Un économiste de renom décrypte les signaux avant-coureurs d’un supercycle
Steve Hanke, professeur d’économie appliquée à l’université Johns Hopkins et conseiller de plusieurs gouvernements, vient de livrer une analyse percutante sur les marchés des matières premières et de l’or, dans un contexte de tensions géopolitiques extrêmes et de déséquilibres macroéconomiques croissants. Selon lui, nous serions à l’aube d’un « supercycle » des commodities, porté par une combinaison rare de facteurs : guerres commerciales, blocages de points de passage stratégiques (détroit d’Hormuz, mer Rouge), effondrement des stocks physiques et pression inflationniste structurelle. Dans ce cadre, Hanke réitère sa prévision d’un pic de l’or autour de 6 000 $ l’once, soutenu par les achats massifs des banques centrales et la monétisation inévitable des déficits publics. Pour les investisseurs cherchant à se positionner avant cette potentielle accélération, intégrer l’or physique sécurisé dans leur allocation apparaît comme une démarche rationnelle et protectrice.
Choc pétrolier en vue : la fermeture du détroit d’Hormuz change tout
Un des points centraux de l’analyse de Hanke concerne le pétrole et les points de passage stratégiques dont dépend l’approvisionnement mondial. Alors que le détroit d’Hormuz, par lequel transitent près de 20% du pétrole mondial, était présenté comme « ouvert et sécurisé » par l’administration Trump, les faits montrent qu’il est désormais fermé, avec seulement un tanker autorisé à passer le 16 juillet 2026. Cette situation, combinée au contrôle iranien du détroit et à la menace des Houthis sur la mer Rouge, crée un goulot d’étranglement majeur pour les flux de brut et de produits raffinés. Hanke anticipe un « spike » des prix du pétrole d’ici la fin de l’été, une fois les stocks physiques épuisés. Dans ce scénario, les investisseurs peuvent se positionner via les métaux précieux physiques, qui bénéficient historiquement des chocs énergétiques et inflationnistes.
Backwardation et pénurie physique : les signaux d’alarme sont allumés
Un indicateur technique crucial, souvent ignoré par le grand public, est la « backwardation » : une configuration où le prix spot (livraison immédiate) d’une matière première dépasse le prix des contrats futurs, signalant une pénurie physique immédiate. Hanke souligne que le marché du pétrole, mais aussi ceux de l’essence, du diesel et du carburant aviation, sont tous en backwardation depuis plusieurs semaines, avec des écarts qui se creuse. Cette situation, rare (95% du temps, le marché est en « contango », c’est-à-dire en portage normal), indique que les inventaires sont à des niveaux critiques et que les acteurs sont prêts à payer un premium pour obtenir du produit tout de suite. Pour les investisseurs, cette configuration valide l’idée d’une bientôt pénurie physique, renforçant l’attrait des actifs tangibles comme l’or et l’argent physiques, moins exposés aux risques de livraison et de stockage.
Demande destruction : un amortisseur temporaire, mais insuffisant face à la pénurie
Un autre élément clé de l’analyse de Hanke est la « destruction de demande » : lorsque les prix augmentent fortement, une partie de la demande disparaît, soit par rationnement, soit par substitution, soit par réduction de la consommation. Historiquement, l’élasticité-prix de la demande de carburant est faible (une hausse de 10% des prix entraîne une baisse de seulement 2 à 3% de la demande), mais cette fois, elle semble plus élevée, autour de 5%, en raison de l’accumulation de chocs (énergie, inflation, incertitudes). Cette destruction de demande, combinée à la baisse des importations chinoises, a temporairement amorti la hausse des prix. Cependant, Hanke prévient que cet effet est limité dans le temps : une fois les stocks épuisés, la pénurie physique provoquera une explosion des prix, indépendamment de la demande. Pour se protéger contre ce risque, rien ne vaut la détention de métaux précieux physiques sécurisés, actifs réfugiés par excellence.
