La France au bord de la récession : 0% de croissance et 8,1% de chômage
La situation économique française est particulièrement tendue en 2026, avec un premier trimestre marqué par une croissance nulle (0%) et des prévisions tout aussi atones pour le deuxième trimestre, ce qui place le pays à un cheveu d’une récession technique définie par deux trimestres consécutifs de croissance négative. Christian de Boissieu, économiste et professeur émérite à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, souligne que cette stagnation s’accompagne d’une reprise du chômage, désormais à 8,1%, avec un taux particulièrement inquiétant chez les jeunes de moins de 25 ans (autour de 20-21%), tandis que les défaillances d’entreprises ont atteint environ 70 000 par an, un record qui illustre la fragilité du tissu économique. Dans ce contexte de dégradation généralisée, de nombreux épargnants cherchent à protéger leur patrimoine contre les risques de crise économique et de dépréciation monétaire en se tournant vers l’achat d’or et d’argent physiques, des valeurs refuges historiquement éprouvées lors des périodes de récession.
Un pays sans marge de manœuvre : dette, déficit et contraintes européennes
La France aborde cette période de crise avec des marges de manœuvre extrêmement limitées, tant du côté budgétaire que monétaire, avec un déficit public projeté à 5% du PIB en 2026, le plus élevé des 27 pays de l’Union européenne, et une dette publique qui a augmenté de près de 1 000 milliards d’euros depuis la crise sanitaire. Christian de Boissieu rappelle que cette situation est le résultat d’une gestion à court terme, privilégiant les augmentations d’impôts plutôt que les réductions de dépenses publiques, et d’une absence de réformes structurelles pendant les deux quinquennats d’Emmanuel Macron, malgré quelques succès sur l’emploi avant la reprise du chômage. Face à cette impasse, où les baisses de taxes (comme la TVA sur les carburants) sont réclamées mais difficilement finançables sans creuser davantage le déficit, les investisseurs se tournent vers l’or et l’argent physiques pour sécuriser leur épargne contre les risques de dégradation des finances publiques.
Le bâtiment en récession depuis 2 ans et demi : 30 000 à 40 000 emplois détruits
Le secteur du bâtiment, représenté par Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB, est en récession depuis deux ans et demi, avec une perte d’activité généralisée dans la rénovation (y compris énergétique) et le neuf, entraînant la destruction de 30 000 à 40 000 emplois dans les TPE et l’artisanat sur l’ensemble du territoire. Les artisans du bâtiment, qui subissent de plein fouet la hausse des prix des matériaux (entre 8% et 30% supplémentaires après les 30% de la crise ukrainienne) et la baisse du pouvoir d’achat des ménages, réclament une baisse temporaire de la TVA sur la rénovation pour redonner 5 points de pouvoir d’achat aux particuliers et relancer l’activité, une mesure qui pourrait générer 12 milliards d’euros d’activité supplémentaire et 10 000 emplois selon leurs estimations. Dans ce contexte de crise sectorielle profonde, l’acquisition de métaux précieux permet de protéger son patrimoine contre les risques de faillites en cascade et de dégradation économique.
Chômage des jeunes et des seniors : un double échec structurel
Malgré les efforts affichés pendant le double quinquennat de Macron, qui avait visé un taux de chômage de 5% à l’horizon 2027, la France se retrouve avec un chômage repartis à la hausse, touchant particulièrement les jeunes (20-21%) et les seniors, deux catégories qui peinent à trouver ou conserver un emploi dans un contexte de croissance atone et de défaillances d’entreprises. Christian de Boissieu pointe du doigt l’absence de politiques structurelles efficaces pour l’emploi des jeunes, notamment en matière d’apprentissage et d’alternance, ainsi que la persistance d’un écart de trois à quatre ans sur l’âge de la retraite par rapport aux voisins européens, qui pèse sur la compétitivité et l’emploi des seniors. Face à ces incertitudes sur l’avenir de l’emploi et des retraites, l’or et l’argent restent des actifs refuges prisés pour anticiper les risques de réformes brutales ou de dégradation du marché du travail.
