de santé, les programmes sociaux et différentes mesures de redistribution. Pour lui, les deux camps pourraient finalement obtenir une partie de leurs revendications respectives, mais en faisant supporter la facture aux finances publiques. Le résultat serait une aggravation des déficits, un recours accru à l’emprunt et une pression supplémentaire sur la monnaie américaine. Face à cette perspective, les lingots d’or physiques constituent une autre forme de détention du métal précieux à considérer dans une stratégie de diversification patrimoniale.
Cette perspective est d’autant plus préoccupante que les États-Unis affichent déjà un niveau d’endettement considérable. Peter Schiff insiste sur la différence entre le déficit budgétaire officiellement annoncé et l’augmentation réelle de la dette fédérale. Selon lui, les investisseurs ne doivent pas se contenter des chiffres communiqués par l’administration américaine : ils doivent observer combien le gouvernement emprunte réellement et comment évolue son endettement total. Il explique que l’augmentation de la dette peut dépasser le montant du déficit officiellement présenté, en raison des différentes opérations financières et des besoins de financement du gouvernement. Cette distinction est essentielle pour comprendre son raisonnement. Le déficit budgétaire représente la différence entre les recettes et les dépenses de l’État sur une période donnée, tandis que la dette correspond à l’accumulation des emprunts passés qui n’ont pas encore été remboursés. Lorsque les déficits se répètent année après année, la dette augmente et les intérêts à payer deviennent progressivement plus importants. Pour Schiff, cette mécanique constitue une menace majeure pour la stabilité financière américaine. Les pièces Napoléon 20 francs permettent notamment d’accéder à l’or physique sous un format historique et largement connu des investisseurs français.
Mais le véritable danger, selon Peter Schiff, se trouve dans le coût du refinancement de la dette américaine. Une partie considérable des obligations émises par le Trésor américain arrive régulièrement à échéance. Lorsque ces titres doivent être remboursés, le gouvernement doit trouver les ressources nécessaires ou émettre de nouveaux emprunts pour remplacer les anciens. Le problème apparaît lorsque les nouvelles obligations doivent être proposées à des taux d’intérêt supérieurs à ceux des titres arrivant à échéance. Une dette initialement contractée à un taux relativement faible peut alors être remplacée par un financement beaucoup plus coûteux. Schiff souligne que cette situation risque de provoquer une augmentation mécanique des dépenses publiques consacrées aux intérêts. Et cette hausse intervient alors même que les déficits restent déjà considérables. L’État doit donc emprunter davantage pour financer ses dépenses, mais également pour supporter le coût croissant de ses emprunts précédents. C’est précisément cette accumulation qui nourrit sa crainte d’une spirale d’endettement. Dans un tel environnement, l’acquisition de pièces d’or physiques peut s’inscrire dans une démarche de diversification face aux risques associés à l’endettement public et à la dépréciation monétaire.
Pour Peter Schiff, cette dynamique ne peut pas être durablement maîtrisée sans une remise en question profonde de la politique budgétaire américaine. Or, il ne voit aucune volonté politique suffisamment forte pour engager une véritable réduction des dépenses. Les républicains souhaitent préserver les avantages fiscaux qu’ils ont défendus, tandis que les démocrates entendent financer leurs propres priorités. Dans ces conditions, les compromis risquent de produire exactement l’inverse d’une politique de rigueur. Les déficits pourraient continuer de progresser, tandis que les intérêts de la dette absorberaient une part croissante des ressources fédérales. C’est précisément dans cette perspective que Schiff considère que l’achat de pièces d’or d’investissement mérite une attention particulière pour les épargnants qui souhaitent diversifier leurs avoirs avec un actif tangible.
