« La plupart des emplois vont disparaître » : Steve Hanke alerte sur 2026, inflation persistante et envolée de l’or

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L’économiste américain Steve Hanke, professeur à l’Université Johns-Hopkins et spécialiste reconnu des politiques monétaires, ne mâche pas ses mots : selon lui, 2026 prolongera les déséquilibres de 2025. Inflation persistante, pouvoir d’achat en berne, marché du travail fragile et tensions géopolitiques formeraient un cocktail explosif. Dans cet environnement, il estime que les actifs réels continueront de capter la valeur, notamment via l’achat d’or physique comme protection contre l’érosion monétaire.

L’illusion monétaire et la crise de l’accessibilité

Pour Steve Hanke, le cœur du problème n’est pas uniquement l’inflation officielle, mais ce qu’il appelle « l’illusion monétaire ». Les salaires nominaux augmentent parfois, mais moins vite que les prix. Résultat : le revenu réel baisse, surtout pour les ménages sous le revenu médian.

Un indicateur frappant illustre cette pression : l’âge médian du premier achat immobilier dépasse désormais largement 30 ans aux États-Unis, en forte hausse sur deux à trois décennies. Cela signifie que l’accession à la propriété devient plus difficile, signe d’un problème d’accessibilité structurel. Face à cette perte de pouvoir d’achat, certains ménages se tournent vers l’achat d’or pour préserver leur épargne dans la durée.

Pourquoi l’inflation restera à des sommets historiques

Hanke rappelle une évidence statistique : tant qu’il y a inflation positive, l’indice des prix à la consommation (CPI) atteint mécaniquement un plus haut historique. Aux États-Unis, cet indice publié par le Bureau of Labor Statistics agrège plus de 300 composantes.

Même avec une inflation de 1 %, le CPI progresse. Seule une déflation — comme observée temporairement en Chine en 2025 — permettrait une baisse durable de l’indice. Or, selon Hanke, la masse monétaire américaine recommence à accélérer, ce qui rend improbable un retour durable à une inflation faible. Dans ce contexte de hausse continue des prix, l’achat d’or comme rempart contre l’inflation persistante apparaît comme une couverture rationnelle.

La Fed change de cap : retour à la création monétaire

Autre inquiétude : l’arrêt du resserrement quantitatif (QT) et le possible retour à l’assouplissement quantitatif (QE) par la Réserve fédérale des États-Unis.

La baisse des Fed Funds, la fin progressive du quantitative tightening et l’assouplissement du ratio de liquidité bancaire augmentent la capacité de prêt des banques. Or, plus de crédit signifie plus de masse monétaire. Pour Hanke, « le génie de l’inflation ne retournera pas dans la bouteille ». Dans un tel scénario monétaire, l’achat d’or physique hors système bancaire constitue une stratégie défensive face à l’expansion monétaire.

Inflation + chômage = indice de misère

Hanke évoque l’« indice de misère », concept popularisé par Arthur Okun : il additionne le taux de chômage et le taux d’inflation.

Si l’inflation repart à la hausse en 2026 et que le marché du travail se détériore, l’indice grimpera mécaniquement. Politiquement, cela fragilise tout gouvernement en place. Économiquement, cela accentue les inégalités : les ménages modestes voient leur pouvoir d’achat diminuer, tandis que les détenteurs d’actifs bénéficient de la hausse des prix des actifs financiers et immobiliers. Pour rééquilibrer son patrimoine, intégrer l’achat d’or comme actif tangible indépendant des politiques publiques peut limiter l’impact de cette divergence.

Explosion des inégalités : la conséquence directe de la politique monétaire

Avant la crise sanitaire de 2020, la richesse des milliardaires représentait environ 14 % du PIB américain. Après l’explosion de la masse monétaire et la flambée des actifs, cette proportion dépasserait désormais 22 %.

Selon Hanke, la politique monétaire n’est pas neutre : lorsqu’elle devient ultra-expansionniste, elle favorise mécaniquement les détenteurs d’actions, d’immobilier et de matières premières. Les classes moyennes et modestes, elles, subissent la hausse des prix. Pour ne pas rester exposé uniquement aux actifs financiers traditionnels, certains investisseurs choisissent l’achat d’or d’investissement reconnu internationalement.

Or à 6 000 dollars : une cible crédible ?

Steve Hanke estime que l’or pourrait atteindre 6 000 dollars l’once si la dynamique monétaire actuelle se poursuit. Le métal jaune enchaîne déjà les records, porté par les banques centrales et les investisseurs institutionnels.

L’argent métal, historiquement plus industriel que monétaire, connaît également une accélération spectaculaire, soutenue en partie par les restrictions d’exportations en Chine. Mais c’est l’or qui conserve la dimension monétaire la plus forte. Dans cette perspective haussière, l’achat d’or physique comme réserve stratégique de long terme s’inscrit dans une logique de préservation plutôt que de spéculation.

Chine, Japon, Europe : le ralentissement global

Hanke souligne que la Chine vise une croissance nominale d’environ 7 % (5 % réel + 2 % inflation), mais que la faible progression de sa masse monétaire compromet cet objectif. Le Japon, lui, souffre de trois décennies de croissance monétaire insuffisante et d’une productivité stagnante.

En Europe, l’Allemagne et le Royaume-Uni montrent des signes de ralentissement marqué. Ce contexte mondial affaibli renforce l’attrait des actifs refuges. Dans un environnement international instable, l’achat d’or comme assurance face aux risques géopolitiques prend une dimension stratégique.

Géopolitique et énergie : le cas du Venezuela

Hanke rappelle que le Venezuela détient les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde. Pourtant, le rythme d’exploitation extrêmement faible réduit considérablement leur valeur économique actualisée.

À l’inverse, des groupes comme ExxonMobil exploitent leurs réserves à un rythme bien plus soutenu, leur conférant une valeur réelle. Cette analyse souligne un principe économique fondamental : une ressource a de la valeur si elle est exploitée efficacement. De la même manière, dans un monde instable, détenir de l’or physique comme actif immédiatement mobilisable offre une valeur concrète et disponible.

Conclusion : 2026, année charnière

Pour Steve Hanke, 2026 ne marquera pas une rupture positive, mais la prolongation des déséquilibres actuels :

  • Inflation persistante.
  • Hausse possible du chômage.
  • Pouvoir d’achat sous pression.
  • Accélération monétaire.

Dans ce contexte, l’or pourrait poursuivre sa trajectoire haussière vers des niveaux inédits. Loin d’être un pari spéculatif, il redeviendrait un instrument d’équilibre patrimonial.

Car lorsque la masse monétaire accélère et que la confiance vacille, l’histoire économique montre une constante : les actifs tangibles reprennent toujours une place centrale dans la hiérarchie des valeurs.

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