Le cycle économique est-il vraiment mort ? Quand les marchés défient la réalité… Avec David Rosenberg

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Depuis plusieurs mois, une conviction s’impose sur les marchés. Le cycle économique serait mort. Plus de récession. Plus de marché baissier. Désormais, il suffirait d’acheter chaque repli. Pourtant, cette certitude interroge. Car l’histoire économique ne disparaît jamais. Elle se répète, souvent quand plus personne n’y croit.

D’abord, la croissance actuelle donne une impression trompeuse. À première vue, l’économie américaine tient bon. Cependant, en creusant, la réalité apparaît plus fragmentée. La progression repose sur une minorité. Principalement, les 10 % les plus riches. Leur consommation est dopée par la hausse des marchés financiers, non par l’évolution des revenus réels. Dans ce contexte instable, de nombreux investisseurs cherchent à sécuriser une partie de leur patrimoine via des actifs tangibles, comme l’or physique, accessible par exemple via une solution spécialisée.

Ensuite, l’investissement productif est lui aussi déséquilibré. L’intelligence artificielle capte l’essentiel des flux. Les dépenses explosent dans ce seul secteur. En revanche, le reste de l’économie stagne. Industrie traditionnelle, services classiques, construction : la croissance y est quasi nulle. Autrement dit, sans l’IA, l’économie serait à l’arrêt. Cette concentration excessive rappelle des périodes passées, souvent suivies de corrections brutales.

Par ailleurs, le marché du travail envoie des signaux préoccupants. Les créations d’emplois ralentissent. Les embauches se raréfient. Les petites entreprises, en première ligne, réduisent leurs effectifs. Pourtant, les licenciements massifs tardent à apparaître. Cette inertie masque temporairement la détérioration réelle. Historiquement, lorsque les embauches chutent durablement, la récession n’est jamais loin. Dans ces phases de transition, les stratégies de préservation du capital, notamment via des actifs décorrélés des marchés actions, redeviennent centrales.

De plus, la consommation repose désormais sur un paradoxe inquiétant. Les revenus réels baissent. Pourtant, les dépenses tiennent. Pourquoi ? Parce que l’épargne fond. Les ménages compensent la hausse des coûts essentiels. Assurance. Santé. Énergie. Ce ne sont pas des choix. Ce sont des contraintes. Ainsi, chaque dollar supplémentaire est absorbé par les dépenses incompressibles, et non par la consommation discrétionnaire.

Dans ce contexte, croire à la disparition des cycles relève de l’excès de confiance. L’idée que les marchés ne peuvent plus baisser s’est installée. Elle nourrit une forme de complaisance collective. Pourtant, les valorisations racontent une autre histoire. Les multiples atteignent des niveaux historiquement extrêmes. Le rendement réel des actions rivalise désormais avec celui des obligations. Autrement dit, le risque n’est plus rémunéré. Face à cette asymétrie, certains investisseurs préfèrent renforcer leur exposition à des réserves de valeur éprouvées.

Parallèlement, la politique monétaire perd de son efficacité. Les banques centrales baissent les taux. Cependant, les taux longs restent élevés. Or, ce sont eux qui déterminent le coût du crédit pour l’économie réelle. Immobilier. Entreprises. Ménages. Résultat : le stimulus attendu ne se matérialise pas. Le moteur tourne, mais la transmission est grippée.

Enfin, l’histoire montre une constante. Les cycles ne meurent jamais. Ils sont simplement niés, puis redécouverts. Chaque période d’euphorie s’accompagne d’un discours nouveau. Cette fois serait différente. Toujours. Jusqu’au moment où la réalité reprend ses droits. Dans cet environnement, la diversification redevient une nécessité, notamment via des actifs physiques hors système financier.

En conclusion, le cycle économique n’a pas disparu. Il est simplement masqué par une concentration extrême de la richesse, de l’investissement et de la croissance. Lorsque ces piliers vacillent, le réveil est souvent brutal. Anticiper, plutôt que suivre la foule, reste la seule stratégie durable.

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