Or à 25 000 dollars : pourquoi Luke Gromen estime que le mouvement ne fait que commencer

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Un objectif à 15 000 – 25 000 $ : sur quel horizon ?

Dans plusieurs interventions récentes, Luke Gromen avance un scénario audacieux : l’or pourrait atteindre entre 15 000 et 25 000 dollars l’once sur un horizon de 5 à 10 ans. Il ne parle pas d’un pic spéculatif immédiat, ni d’un emballement irrationnel à court terme. Il insiste au contraire sur une dynamique structurelle liée aux déséquilibres monétaires américains. Dans cette optique de long terme, l’achat d’or physique comme réserve stratégique n’est pas un pari court-termiste, mais une allocation défensive face à un réajustement monétaire profond.

Un constat surprenant : l’or a déjà surperformé le S&P 500 sur longue période

L’un des arguments centraux de Gromen repose sur les performances comparées de l’or et du S&P 500 (dividendes réinvestis). Selon ses calculs, l’or aurait surperformé l’indice américain sur 1 an, 2 ans, 5 ans, 10 ans, 20 ans et même 25 ans — à l’exception notable des achats effectués autour de 2011. Autrement dit, sur l’essentiel de sa carrière, un investisseur aurait obtenu un rendement supérieur en restant positionné sur le métal jaune. Ce constat renforce l’intérêt d’un achat d’or en diversification face aux actions américaines, particulièrement dans un contexte où les valorisations boursières restent historiquement élevées.

Pourquoi les investisseurs américains sous-estiment-ils l’or ?

Gromen souligne un biais comportemental : beaucoup d’investisseurs n’achètent que ce qui monte déjà fortement. Or, les actions américaines ont bénéficié pendant plus d’une décennie d’un environnement exceptionnel : taux bas, rachats d’actions massifs, domination du dollar, leadership technologique. Mais si le cycle monétaire change, la hiérarchie des actifs peut évoluer. Dans cette perspective, intégrer progressivement un achat d’or patrimonial dans une stratégie d’allocation permet de se positionner avant un éventuel retournement de cycle.

Un enjeu de sécurité nationale pour les États-Unis

Selon Gromen, la question dépasse la simple performance financière : elle touche à la sécurité nationale américaine. Les États-Unis doivent financer simultanément un déficit budgétaire massif et un déficit commercial structurel. La dette fédérale a dépassé les 34 000 milliards de dollars en 2025, un niveau inédit en temps de paix. Si la demande internationale pour les bons du Trésor ralentit, Washington pourrait être contraint d’accepter un dollar plus faible ou un réajustement monétaire implicite. Dans ce scénario, l’achat d’or comme couverture contre la dévaluation monétaire prend tout son sens.

Banques centrales : un signal fort en faveur du métal jaune

Les chiffres sont éloquents. Depuis 2022, les banques centrales achètent plus de 1 000 tonnes d’or par an — un record historique. Des pays comme la Chine, l’Inde et la Turquie renforcent activement leurs réserves. Ce mouvement traduit une volonté de diversification face au dollar et aux risques géopolitiques. Pour les investisseurs particuliers, suivre cette tendance institutionnelle via l’achat d’or physique adossé à une logique internationale revient à s’aligner sur une stratégie adoptée par les États eux-mêmes.

Un simple ajustement mathématique ?

Certains analystes rappellent qu’en rapportant la masse monétaire américaine (M2) aux réserves d’or officielles, un prix théorique beaucoup plus élevé serait nécessaire pour restaurer une forme d’équilibre implicite. Sans prédire un retour formel à l’étalon-or, Gromen évoque un réalignement progressif. Si la confiance dans la dette américaine devait s’éroder, l’or pourrait absorber une partie de cet ajustement. Dans ce cadre, l’achat d’or physique en anticipation d’un rééquilibrage monétaire apparaît comme une assurance contre l’instabilité systémique.

5 à 10 ans : un horizon raisonnable

Contrairement aux scénarios sensationnalistes annonçant 40 000 dollars « demain », Gromen insiste : le timing exact importe moins que la trajectoire structurelle. Un horizon de 5 à 10 ans correspond à un cycle économique complet. Cela signifie que la progression pourrait être graduelle, ponctuée de corrections. L’investisseur discipliné privilégiera donc une approche progressive via l’achat d’or échelonné dans le temps, plutôt qu’un positionnement spéculatif unique.

Or vs actions : complémentarité plutôt qu’opposition

Il ne s’agit pas d’abandonner totalement les marchés actions. Le S&P 500 reste un moteur puissant d’innovation et de croissance. Mais dans un monde marqué par des déficits jumeaux, une géopolitique fragmentée et une dette record, la diversification redevient essentielle. L’achat d’or comme pilier de stabilité patrimoniale permet d’équilibrer un portefeuille exposé aux actifs financiers traditionnels.

Conclusion : scénario extrême ou simple logique historique ?

Un or à 15 000 ou 25 000 dollars peut sembler spectaculaire. Pourtant, replacé dans le contexte d’une dette fédérale explosive, d’achats massifs des banques centrales et d’une possible redéfinition du rôle du dollar, ce scénario s’inscrit dans une réflexion macroéconomique cohérente. Comme le souligne Luke Gromen, la question n’est pas de savoir si l’or va doubler en quelques mois, mais si les déséquilibres actuels peuvent perdurer indéfiniment sans ajustement. Dans cette optique, l’achat d’or physique comme assurance financière de long terme constitue moins une spéculation qu’une stratégie de prudence éclairée.

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