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Pourquoi le Mexique pourrait faire exploser la bombe de l’endettement global

krachLa dette continue de s’accumuler. Une fois qu’elle sera suffisamment importante et qu’il ne sera plus possible de l’empêcher de s’effondrer, elle submergera ses hôtes et viendra s’écraser sur le reste du système.

Aux quatre coins du monde, des centaines de gouvernements – locaux comme nationaux – d’entreprises et de ménages atteignent un point de rupture. Beaucoup croulent sous la dette et devraient bientôt faire défaut, ce qui fera naître une crise de la dette susceptible de déchaîner une vague de chaos sur les marchés, ainsi qu’un resserrement de l’accès au crédit pour les plus vulnérables.

Le défaut du Porto Rico devrait peser lourd sur les Etats-Unis. Le Mexique est proche de l’implosion. Sa plus grosse société de construction, qui dépend pour beaucoup des contrats gouvernementaux qui se font de moins en moins nombreux, est sur le point de faire défaut de sa facture d’intérêts de 31 millions de dollars.

C’est ainsi que tout commencera.

via Wolf Street:

Au mois d’août dernier, les obligations de la plus grosse société de construction du Mexique, ICA, ont eu l’honneur d’enregistrer les pires performances parmi les obligations d’entreprises, tous marchés émergents confondus. A une heure où les économies émergentes sont en phase en ralentissement et où la dette des entreprises est au plus haut, ce n’est pas un mince exploit.

Hier, les actions de la compagnie ont perdu 22% suite à l’annonce d’une période de grâce de trente jours pour le versement d’intérêts de 31 millions de dollars qui devait être effectué cette semaine. Ses actions, qui ont perdu 75% depuis janvier, ont aujourd’hui plongé de 8% supplémentaires pour passer à 3,76 pesos, leur niveau le plus bas sur 21 ans.

Pour compliquer davantage la situation, la société a récemment engagé le spécialiste de restructuration de dette d’entreprise Rothschild & Co en tant que conseiller financier, ce qui en pousse beaucoup à croire qu’elle cherchera bientôt à alléger sa dette.

[…]

Si ICA ne réglait pas ce qu’elle doit, elle représenterait le plus gros défaut de dette enregistré par le Mexique depuis la crise de la Tequila il y a 20 ans.

Les revenus rapportés par la société, qui dépend du gouvernement pour une majorité de ses contrats, ont beaucoup décliné cette année dans le cadre de réductions de dépenses en infrastructures, et l’affaiblissement du peso a exacerbé son ratio d’endettement.

Comme l’a déjà expliqué Wolf Street (ici et ici), de nombreuses corporations mexicaines sont vulnérables à la hausse du dollar et des taux d’intérêt américains. La hausse soudaine de la liquidité générée par les banques après la crise financière a permis aux sociétés mexicaines d’emprunter des fonds sur les marchés internationaux en des quantités bien plus importantes et sur des durées plus longues que par le passé. Tout affaiblissement du peso face au dollar fait grimper significativement le levier d’endettement de ces compagnies.

Comme l’article le suggère, le ralentissement de l’économie mexicaine a rendu cette société vulnérable à la défaillance du marché. Son effondrement pourrait causer de lourds dommages à l’économie, et ce genre d’incidents, s’ils étaient suffisamment nombreux, pourraient générer une réaction en chaîne qui pourrait tout emporter avec elle dans un spectacle de destruction explosif.

Goldman Sachs, qui prend à cœur ces problèmes financiers, a récemment proclamé qu’une troisième vague de crise financière déferle actuellement sur nous, qui devrait secouer l’économie globale. Voici ce qu’elle nous dit :

Cette vague est caractérisée par un effondrement des prix des marchandises, et prend racine dans la réponse apportée aux deux premières vagues de la crise – l’effondrement bancaire et la crise européenne de la dette. Elle s’intègre dans le super-cycle de la dette de ces quelques dernières décennies.

Les banques centrales se sont empressées d’abaisser les taux d’intérêt en réponse aux deux premières crises de la dette, et encouragé les investisseurs à prêter sur les marchés émergents tels que la Chine pour enregistrer des rendements intéressants.

Maintenant que les taux d’intérêt sont en passe de grimper, les créditeurs prennent le chemin de la sortie et les investisseurs se retirent des marchés des marchandises, qui sont liés de très près à l’avenir des économies émergentes.

C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui.

Les prix de l’énergie et des marchandises sont en baisse, et les gens s’inquiètent des insuffisances de revenus. Les systèmes économiques très faibles et les promesses des Etats socialistes et providence rendent impossible un rééquilibrage des bilans. Alors que les créditeurs demandent à être remboursés, les nations du Tiers-monde subissent les pressions d’un renforcement du dollar qui rend plus importantes encore les sommes à rembourser.

Wolf Street nous explique ceci :

La Banque des règlements internationaux note que la dette extérieure du Mexique arrive quatrième parmi 17 économies émergentes. Arrivent en tête du classement le Chili, la Malaisie et le Pérou. Le problème est si sérieux que la Banque du Mexique vient de publier un message de mise en garde face aux dangers potentiels d’une dette d’entreprise majoritairement libellée en dollars.

Les sociétés qui ont accumulé de la dette en devises étrangères se retrouvent encouragées à étudier les risques auxquels elles font face, notamment si leurs revenus sont en pesos.

Les contrats d’ICA sont majoritairement libellés en pesos, alors qu’1,35 milliard de dollars de sa dette est en dollars. Et c’est une dette que la société a aujourd’hui du mal à rembourser.

[…]

Cette explosion de la dette libellée en dollars n’est pas seulement la conséquence du renforcement du dollar. De nombreuses sociétés ont cherché à tirer avantage des taux d’intérêt très faibles pour obtenir davantage de crédit. Ironiquement, de peur de voir la Fed rehausser les taux d’intérêt, certaines des plus grosses corporations mexicaines se sont embarquées dans une dernière vague d’emprunts.

Puisque ces bombes à retardement ne peuvent être localisées ou contenues, et parce qu’elles exploseront tout autour du globe, il se pourrait qu’elles aient un impact très lourd sur les finances globales.

Tout est vulnérable, et notamment ceux qui dépendent des revenus d’un système en perdition. Pour les investisseurs, tout ce qui est investi, garanti et vendu sur les marchés des produits dérivés est aussi exposé au risque. La dette globale – une fois que les obligations telles que les pensions qui ne pourront jamais être versées seront prises en compte – ne pourra pas être surmontée grâce aux solutions conventionnelles.

Beaucoup paieront les pots cassés, jusqu’à ce que ou à moins que les dettes soient annulées et que le système soit réinitialisé.

Source: 24hgold

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