Un manque d’or massif dans les portefeuilles modernes
Selon Jeremy Schwartz, directeur des investissements de WisdomTree, la plupart des investisseurs sont aujourd’hui largement sous-exposés aux actifs réels, et en particulier à l’or. Dans un portefeuille équilibré entre actions, obligations et actifs alternatifs, une allocation neutre devrait représenter environ 13 % d’or. Or, dans la pratique, beaucoup d’investisseurs se situent près de 10 % en dessous de ce niveau, ce qui signifie que l’or reste fortement sous-pondéré dans l’allocation globale. Pour ceux qui souhaitent rééquilibrer leur stratégie patrimoniale et intégrer cet actif tangible dans leur portefeuille, il est possible de acheter de l’or physique pour sécuriser une partie de son patrimoine et profiter de ses propriétés de diversification.
L’or et les matières premières : un pilier de diversification trop négligé
Aujourd’hui, le marché des ETF américains représente environ 14 000 milliards de dollars, mais les ETF liés aux matières premières ne comptent que moins de 2 % de ce total. Ce chiffre révèle à quel point les investisseurs ont délaissé les actifs tangibles au profit des actions technologiques et des obligations. Pourtant, dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les ruptures de chaînes d’approvisionnement et la hausse des dépenses militaires, les matières premières redeviennent essentielles. Dans cette perspective, détenir du métal physique constitue une stratégie simple pour renforcer la résilience d’un patrimoine, notamment en investissant dans l’or physique comme actif de diversification durable.
Un contexte géopolitique qui redonne de la valeur aux actifs réels
Les tensions internationales, qu’il s’agisse des conflits au Moyen-Orient ou des rivalités stratégiques entre grandes puissances, remettent au premier plan la question de la sécurité économique et énergétique. Ces événements rappellent aux investisseurs que les marchés financiers peuvent devenir extrêmement volatils en période de crise. Historiquement, l’or a souvent servi de valeur refuge face aux incertitudes géopolitiques, permettant de stabiliser un portefeuille lorsque les autres actifs chutent. Dans ce contexte instable, certains investisseurs choisissent donc de se positionner sur l’or physique pour protéger leur capital contre les crises et renforcer la solidité de leur patrimoine.
L’inflation n’est peut-être pas le principal risque à long terme
Contrairement à une idée répandue, Jeremy Schwartz estime que les craintes d’inflation persistante sont probablement exagérées à long terme. Selon lui, l’évolution de la masse monétaire et l’accélération de la productivité, notamment grâce à l’intelligence artificielle, devraient limiter les pressions inflationnistes structurelles. Cependant, même dans un environnement inflationniste modéré, l’or conserve un rôle important dans un portefeuille diversifié. Il agit comme un instrument de protection contre les chocs monétaires et financiers, ce qui explique pourquoi de nombreux investisseurs choisissent de détenir de l’or pour préserver leur pouvoir d’achat sur le long terme.
Les actions restent performantes… mais la diversification est essentielle
Les données historiques compilées sur plus de 200 ans de marchés financiers montrent que les actions restent l’actif offrant les meilleurs rendements réels sur le long terme. Les entreprises peuvent généralement répercuter l’augmentation des coûts sur leurs prix, ce qui protège leur rentabilité face à l’inflation. Toutefois, même si les actions restent centrales dans une stratégie d’investissement, elles ne suffisent pas à elles seules pour construire un portefeuille robuste. C’est précisément dans cette logique que les investisseurs prudents choisissent aussi de compléter leur portefeuille avec de l’or physique, afin de bénéficier d’une diversification réelle face aux cycles économiques.
Les métaux stratégiques et le boom de l’IA
Le développement rapide de l’intelligence artificielle et des infrastructures technologiques entraîne une explosion de la demande pour certains métaux stratégiques comme le cuivre. Ces ressources sont indispensables pour construire les centres de données, les réseaux électriques et les systèmes énergétiques nécessaires à la révolution numérique. Dans ce contexte, les matières premières pourraient entrer dans un nouveau supercycle de demande mondiale. L’or, bien que différent des métaux industriels, profite également de cette réévaluation générale des actifs tangibles, ce qui incite certains investisseurs à renforcer leur exposition à l’or physique dans une stratégie de long terme.
Un monde plus instable pousse à repenser les portefeuilles
Les grandes puissances investissent massivement dans la défense, l’énergie et la technologie, ce qui pourrait inaugurer un cycle d’innovation et de dépenses publiques sur plusieurs décennies. Dans ce contexte, la traditionnelle allocation 60 % actions / 40 % obligations pourrait ne plus suffire à protéger efficacement les portefeuilles contre les risques systémiques. Les investisseurs sont donc de plus en plus nombreux à intégrer des actifs alternatifs comme les matières premières et les métaux précieux. Pour beaucoup, cela passe notamment par le fait de **détenir de l’or physique comme assurance financière face aux incertitudes.
Le risque géopolitique majeur que les marchés sous-estiment
Parmi les risques que Jeremy Schwartz juge encore insuffisamment pris en compte par les marchés figure la possibilité d’un conflit majeur en Asie autour de Taïwan. Une telle situation pourrait provoquer des perturbations considérables dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment dans l’industrie des semi-conducteurs. Dans un environnement où les événements imprévisibles peuvent avoir des conséquences globales, les investisseurs cherchent souvent à renforcer leurs actifs refuges. C’est pourquoi certains choisissent de acheter de l’or physique afin de sécuriser leur patrimoine face aux chocs géopolitiques.
Pourquoi l’or pourrait redevenir un actif incontournable
Malgré sa forte performance récente, l’or reste encore sous-représenté dans les portefeuilles mondiaux. Pourtant, ses caractéristiques uniques — rareté, liquidité internationale et indépendance vis-à-vis des politiques monétaires — en font un actif précieux dans un environnement incertain. Pour Jeremy Schwartz, la conclusion est simple : les investisseurs n’ont probablement pas assez d’or. Dans une stratégie patrimoniale moderne, augmenter son exposition aux actifs tangibles peut donc être une décision prudente, notamment en choisissant de se constituer une réserve d’or physique pour diversifier son patrimoine.