Géopolitique et crise énergétique : le détroit d’Hormuz sous tension
La crise économique française est aggravée par un contexte géopolitique tendu, avec la fermeture potentielle du détroit d’Hormuz, un point de passage crucial pour le pétrole mondial, qui pourrait prolonger la crise énergétique et faire grimper les prix des carburants, pesant ainsi sur le pouvoir d’achat et l’activité économique. Christian de Boissieu admet que, comme la CIA, il ne peut prédire quand le détroit sera rouvert, mais souligne que toute l’économie mondiale dépend de ces incertitudes géopolitiques, qui échappent aux économistes et aux gouvernements, accentuant la pression sur les budgets des ménages et des entreprises. Dans ce climat d’incertitude géopolitique et énergétique, l’achat d’or et d’argent physiques apparaît comme une protection rationnelle contre les chocs externes et les flambées de prix.
Réforme des retraites et dépenses publiques : les deux piliers incontournables
Pour sortir de l’impasse économique, Christian de Boissieu insiste sur la nécessité d’ouvrir deux débats structurels longtemps évités : la réforme des retraites et la maîtrise des dépenses publiques. Concernant les retraites, il ne s’agit pas nécessairement de reprendre la réforme de 2023, mais de rouvrir le débat sur l’avenir du système, peut-être en revenant à un système par points initialement proposé par Macron et soutenu à l’époque par la CFDT, afin de réduire l’écart d’âge de la retraite avec les voisins européens. Sur les dépenses publiques, il s’agit de distinguer les dépenses à augmenter (éducation, santé, logement) de celles à réduire, en ciblant les niches fiscales inefficaces (comme l’avantage de 10% sur certaines retraites élevées) tout en préservant des outils comme le crédit impôt recherche, qui a globalement favorisé l’innovation. Face à ces incertitudes sur les réformes à venir, l’or et l’argent physiques offrent une protection tangibles contre les risques de dégradation des finances publiques et de réformes brutales.
Logement : le maillon faible de la politique économique depuis 2017
Le logement, et en particulier la rénovation énergétique, est identifié par Christian de Boissieu comme le maillon faible de la politique économique française depuis le début de la présidence d’Emmanuel Macron, avec une absence de politiques structurelles efficaces pour stimuler la rénovation du parc immobilier, un enjeu pourtant central pour la transition énergétique et la création d’emplois. Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB, insiste sur la nécessité de relancer la rénovation via une baisse temporaire de la TVA, qui permettrait de redonner du pouvoir d’achat aux ménages et de relancer l’activité dans un secteur en crise, tandis que Christian de Boissieu regrette que le gouvernement se réveille tardivement avec des mesures partielles et coûteuses. Dans ce contexte de crise du logement et de la rénovation, l’acquisition de métaux précieux constitue une stratégie de protection patrimoniale face aux risques économiques et sociaux.
2027 : un débat présidentiel entre bricolage et réformes structurelles ?
Christian de Boissieu exprime son scepticisme quant à la capacité des candidats à la présidentielle de 2027 à proposer des réformes structurelles ambitieuses, craignant que le débat ne se résume à des mesures de bricolage ou de « je-ras-gratisme », incompatibles avec les contraintes des marchés financiers et des agences de notation qui surveillent la France. Pour l’économiste, innover tout en restant responsable implique de rouvrir les dossiers des retraites et des dépenses publiques, sans céder aux sirènes du court terme électoral, un défi que ni la droite ni la gauche n’ont réussi à relever depuis 20 ou 30 ans. Dans cette perspective d’incertitudes politiques et économiques, l’or et l’argent physiques restent des actifs stratégiques pour protéger son patrimoine contre les risques de crise et de dégradation des finances publiques.