La dette américaine entre dans une spirale dangereuse : les intérêts deviennent un véritable problème national
Peter Schiff considère que la progression des intérêts de la dette américaine constitue l’un des signaux les plus alarmants de la situation économique actuelle. Les États-Unis doivent désormais consacrer des sommes considérables au paiement des intérêts versés aux détenteurs de leurs obligations. Cette dépense présente une caractéristique particulièrement contraignante : contrairement à certaines dépenses publiques qui peuvent être réduites par une décision politique, les intérêts correspondent à des engagements financiers que l’État doit honorer. Chaque nouvelle émission de dette à un taux supérieur augmente progressivement le coût du financement. À mesure que les anciennes obligations arrivent à échéance et sont remplacées par de nouveaux titres, la charge financière s’alourdit. Les conséquences sont considérables, car l’argent consacré aux intérêts ne peut pas être utilisé pour financer d’autres priorités publiques sans augmenter les besoins globaux de financement.
Les chiffres budgétaires américains confirment l’importance de cette évolution. Le Congressional Budget Office estime que le déficit fédéral a atteint environ 2 000 milliards de dollars au cours de l’exercice fiscal 2026. Les dépenses consacrées aux intérêts nets figurent parmi les postes dont la progression contribue à l’augmentation des dépenses fédérales. Peter Schiff estime que cette tendance pourrait rapidement devenir incontrôlable si les taux d’intérêt demeurent élevés et si les déficits continuent de progresser. Il insiste particulièrement sur le caractère cumulatif du phénomène : plus la dette augmente, plus les intérêts deviennent importants ; plus les intérêts augmentent, plus les besoins d’emprunt progressent. Le gouvernement se retrouve alors dans une situation où une partie croissante de ses nouveaux emprunts sert simplement à financer le coût de son endettement antérieur.
Qui financera encore les États-Unis si les investisseurs étrangers se détournent du dollar ?
Une autre question fondamentale traverse l’intervention de Peter Schiff : qui sera encore disposé à acheter les obligations américaines si les besoins de financement du gouvernement continuent de croître ? Pendant plusieurs décennies, les bons et obligations du Trésor américain ont bénéficié d’une demande internationale considérable. Les banques centrales, les gouvernements étrangers, les institutions financières et les grands investisseurs ont largement utilisé ces titres pour placer leurs liquidités et constituer leurs réserves. Mais Schiff observe une évolution de la demande internationale et considère que les États-Unis ne peuvent plus compter indéfiniment sur le même niveau de soutien extérieur.
Il rappelle que les investisseurs étrangers doivent désormais arbitrer entre plusieurs possibilités. D’autres gouvernements ont également des besoins de financement importants, tandis que les entreprises privées réclament des capitaux considérables pour financer leurs investissements. Le développement de l’intelligence artificielle constitue notamment un nouveau concurrent sur les marchés du crédit. Les grandes entreprises technologiques mobilisent des ressources financières considérables pour construire des infrastructures informatiques, développer des centres de données et financer leurs capacités de calcul. Cette demande supplémentaire de capitaux intervient alors que les États-Unis doivent déjà refinancer une dette publique gigantesque.
Pour Schiff, cette concurrence entre emprunteurs pourrait exercer une pression supplémentaire sur les taux d’intérêt. Si le gouvernement américain doit proposer des rendements plus élevés pour attirer suffisamment d’acheteurs, le coût de sa dette augmentera encore davantage. Le mécanisme devient alors particulièrement dangereux : les taux progressent, les intérêts augmentent, les déficits se creusent et les besoins de financement s’amplifient. L’économiste considère que cette dynamique rapproche les États-Unis d’une situation dans laquelle la gestion de la dette pourrait devenir un problème majeur pour l’ensemble du système financier international.
Pourquoi une hausse des taux d’intérêt ne signifie pas nécessairement une baisse de l’or
Peter Schiff s’attaque ensuite à une idée largement répandue sur les marchés financiers : l’augmentation des taux d’intérêt serait automatiquement défavorable à l’or. Cette relation existe effectivement dans certaines configurations économiques. Lorsque les placements obligataires offrent des rendements réels attractifs, les investisseurs peuvent être tentés de privilégier les actifs rémunérés plutôt que le métal jaune, qui ne distribue aucun intérêt. Mais Schiff considère que cette analyse devient insuffisante lorsque l’inflation dépasse les rendements nominaux.
