Détroit d’Ormuz, dollar en chute et dette américaine : pourquoi Peter Schiff voit l’or exploser

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La perspective d’un blocage du Détroit d’Ormuz par l’Iran ravive les tensions sur les marchés mondiaux. Pour l’économiste et investisseur Peter Schiff, un tel événement ne serait pas un simple choc géopolitique : il pourrait déclencher une crise obligataire majeure aux États-Unis, précipiter la chute du dollar et accélérer la hausse de l’or et de l’argent.

Son raisonnement est limpide : dans un monde déjà fragilisé par l’endettement record de Washington et des déficits budgétaires persistants, un choc pétrolier pourrait agir comme un catalyseur brutal.

Pourquoi le détroit d’Ormuz est stratégique pour l’économie mondiale

Le détroit d’Ormuz constitue l’un des points de passage énergétiques les plus sensibles de la planète. Environ 20 % du pétrole mondial y transite. Un blocage, même temporaire, provoquerait mécaniquement une flambée des prix du brut.

Selon Peter Schiff, la première conséquence serait une hausse rapide du pétrole… suivie d’une hausse de l’or. Historiquement, chaque choc énergétique majeur a ravivé les craintes inflationnistes. Dans un contexte où l’inflation américaine reste structurellement élevée, cela pourrait raviver la défiance envers le dollar. C’est précisément dans ce type d’environnement que l’achat d’or physique comme protection contre l’inflation importée prend tout son sens.

Hausse du pétrole : inflation et pression sur les taux américains

Une envolée du brut aurait un effet immédiat sur l’inflation. Les coûts de transport, de production et d’énergie grimperaient, pesant sur les ménages et les entreprises.

Le dilemme pour la Réserve fédérale serait immense :

  • relever les taux pour contenir l’inflation, au risque d’aggraver la récession ;
  • ou les maintenir bas, au risque de fragiliser encore davantage le dollar.

Peter Schiff estime que la Fed ne pourra pas remonter significativement ses taux sans provoquer une crise de la dette. Les paiements d’intérêts fédéraux atteignent déjà des niveaux records. Si les rendements obligataires s’envolent, le coût de financement du Trésor deviendra explosif. Dans ce contexte, l’achat d’or comme assurance face à une crise obligataire américaine apparaît comme une couverture stratégique.

Marché obligataire : le véritable point de rupture

La question centrale posée par Schiff est la suivante : que feront les rendements des bons du Trésor ?

Si les taux longs montent sous l’effet de l’inflation et de la défiance envers le dollar, la situation deviendrait « très problématique ». Une hausse brutale des rendements pourrait déclencher :

  • une chute des marchés actions,
  • des tensions bancaires,
  • une nouvelle vague de création monétaire via le retour du quantitative easing.

Or, si la Fed devait relancer massivement la planche à billets pour contenir les taux, cela affaiblirait encore davantage le billet vert. Dans ce scénario, l’achat d’or physique hors système bancaire constitue un rempart contre la dilution monétaire.

Dollar : vers une rupture du support technique ?

L’indice du dollar (DXY) évolue à proximité de niveaux techniques clés. Peter Schiff estime qu’une cassure durable ouvrirait la voie à une baisse significative face à l’euro, au yen et surtout au franc suisse.

Il rappelle d’ailleurs que le dollar a déjà atteint des planchers historiques face au franc suisse, signe précurseur selon lui d’une tendance plus large. Une guerre au Moyen-Orient combinée à une explosion des déficits américains pourrait accélérer ce mouvement de dédollarisation.

Dans un environnement de perte de confiance monétaire, l’achat d’or comme alternative tangible aux devises fiduciaires devient une stratégie patrimoniale rationnelle.

Or et argent : simple rebond ou marché haussier structurel ?

Malgré la volatilité récente, Peter Schiff considère que la dynamique de fond des métaux précieux reste haussière. L’or a consolidé après avoir inscrit de nouveaux sommets, tandis que l’argent a franchi des résistances historiques majeures.

Un élément clé : les minières aurifères ont commencé à surperformer le métal lui-même. Historiquement, cela constitue souvent un indicateur avancé d’un marché haussier durable. Pour Schiff, nous sommes encore dans les premières phases d’un cycle de réallocation des capitaux hors des actifs américains surévalués.

Dans cette optique, l’achat d’or physique dans une logique de long terme ne relève pas de la spéculation, mais de la préservation de patrimoine.

Bitcoin, actions américaines et rotation des capitaux

Peter Schiff établit une distinction nette entre l’or et le Bitcoin. Selon lui, Bitcoin est un actif spéculatif corrélé à l’appétit pour le risque, alors que l’or est une réserve de valeur historique.

Il observe par ailleurs que l’or surperforme le S&P 500 depuis plusieurs années lorsqu’on exprime l’indice en or plutôt qu’en dollars. Cette rotation relative traduit un affaiblissement structurel des actifs américains.

Dans un scénario de choc énergétique et de crise obligataire, les actifs risqués pourraient subir une correction marquée. D’où l’intérêt, selon lui, de renforcer les actifs tangibles via l’achat d’or comme pilier défensif d’un portefeuille diversifié.

Inflation : une réalité sous-estimée ?

Peter Schiff critique également la lecture officielle de l’inflation américaine. Il rappelle que l’explosion monétaire post-2020 a posé les bases de la hausse actuelle des prix, indépendamment des alternances politiques.

Une nouvelle flambée du pétrole amplifierait les tensions déjà présentes. Si la Fed choisit de monétiser la dette plutôt que d’accepter une récession profonde, l’inflation pourrait repartir durablement à la hausse.

Dans ce contexte de perte de pouvoir d’achat, l’achat d’or comme couverture contre l’érosion monétaire s’inscrit dans une logique prudente et défensive.

Conclusion : le choc d’Ormuz comme catalyseur d’une crise plus large ?

Pour Peter Schiff, le blocage du détroit d’Ormuz ne serait pas la cause profonde de la crise, mais le déclencheur d’un déséquilibre déjà latent :

  • dette fédérale hors de contrôle,
  • dépendance aux taux bas,
  • fragilité du dollar,
  • perte progressive de confiance internationale.

Le véritable risque ne réside pas uniquement dans la flambée du pétrole, mais dans la réaction en chaîne sur les obligations américaines. Si les taux montent trop vite, la Fed devra choisir entre soutenir le marché obligataire ou défendre la monnaie.

Dans les deux cas, Schiff estime que l’or sortira gagnant.

La question n’est donc plus de savoir si la volatilité va revenir.
La vraie question est : êtes-vous préparé à un choc systémique ?

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