Crise existentielle ou hyperinflation : le dilemme explosif qui menace l’économie mondiale – Avec Michael Pento

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L’économie américaine — et par extension le système financier mondial — serait, selon Michael Pento, au bord d’un choix historique : accepter une purge douloureuse mais nécessaire… ou sombrer dans une fuite en avant monétaire pouvant mener à l’hyperinflation.

Fondateur de Pento Portfolio Strategies, gestionnaire actif et observateur attentif des marchés du crédit, Michael Pento ne parle pas d’un simple ralentissement conjoncturel. Il évoque une fragilité systémique extrême, alimentée par trois bulles simultanées : crédit, immobilier et actions. Un phénomène inédit dans l’histoire moderne.

Dans cet environnement incertain, la question de la préservation du pouvoir d’achat redevient centrale, notamment via des actifs tangibles comme l’achat d’or, souvent considéré comme un stabilisateur en période de désordre monétaire.

Un système sous perfusion permanente de liquidités

Michael Pento insiste sur un point fondamental : le système financier ne tient que grâce à des injections constantes de liquidités par la Réserve fédérale.

Il rappelle qu’en une seule semaine récente, la Fed aurait injecté 55 milliards de dollars dans le système. Sans cette monétisation continue, affirme-t-il, « l’économie s’effondrerait ». Les réserves bancaires excédentaires ont fondu par rapport aux sommets atteints après la crise sanitaire, rendant le système particulièrement vulnérable au moindre choc de liquidité.

Les récents épisodes de volatilité — cryptomonnaies en chute brutale, forte correction sur certains métaux, tensions sur les valeurs technologiques — illustrent, selon lui, cette fragilité structurelle.

Dans un système dépendant de la création monétaire, protéger une partie de son patrimoine contre la dépréciation potentielle de la devise devient une stratégie défensive classique, notamment par l’achat d’or, historiquement utilisé comme réserve de valeur hors système bancaire.

Trois bulles simultanées : une situation inédite

Pento souligne qu’il n’existe aucun précédent historique combinant simultanément :

– une bulle massive sur les actions,

– une bulle immobilière persistante,

– une bulle de crédit d’ampleur systémique.

Lors de l’éclatement de la bulle internet, la surévaluation était concentrée sur le Nasdaq. En 2008, la crise était principalement immobilière et bancaire. Aujourd’hui, selon lui, tout est interconnecté.

Il observe également que la croissance américaine repose largement sur l’endettement, notamment dans le secteur technologique où les investissements liés à l’intelligence artificielle sont de plus en plus financés par émission de dette plutôt que par flux de trésorerie.

Dans ce contexte de valorisations extrêmes et de levier élevé, détenir une épargne exclusivement exposée aux actifs financiers traditionnels augmente mécaniquement le risque. Diversifier vers des actifs tangibles via l’achat d’or permet de réduire cette dépendance aux bulles financières.

Une économie à deux vitesses

Un autre point clé du discours de Pento concerne la fracture sociale. Selon lui, 80 % des ménages américains seraient déjà en situation de récession depuis plusieurs années. Seul le quintile supérieur maintiendrait la consommation agrégée.

L’inflation, même ralentie par rapport aux pics post-pandémie, a profondément érodé le pouvoir d’achat. Il rappelle que l’inflation officielle reste au-dessus de l’objectif de 2 % depuis près de cinq ans, ce qui constitue un échec manifeste de la politique monétaire selon ses critères.

Il insiste surtout sur un élément souvent mal compris : ce n’est pas le rythme de hausse des prix qui pose problème, mais leur niveau désormais durablement élevé. Une inflation passée de 9 % à 3 % ne signifie pas que les prix baissent — ils continuent d’augmenter.

Dans ce type d’environnement, l’or joue traditionnellement un rôle de maintien du pouvoir d’achat sur le long terme, d’où l’intérêt stratégique que certains accordent à l’achat d’or comme outil de stabilisation patrimoniale.

Le marché obligataire : la véritable ligne de fracture

Pour Michael Pento, le véritable danger ne se situe pas d’abord sur les marchés actions, mais sur le marché obligataire.

Les États-Unis doivent refinancer environ 10 000 milliards de dollars de dette sur l’exercice budgétaire en cours. Si les investisseurs étrangers — Chine, Japon, Europe — réduisent leurs achats de Treasuries, la Fed devra intervenir davantage.

Mais monétiser massivement la dette publique pose un dilemme :

– Soit les taux longs montent fortement pour attirer des acheteurs privés.

– Soit la Fed plafonne artificiellement les taux (contrôle de la courbe), au risque d’affaiblir brutalement le dollar.

Dans les deux cas, la stabilité monétaire est menacée. Une hausse violente des taux ferait éclater les bulles. Une monétisation excessive ouvrirait la voie à une perte de confiance dans la devise.

Face à ce risque asymétrique, certains investisseurs choisissent de détenir une portion de patrimoine en dehors du système obligataire via l’achat d’or, actif qui ne dépend ni d’un émetteur ni d’un taux d’intérêt.

Désintoxication ou overdose monétaire ?

L’image la plus marquante utilisée par Pento est celle d’un patient dépendant à l’héroïne.

Selon lui, l’économie est devenue dépendante :

– aux bulles d’actifs,

– à la dette,

– à l’inflation,

– aux injections de liquidités.

Tenter de stopper brutalement cette dépendance provoquerait une crise sévère — possiblement une dépression. Mais continuer à injecter toujours plus de liquidités pourrait mener à une « hyperinflation crack-up boom », une phase d’effondrement monétaire où la monnaie perdrait rapidement sa valeur.

Autrement dit :
👉 soit une purge douloureuse mais potentiellement salutaire,
👉 soit une fuite en avant qui détruirait le pouvoir d’achat.

Dans les deux scénarios, la détention d’actifs réels — dont l’or — sert historiquement de protection contre l’érosion monétaire, ce qui explique l’intérêt renouvelé pour l’achat d’or lorsque la confiance dans la monnaie vacille.

L’or ne rend pas riche, il empêche l’appauvrissement

Michael Pento tient toutefois à nuancer : l’or n’est pas un outil d’enrichissement rapide.

Il le définit plutôt comme un « placeholder », un stabilisateur de pouvoir d’achat. Si l’or atteignait des niveaux extrêmement élevés, cela signifierait surtout que la devise aurait perdu massivement en valeur.

Autrement dit, posséder de l’or ne garantit pas la prospérité, mais peut éviter l’appauvrissement lors des phases de dépréciation monétaire.

Dans un monde où les banques centrales pourraient être contraintes de monétiser des milliers de milliards supplémentaires, intégrer une allocation raisonnable via l’achat d’or constitue, pour certains investisseurs, une assurance contre les excès du système.

Conclusion : un tournant historique

Michael Pento ne se présente ni comme un alarmiste permanent ni comme un optimiste béat. Il affirme que les marchés peuvent encore progresser à court terme, mais que le système reste extraordinairement fragile.

Le véritable enjeu n’est pas de savoir si une correction aura lieu, mais sous quelle forme :

– Déflation brutale et réconciliation des prix d’actifs avec les revenus réels ?

– Ou hyperinflation destructrice pour préserver artificiellement les bulles ?

Dans les deux cas, la période actuelle ressemble à un tournant monétaire majeur. Et dans ces moments d’incertitude extrême, la diversification vers des actifs tangibles, notamment par l’achat d’or, redevient un outil de prudence plutôt qu’un simple choix d’investissement.

L’histoire montre que les grandes crises ne préviennent pas. Elles s’installent progressivement… puis éclatent soudainement.

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