Pour comprendre son raisonnement, il faut distinguer les taux nominaux des taux réels. Un taux nominal correspond au rendement affiché d’un placement. Le taux réel tient compte de la perte de pouvoir d’achat provoquée par l’inflation. Si une obligation rapporte 4 % par an alors que l’inflation atteint 5 %, son rendement réel est négatif. L’investisseur reçoit davantage d’argent en valeur nominale, mais cet argent lui permet d’acheter moins de biens et de services qu’auparavant.
C’est précisément cette situation que Peter Schiff considère comme favorable à l’or. Selon lui, les taux d’intérêt américains ne reflètent pas suffisamment la véritable perte de pouvoir d’achat du dollar. Il estime que les statistiques officielles d’inflation ne rendent pas pleinement compte de l’augmentation ressentie par les ménages et les consommateurs. Il considère donc que les rendements réels restent négatifs, malgré des taux nominaux relativement élevés.
Son argument est simple : si l’inflation continue de progresser plus rapidement que les taux d’intérêt, les placements monétaires et obligataires ne protègent pas efficacement le pouvoir d’achat. Dans cette configuration, l’or retrouve une fonction essentielle dans les stratégies patrimoniales, puisqu’il ne dépend pas d’une promesse de remboursement émise par un gouvernement ou une institution financière.
La Réserve fédérale américaine prise au piège de ses propres contradictions
Cette situation place également la Réserve fédérale américaine dans une position particulièrement délicate. D’un côté, elle doit combattre l’inflation et empêcher une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat du dollar. De l’autre, une augmentation importante des taux pourrait fragiliser une économie déjà fortement endettée et rendre le refinancement de la dette fédérale encore plus coûteux.
Peter Schiff estime que la banque centrale se trouve confrontée à une contradiction fondamentale. Si elle relève suffisamment ses taux pour lutter efficacement contre l’inflation, elle risque d’aggraver les difficultés financières du gouvernement et de provoquer un ralentissement économique plus marqué. Si elle choisit au contraire de maintenir une politique monétaire accommodante, elle risque de laisser l’inflation continuer de progresser.
Il considère également que les statistiques économiques doivent être interprétées avec prudence. Les chiffres de l’emploi, de la croissance et de l’inflation sont régulièrement révisés. Selon lui, les marchés accordent parfois une importance excessive à des publications économiques ponctuelles sans tenir compte des tendances structurelles de l’économie américaine. Il estime notamment qu’un ralentissement de l’activité pourrait rapidement contraindre la Réserve fédérale à abandonner sa politique restrictive.
Dans ce scénario, une baisse des taux et une reprise des injections de liquidités pourraient devenir les principales réponses des autorités monétaires. Pour Schiff, une telle évolution serait particulièrement favorable à l’or, car elle pourrait accentuer la pression sur le dollar et renforcer les anticipations inflationnistes.
La guerre au Moyen-Orient pourrait accélérer le retour de l’inflation
Peter Schiff accorde également une importance particulière aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Il considère que les conflits armés peuvent exercer une pression considérable sur l’économie mondiale, notamment à travers les marchés de l’énergie. Les perturbations des approvisionnements pétroliers, l’augmentation des dépenses militaires et les incertitudes commerciales peuvent provoquer une hausse des coûts qui se diffuse progressivement à l’ensemble de l’économie.
Lorsque le prix du pétrole augmente, les conséquences ne se limitent pas au carburant. Les coûts de transport, de production industrielle, de distribution et de nombreuses activités économiques peuvent également progresser. Cette situation peut alimenter une nouvelle vague inflationniste, particulièrement difficile à maîtriser lorsque les finances publiques sont déjà fragilisées.
Schiff considère que les marchés pourraient commettre une erreur en interprétant systématiquement une hausse des taux liée aux tensions géopolitiques comme un signal négatif pour l’or. Selon lui, il faut surtout déterminer si les taux progressent davantage que l’inflation. Si les prix augmentent plus rapidement que les rendements nominaux, les taux réels diminuent et l’environnement reste potentiellement favorable au métal jaune.
Il estime ainsi que les tensions au Moyen-Orient pourraient renforcer la demande de métaux précieux, particulièrement si elles s’accompagnent d’une aggravation des déficits américains et d’une politique monétaire moins restrictive.
