La Fed peut-elle assurer un atterrissage en douceur de l’économie et faire baisser l’inflation sans causer une récession ? C’est la grande question économique du moment. Elle divise ceux qui croient encore que M. Powell possède les outils pour assurer cette prouesse et ceux qui pensent, au contraire, que la Fed se trouve dans une impasse.
Même si la Banque centrale américaine n’a pas encore commencé à réduire son bilan, elle a déjà diminué l’accélération de la croissance de ce dernier. Si les choses se passent comme prévu, il devrait atteindre un pic d’ici quelques jours.
L’émission de nouveaux titres de dettes s’accélère, même au niveau du crédit à la consommation. Les Américains n’ont jamais autant utilisé leurs cartes de crédit :
Les Américains utilisent leurs cartes de crédit car leurs revenus réels se sont effondrés :
Ce phénomène conduit à une situation historique unique : les chiffres du chômage apparaissent excellents, mais ils traduisent surtout un abandon des candidatures pour des postes trop mal payés par rapport au coût de la vie. Ce chiffre très bas des demandes d’emplois survient à un moment où les conditions d’achats de biens n’ont jamais été aussi défavorables, justement à cause du niveau des prix.
La perspective d’un resserrement monétaire a déjà provoqué une baisse significative de la plupart des actifs.
Sur le marché actions, la baisse touche particulièrement le marché de détail. Nous retiendrons que le vrai début de la baisse de la Bourse a commencé juste après un record mensuel de souscriptions des investisseurs particuliers…
La reprise se confirme également en Chine où les restrictions sanitaires sont peu à peu levées.
Cette reprise mondiale se déroule dans un contexte où l’offre de pétrole est de plus en plus tendue.
L’offre des pays de l’OPEC+ n’est jamais arrivée à retrouver son niveau d’avant COVID et repart même à la baisse en avril :

Nous sommes passés d’un problème d’offre de pétrole à un problème encore plus délicat d’offre de produits pétroliers raffinés.
Nous observons d’ailleurs un peu le même phénomène dans le secteur des métaux. Les stocks de métaux finis dépendent des capacités de raffinage, qui sont exclusivement concentrées en Chine. Quand la Chine s’arrête, c’est toute l’offre de métaux essentiels à l’industrie qui en pâtit.
Cette tension sur les matières premières alimente encore plus la dégradation de la situation géopolitique, tout comme les mesures protectionnistes qui compliquent encore davantage les ruptures sur la chaîne de production. Ces nouvelles conditions réduisent la productivité des entreprises, qui était un moteur déflationniste ces dernières années. La baisse de productivité s’accélère dans les pays développés et ce phénomène accentue d’autant plus l’inflation.
La productivité des travailleurs américains est en baisse de 7,5% par rapport à l’an dernier, son plus mauvais chiffre depuis… 1947 !
En 2022, la Fed ne n’est pas dans la même situation. La bulle n’est pas à ce niveau, mais au niveau des actifs financiers et de tous leurs dérivés (immobilier, actions, obligations, œuvres d’arts…). C’est cette bulle-là que la Fed risque de crever en resserrant sa politique monétaire.
Source: or.fr
Egon Von Greyerz: « Les gouvernements sont en faillite, les dettes augmentent maintenant à un rythme exponentiel »
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