La Fed voulait vous faire croire que l’inflation avait été vaincue.
Ce n’était absolument pas le cas.
Le taux d’inflation annuel, mesuré par l’indice des prix à la consommation (IPC), a atteint 3,8 % pour les douze mois s’achevant en avril. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis près de trois ans. Il convient de rappeler que l’IPC est conçu pour sous-estimer le taux d’inflation réel.
En avril, l’IPC a progressé de 0,6 % par rapport au mois précédent. L’IPC sous-jacent a augmenté de 0,4 % sur le mois et affiche une hausse de 2,8 % sur un an. Ce niveau est nettement supérieur à l’objectif de 2 % fixé par la Fed et évolue dans le mauvais sens.

La plupart des médias financiers attribuent cette situation au conflit iranien. Et, en effet, l’énergie joue un rôle important. Le prix de l’essence a augmenté de 28,4 % au cours de l’année écoulée. Les consommateurs paient en moyenne 4,50 $ le gallon, contre 3,14 $ il y a un an.
Mais le plus important, c’est ce qui se passe en dehors du secteur de l’énergie.
Le logement représente le principal poste de dépense dans les données sur l’inflation, avec un poids d’environ 30 %. Il a connu une hausse de 0,6 % en un seul mois, alors qu’il s’agit de l’une des composantes de l’IPC dont la variation est la plus lente.
J’aimerais que ce soit la fin des mauvaises nouvelles, mais ce n’est pas le cas.
L’indice des prix à la production (IPP), qui indique l’évolution des coûts pour les consommateurs, a progressé de 1,4 % en avril, soit la plus forte hausse depuis mars 2022. L’IPP affiche désormais une croissance annuelle de 6 %. Les producteurs ne pourront pas absorber ces coûts indéfiniment et seront contraints de les répercuter sur les prix.
Pour être clair : ce phénomène est généralisé. L’inflation s’accélère dans le secteur des services, tandis que celle des biens reste élevée. L’inflation, que l’on croyait transitoire puis maîtrisée, s’accélère à nouveau simultanément dans de nombreuses catégories de produits.
Parallèlement, le salaire horaire moyen réel a baissé de 0,3 % sur un an. L’inflation progresse plus vite que les salaires. C’est un sujet que personne à Washington ne veut aborder. Et cette économie en forme de K, où les 10 % des revenus les plus élevés prospèrent tandis que le reste de la population peine à joindre les deux bouts, ne peut durer indéfiniment. Tôt ou tard, le consommateur dans son ensemble finira par se lasser.
En clair, la Fed se trouve dans une situation délicate. Relever les taux pour lutter contre l’inflation risque de fragiliser davantage une économie déjà précaire. Maintenir les taux inchangés ne fera qu’éroder le pouvoir d’achat. Aucune de ces options n’est favorable aux actifs financiers.
La prochaine publication de l’IPC aura lieu le 10 juin. Si vous n’êtes pas positionné sur des actifs tangibles (énergie, métaux précieux, ressources naturelles), vous pariez que la situation se résoudra d’elle-même.
Je ne ferais pas ce pari.
Source: gainspainscapital.com