Bitcoin : Peter Schiff annonce une période particulièrement dangereuse pour les cryptomonnaies
L’entretien aborde également le Bitcoin, dont Peter Schiff reste l’un des critiques les plus virulents. L’économiste considère que la première cryptomonnaie constitue une bulle spéculative particulièrement importante. Son principal argument repose sur l’absence, selon lui, de valeur économique productive comparable à celle d’une entreprise ou d’un actif physique.
Il établit notamment une distinction entre l’intelligence artificielle et les cryptomonnaies. L’intelligence artificielle repose sur des technologies susceptibles d’améliorer la productivité, de transformer les entreprises et de créer de nouvelles activités économiques. Même si certaines valorisations peuvent être excessives, Schiff estime que le secteur possède une véritable utilité économique. Il considère au contraire que le Bitcoin ne produit ni biens ni services et que sa valorisation repose essentiellement sur la confiance des acheteurs et leur volonté de payer toujours plus cher.
Il estime également que le contexte politique américain a fortement contribué à l’enthousiasme entourant les cryptomonnaies. Le soutien affiché par Donald Trump et les perspectives d’une administration favorable au secteur ont participé à renforcer les anticipations des investisseurs. Avec le changement de majorité parlementaire, Schiff anticipe désormais un environnement réglementaire beaucoup moins favorable.
Il évoque notamment la possibilité d’enquêtes sur les activités liées aux cryptomonnaies et aux intérêts financiers de l’entourage présidentiel. Il considère que la disparition du soutien politique dont bénéficiait le secteur pourrait constituer un catalyseur négatif pour le Bitcoin.
Il souligne également les risques associés à la conservation des cryptomonnaies sur des plateformes d’échange. Les piratages, les vols et les problèmes de sécurité peuvent entraîner des pertes considérables pour les détenteurs. Il estime que les progrès de l’intelligence artificielle pourraient également renforcer certaines vulnérabilités informatiques.
Les sociétés minières aurifères pourraient devenir les grandes gagnantes de la prochaine hausse de l’or
Au-delà de l’or physique, Peter Schiff identifie une opportunité particulièrement intéressante dans les sociétés minières aurifères, notamment les petites capitalisations spécialisées dans l’exploration et le développement de nouveaux gisements.
Selon lui, les investisseurs sous-estiment encore le potentiel de ces entreprises. Lorsque le prix de l’or progresse, les producteurs peuvent bénéficier d’une augmentation importante de leurs marges si leurs coûts d’exploitation évoluent moins rapidement que le cours du métal. Cette amélioration de la rentabilité peut générer des flux de trésorerie supplémentaires et renforcer leur capacité à financer de nouveaux projets.
Schiff considère que les grandes compagnies minières disposent désormais de moyens financiers importants, mais qu’elles doivent également préparer leur production future. Il estime que les années précédentes ont été marquées par des investissements insuffisants dans l’exploration et le développement de nouveaux gisements. Les grands producteurs pourraient donc être contraints de rechercher de nouvelles ressources pour maintenir leurs niveaux de production.
Il anticipe ainsi une accélération des opérations de consolidation dans le secteur. Les grandes sociétés minières pourraient chercher à acquérir des entreprises plus petites disposant de ressources identifiées, de gisements prometteurs ou de projets susceptibles de devenir rentables.
Dans cette configuration, les petites sociétés minières pourraient bénéficier d’une attention accrue de la part des grands producteurs. Peter Schiff considère que ce segment pourrait représenter l’un des principaux moteurs de performance de la prochaine phase haussière du marché aurifère.
Il reconnaît néanmoins que ces investissements présentent des risques plus importants que la détention directe d’or physique. Les sociétés minières restent exposées aux coûts d’exploitation, aux difficultés techniques, aux besoins de financement et aux risques propres à leurs projets.
Pourquoi Peter Schiff continue de privilégier l’or physique
Malgré son intérêt pour les sociétés minières, Peter Schiff revient constamment à une conviction fondamentale : l’or physique conserve une place centrale dans une stratégie de protection patrimoniale. Contrairement aux monnaies fiduciaires, dont la valeur dépend des politiques monétaires et de la confiance accordée aux institutions qui les émettent, l’or constitue un actif tangible qui ne représente la dette d’aucun gouvernement.
