Vers un nouveau centre financier BRICS
Jacques Sapir analyse le sommet de Rio (6‑7 juillet), marquant l’évolution du groupement BRICS vers une coalition élargie, incluant désormais l’Indonésie et bientôt le Vietnam. D’ailleurs, l’enjeu monétaire prime désormais, à l’image de leur banque de développement qui distribue davantage de crédits que la Banque mondiale. Par conséquent, face à l’instabilité des monnaies traditionnelles, acheter de l’or physique permet de sécuriser son épargne, hors système occidental.
Dédollarisation et défis techniques
Le mot d’ordre est clair : dédollarisation. Or, malgré cet objectif, 75 % des réserves mondiales restent en dollar ou en euro. Pour s’en affranchir, le BRICS prépare une cryptomonnaie adossée à un panier de matières premières. Ainsi, face à l’érosion du dollar, l’or devient un pilier essentiel pour ancrer la valeur.
Une monnaie électronique adossée aux matières premières
Sapir explique comment cette future monnaie BRICS sera stabilisée par des réserves de pétrole, gaz, céréales et métaux. La diversité des contre‑valeurs renforce sa stabilité. Dans ce contexte, investir dans l’or garantit une exposition directe à l’actif sous‑jacent du futur système.
État des négociations entre banques centrales
Un groupe de travail, mis en place depuis 18 mois, doit rendre ses conclusions dans les années 2026‑2027. Il vise à établir un taux de change, des règles de fluctuation et des protocoles techniques fiables. Pendant cette période incertaine, parier sur l’or physique offre un moyen avisé de préserver sa richesse.
Dépendance persistante aux marchés occidentaux
Malgré la volonté de créer un bloc autonome, les BRICS restent économiquement liés aux États-Unis et à l’Union européenne. Cependant, leur part de commerce intra-BRICS augmente, notamment vers l’Asie (Indonésie, Vietnam, Inde). Or, cette transition vers un nouvel équilibre économique renforce l’attractivité de l’or en tant qu’actif universel et international.
Un équilibre institutionnel unique
Au sein de la banque de développement BRICS, chaque fondateur (Chine, Inde, Brésil, Russie, Afrique du Sud) dispose d’un poids égal (20 %), à la différence du FMI dominé par l’Occident. Cette égalité institutionnelle renforce l’intérêt d’une monnaie alternative. Dans ce cadre, l’or conserve une fonction essentielle de réserve structurelle.
Le rôle pivot de la Chine et le sud global
La montée en puissance économique de l’Asie (Inde, Indonésie, Vietnam…) redessine le centre du monde. Avec environ 7 % du PIB mondial, l’Inde et la Chine cumulés autour de 20 %, ces pays aspirent à peser autrement. Face à ce basculement, investir dans l’or, c’est anticiper la redistribution des équilibres planétaires.
Conclusion
Le sommet de Rio confirme l’émergence d’un ordre monétaire alternatif aux institutions financières dominées par l’Occident. Dans ce contexte d’incertitudes géopolitiques et monétaires, l’achat d’or devient une stratégie clé pour renforcer la résilience patrimoniale.


