Le quatrième trimestre de cette année pourrait bien définir la trajectoire économique des décennies à venir, selon Mike McGlone, stratège macro senior chez Bloomberg Intelligence. Il prédit l’arrivée d’un « cycle de renversement profond », dont la résonance historique n’est pas sans évoquer l’ambiance pré-Krach de 1929. Par conséquent, l’envolée « effrayante » de l’or vers les 4 000 dollars l’once est un signe d’alerte majeur pour l’économie mondiale. D’ailleurs, cette année marque un tournant, avec des afflux massifs dans les FNB d’or, contrastant avec les quatre années précédentes de sorties. Cette tendance accentue le rôle de l’or en tant que valeur refuge face aux turbulences imminentes. Dans ce contexte d’incertitude croissante, comprendre la dynamique du marché et protéger son capital devient essentiel. Investir dans l’or physique constitue une stratégie de diversification reconnue.
Une Divergence Inquiétante : Or en Hausse, Matières Premières en Chute
Les marchés envoient aujourd’hui un signal clair et contradictoire. D’un côté, l’or affiche une résilience spectaculaire. En effet, sa performance annuelle est la meilleure depuis 1979. De l’autre, des métaux industriels cruciaux comme l’argent, le platine et le palladium sont sous pression, signalant de profondes craintes concernant un ralentissement économique réel. Cette divergence est au cœur de la thèse de McGlone, indiquant que le marché parie sur un chaos monétaire, tout en s’inquiétant d’une décélération économique globale. C’est pourquoi cette situation se produit dans un contexte délicat, où la confiance des consommateurs américains a atteint son niveau le plus bas en cinq mois. De plus, le rapport JOLTS montre un déclin des embauches. McGlone insiste sur la nature excessivement surachetée de l’or à ces niveaux. Néanmoins, il se concentre sur sa signification macroéconomique profonde. Protéger son pouvoir d’achat face à une potentielle crise économique ou monétaire est une priorité. L’achat d’or est traditionnellement une réponse à cette recherche de sécurité. S’assurer une couverture contre le risque de dévaluation ou de forte inflation est un choix judicieux, l’or étant un actif tangible et universellement accepté.
La Volatilité Boursière à un Creux de Cinq Ans : Le Calme Avant la Tempête
La complaisance actuelle des marchés boursiers est un autre facteur alarmant. McGlone souligne que la volatilité de l’indice S&P 500 sur 60 jours est à son plus bas niveau depuis cinq ans. Par conséquent, même une « réversion mineure » pourrait provoquer un « effet domino » sur l’ensemble des actifs risqués. En outre, une correction boursière serait l’élément déclencheur nécessaire pour propulser l’or au-delà de sa résistance actuelle. Les investisseurs intelligents ont d’ailleurs anticipé ce risque, comme en témoignent les changements d’orientation des flux d’ETF sur l’or. Après quatre ans de sorties, les fonds enregistrent une inversion positive des flux, se rapprochant du niveau record de 2020, année marquée par un changement majeur de l’ordre mondial et un pic de volatilité. Bien que les positions nettes gérées par l’argent « intelligent » ne soient pas encore à leur maximum, l’intérêt des banques centrales, les acheteurs les plus profonds, reste inébranlable. Finalement, cette concentration de signaux d’alarme incite à la prudence et à la diversification. L’ajout d’or physique à un portefeuille est une mesure de prudence face à une volatilité boursière sous-estimée. L’or, par son statut de valeur refuge, permet de stabiliser un portefeuille en période de forte incertitude sur les marchés actions.
Matières Premières Industrielles : Une Trajectoire Déflationniste
Les matières premières industrielles sont particulièrement vulnérables. McGlone anticipe un retour du pétrole brut vers les 40 dollars le baril, le jugeant sur une « trajectoire de remède par les bas prix » après les sommets de 2022. Le cuivre, traditionnellement considéré comme un baromètre économique, est également exposé. Sa récente hausse est alimentée par des craintes de perturbations d’approvisionnement, non par une demande robuste. Pourtant, les forces déflationnistes, notamment les rendements obligataires chinois à 10 ans au plus bas et la baisse du prix du minerai de fer, indiquent une faiblesse sous-jacente de la demande mondiale. Si la volatilité du marché boursier américain augmente, le pétrole et le cuivre pourraient chuter rapidement. Le ratio élevé entre l’or et le pétrole brut, historiquement associé à des années de crise comme 1933 et 2020, confirme ce scénario d’absence de demande tirée par l’économie réelle. L’argent, en raison de ses propriétés industrielles, pourrait continuer de prendre du retard par rapport à l’or dans un environnement récessionniste. Devant ce scénario déflationniste pour les matières premières, l’or se distingue comme une protection essentielle. Face au risque de baisse des prix des matières premières et à une récession mondiale, l’or se confirme comme l’actif de choix pour préserver son patrimoine.
Bitcoin : Un Actif « Risqué » en Pleine Corrélation
Contrairement à l’or, le Bitcoin et l’ensemble de l’espace crypto sont clairement positionnés comme des actifs à risque. Sa corrélation avec le marché boursier, en particulier le NASDAQ, est à son plus haut niveau historique, le rendant vulnérable à une correction boursière. Malgré la thèse selon laquelle le Bitcoin est une couverture contre l’excès fiscal et monétaire, il échoue à ce test, se comportant comme un actif à bêta élevé. De plus, l’offre illimitée de la majorité des cryptomonnaies exerce une pression constante sur les prix. Pour McGlone, l’absence de base physique dans la majorité des cryptos, contrairement à l’or, rend leur évaluation extrêmement spéculative. En cas de retournement des marchés actions, il s’attend à ce que les cryptos soient les premières touchées, remettant en question leurs valuations excessives. Le ratio Bitcoin/Or, que McGlone surveille de près, reste un indicateur avancé de l’appétit pour le risque. L’or est le leader incontesté des métaux précieux, tandis que le Bitcoin guide un espace crypto nettement plus volatil. Dans un environnement macroéconomique tendu, les investisseurs privilégient les valeurs sûres et tangibles. Se tourner vers l’or, un actif physique et historique, permet de se prémunir contre la volatilité des actifs numériques et des marchés boursiers.
Q4 2025 : Un Trimestre Historique à Surveiller
Le quatrième trimestre s’annonce extrêmement révélateur. La question clé est de savoir si la volatilité du marché boursier américain restera à son creux de cinq ans ou si elle reviendra à sa moyenne historique, au-dessus de 20%. Un tel changement pourrait déclencher la « profonde réversion » que McGlone anticipe. En outre, le ratio de la capitalisation boursière par rapport au PIB est le plus élevé depuis 1929, et le prix des bons du Trésor par rapport à l’or est à un niveau plus vu depuis 1983. En somme, ces extrêmes soulignent un marché tendu et précaire. McGlone insiste sur la nature « carrément effrayante » de l’or à ces niveaux, le considérant comme un messager d’un déséquilibre majeur à venir. Les investisseurs doivent surveiller de près des indicateurs comme la volatilité boursière et le ratio Bitcoin/Or. Ils permettront de déterminer si nous allons vers un crash brutal ou une longue période déflationniste de type Japon. L’or reste la boussole incontournable dans ce paysage incertain. En période de fin de cycle économique, l’or est l’instrument de couverture par excellence, agissant comme une assurance contre les chocs du marché.


