Les taux d’intérêt à 20% ne sont plus une hypothèse abstraite pour Egon von Greyerz. Selon l’analyste et fondateur de VON GREYERZ, la montée des rendements, la persistance de l’inflation et l’explosion de la dette mondiale pourraient faire basculer le système financier dans une crise majeure. Dans ce contexte, il affirme que l’or et l’argent physique constituent la protection la plus solide contre l’érosion du pouvoir d’achat et la défaillance progressive des marchés obligataires.
La question qui inquiète de nombreux investisseurs est simple : si les taux réels augmentent, l’or ne devient-il pas moins attractif ? Pour Egon von Greyerz, la réponse est clairement non. Il estime que la hausse des taux nominaux ne doit pas masquer la réalité de l’inflation, des déficits publics et du coût exponentiel de la dette. Face à ce scénario, il recommande d’accumuler de l’or physique lorsque les prix reculent, plutôt que de chercher à anticiper chaque mouvement court terme. Pour les investisseurs qui souhaitent commencer par un format divisible et liquide, les pièces d’or Napoléon 20 francs tête nue représentent une porte d’entrée historique vers l’or physique.
Une hausse des taux sur plusieurs décennies
Egon von Greyerz rappelle que les taux d’intérêt évoluent selon de très longs cycles, et que les variations de quelques semaines ou de quelques mois ne doivent pas être confondues avec une tendance structurelle. Il a vécu la phase ascendante qui a conduit les taux américains à environ 15% en 1981, avant que la politique de Paul Volcker ne provoque un retournement historique. Depuis, les taux ont ensuite chuté pendant quatre décennies, jusqu’à passer sous 1% pour le rendement du Treasury à 10 ans en 2021.
Pour Greyerz, ce point bas de 2021 marquait la fin d’un cycle baissier de quarante ans. Il considère désormais que le monde est entré dans une nouvelle phase de hausse durable des taux, portée par l’inflation, les déficits budgétaires et les besoins massifs de financement des États. Il estime que les taux, aujourd’hui situés autour de 5 à 6%, pourraient rejoindre les 15% observés en 1980, voire atteindre 20%. Cette perspective, aussi spectaculaire soit-elle, découle selon lui de la mécanique même des marchés obligataires confrontés à une offre de dette sans précédent.
Une dette mondiale ingérable
Le cœur de l’analyse d’Egon von Greyerz repose sur une réalité arithmétique : une dette colossale ne peut pas supporter indéfiniment des taux élevés. Il évoque une dette mondiale d’environ 360 000 milliards de dollars, à laquelle s’ajoutent les produits dérivés de taux, qu’il assimile également à une forme de dette. À ses yeux, un monde aussi endetté ne peut pas absorber des taux de 15 à 20% sans provoquer une cascade de défauts, de refinancements forcés ou d’inflation monétaire.
Cette analyse rejoint des données américaines récentes particulièrement préoccupantes. Au cours de l’exercice 2026, les intérêts nets payés par le gouvernement fédéral américain ont atteint 1 050 milliards de dollars, soit environ 2,9 milliards de dollars par jour, tandis que le déficit fédéral s’est élevé à 1 990 milliards de dollars. Les intérêts de la dette sont ainsi devenus le troisième poste de dépense fédérale, devant la défense nationale, et représentent environ 3,2% du PIB américain, un niveau record depuis 1991.
Le piège du refinancement américain
Le problème ne se limite pas au niveau actuel des taux. Une part majeure de la dette américaine arrive à échéance et doit être refinancée à des taux nettement supérieurs à ceux obtenus il y a quelques années. Selon les données citées par Haver Analytics, 55% des 31 831 milliards de dollars de dette du Treasury étaient arrivés à échéance à la fin du troisième trimestre 2026, soit 17 507 milliards de dollars devant être refinancés. Le taux moyen sur la dette négociable restait alors autour de 3,52%, alors que les rendements actuels dépassaient 5%.
Autrement dit, même sans nouvelle explosion de la dette, la facture des intérêts devrait mécaniquement augmenter. Le Congressional Budget Office projette que les paiements nets d’intérêts atteindront 2 100 milliards de dollars annuels en 2036, après 16 200 milliards de dollars cumulés sur la prochaine décennie. Pour Egon von Greyerz, cette trajectoire rend la soutenabilité du système impossible : les États devront soit émettre davantage de dette pour payer les intérêts de la dette existante, soit recourir à une inflation massive, soit combiner les deux.
L’inflation réelle change tout
Greyerz insiste sur une distinction essentielle : l’inflation officielle et l’inflation réellement ressentie par les ménages ne sont pas nécessairement les mêmes. Selon lui, l’inflation réelle se situerait aujourd’hui autour de 7 à 8%, un niveau qui, s’il est correct, transforme complètement le calcul des taux réels. Un rendement nominal de 5% peut ainsi devenir négatif en termes de pouvoir d’achat si l’inflation réelle dépasse ce niveau.
C’est précisément pour cette raison qu’il rejette l’idée selon laquelle la hausse des taux réels serait fatale à l’or. Si l’inflation réelle est supérieure aux rendements proposés par les obligations, détenir des titres de dette revient à perdre du pouvoir d’achat année après année. L’or, au contraire, ne dépend pas de la promesse de remboursement d’un État et ne peut pas être créé par décision politique. Pour diversifier une exposition à l’or physique, les pièces d’or d’investissement offrent une solution reconnue, divisible et négociable à l’international.