Cette caractéristique explique son intérêt pour le métal jaune dans un contexte d’endettement public croissant. Les gouvernements peuvent augmenter leurs émissions monétaires, modifier leurs politiques fiscales et contracter de nouveaux emprunts. Ils ne peuvent pas créer de l’or physique par une simple décision administrative.
Peter Schiff considère que cette différence fondamentale prend une importance particulière lorsque les déficits publics deviennent difficiles à maîtriser et que les investisseurs commencent à douter de la stabilité des monnaies.
Il évoque également le rôle des banques centrales, qui continuent de diversifier leurs réserves en faveur de l’or. Cette évolution traduit, selon lui, une volonté de réduire la dépendance aux actifs financiers traditionnels et aux réserves libellées en devises étrangères.
Il considère que cette tendance pourrait se poursuivre au cours des prochaines années, notamment si les déséquilibres budgétaires américains continuent de s’aggraver.
Le dollar pourrait perdre encore davantage de pouvoir d’achat : l’avertissement final de Peter Schiff
La conclusion de Peter Schiff est particulièrement tranchée. Selon lui, les États-Unis sont engagés dans une dynamique d’endettement dont les conséquences pourraient devenir de plus en plus difficiles à maîtriser. Les déficits alimentent la dette, la dette augmente les intérêts à payer, les intérêts aggravent les déficits et les nouveaux emprunts viennent financer une partie de cette charge supplémentaire.
Cette mécanique crée une dépendance croissante au financement et aux conditions monétaires. Si l’économie ralentit, la Réserve fédérale pourrait être poussée à assouplir sa politique pour soutenir l’activité et stabiliser les marchés financiers. Si l’inflation demeure élevée, cette intervention pourrait cependant accentuer les tensions sur le pouvoir d’achat du dollar.
Schiff estime que cette combinaison constitue un environnement particulièrement favorable aux métaux précieux. Il considère que les investisseurs qui se concentrent uniquement sur les décisions immédiates de la Réserve fédérale risquent de passer à côté de la tendance de fond : l’évolution de la dette, la fragilité budgétaire et la dépréciation monétaire.
Il rappelle que le prix de l’or a considérablement progressé au cours du dernier siècle. Pour lui, cette évolution reflète avant tout la perte de valeur progressive des monnaies fiduciaires. Il estime que cette tendance pourrait même s’accélérer si les gouvernements continuent de financer leurs dépenses par l’endettement et si les banques centrales maintiennent des politiques monétaires accommodantes.
Conclusion : Peter Schiff voit dans les élections américaines un puissant catalyseur pour l’or
Pour Peter Schiff, les élections américaines de mi-mandat de novembre 2026 ne constituent pas un simple épisode politique. Elles représentent un changement susceptible de modifier profondément les perspectives budgétaires et économiques des États-Unis. Avec les démocrates désormais majoritaires dans les deux chambres du Congrès, les négociations politiques pourraient déboucher sur de nouveaux compromis en matière de fiscalité et de dépenses publiques.
Schiff redoute que ces compromis ne se traduisent par une aggravation des déficits plutôt que par une véritable discipline budgétaire. À cette situation s’ajoutent le poids des intérêts de la dette, les besoins de refinancement, les tensions géopolitiques et les risques inflationnistes.
Dans ce contexte, il considère que l’or pourrait bénéficier d’un environnement particulièrement favorable, même si les taux nominaux continuent de progresser. Son message aux investisseurs consiste donc à regarder au-delà des fluctuations quotidiennes des marchés et à prendre en compte les déséquilibres structurels de l’économie américaine.
L’or physique figure au cœur de sa vision des prochaines années, tandis que les valeurs minières pourraient représenter un relais de performance potentiellement plus important, mais également plus risqué.
Pour Peter Schiff, le véritable danger ne réside pas uniquement dans le montant colossal de la dette américaine, mais dans les conséquences monétaires et économiques de son accumulation. Et c’est précisément cette dégradation du pouvoir d’achat des monnaies fiduciaires qui pourrait, selon lui, donner une nouvelle dimension au marché de l’or.