« Le système va s’effondrer » : pourquoi Marc Faber alerte sur un effondrement monétaire mondiale

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Depuis plus de cinquante ans, l’investisseur suisse Marc Faber observe les cycles financiers mondiaux. Son constat est sans détour : « The entire system is going to collapse at some point. » Selon lui, l’architecture monétaire actuelle repose sur une expansion excessive de la dette et de la création monétaire. Le système tient… jusqu’au jour où il ne tiendra plus.

Cette perspective peut sembler alarmiste. Pourtant, lorsqu’on analyse l’évolution de la dette mondiale, l’inflation réelle et les tensions géopolitiques croissantes, la question mérite d’être posée. Dans ce contexte incertain, nombreux sont les investisseurs qui privilégient des actifs tangibles via l’achat d’or, perçu comme une assurance face aux déséquilibres monétaires.

Une dette mondiale hors de contrôle

Depuis les années 1970, la dette globale n’a cessé d’augmenter plus vite que la croissance économique. Faber rappelle qu’au début des années Reagan, certains prévoyaient déjà un effondrement dû à l’endettement excessif. Rien ne s’est produit à court terme. Même après le krach de 1987, le système a survécu.

Pourquoi ? Parce que les banques centrales ont systématiquement injecté davantage de liquidités. Ce mécanisme fonctionne tant que la confiance demeure. Mais plus la dette augmente, plus le système devient fragile. Historiquement, lorsque la création monétaire dépasse durablement la production réelle, la valeur de la monnaie finit par s’éroder. C’est précisément dans ce type de configuration que l’achat d’or s’impose comme un outil de protection contre la dilution monétaire.

Des taux négatifs à l’explosion monétaire : l’inédit devient normal

Faber évoque un phénomène qu’il n’aurait jamais imaginé observer : les taux d’intérêt négatifs, théorisés autrefois par l’économiste Silvio Gesell. Pendant des années, l’Europe et le Japon ont expérimenté ce qui relevait autrefois de la fiction académique.

Ajoutez à cela des bilans de banques centrales multipliés par quatre ou cinq depuis 2008, et vous obtenez une situation totalement inédite. Malgré cette expansion monétaire, le système tient encore. Mais pour combien de temps ? Lorsque les repères disparaissent, les investisseurs cherchent des ancrages réels. D’où l’intérêt croissant pour l’achat d’or, actif dont l’offre est limitée par nature.

Inflation réelle versus inflation officielle

Selon Faber, l’inflation réelle est souvent supérieure aux chiffres publiés. L’histoire économique montre que lors des grandes phases inflationnistes — comme en Argentine ou au Brésil dans les années 1980 — les marchés boursiers peuvent grimper en monnaie locale tout en s’effondrant en devise forte.

Le phénomène est simple : si vous imprimez massivement de la monnaie, les actifs montent nominalement, mais la devise se déprécie. À terme, le pouvoir d’achat s’érode. L’or, lui, conserve sa valeur relative sur le long terme. Voilà pourquoi, dans un environnement d’inflation persistante, l’achat d’or reste une stratégie défensive pertinente.

Le basculement du pouvoir économique vers l’Asie

En 1970, la Chine ne représentait qu’environ 2 % de la consommation mondiale de matières premières industrielles. Aujourd’hui, elle en absorbe près de la moitié. L’Inde suit une trajectoire similaire. Ce déplacement du centre de gravité économique remet en cause l’ordre monétaire dominé par le dollar.

Les récentes sanctions financières internationales et le gel d’actifs souverains ont accéléré une tendance majeure : la diversification des réserves de change. De nombreuses banques centrales renforcent leurs stocks d’or afin de réduire leur dépendance au dollar. Cette stratégie étatique reflète ce que les investisseurs privés pratiquent depuis toujours : sécuriser une partie de leur patrimoine par l’achat d’or.

Banques centrales : de Volcker aux « imprimeurs » modernes

Faber considère que le dernier grand banquier central fut Paul Volcker, président de la Réserve fédérale de 1979 à 1987, connu pour avoir brisé l’inflation par une politique monétaire extrêmement restrictive. Depuis, selon lui, les autorités monétaires privilégient l’expansion continue des liquidités.

Lorsque la masse monétaire augmente plus vite que la richesse réelle, les actifs financiers peuvent s’envoler artificiellement. Mais cette prospérité repose sur un équilibre instable. Face à cette incertitude, détenir un actif sans risque de contrepartie comme via l’achat d’or devient une forme de prudence élémentaire.

Actions, marchés émergents et opportunités en période de chaos

Faber rappelle que les crises créent aussi des opportunités. Dans les années 1980, après l’effondrement des monnaies latino-américaines, certaines bourses étaient valorisées à des niveaux historiquement bas avant de rebondir fortement.

Aujourd’hui, alors que les capitaux se concentrent sur quelques géants technologiques américains, d’autres secteurs — notamment les minières — restent relativement sous-évalués. Toutefois, sélectionner les bonnes actions exige expertise et timing. À l’inverse, l’or physique ne dépend ni des résultats trimestriels ni des décisions managériales. L’achat d’or répond à une logique de conservation plutôt que de spéculation.

Or ou Bitcoin ? Le choix de la permanence

Interrogé sur le choix entre Bitcoin et or, Faber est catégorique : en cas d’incertitude extrême, il privilégie le métal physique. Les cryptomonnaies restent, selon lui, dépendantes d’infrastructures numériques et réglementaires.

L’or, en revanche, traverse les siècles, indépendamment des systèmes politiques ou technologiques. Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les risques de conflits et la remise en cause de l’hégémonie américaine, posséder un actif universellement reconnu constitue une forme de sécurité fondamentale. C’est précisément ce que recherchent ceux qui optent pour l’achat d’or.

Conclusion : un système solide… jusqu’au jour où il ne l’est plus

L’histoire montre que les systèmes monétaires peuvent durer plus longtemps que prévu. Mais elle montre aussi qu’ils finissent par céder lorsque les déséquilibres deviennent trop importants.

Dette exponentielle, tensions internationales, dédollarisation progressive, inflation structurelle : tous les ingrédients d’un bouleversement sont présents. Le moment exact demeure imprévisible. Mais comme le souligne Marc Faber, la fragilité du système signifie qu’un choc apparemment mineur pourrait déclencher une réaction en chaîne.

Dans cet environnement, la diversification n’est pas une option, c’est une nécessité. Et parmi les actifs tangibles capables de traverser les crises monétaires, l’or conserve une place centrale — non pas par idéologie, mais par expérience historique.

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