La Fed a donc décidé d’augmenter ses taux directeurs de 0,75%, au moment même où tous les chiffres économiques annoncent une récession globale.
En dehors de la Chine, qui essaie de rebondir après son dernier confinement, tous les pays enregistrent une baisse notable de leurs exportations : 

La confiance des consommateurs s’effondre aussi en Europe, à un plus bas historique…



Les activités métallurgiques sont particulièrement impactées : le secteur de l’aluminium connaît une très forte décrue de la production, car avec des coûts de matières premières en hausse et des coûts énergétiques toujours aussi hauts, les marges des opérateurs s’effondrent, ce qui conduit à une baisse de la production :
Aux États-Unis, La Fed de Philadelphie a déclaré jeudi dernier que son indicateur d’activité commerciale régionale était tombé à -12,3 en juillet, contre -3,3 le mois précédent. Là aussi, ces chiffres sont annonciateurs d’une récession imminente. Même si le gouvernement américain espère que, en dépit de deux semestres de recul du PIB, le pays peut encore éviter une récession, sur le terrain, les retours sont malheureusement différents. Les derniers avertissements de Walmart indiquent une baisse de la consommation à venir en raison de la perte de pouvoir d’achat des Américains. Pour le moment, la demande se maintient plus qu’ailleurs dans le monde : selon les données de GasBuddy, la demande d’essence aux États-Unis est en hausse de 6,3% par rapport à la semaine dernière. Les chiffres de juillet sont largement supérieurs à ceux du mois dernier. Les résultats des entreprises se maintiennent, la demande de crédit aussi, en témoignent les excellents résultats de Visa par exemple. Par contre, les perspectives s’assombrissent dans tous les secteurs. Le message est clair. Le consommateur américain a tenu jusque-là, mais cela risque de ne pas durer…
La Fed agit trop tard pour lutter contre l’inflation. Cette hausse de taux mal coordonnée et trop tardivement anticipée risque, au contraire, d’accélérer la récession qui pointe le bout de son nez.
Cette erreur de politique monétaire a conduit les investisseurs à parier sur des attentes de croissance inférieures à ce qui était attendue lors de la dernière crise financière.


Dans ces conditions, l’or sert de refuge. Les chiffres de la demande physique continuent d’atteindre des records. La peur de la récession maintient l’or à des niveaux élevés, alors que les attentes de désinflation devraient, au contraire, accélerer la correction.
Après le pic d’avril, les attentes d’inflation sont revenues à des valeurs beaucoup plus basses, ce qui a d’ailleurs entraîné un recul sur les taux. Les investisseurs s’attendent à un reflux rapide des chiffres de l’inflation.
Mais comme nous l’expliquions la semaine dernière, la situation des stocks physiques de certaines matières premières nous pousse à être prudent sur la corrélation entre les chiffres d’attente d’inflation et les projections d’indices CPI. La fragmentation des échanges, la crise énergétique et la situation géopolitique de plus en plus complexe risquent de changer la donne. La récession, cette fois-ci, ne s’accompagnerait pas d’une baisse significative de l’inflation. Car même si la demande s’effondre dans le compartiment retail, l’offre de certaines matières premières reste compliquée. Cette perspective de stagflation est le cauchemar que la Fed voulait justement éviter !
Source: or.fr
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