Bruxelles vient de dévoiler ses propositions en faveur du « Made in Europe », avec pour objectif de réindustrialiser le continent et de mieux résister à la concurrence chinoise.
Après des mois de discussions animées au sein des 27, la commission européenne accouche d’une souris… mais une petite souris c’est mieux que rien et c’est toujours un début.
C’est surtout un basculement et un premier coin enfoncé dans l’idéologie libre-échangiste destructrice qui infecte tous les rouages européens.
C’est la loi dite « d’accélération industrielle », portée par le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, qui vise à préserver et décarboner des filières clés, à l’image de l’automobile.
« C’est plus qu’un simple changement de mode opératoire, c’est un changement de doctrine encore impensable il y a seulement quelques mois »!
« Notre objectif est clair : ramener l’industrie à 20 % du PIB européen d’ici 2035, contre 14 % aujourd’hui », a ajouté Pascal Séjourné.
Cela va passer par l’instauration d’une « préférence européenne », une mesure longtemps restée taboue en Europe en raison de son caractère protectionniste.
Avec le "Made in Europe", Bruxelles veut accélérer la lutte pour la réindustrialisation https://t.co/5GE3Grccmy pic.twitter.com/RXk1vFE1Xj
— Boursorama (@Boursorama) March 4, 2026
Dans la pratique, il sera exigé des entreprises des secteurs stratégiques « un nombre ou un pourcentage de composants critiques originaires d’Europe » lorsqu’elles bénéficient de fonds publics.
« Les industries lourdes, le BTP et les constructeurs automobiles bénéficiant de fonds publics devront ainsi se fournir en ciment et en aluminium « Made in EU ». Mais à la grande déception des sidérurgistes, ils n’auront pas d’obligation d’utiliser de l’acier européen (la loi imposant seulement qu’il soit « bas carbone »). »
« C’est un bon début, mais il faut aller plus loin », a jugé l’organisation professionnelle du secteur, Eurofer. »
Mais toujours les exceptions qui vident de leur substance des lois qui pourraient aller dans le bon sens.
« Sur l’insistance de Berlin et d’autres capitales, la Commission a par ailleurs accepté que les entreprises produisant dans certains pays partenaires ne soient pas exclues du dispositif ».
Avec les exceptions on détourne totalement l’esprit initial de la loi et ce que l’on décide ne produit aucun effet notaire ou alors très largement affaibli.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
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Charles SANNAT
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