L’événement macroéconomique de la semaine nous vient du Japon où le Yen a enregistré son niveau le plus bas par rapport au dollar américain depuis 1990.
Le dollar est au plus haut face à la monnaie japonaise depuis 34 ans. La résistance des 150 yens pour 1 dollar est sur le point d’être franchie, un niveau qui avait historiquement servi de support dans les années 1980. Si cette résistance est percée, le dollar pourrait rapidement grimper à des niveaux jamais vus au Japon depuis une génération :
L’annonce de la BoJ n’a pas seulement manqué de soutenir le yen, elle a au contraire accentué sa baisse. Les investisseurs n’ont pas jugé le discours de la Banque du Japon comme suffisamment ferme pour défendre la valeur de la monnaie :

Le marché a semble-t-il compris que derrière le discours de fermeté se cache un paradoxe tout particulier. En effet, bien que la défense du yen soit officiellement un enjeu national, la lente érosion de la monnaie nippone est finalement plutôt positive pour le Japon.
Tout d’abord, une hausse brutale des taux d’intérêt serait insoutenable pour le poids de la dette publique. Avec une dette dépassant les 200% du PIB, le Japon a tout intérêt à maintenir des taux très bas pour éviter une explosion de la charge de la dette. L’objectif est de laisser l’inflation éroder progressivement cette dette colossale. Cependant, la monétisation de la dette enclenchée par le Japon depuis plus de 20 ans commence à avoir des conséquences directes sur le niveau d’inflation dans le pays. La BoJ court ainsi un risque croissant de voir cette inflation s’accélérer brusquement. Il est nécessaire que l’inflation absorbe cette monétisation, mais pas trop vite.
Un autre défi pour le Japon provient de la Chine. Alors que le dollar atteint un niveau record par rapport au yen, le renminbi bat également un record par rapport au yen pour la première fois depuis 1993 :
Cette dévaluation implique de continuer à se débarrasser des bons du Trésor américain. La vente des obligations du Trésor américain par la Chine devrait encore s’accélérer en pleine guerre monétaire :
Cette double situation de blocage de la BoJ – dont la crédibilité est actuellement testée par les marchés – et la guerre des monnaies en cours profitent bien évidemment à l’or.
L’envolée de l’or en yens est particulièrement spectaculaire :
Face au risque d’effondrement de la valeur de leurs réserves en monnaie fiduciaire, il est logique de voir les banques centrales accélérer leurs achats d’or.
Ce mouvement s’est effectivement intensifié ces derniers mois.
Otavio Costa a récemment publié un graphique captivant qui illustre la transition des banques centrales vers l’or. Il apparaît clairement que ces institutions achètent de l’or au moment même où elles se désengagent du marché des obligations souveraines :
Cette perte de confiance touche particulièrement les pays fortement endettés, notamment ceux confrontés au mur de la dette, dont nous avons détaillé les mécanismes dans nos bulletins précédents.
Au moment même où les banques centrales se détournent des titres de dette, les États-Unis émettent un volume record d’obligations à court terme pour refinancer leur dette. Les États-Unis sollicitent actuellement le marché de manière aussi intensive que lors de la crise du COVID-19 :
Source: or.fr
À l’attention des lecteurs de BusinessBourse
|
Or.fr offre une solution unique et optimale pour préserver son patrimoine via la détention de métaux précieux : ✓ Or et argent physique (lingots et pièces d’investissement) |