Laurent Maurel (Recherche Bay) pour Or.fr
Difficile d’évoquer l’actualité en faisant l’impasse sur la situation en Ukraine. Ceux qui espèrent, à la lecture de ce bulletin, trouver une stratégie d’investissement dans l’or par rapport aux évènements géopolitiques risquent d’être très déçus. Je pars du principe que la géopolitique agit comme un élément à très court terme, et qu’il est donc difficile et périlleux d’essayer de trouver des points d’entrée sur ce marché au gré des nouvelles renforçant ou non les chances d’un conflit majeur. Ce n’est bien entendu pas le but de ce bulletin, qui essaie plutôt de se concentrer sur les raisons fondamentales de la hausse à venir des cours des métaux précieux. La guerre qui vient de démarrer à l’Est de l’Ukraine (elle n’avait jamais complètement disparu depuis 2014…), avec ses phases de tensions et de détentes, sera utilisée comme un argument à la hausse ou à la baisse sur les cours de l’or. Sur une perspective plus globale, ce conflit s’inscrit dans un mouvement général de défiance à l’égard de la domination du dollar sur les échanges internationaux, un élément haussier pour l’or à long terme. C’est certainement pourquoi nous avons assisté au cours des deux dernières années à une vague d’achat d’or physique aussi importante de la part de banques centrales périphériques du bloc occidental.
Poutine continue son combat contre le dollar (Julien Chevalier)
➤ https://t.co/wPfwCXfITa@julienchler #Poutine #Russie #Chine #dollar #or #inflation #Fed pic.twitter.com/RjiGnwdjDV
— OR.FR (@Or_fr_) February 14, 2022
En mai 2017, le directeur du bureau de New York de la Fed prétendait que le dollar restait et resterait la reine des monnaies et que l’or n’avait plus aucun rôle monétaire.
Le conflit en Ukraine et l’attitude changeante et plus belliqueuse de Poutine sont la traduction de cette défiance et d’un affaiblissement de la place du “roi dollar” comme l’appelait John C. Williams.
Ce nouvel environnement de tensions géopolitiques vient s’ajouter à une situation inédite depuis l’après-guerre. Le niveau d’inflation est encore plus élevé que lors du dernier choc pétrolier des années 1970. Cet environnement est très favorable à l’or. Le contexte géopolitique amplifie les incertitudes, mais c’est surtout l’absence de stratégie des banques centrales pour lutter contre l’inflation qui est favorable au métal jaune.
En Allemagne, l’indice PPI est en hausse annuelle de +25%, soit encore plus qu’anticipé. La hausse est due à l’explosion à la hausse des coûts de l’énergie, mais ce chiffre cache aussi une contagion inattendue aux autres compartiments de cet indice, moins liés aux coûts de l’énergie. Le chiffre important du PPI s’expliquait le mois dernier quasiment exclusivement avec la hausse des coûts du gaz naturel. Ce n’est plus le cas ce mois-ci. L’inflation se propage dans tous les compartiments de l’indice.
Le choc inflationniste que nous traversons n’est en rien comparable à celui des années 1970, qui était bien plus mesuré :
Le retard est tel que, désormais, techniquement, toute prévision de la Fed au-dessous de 7 augmentations successives de taux sera considérée comme un discours accommodant (“dovish”) ! Les déclarations agressives de James Bullard ont mis la barre très haute, et le marché obligataire anticipe désormais un relèvement accéléré des taux.
Le véritable combat à mener n’est pas en Ukraine mais bien sur le terrain de l’inflation. Et ce qui se passe sur ce terrain-là est bien plus sensible par rapport à notre environnement immédiat.
Nous avons évoqué dans ces bulletins les conséquences réelles de l’inflation sur l’industrie, sur le niveau des salaires, sur l’approvisionnement énergétique, sur le transport et sur l’ensemble de la chaîne logistique.
Regardons cette semaine les effets de l’inflation sur le marché immobilier.
Je m’attarde sur ce secteur suite à un sondage récemment publié par l’une des mes relations sur LinkedIn :
Ce chiffre impressionnant m’a incité à étudier les effets de la situation que nous traversons sur ce secteur.
L’immobilier comme refuge contre l’inflation ?
Cela a été vrai ces deux dernières années, le secteur immobilier étant incontestablement l’un des grands gagnants de la crise. Mais cela pourrait changer à partir de cette année.
L’arrivée de l’inflation et le relèvement des taux changent la donne.
L’observation du marché immobilier américain est très utile dans ces périodes de changements de cycles.
Le marché américain est beaucoup plus sensible à la remontée des taux.
Les taux d’emprunt à 30 ans sont en hausse très nette ces dernières semaines, c’est assez logique vu ce qui se passe sur le marché des taux longs américains.
Le stock des maisons en construction n’a jamais été aussi haut aux États-Unis depuis le dernier choc inflationniste.
L’écart entre le nombre de maisons terminées, les demandes de permis et les nouveaux chantiers est en constante hausse.
Le New York Times revenait la semaine dernière sur le problème d’approvisionnement en portes de garages qui bloque la délivrance de certificat de fins de travaux et qui allonge de manière substantielle le stock de maisons neuves devenues invendables.
Les achats sans apport se font de plus en plus nombreux : l’effet de marge est aussi important qu’en 2006, juste avant la dernière crise immobilière.
Les niveaux de prix sont encore plus hauts que lors de cette dernière crise.
Comme en 2006, la demande maintenue artificiellement haute en raison des taux quasi négatifs est en train de s’évanouir. Même si le souhait de construire sa maison de rêve est encore là, le passage du rêve au projet se heurte désormais à la hausse des taux.
La situation est même encore plus risquée qu’en 2006 :
La hausse des prix jusqu’en décembre a été très (trop ?) intense. Certaines agglomérations enregistrent des hausses de plus de 30% sur un an…
Élément supplémentaire : la démographie est bien moins favorable pour soutenir la demande future par rapport au niveau des stocks.
Depuis le début de l’année, nous assistons à une baisse des prix, alors même que le prix des matériaux de construction est toujours en hausse !
Mais revenons pour conclure ce bulletin au marché de l’or et de l’argent.
L’or a cassé tous ses supports de consolidation avec un volume impressionnant, inédit depuis le début de cette même consolidation entamée à l’été 2020.
1830 $ est désormais le support à la baisse. C’est le premier objectif de vente des positions vendeuses qui viennent de s’ouvrir.
L’argent sort d’un corridor court terme de consolidation, mais de façon timide.
La percée de la ligne de consolidation se situe à des niveaux bien plus hauts. Le vrai breakout de l’argent se situe à plus de 27 $ ! L’or mène le bal, doit encore confirmer son récent breakout et comme c’est souvent le cas dans ces conditions, les minières sous-performent, en particulier les productrices argentifères. Le doute est encore bien présent dans ce secteur des minières…
Source: or.fr
À l’attention des lecteurs de BusinessBourse
|
Or.fr offre une solution unique et optimale pour préserver son patrimoine via la détention de métaux précieux : ✓ Or et argent physique (lingots et pièces d’investissement) |
➠ Pour investir dans l’or et l’argent, visitez Or.fr ou contactez le service client au 01 84 88 40 84
Relayez-nous et suivez-nous au travers de nos différents réseaux sociaux ci-dessous:
Page Facebook: https://www.facebook.com/BusinessBourse-BB-348812011910
Twitter: https://twitter.com/BusinessBourse
Telegram: https://t.me/BusinessBourse_BB
Linkedin: https://www.linkedin.com/in/business-bourse-5a663944/
gettr: https://gettr.com/user/businessbourse/
[amazon table= »111552″]



