La récente correction des marchés de l’or et de l’argent a surpris certains investisseurs. Pourtant, pour Egon von Greyerz, figure emblématique de l’investissement en métaux précieux, il ne faut ni paniquer ni douter : cette baisse est normale, saine et même nécessaire dans un puissant marché haussier.
Avec une hausse de 86 % pour l’or et de 155 % pour l’argent depuis janvier 2025, la volatilité n’a rien d’anormal. Bien au contraire. Selon lui, nous sommes entrés dans une nouvelle ère monétaire où les actifs réels prendront durablement le dessus sur les actifs papier.
Une correction violente… mais parfaitement normale
Vendredi dernier, les marchés ont connu un recul marqué des métaux précieux. Un mouvement rapide, impressionnant visuellement, mais classique dans un bull market accéléré. Egon von Greyerz rappelle qu’après une progression aussi spectaculaire depuis début 2025, des phases de consolidation sont inévitables.
Il est essentiel de garder du recul : l’or reste proche de ses niveaux de début d’année, et l’argent ne cède que marginalement sur l’année en cours. Dans cette perspective, une correction devient une fenêtre d’opportunité pour renforcer ses positions via l’achat d’or physique dans une logique patrimoniale plutôt que de céder à l’émotion court-termiste.
Un marché haussier multi-annuel face aux actifs papier
Egon von Greyerz insiste : le ratio S&P 500 / or vient d’atteindre un point bas significatif, signalant un retournement structurel en faveur du métal jaune. Cela signifie que l’or commence à surperformer les actions américaines.
Selon lui, cette tendance pourrait durer 5 à 10 ans, voire davantage. Nous assisterions au début d’un basculement monétaire profond, avec une perte progressive de valeur des devises actuelles. Dans cette transition, détenir des actifs tangibles comme de l’or physique hors système bancaire devient un choix stratégique de long terme.
Mesurer sa richesse en onces, pas en devises
Un point central du discours d’Egon von Greyerz concerne la manière de mesurer la richesse. Il estime que raisonner en dollars, euros ou yens est trompeur, car ces monnaies se déprécient continuellement.
La véritable mesure patrimoniale devrait être le nombre d’onces détenues. Combien d’or possédez-vous ? Combien d’argent physique ? Voilà la question fondamentale. Dans un contexte de dévalorisation monétaire accélérée, renforcer progressivement son stock via l’acquisition d’or d’investissement en grammes ou en onces permet de préserver un étalon réel de richesse.
Marchés papier sous tension : COMEX et LBMA fragilisés
Egon von Greyerz alerte également sur la fragilité des marchés dérivés, notamment le COMEX à New York. Il évoque des mécanismes permettant de contourner les « circuit breakers » lors des fortes baisses, accentuant la volatilité artificielle.
Plus inquiétant encore : le volume de positions « papier » dépasse largement les stocks physiques disponibles. Si un nombre significatif d’acteurs exigeait une livraison réelle, le système pourrait être sous pression. Cette dissociation entre papier et métal réel renforce l’intérêt de privilégier l’or physique détenu directement plutôt que des produits financiers indexés.
L’argent : un potentiel explosif selon les ratios historiques
L’argent, plus volatil, a connu une correction plus marquée. Mais pour Egon von Greyerz, c’est précisément ce qui en fait une opportunité exceptionnelle.
Il évoque un scénario où l’or atteindrait 10 000 dollars (niveau qu’il juge plausible dans cette nouvelle ère monétaire). Avec un ratio or/argent historique autour de 15, cela impliquerait un argent à environ 666 dollars. Avec un ratio plus tendu de 10, l’argent pourrait théoriquement viser 1 000 dollars. Même si ces projections restent indicatives, elles illustrent le potentiel asymétrique du métal gris. D’où l’intérêt de diversifier son épargne vers l’achat d’or et d’argent physiques comme actifs réels.
Vers la fin d’une ère monétaire ?
Au-delà des prix, Egon von Greyerz parle d’un changement systémique : restructuration bancaire, tensions sur les dettes souveraines, remontée potentielle des taux vers des niveaux comparables aux années 1970 (15 % à 20 %), et inflation persistante.
Dans un tel environnement, conserver uniquement des actifs financiers ou des liquidités bancaires représenterait un risque croissant. Les métaux précieux ne sont pas, selon lui, un outil de spéculation rapide, mais un instrument de protection intergénérationnelle. C’est pourquoi il encourage les investisseurs à considérer l’or physique comme pilier central d’une stratégie de préservation du patrimoine.
Ne pas craindre la correction : saisir l’opportunité
Le message final est clair : une correction dans un marché haussier rapide est une respiration, pas un signal de fin. Les marchés des métaux précieux resteront volatils. L’argent, notamment, peut connaître des mouvements brusques.
Mais selon Egon von Greyerz, la tendance de fond est intacte. Nous serions seulement à mi-parcours d’un cycle haussier majeur. Attendre un « moment parfait » revient souvent à manquer le train. C’est dans ces phases de repli que l’on peut renforcer sereinement sa position via l’achat d’or physique pendant les corrections.
Conclusion
La correction actuelle n’est pas un effondrement, mais un ajustement naturel dans un marché haussier puissant. Avec une hausse spectaculaire depuis 2025, une pause était inévitable.
Selon Egon von Greyerz, nous entrons dans une nouvelle ère monétaire marquée par la fragilité des devises et des marchés papier. Dans ce contexte, la question n’est pas de savoir combien vaut l’or en dollars, mais combien d’onces vous détenez réellement.
Et si l’histoire monétaire nous enseigne une chose, c’est que les périodes de doute sont souvent les meilleures pour agir avec lucidité.