Crack spreads et raffineurs : des marges record, mais une capacité saturée
Les « crack spreads », c’est-à-dire les marges des raffineurs (différence entre le prix du brut et celui des produits raffinés comme l’essence ou le diesel), ont atteint des niveaux inédits, reflétant à la fois la rareté des produits finis et la saturation des capacités de raffinage. Hanke note que la capacité de raffinage russe, autrefois fournisseur majeur pour le marché mondial (8 à 10% des produits raffinés), est désormais hors jeu, accentuant la tension sur les marchés occidentaux. Cette situation profite aux raffineurs, dont les actions pourraient surperformer, mais elle expose aussi les économies à des risques de pénurie fonctionnelle (files d’attente, rationnement). Pour les investisseurs, cette dynamique renforce l’intérêt des actifs réels, et en particulier de l’or physique d’investissement, dont la valeur ne dépend pas des chaînes logistiques ou des capacités industrielles.
Or : un bull market intact, avec un objectif de 6 000 $ l’once
Malgré la consolidation récente de l’or, corrélée au regain de force du dollar et aux anticipations de hausse des taux de la Fed, Hanke maintient sa vision haussière structurelle : le bull market de l’or est « toujours intact », avec un objectif de pic autour de 6 000 $ l’once. Selon lui, les fondamentaux restent solides : achats massifs des banques centrales (qui visent à augmenter la part de l’or dans leurs réserves), inflation persistante, et pression croissante pour monétiser les déficits publics américains (dont le service de la dette absorbe déjà 35% des recettes fiscales). Hanke rappelle que chaque signal hawkish de la Fed (indice CPI à 3,5% en juin, contre 4,2% en mai) provoque des corrections temporaires, mais ne change pas la trajectoire long terme. Dans ce contexte, accumuler de l’or physique hors système bancaire permet de se protéger contre les risques de dévaluation monétaire et d’instabilité financière.
Monétisation des déficits : la pression sur la Fed s’intensifie
Un des risques majeurs identifiés par Hanke est la monétisation des déficits publics, c’est-à-dire le financement par la création monétaire des dépenses gouvernementales, ce qui alimente l’inflation et déprécie la valeur réelle de la dette. Avec un service de la dette représentant déjà plus d’un tiers des recettes fiscales américaines, toute hausse des taux d’intérêt aggrave la situation, poussant la Fed à choisir entre une inflation plus élevée ou une récession. Hanke souligne que l’objectif d’inflation de 2% de la Fed devient de plus en plus intenable, avec un CPI à 3,5% en juin 2026, et que la pression politique pour monétiser la dette va s’accentuer. Dans ce scénario, l’or, en tant que monnaie de dernier recours, retrouve tout son sens, et détenir l’or et l’argent physiques constitue une protection contre l’érosion monétaire et les risques souverains.
Comment se positionner : majors pétrolières, roll trades et métaux précieux
Pour les investisseurs souhaitant profiter de ces tendances, Hanke propose plusieurs stratégies : pour le pétrole, il recommande d’être « long » sur les majors pétrolières, dont les actions sont encore sous-évaluées par rapport au potentiel de hausse des prix ; pour les traders avancés, le « roll trade » (vendre le front month et acheter le futur) permet de capturer le premium de la backwardation sans risque de portage. Pour le grand public, la solution la plus simple et la plus sûre reste l’accumulation régulière de métaux précieux physiques, dont la valeur ne dépend pas des compétences techniques ou des plateformes de trading. Dans cette optique, intégrer l’or physique sécurisé dans son portefeuille offre une exposition directe aux dynamiques haussières décrites par Hanke, avec un risque de contrepartie nul.
Conclusion : se préparer à l’inévitable, avec des actifs tangibles et résilients
En synthèse, l’analyse de Steve Hanke dessine un tableau à la fois sombre et porteur d’opportunités : un choc pétrolier imminent, une inflation structurelle, une pression sur les monnaies fiduciaires et un bull market de l’or intact, avec un objectif de 6 000 $. Dans ce contexte, les investisseurs doivent privilégier les actifs tangibles, décorrélés des systèmes financiers traditionnels et capables de traverser les crises. Pour ceux qui souhaitent agir dès maintenant, rien ne remplace la simplicité et la sécurité de l’achat d’or et d’argent physiques, actifs universels, résilients et historiquement éprouvés face aux turbulences économiques et géopolitiques.