Le précédent des années 1970
L’argument historique de Greyerz est central : dans les années 1970, les taux d’intérêt ont fortement augmenté, passant de niveaux très bas à environ 21 ou 22% au Royaume-Uni. Pourtant, l’or a continué de monter durant toute cette période, jusqu’à atteindre son sommet en 1981. Cette expérience contredit directement l’idée reçue selon laquelle la hausse des taux serait automatiquement négative pour le métal jaune.
La raison est simple : dans un environnement d’inflation élevée, de déficits croissants et de perte de confiance dans les monnaies fiduciaires, les investisseurs cherchent un actif qui ne peut pas être dévalué par la politique monétaire. L’or a précisément rempli ce rôle durant les années 1970. Greyerz estime que la configuration actuelle reproduit cette dynamique, mais avec une dette mondiale bien plus importante et un système financier encore plus interconnecté.
Pourquoi l’or pourrait briller
Egon von Greyerz prévoit une hausse spectaculaire de l’or et de l’argent au cours des prochaines années, indépendamment des fluctuations des taux. Il considère que la combinaison d’une inflation élevée, de déficits persistants, d’un endettement exponentiel et d’un marché obligataire saturé crée un environnement exceptionnellement favorable aux métaux précieux. Selon lui, le marché obligataire finira par ne plus pouvoir absorber l’énorme surcharge de dette qui se profile au cours des cinq à dix prochaines années.
Les données récentes du World Gold Council confirment que la demande institutionnelle reste puissante. Au troisième trimestre 2026, les banques centrales et institutions officielles ont acheté 321 tonnes d’or, en hausse de 42% sur un an, tandis que les ETF adossés à l’or ont attiré 211 tonnes, portant leurs encours à un record de 4 256 tonnes. Le prix moyen de l’once d’or a atteint 4 262 dollars au troisième trimestre, en hausse de 23% sur un an, tandis que la valeur de la demande mondiale a progressé de 22% pour atteindre 188 milliards de dollars.
L’or, pas la monnaie la plus forte
Pour Greyerz, la question n’est pas de savoir quelle monnaie sera la plus forte ou la plus faible, mais de déterminer dans quel actif conserver son patrimoine. Sa réponse est sans ambiguïté : l’or, complété par l’argent. Il observe déjà une demande régulière pour l’argent physique, qu’il stocke également en Suisse pour ses clients, et anticipe une accélération de ces achats dans les mois à venir.
Cette logique rejoint celle des banques centrales, qui diversifient leurs réserves en dehors du seul dollar et des titres souverains. Les achats officiels sont motivés par la gestion des risques et la diversification, deux fonctions que l’or remplit précisément lorsque la confiance dans les dettes publiques s’affaiblit. Pour les investisseurs qui privilégient la pureté maximale et l’efficience du coût au gramme, les lingots d’or certifiés constituent le format de référence de l’investissement physique.
Acheter lors des baisses
Le conseil pratique d’Egon von Greyerz est d’une simplicité radicale : ne pas acheter lorsque le prix monte, mais accumuler lorsque le prix baisse. Il rappelle qu’il investit dans l’or depuis 2002, soit 23 ans, période durant laquelle le métal jaune n’a cessé de progresser sur le long terme. À ses yeux, le véritable mouvement haussier n’a même pas encore commencé.
Cette approche implique de ne pas se laisser paralyser par les corrections à court terme. Les baisses de prix doivent être considérées comme des opportunités d’accumulation, à condition de conserver une vision de long terme et de ne pas mobiliser des fonds nécessaires aux dépenses essentielles. Les pièces d’or reconnues internationalement permettent précisément de construire une position progressive, achat après achat, sans devoir immobiliser d’un seul coup un capital important.
Stocker hors du système bancaire
Le dernier pilier de la stratégie de Greyerz concerne la conservation. Il recommande de stocker les métaux précieux en dehors du système bancaire, afin de réduire l’exposition aux risques de contrepartie, de gel des avoirs ou de dysfonctionnement du système financier. Selon lui, cette approche a fonctionné tout au long de l’histoire et continuera de fonctionner au cours des 25 prochaines années.
Or.fr propose notamment un stockage en nom propre dans des coffres situés hors du système bancaire, en zone sous douane à Zurich, Singapour, Toronto et New York. L’investisseur conserve la propriété légale de ses métaux et peut y accéder directement pour les vérifier ou les retirer. Pour ceux qui préfèrent la détention physique immédiate, la livraison en France et dans la plupart des pays européens est également proposée.
Une protection, pas une spéculation
L’or n’est pas un placement destiné à s’enrichir rapidement, mais un instrument de préservation du capital dans un monde où la dette, l’inflation et la perte de confiance dans les monnaies fiduciaires progressent simultanément. Egon von Greyerz ne raisonne pas en termes de performance trimestrielle, mais en termes de survie patrimoniale sur dix, vingt ou vingt-cinq ans. C’est cette horizon qui explique pourquoi il considère l’or physique comme la réponse la plus cohérente à la crise qui se prépare.
Pour les investisseurs qui souhaitent s’exposer à l’or sans dépendre d’un seul format, la combinaison de pièces et de lingots permet de concilier liquidité, divisibilité et optimisation du coût d’acquisition. Les pièces d’or d’investissement restent le format le plus accessible pour débuter, tandis que les lingots permettent de renforcer progressivement une exposition plus importante.