Depuis les années 1960, les États-Unis accumulent des déficits budgétaires croissants. À partir de 2002, les déficits annuels sont colossaux. Le Trésor américain génère donc des dettes, financées par les obligations du Trésor.
Ces obligations étaient achetées par toutes les banques centrales du monde, qui étaient obligées de détenir des dollars ne serait-ce que pour payer leurs importations de pétrole et de gaz, qui ne se vendaient jusqu’à très récemment qu’en USD. Ce n’est plus le cas. La Russie, la Chine, le Japon, le Brésil, l’Arabie Saoudite ont vendu tout ou partie de leurs bons du Trésor US pour dédollariser leurs économies. On constate une forte tendance baissière du pourcentage d’obligations américaines détenues à l’étranger à partir de 2020, lorsque les taux de la Fed ont commencé à remonter.
Sauf que, lorsque les taux directeurs augmentent, ceux qui détiennent des anciennes obligations du Trésor avec un rendement plus bas, vont chercher à les vendre pour acheter les dernières obligations émises par le Trésor, qui offre un meilleur rendement. De ce fait, sur le marché, la valeur des obligations chutent.

Depuis 2010, le cumul de la nouvelle dette publique américaine s’élève à 19 559 milliards $ (cf les chiffres de la Réserve fédérale des États-Unis) :
La Réserve fédérale a laissé entendre cet été à Jackson Hole que la lutte contre l’inflation n’était pas finie et qu’il allait falloir continuer à monter les taux. La politique monétaire du FOMC sera divulguée le 20 septembre. Une nouvelle hausse des taux fera mécaniquement chuter la valeur des bons du Trésor en Bourse et pourrait déclencher une nouvelle vague de faillites bancaires.
En toute logique, les banquiers et institutions financières devraient vendre ces bons du Trésor, classés Tier One, dont la valeur chute, pour les remplacer par de l’or, classé Tier One depuis le 1er janvier 2023.
La demande d’or des banques s’annonce extrêmement forte au dernier trimestre 2023, et ce d’autant plus que la crise bancaire risque de s’étendre à l’international, comme en 2008.
Où va l’or à court terme ?
Après l’effondrement du London Gold Pool, l’once d’or est passé de 32 $ en 1967 à 850 $ en 1980 après deux grosses vagues de hausse, séparées par une consolidation de 18 mois entre décembre 1974 et août 1976.
Le prix de l’or a été multiplié par 5 durant la première vague haussière de 1967 à 1974.
En août 1976, l’or a consolidé à 100 $ avant de monter à 850 $. Son prix a été multiplié par 8,5 lors de la seconde vague de hausse.
De 1967 à 1980, le prix de l’or a été multiplié par 24.
Il s’est ensuivi une longue phase de consolidation, qui s’est achevée en janvier 2016, à 1 046 $, date du début de la deuxième jambe de hausse.
Selon la théorie d’Elliott, ces grandes vagues de hausse se décomposent en cinq sous-vagues :

L’or en euro
Après une belle poussée haussière fin août, le cours de l’or en euro a formé une consolidation horizontale en drapeau.
La résistance du drapeau a été cassée en fin de semaine dernière, et le pullback a été fait vendredi 8 septembre, tout en reprenant appui sur la MM200H, ce qui est très haussier.
Graphiquement, le premier objectif de la figure tasse-avec-anse qui précède est 1 834 €.
L’or en livre sterling
Après la forte poussée haussière de 2019-2020, l’or en livre sterling a consolidé horizontalement, formant une longue figure tasse-avec-anse, dont la ligne de résistance a été cassée en avril-mai. Le pullback sur cette résistance a été fait cet été, et depuis les cours rebondissent sur le support oblique haussier.
La semaine dernière, le cours est revenu au-dessus de toutes les résistances. L’objectif premier de la hausse à venir est 300 £ plus haut.
Le pétrole est très haussier
Les prix des métaux précieux, particulièrement celui de l’argent, sont intimement liés aux prix de l’énergie. Washington a massivement vendu ses réserves stratégiques de pétrole pendant des mois pour faire baisser le cours du baril et faire croire que l’inflation était maîtrisée.
L’Arabie Saoudite va prolonger la réduction volontaire de sa production pétrolière, ce qui devrait faire monter les cours de l’or noir à court terme.
Après que Riyad ait rejoint les BRICS+ en même temps que l’Iran et l’Argentine, le nouveau groupe géopolitique va contrôler plus de la moitié de la production d’énergie fossile. Les prix à terme ne seront plus contrôlés par les États-Unis.
Les cours du pétrole étaient bloqués depuis plusieurs jours sous la résistance à 90,99 $ :
La MM100W est désormais en soutien pour pousser les cours vers les 100 $ :
Le sucre est haussier
Le sucre réagit en parallèle aux prix de l’énergie. Il s’est envolé au début des années 1970 (cf le film « Le sucre »), formant une bulle spéculative, suivi par l’argent et le premier choc pétrolier. À chaque poussée de l’argent, le sucre s’envole avant l’heure et fait un rallye haussier : 2006 – 2011 – 2016… 2023 ?
Après une forte poussée en avril 2023, le sucre a formé une consolidation en drapeau. La résistance a été cassée la semaine dernière. Belle hausse depuis !
Source: or.fr
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